Hébron, Machpela : le premier acte fondateur du peuple juif sur sa terre

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Hébron, Machpela : le premier acte fondateur du peuple juif sur sa terre

Hébron, Machpela : le premier acte fondateur du peuple juif sur sa terre

Il existe, au cœur du tumulte politique contemporain, un lieu que ni la rhétorique, ni la violence, ni les réécritures idéologiques ne parviennent à effacer. À Hébron, la grotte de Machpela ne relève ni du symbole abstrait ni du mythe commode : elle est un acte juridique, une pierre posée dans l’Histoire, un commencement documenté. Là où tout a réellement commencé.

Un achat, pas une conquête

La Grotte des Patriarches, appelée Machpela en hébreu et Mosquée Ibrahimi en arabe, se distingue d’emblée par un fait unique dans les textes fondateurs du judaïsme.

Dans le Livre de la Genèse, chapitre 23, Abraham n’y entre pas en conquérant mais en acquéreur. Il achète publiquement, devant témoins, la grotte et le champ attenants à Ephron le Hittite afin d’y enterrer Sarah. Le texte biblique détaille le prix, les limites du terrain, la reconnaissance officielle de la transaction.

Ce passage n’a rien d’un récit légendaire : il adopte la forme d’un acte notarié antique. Les spécialistes s’accordent sur un point essentiel : il s’agit du premier terrain explicitement possédé par un Hébreu en terre de Canaan. Avant les royaumes, avant les conquêtes, avant les frontières, il y a ce geste fondateur, sobre et irrévocable.

Un lieu de sépulture au cœur de la mémoire juive

La tradition juive, continue et jamais interrompue dans les textes, identifie Machpela comme le lieu de sépulture d’Abraham et Sarah, d’Isaac et Rebecca, de Jacob et Léa. Cette transmission traverse la Bible, la littérature rabbinique et les récits de voyageurs juifs de l’Antiquité tardive au Moyen Âge.

Aucune source juive ancienne ne situe ces tombes ailleurs. Et surtout, aucune tradition concurrente antérieure ne conteste cette localisation. Machpela s’impose comme un point fixe, un ancrage mémoriel qui précède et survit aux empires.

L’empreinte monumentale d’Hérode

L’édifice visible aujourd’hui n’est ni byzantin ni islamique dans son essence architecturale. mais bien juive . Ce monument est hérodien. Vers le Ier siècle avant notre ère, Hérode le Grand fait ériger une enceinte monumentale autour de la grotte. Les archéologues sont formels : les blocs cyclopéens, l’appareillage et la taille des pierres sont identiques à ceux du Mont du Temple de Jérusalem.

Machpela est, à ce jour, le seul monument hérodien conservé dans son intégralité. Ni remanié en profondeur, ni rasé, ni reconstruit. La pierre parle ici avec une clarté brutale : ce lieu était central dans la géographie sacrée juive bien avant l’ère chrétienne.

Des conversions religieuses, jamais une fondation nouvelle

Au fil des siècles, Machpela change de fonction cultuelle sans jamais changer de statut sacré. Sous l’Empire byzantin, une église est construite au-dessus de l’enceinte. Après la conquête musulmane de 638, le lieu devient une mosquée, non parce qu’il serait islamique à l’origine, mais parce qu’Abraham – Ibrahim – est reconnu comme patriarche par l’islam.

Les Croisés le transforment brièvement en église, avant que Saladin ne le rende au culte musulman à la fin du XIIᵉ siècle. Cette succession de cultes n’efface rien : elle confirme au contraire que le caractère sacré du site est hérité, jamais inventé.

Sept siècles d’exclusion juive

Un fait demeure largement occulté dans le discours contemporain. De 1267 jusqu’à 1967, les Juifs sont interdits d’accès à l’enceinte. Ils n’ont le droit de prier qu’au bas du septième escalier extérieur. Cette exclusion est attestée par des sources musulmanes, chrétiennes et européennes.

Parler d’un « lieu partagé de tout temps » relève donc de la falsification historique. Le partage est récent. L’exclusion, elle, fut longue, documentée et systématique.

Depuis 1967 : tensions politiques, continuité historique

Depuis la guerre des Six Jours, l’accès juif a été partiellement rétabli. Le site est aujourd’hui divisé en espaces de prière distincts, sous haute surveillance. Les tensions sont réelles, parfois tragiques, souvent instrumentalisées.

Mais aucun conflit contemporain ne modifie l’essentiel : l’antériorité juive de Machpela repose sur un texte, une tradition et une architecture qui précèdent de plus d’un millénaire les débats actuels.

Ce que l’Histoire établit, ce que l’idéologie tente d’effacer

Aucune fouille archéologique directe n’a été menée dans la grotte elle-même, pour des raisons religieuses et politiques. Cette absence ne réfute rien. Elle empêche seulement une vérification biologique qui, de toute façon, ne fut jamais exigée pour reconnaître Rome, Athènes ou Jérusalem.

Machpela n’est ni un slogan ni un argument de circonstance. Elle est un acte fondateur, un point zéro de la présence juive sur cette terre. La nier oblige à réécrire la Bible, à contester la pierre, et à faire taire l’Histoire elle-même.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi