Israël: Barak appelle Olmert à partir, menace d'élections anticipées

Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

JERUSALEM,le 29/05/08- Le chef du parti travailliste israélien Ehud Barak a appelé mercredi Ehud Olmert à quitter son poste, faisant planer la menace d'élections anticipées, au lendemain d'un témoignage accablant dans l'affaire de corruption éclaboussant le Premier ministre.

Mais le Premier ministre a réaffirmé qu'il n'avait pas l'intention de renoncer à ses fonctions, lors d'une rencontre à Jérusalem avec des représentants des localités israéliennes proches de la bande de Gaza, a rapporté la radio publique.

"Dans l'interêt de l'Etat (...), je pense que le Premier ministre doit cesser de s'occuper de la gestion quotidienne du gouvernement", a déclaré M. Barak, ministre de la Défense, après l'audition devant un tribunal de Jérusalem de l'homme d'affaires israélo-américain Morris Talansky.

Ce dernier a affirmé avoir versé en 15 ans près de 150.000 dollars en liquide à M. Olmert pour financer ses campagnes électorales ou encore des vacances de luxe, provoquant une vive émotion dans la classe politique.

Vu "les lourds défis auxquels Israël est confronté --le Hamas, le Hezbollah, la Syrie, l'Iran, des soldats enlevés et le processus de paix--, je ne pense pas que le Premier ministre puisse simultanément assurer la gestion du gouvernement et s'occuper de ses affaires personnelles", a dit M. Barak.

Le départ de M. Olmert "doit intervenir le plus vite possible", a insisté M. Barak, sans pour autant poser d'ultimatum et sans se prononcer sur la forme que doit prendre ce départ.

M. Barak, par ailleurs mal placé dans les sondages de popularité, a pris soin de ne pas brandir la menace d'un départ imminent des travaillistes, ce qui ferait chuter la coalition gouvernementale, plaçant la balle dans le camp de Kadima, le parti de M. Olmert.

La législature actuelle doit normalement s'achever en 2010.

De son côté, l'Autorité palestinienne a dit craindre que la crise politique en Israël ait des "répercussions négatives" sur le processus de paix, tandis que les Etats-Unis ont réaffirmé leur volonté de "faire avancer" ce dossier.

"Je vais continuer à exercer mes fonctions. Certains pensent que chaque fois qu'une enquête est lancée, il faudrait donner sa démission. Mais je ne suis pas de cet avis et je ne renoncerai pas" à diriger le pays, a déclaré M. Olmert mercredi soir lors de la rencontre avec les représentants de localités.

Plusieurs députés, de la coalition comme de l'opposition de droite ou de gauche ont estimé mercredi que des élections anticipées pourraient se tenir dès novembre 2008.

"Si, dans les deux mois, Kadima ne fait pas ce qu'il devrait faire, nous n'aurons pas d'autre choix que d'annoncer à la fin de la session parlementaire notre intention de tenir des élections anticipées", a dit le secrétaire général du parti travailliste, Eitan Cabel.

Sans le soutien des 17 députés travaillistes, M. Olmert n'aurait plus de majorité au Parlement. Elle compte actuellement 67 députés sur 120.

Parmi les prétendants à la succession de M. Olmert au sein de Kadima figurent Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères, Shaul Mofaz (Transports) et Avi Dichter (Sécurité intérieure).

Le chef du groupe parlementaire du Likoud, Gideon Saar, a estimé que "quelqu'un qui reçoit des enveloppes ne peut négocier l'avenir du plateau du Golan" avec la Syrie.

"Ehud Olmert ne peut pas, d'un point de vue moral, mener de telles discussions" avec les Syriens et les Palestiniens, a prévenu Ran Cohen, député du Meretz (opposition de gauche).

Dans un sondage publié le 12 mai, 59% des Israéliens se disaient favorables à la démission de M. Olmert.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi