Le 25/01/07,La colère du Président Moshé Katsav

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                              La colère du Président Moshé Katsav


Le 25/01/07, Pendant près d’une heure, le Président israélien s’est adressé au public pour dénoncer les attaques dont il fait l’objet, et a annoncé qu’il ne démissionnerait que s’il était inculpé. Il accuse la presse, la police et le Parquet de l’avoir condamné sans jugement. Premier à intervenir à l’issue du discours de Moshé Katsav, le chef du gouvernement israélien appelle le Président de l’Etat à quitter ses fonctions.
 
«Voilà six mois que moi et mes proches sommes confrontés à une attaque mensongère et haineuse sans précédent. Je ne me laisserai pas humilier, et ne laisserai pas traîner mon nom dans la boue sans réagir. Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour prouver mon innocence et laver mon honneur». Le visage tendu et la voix tremblante de colère, Moshé Katsav a prononcé un long discours qui était plus un réquisitoire qu’une défense ou une justification. Il a affirmé qu’il ne démissionnerait pas, mais qu’il renoncerait pourtant à son immunité, si le Conseiller Juridique du Gouvernement devait finalement décider de l’inculper pour viol, harcèlement sexuel et obstruction à la justice. Devant un parterre de journalistes, le Président israélien a appelé ses concitoyens à refuser de croire, ce qu’il a qualifié de «calomnies éhontées» et de «lavage de cerveau»,  orchestrés selon lui par la presse. Il a même directement invectivé un présentateur de la deuxième chaîne de la télévision israélienne qui venait de l’interpeller, pour accuser son antenne de s’être rendue complice de la campagne de diffamation dont il s’estime être la victime et de «jeter son sang en pâture au public».  Moshé Katsav a accusé la presse d’œuvrer à sa perte et d’avoir délibérément diffusé des rumeurs sans fondement. «Le tribunal de la presse m’a jugé, condamné à mort et exécuté sans même que j’aie pu me défendre !» a lancé le Président en direction des journalistes présents, les accusant d’avoir agi à des fins politiques. Moshé Katsav s’en est aussi pris à la police, qu’il a vilipendée pour avoir abusé de ses pouvoirs en intimidant les témoins, en violant le secret de l’enquête par des fuites vers les médias. Le Président de l’Etat a également attaqué le Parquet et même le Conseiller Juridique du Gouvernement pour être partie prenante dans ce qu’il considère être un lynchage public contre lui, en ayant détourné l’enquête originelle sur la tentative d’extorsion dont il avait informé le Conseiller Juridique du Gouvernement, pour se concentrer sur les témoignages de deux femmes qui selon lui, ne cherchaient qu’à se venger en l’accusant de viol et de harcèlement sexuel.
Moshé Katsav a aussi pointé du doigt ce qu’il a appelé «une clique élitiste qui croit avoir seule le droit de représenter Israël». Le «J’accuse» du Président de l’Etat était un cri de colère sans précédent de la part d’un homme public, adressé à ses proches comme à l’opinion. Mais c’était aussi pour Moshé Katsav l’occasion d’envoyer un message vers les députés de la Knesset, qui devront décider s’ils soutiennent sa demande de mise en disponibilité ou s’ils optent pour sa destitution. Le Président de l’Etat espère convaincre au moins un quart des parlementaires encore indécis, de ne pas voter en faveur de sa mise à pied.

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