La filiale de la Société Générale et le blanchiment d'argent. Le Hamas et ses problèmes de financement.

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Par Gérard Fredge.

Après le Hamas dont nous avons évoqué les difficultés de financement –notre édition du 24 octobre 2011–, le Hezbollah se retrouve à son tour dans l'oeil du cyclone sur la question de l'origine de ses ressources.


L'organisation terroriste libanaise est aussi frappée de plein fouet par les bouleversements du monde arabe.
En cause encore une fois, la baisse du financement par l'Iran, sous le double effet des mesures de rétorsion adoptées par les occidentaux (qui réduisent les revenus de la république islamique) et de l'effondrement du régime syrien.

Un accord tacite entre l'Iran et Assad - père et fils – faisait que les fonds à destination de la milice transitaient par Damas, ce qui est de plus en plus difficile aujourd'hui.

Le Hezbollah cherche donc de nouveaux financements; sa participation à différents trafics n'est pas nouvelle.

En janvier, février et mars dernier, nous rapportions le double engagement de l'Iran et du Hezbollah dans différents trafics, notamment de drogue.



Ce week end, un procureur fédéral de New York a mis en cause trois institutions financières libanaises d'avoir blanchi pour le compte du Hezbollah près de 250 millions de dollars dans un vaste trafic de voitures.

Achetées aux USA, les voitures étaient ensuite revendues en Afrique de l'ouest, le Hezbollah empochant les bénéfices des ventes, qui étaient rapatriés quasi-clandestinement au Liban via ces établissements financiers ou des "mules" qui transportaient l'argent liquide.

En février dernier, le Trésor américain avait clairement accusé la Lebanese Canadian Bank d'être le pivot de blanchiment d'argent en faveur des chiites.


La banque a, depuis, été absorbée par la filiale libanaise de la Société Générale
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La justice américaine monterait actuellement un dossier que le New Times a qualifié d'explosif sur la participation des chiites libanais au trafic de drogue international.
Il tendrait à démontrer un véritable réseau qui lierait les cartels colombiens de la drogue, une banque de Beyrouth et le Hezbollah.

Nous relations dès le 11 février dernier la possible implication d'un homme, Ayman Joumaa, architecte de ce trafic; il est désormais officiellement accusé et en fuite.

Selon un schéma assez complexe, la drogue partirait de Colombie –parfois du Mexique – transiterait par l'Afrique pour inonder les marchés européens.

L'argent repartirait d' Europe ou d'Afrique, via des bureaux de change jusqu'à la LCB qui ventilerait l'argent entre des comptes sous marins appartenant au Hezbollah, des comptes américains (ils serviraient alors à acheter des voitures revendues en Afrique, avec l'argent qui suivrait ensuite le même circuit), et la Chine, où des achats de fournitures, matières premières seraient effectués pour le compte du Hezbollah, qui les renverraient en Amérique du sud pour payer la part des cartels de la drogue.



Dans tous les cas, la LCB, désormais filiale de la Société Générale, apparaitrait comme la clé de voûte de la circulation de l'argent et de son blanchiment. Au moment de sa reprise par la banque française, un audit a été réalisé qui n'aurait conduit à rien de probant.

Selon les autorités américaines, 200 comptes de la Lebanese Canadian Bank auraient ainsi appartenu directement à des membres ou des proches de l'organisation chiite.



L'utilisation de comptes par la diaspora libanaise, les comptes étrangers auraient pu échapper à cet audit. 
La publication du dossier de la justice américaine devrait permettre d'en savoir plus.

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