Actualité Internationale : Le pétrole, priorité des rebelles libyens

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petrolelib.jpgArticle paru dans "Le Monde"

Tombée à moins de 100 000 barils par jour, la production de pétrole représente en temps normal 95 % des revenus d'exportation de la Libye.
AFP/FILIPPO MONTEFORTE

Secteur-clé de l'économie libyenne, l'industrie pétrolière a considérablement souffert des six mois de guerre civile qui ont plongé le pays dans le chaos. Sa relance est une priorité pour les rebelles, mais d'après les experts, il faudra au moins un an pour que le pays retrouve son niveau de production d'avant le conflit, soit 1,6 million de barils par jour. "Personne n'a vraiment une idée précise des dégâts qu'ont subis les infrastructures pétrolières durant la guerre", observe Mike Wittner, directeur de la recherche sur le marché du pétrole à la Société générale à New York.

Selon Mathieu Guidère, spécialiste des pays arabes à l'université Toulouse-II et auteur de l'ouvrage Le Choc des révolutions arabes, aucune dissension politique entre les rebelles ne pourrait remettre en cause l'urgence du redressement pétrolier. "La Libye ne peut pas vivre sans pétrole, et donc le robinet qui va être ouvert le plus rapidement c'est celui-là. Autant il peut y avoir des débats sur le reste, mais sur le pétrole ce n'est pas possible", estime-t-il.

Tombée à moins de 100 000 barils par jour, la production de pétrole représente en temps normal 95 % des revenus d'exportation de la Libye, selon les estimations de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Le pays détient les plus grandes réserves de pétrole brut du continent et environ 85 % de ses exportations sont tournées vers l'Europe. "N'importe quel pouvoir, même s'il venait de la planète Mars, saura qu'il faut absolument faire repartir la machine pétrolière dont tout le reste dépend sur le plan économique, social et donc largement politique", résume Francis Perrin, du Centre arabe d'études pétrolières basé à Paris.

NOUVEAUX CONTRATS PÉTROLIERS EN PERSPECTIVE

Face à l'urgence de la relance, les rebelles devraient renoncer à chambouler les anciens contrats d'exploitation. Les alliés occidentaux et arabes des insurgés (France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Italie et Qatar) devraient néanmoins profiter de la reconstruction et des juteux nouveaux marchés qui se dessinent. Le CNT a évoqué l'attribution à la France, en pointe dans les frappes internationales en Libye, de quelque 35 % des nouveaux contrats pétroliers, comme rétribution pour la coûteuse intervention militaire.

Mais pour Francis Perrin, qui ne s'attend pas une grande redistribution géopolitique avant 2013, il faut se méfier des promesses faites durant le conflit. "On est quand même dans un business et je pense que l'expérience montre que cela pèse d'un poids beaucoup plus grand que les déclarations politiques du type 'vous verrez, quand nous serons au pouvoir, vos entreprises crouleront sous les contrats'", tempère-t-il.

TOTAL GAGNE DU TERRAIN

Signe que le changement de régime est perçu comme une bonne nouvelle pour le secteur, le cours de l'action du pétrolier français Total a grimpé de plus de 2 % à la Bourse de Paris lundi, tandis que l'italien Eni, également très présent en Libye, a bondi jusqu'à 7 %.

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