Cheikh al-Jabari visé après avoir proposé un émirat palestinien pro-Israël

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Cheikh al-Jabari visé après avoir proposé un émirat palestinien pro-Israël

La voiture du cheikh pro-Israël incendiée à Jérusalem-Est : vers une fracture palestinienne historique ?

L’appel choc à la coopération avec Israël déclenche un incendie… et une onde de choc dans les Territoires

Le feu n’a pas seulement ravagé une voiture. Il a embrasé les certitudes et fait vaciller un tabou vieux de plusieurs décennies : la possibilité d’une alliance entre des leaders palestiniens et l’État d’Israël, contre l’Autorité palestinienne.

Dans la nuit de mardi à mercredi, à Isawiya, à Jérusalem-Est, le véhicule personnel du cheikh Wadia al-Jabari, figure incontournable de Hébron et chef du plus puissant des clans tribaux de la région, a été volontairement incendié. Un message clair, brutal, envoyé à celui qui, quelques jours plus tôt, avait osé affirmer : « Nous voulons la coexistence ».

Un pacte inédit entre cheikhs et Israël

Ce n’est pas une rumeur, mais une réalité confirmée par le Wall Street Journal, qui a révélé plus tôt cette semaine l’existence d’une lettre sans précédent.
Rédigée par 21 cheikhs palestiniens représentant près d’un demi-million de personnes, cette déclaration proposait un pacte : la reconnaissance officielle d’Israël comme État juif, en échange de la création d’un « Émirat d’Hébron » autonome, libre de toute tutelle de l’Autorité palestinienne.
En tête de ce mouvement : le cheikh al-Jabari, surnommé Abou Sanad, porteur d’un discours radicalement nouveau, sans ambiguïté : « Il n’y aura pas d’État palestinien, même dans mille ans. Après le 7 octobre, Israël ne le permettra pas ».

Un projet de rupture : autonomie, développement, et intégration

Ce projet, porté à la connaissance du ministre israélien de l’Économie, Nir Barkat, ne relève pas d’un simple effet d’annonce. Depuis février, Barkat a rencontré à plus d’une douzaine de reprises le cheikh al-Jabari et d’autres notables palestiniens.
Ensemble, ils ont esquissé un plan de développement commun qui prévoit la création d’une zone économique conjointe de plus de 1 000 dunams à proximité de la barrière de séparation, ainsi qu’un calendrier de négociation en vue d’une adhésion aux accords d’Abraham.
Objectif : substituer aux accords d’Oslo un nouveau cadre, « équitable », selon les termes de la lettre, pour remplacer des accords qui, selon les cheikhs, « n’ont conduit qu’à des dégâts, des morts, un désastre économique et des destructions ».

Le texte accuse frontalement l’Autorité palestinienne : « Les accords d’Oslo ont instauré une Autorité palestinienne corrompue, au lieu de reconnaître un leadership local authentique ».

Une vision d’intégration économique régionale

Les cheikhs proposent que 1 000 travailleurs de Hébron reçoivent dans un premier temps des permis d’entrée en Israël, puis 5 000, avec une extension possible à 50 000, selon les propos rapportés par al-Jabari à propos des engagements du ministre Barkat. Ce dernier ne s’est pas exprimé publiquement, mais selon les sources du Wall Street Journal, il serait favorable à une telle expérimentation régionale.

Yossi Dagan, soutien assumé : « Une alternative à la terreur »

Yossi Dagan, président du Conseil régional de Samarie, a lui aussi confirmé sa participation à ce projet, rappelant ses premiers liens avec la famille al-Jabari : « J’ai rencontré le cheikh il y a 13 ans. Son père était un dirigeant courageux qui plaçait son peuple au premier plan, et son fils aussi. »

Et d’ajouter, avec une sévérité cinglante à l’encontre de l’Autorité palestinienne :
« C’est la seule solution : nous devons mettre fin aux 32 ans de terreur et de corruption de l’Autorité palestinienne depuis les accords d’Oslo, et à ces terroristes importés de Tunisie pour devenir des dictateurs meurtriers et corrompus sur les Arabes de Judée-Samarie. Ils nuisent – plus qu’aux Juifs – avant tout à leur propre peuple. Ces cheikhs sont des dirigeants courageux et forts, véritables garants du bien-être de leurs habitants et une alternative à la terreur. »

Une tentative de paix locale, sous les flammes

En brûlant le véhicule du cheikh al-Jabari, ce sont bien les braises d’un futur alternatif qui ont été piétinées. Mais l’initiative a été rendue publique. Et pour une part croissante de la population arabe de Judée-Samarie, exaspérée par la corruption chronique et l’immobilisme de l’Autorité palestinienne, l’idée d’un changement concret, ancré dans le réel, commence à faire son chemin.

Le feu a peut-être détruit une voiture. Mais il a surtout révélé la peur d’un basculement. Et dans cette peur, les prémices d’une révolution silencieuse pourraient bien s’embraser à leur tour.

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