Gaza : Trump fixe à un milliard le prix pour siéger au Conseil de la Paix

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Gaza : Trump fixe à un milliard le prix pour siéger au Conseil de la Paix

Un milliard pour la paix ? Le prix d’entrée du « Board of Peace » voulu par Donald Trump pour Gaza

C’est une information lourde, documentée et politiquement explosive. Selon des recoupements concordants de médias américains et israéliens, l’administration de Donald Trump a bien posé une condition financière claire aux États désireux d’obtenir un siège permanent au sein du Board of Peace chargé de Gaza : une contribution minimale d’un milliard de dollars, versée en espèces dès la première année. La somme n’est pas exigée de tous les participants, mais elle constitue le seuil d’accès à un statut durable, au-delà du mandat standard de trois ans.

Cette exigence n’est ni symbolique ni improvisée. Elle s’inscrit dans une architecture politico-stratégique pensée par Trump comme une alternative assumée aux mécanismes onusiens traditionnels, jugés inefficaces, voire obsolètes.

Le Board of Peace, pilier central du plan Trump pour Gaza

Le Board of Peace est une structure internationale créée à l’initiative directe de Donald Trump pour piloter la démilitarisation, la reconstruction et la gouvernance de la bande de Gaza.
Il s’inscrit dans le cadre d’un plan de paix en vingt points, formellement adopté par le Conseil de sécurité de l’ONU en novembre 2025, par treize voix pour, aucune contre, et deux abstentions — celles de la Russie et de la Chine.

Ce conseil n’agit pas seul. Il est adossé à une Force internationale de stabilisation (ISF) placée sous le commandement du général américain Jasper Jeffers, à un Bureau du Haut Représentant pour Gaza confié à Nickolay Mladenov, et à un Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) dirigé par le technocrate palestinien Ali Sha’ath.

L’objectif affiché est limpide : désarmer le Hamas, reconstruire un territoire ravagé et installer une gouvernance fonctionnelle, en contournant ce que Trump décrit comme les « institutions défaillantes » du système international classique.

Une charte pragmatique, présidée par Trump lui-même

Le Board of Peace est présidé par Donald Trump en personne. Sa charte, entrée en vigueur après l’adhésion formelle de trois États fondateurs, revendique une approche volontariste, contractuelle et pragmatique. Si son mandat est juridiquement limité à Gaza jusqu’à fin 2027 par l’ONU, le texte prévoit explicitement la possibilité d’étendre ce modèle à d’autres zones de conflit.

La durée de participation standard est fixée à trois ans, renouvelable à la discrétion du président du conseil. C’est précisément sur ce point qu’intervient la fameuse contribution d’un milliard de dollars.

Un milliard de dollars pour un siège permanent

Selon la charte et plusieurs sources diplomatiques, les États versant plus d’un milliard de dollars en liquide dès la première année obtiennent un statut permanent, les exemptant de la limite triennale. Des pays intéressés par un rôle durable ont été explicitement informés que cette contribution constituait la condition d’un engagement de long terme.

Officiellement, la participation reste volontaire. Politiquement, le message est clair : pas d’influence durable sans engagement financier massif.

La justification avancée par l’administration Trump est double. Il s’agit, d’une part, de financer une reconstruction évaluée à plusieurs dizaines de milliards de dollars, dans un contexte où un plan arabe concurrent chiffre l’effort à 53 milliards. D’autre part, de s’assurer que les membres du conseil soient financièrement co-responsables du succès du projet, sans dépendre des budgets publics occidentaux ni des agences onusiennes.

Des diplomates occidentaux parlent ouvertement d’une « mini-ONU » financée par ses membres, pensée pour agir vite et sans inertie bureaucratique.

Une composition internationale à très haut niveau

La composition du Board of Peace reflète cette ambition. Côté américain et alliés proches, Donald Trump s’entoure de figures clés : Marco Rubio, Jared Kushner, Steve Witkoff, Robert Gabriel, le milliardaire Marc Rowan, ainsi que Ajay Banga.

Sur le plan international, figurent notamment Tony Blair, Nickolay Mladenov, Hakan Fidan, le diplomate qatari Ali Al-Thawadi, le général égyptien Hassan Rashad, la ministre émiratie Reem Al-Hashimy, l’homme d’affaires israélo-chypriote Yakir Gabay et Sigrid Kaag.

Parmi les chefs d’État ou représentants invités figurent Recep Tayyip Erdogan, Sheikh Tamim bin Hamad al-Thani, Abdel Fattah al-Sisi, King Abdullah II, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, Prabowo Subianto, Shehbaz Sharif, Mostafa Madbouly, Javier Milei — qui a accepté — et Mark Carney, donné partant selon plusieurs sources. L’Arabie saoudite a confirmé son soutien, sans révéler de nom à ce stade.

Aucun Palestinien ne siège au Board of Peace lui-même ; leur représentation est cantonnée au NCAG, toujours sous la direction d’Ali Sha’ath, assisté notamment d’Ayed Abu Ramadan pour les questions économiques.

Tensions diplomatiques et lignes rouges israéliennes

Cette configuration n’est pas sans heurts. Israël n’a pas été informé en amont de l’intégration de la Turquie et du Qatar, ce que l’opposition israélienne, menée par Yair Lapid, a qualifié de « défaillance diplomatique ». Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé une décision contraire à la politique israélienne, tout en imposant un veto clair à toute présence militaire turque au sein de l’ISF.

À l’inverse, l’Égypte, le Qatar et la Turquie ont publiquement salué la création du conseil, y voyant une opportunité de stabilisation régionale.

Donald Trump, lui, n’a laissé planer aucune ambiguïté : le désarmement du Hamas est une condition non négociable. À défaut, a-t-il prévenu, « ce sera l’enfer ».

Un processus en cours, un précédent historique

Nous sommes en janvier 2026 et le dispositif n’est pas figé. D’autres annonces sont attendues, notamment lors de grands rendez-vous internationaux comme Davos. Mais une chose est acquise : jamais un mécanisme de gouvernance post-conflit n’avait affiché aussi clairement son prix d’entrée.

Un milliard de dollars pour une place durable à la table de la paix : le message est brutal, assumé, et typiquement trumpien. Reste à savoir si cette paix sous condition financière marquera l’histoire comme un réalisme lucide… ou comme un précédent dangereux.

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