La France ne veut pas d'une Jérusalem juive par Norbert Cohen

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Dire que Jérusalem est juive n'est ce pas déjà un pléonasme . Jérusalem Juive

La France ne veut pas d'une Jérusalem juive. Par Norbert Cohen

Jérusalem capitale du peuple juif.

Jérusalem capitale du peuple juif.

C'est un double scandale diplomatique. Le 21 octobre, l'Unesco votait une résolution présentée par 6 pays arabes qualifiant le caveau des patriarches et la tombe de Rachel de lieux saints exclusivement « musulmans ».

Cette adoption n'est pas surprenante, quand on connaît la composition de l'organisation onusienne siégeant à Paris.

Ce qui a étonné les observateurs, en revanche, c'est l'abstention du délégué français, alors que d'autres pays occidentaux, dont les Etats-Unis, on voté contre.

La clé de cette attitude, qui fait de l'Hexagone le complice des faussaires de l'Histoire, est le passage de la résolution qui condamne violemment les incursions israéliennes sur l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem, « capitale occupée de la Palestine » (sic). Le texte vilipende également les fouilles archéologiques autour du Mont du Temple.

Le but est clair : déjudaïser les espaces sacrés et la capitale israélienne dans son ensemble, en occultant le caractère central de la ville dans la tradition hébraïque. Une première version, finalement supprimée, précisait même que le Mur occidental était lui aussi « musulman » !

Le deuxième scandale est la proposition du Quai d'Orsay consistant à placer des observateurs internationaux en plein coeur d'un Etat souverain, en l'occurrence dans la Vieille Ville.

Ce projet contraire aux usages diplomatiques a été vite enterré après la convocation musclée par le cabinet Netanyahou de Patrick Maisonnave, ambassadeur de France à Tel-Aviv. Mais il est révélateur : pour Paris, l'idée d'une Jérusalem juive, gouvernée par Israël, est inacceptable.

Il faut distinguer cette réaction épidermique, qui a des racines historiques et religieuses profondes, de la manière dont la France envisage le dossier israélo-palestinien dans sa globalité.

Dès 1947, au moment où l'on discutait, dans les couloirs des Nations Unies, de la double reconnaissance d'un Etat juif et d'un Etat arabe en Palestine mandataire, les diplomates venus de Paris se distinguaient par leur volonté farouche de donner à Jérusalem un rang international.

Après l'indépendance d'Israël, la France s'est obstinée en votant en décembre 1948 en faveur d'une résolution onusienne exigeant un statut spécial pour la cité de David. Autrement dit, l'appropriation des quartiers ouest par l'Etat hébreu était elle-même remise en cause par le Quai d'Orsay.

Tout au long des années suivantes, Paris a fait office de porte-parole du Saint-Siège dans les organismes internationaux et sa position est restée inflexible.

Ainsi, lorsque le ministère israélien des Affaires étrangères a été transféré de Tel-Aviv à Jérusalem, en 1953, la France a boycotté le nouveau bâtiment, ses diplomates refusant d'y mettre les pieds. Après la réunification de la ville, en 1967, le Quai d'Orsay a réaffirmé sa ferme opposition à son statut controversé de capitale d'Israël.

Sur le fond, rien n'a changé jusqu'à ce jour.

En effet, la « fille aînée de l'Eglise », protectrice des lieux saints chrétiens de la région sous l'Empire Ottoman, n'a jamais entériné le caractère juif de la cité, suivant en cela la doctrine ancestrale du Vatican.

Ce protectorat a été cédé aux Britanniques après la Première guerre mondiale, avec l'aval de Rome. Entre-temps, la France a construit à Jérusalem une série de lieux de prière et de recueillement catholiques à partir de 1880. Elle est d'ailleurs toujours propriétaire de trois domaines dans la capitale israélienne.

Après avoir conquis provisoirement Jérusalem pendant les Croisades, elle n'a jamais cessé de la considérer comme chrétienne et, accessoirement, musulmane.

Reconnaître son caractère juif, c'est mettre à mal deux millénaires de mépris et cette vieille lune qui reste ancrée dans la mémoire hexagonale : le « vrai Israël selon l'esprit » est l'Eglise et le peuple juif « selon la chair » n'a aucun droit sur les vestiges du Temple.

Ressusciter tout ou partie de l'héritage de David, c'est nier les enseignements attribués à Jésus ou à ses disciples. De même, c'est gommer d'un trait de plume la théologie musulmane traditionnelle.

Même si personne, au Quai d'Orsay, n'osera l'admettre, il semble évident que ces réflexes fort peu laïcs jouent un rôle certain dans les initiatives françaises à Jérusalem.

Deux inconscients collectifs, français et arabe, alliés comme on l'a vu lors du vote révisionniste dont l'Unesco a été le théâtre.

Norbert Cohen

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Vos réactions

  1. gilou148@hotmail.fr'rougemont

    SI je vois un observateur de L’Onu en Israël je me ferais une joie de larder de pierres pour qu’il comprenne ce que les juifs vivent….
    Que la France , pays de la honte universelle, réfléchisse à deux fois avant d’envoyer en Jérusalem, capitale éternelle du peuple juif, un quelconque émissaire ou autre observateur, à moins d’en faire le Yéouch..

    Répondre
    1. lmartin@inmano.com'JeanLucesi

      Heureusement que tout les Français ne ressemblent pas à leurs politiques.
      Je crois que beaucoup de Français soutiennent les Israéliens.

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