Ruth Halimi Une mère d'exception. Je veux que lamort d'Ilan serve d'alarme.Le Film 24 jours au CRIF.

Antisémitisme/Racisme - le - par .
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24 jours - la vérité sur l'affaire Ilan Halimi . Projection organisée par le CRIF

" Je veux que sa mort serve d'alarme " Ruth Halimi

Lorsque je suis entrée dans la salle une émotion m’a immédiatement envahie, la même ressentie huit ans plus tôt. 

J'ai aussi ressentie la force de ma communauté, cette cohésion, le chagrin , la  tristesse mais aussi la  haine, car personne ne pourra oublier ce qu'a pu subir notre enfant, notre ami, notre frère qui est devenu notre petit ange,  le  symbole de l'antisémitisme d'aujourd'hui.

Le film réalisé par Alexandre Arcady est tout simplement extraordinaire, il a eu le courage avec Ruth Halimi, la mère d’Ilan et d'Emilie Frêche de démontrer la haine du juif, le guet-apens, la torture et le meurtre de ce jeune homme . 

Il savait que ce film allait être difficile à réaliser 

" C’est mon dix-septième films et je n'ai pas le souvenir d'avoir rencontré autant d'embûches. J'ai subi une désaffectation totale de la part des chaînes de télévisions, à commencer par celles du service public. Si le film existe c'est grâce au soutien du studio 37 rt du conseil régional d'Ile de France " 

Alexandre Arcady détaille dans ce film  ces 24 jours au cours desquels la famille était dans l'angoisse, la souffrance,  sans savoir si un jour ils reverraient Ilan.

Ils ont reçu plus de 600 appels , des demandes de rançons dont le montant n'a jamais cessé de changer.

Le 36 quai des Orfèvres ne connaissait pas tout à fait la nature de cet homme, personne ne mesurait la gravité de l'histoire, la profonde haine antisémite , moteur de ses ravisseurs du nom du " Gang des barbares " mené par Youssouf Fofana : Un nom qui donne froid dans le dos , une affaire à nous glacer le sang jusqu'en avoir la chair de poule. 

J'admire le courage de Ruth, son instinct maternel ne l'a jamais quitté, une mère d’exception,une mère aimante et qui aime, au-delà de la mort, son fils Ilan.

Elle a su aller de l’avant et accepter la réalisation de ce film. 

Un  kiddoush hachem,pour la sanctification du nom divin, Il faut avoir une foi sans faille pour continuer à avancer malgré l’horreur vécue.

Quoi de pire que la mort d’un enfant ? Celle de son  enfant.

Mort sous torture,une agonie qui a duré 24 jours, oser regarder en face la mort de son enfant. 

Pour sortir de l’enfer de cette souffrance, pour lui donner un sens, Ruth Halimi a  accepté de passer le message, avec conviction, "24 jours, nous montre jusqu'où peut aller la haine des juifs ici en France.

La mort d’Ilan Halimi doit nous servir d'exemple ,doit nous aider à nous en prémunir.

Lorsqu'Ilan souffrait, elle le ressentait, pourtant elle a su garder son sang froid ,auprès des policiers, il fallait agir vite car ils allaient le tuer et elle le savait. 

Zabou Breitman incarne le rôle de Ruth, elle  su nous emmener dans le ressenti de cette mère aimante, une mère qui savait que le pire était déjà là, mais qui ne se résignait pas, qui se battait pour son fils jusque son dernier souffle.

Très vite ,nous nous sommes attaché à son personnage,  qui aurait du être interprété par la regrettée Valérie Benguigui,malheureusement emportée par un cancer dés la fin du premier jour du tournage.  

Zabou a eut du mal à rentrer dans  le personnage de Ruth au départ.Elle déclare d'ailleurs : " Je n'en dormais pas la nuit. Maintenant ça va mieux, c'est incroyable de voir par quoi Ruth Halimi est passé" 

A la fin de la projection, organisée par le CRIF , j'ai pleuré, je n'ai pas pu dormir de la nuit, les images passaient et repassaient en boucle, j'en souffrais physiquement.

Je me demande encore comment des êtres humains peuvent agir comme des sauvages ?

J’ai certainement la naïveté, de croire que les hommes sont bons sinon que veut dire le mot humanité? Pourtant c'est vrai  la violence est humaine.

Je suis anéantie de ne pas avoir pu le  sauver, que nous n’ayons rien pu faire.

Cette impuissance est la notre .

Cela aurait pu être vous, votre frère, votre propre fils.

Syrus Shahidi a interprété le rôle d’Ilan Halimiavec beaucoup de justesse.

Pour se mettre dans la peau du personnage principal, celle d'Ilan, il s'est incroyablement investi pour ce rôle et a dû perdre 14 kg . 

A la dernière séquence du film  il a voulu garder le bandeau sur les yeux, de 6 heures du matin jusqu'à 11 heures pour ressentir l'éblouissement qu'a pu avoir Ilan lors de sa " libération " .

Cette journée de tournage a été très difficile et éprouvante pour chacun des acteurs mais aussi des figurants, l'ambiance était très lourde comme le précise  Lyorane Singer rencontrée quelques semaines plus tôt,  Lyorane avait  rôle de figurante" Il est difficile de faire un tel film avec seulement 8 ans de recul.". Elle ajoute  "C'est bien plus qu'un film , c'est une reconstitution, personne n'avait l'impression de jouer mais plutôt d'interprêter, au plus juste, le rôle de chacun des protagonistes de cette tragédie."

Une tension constante était présente , nous étions tous conscient du drame que nous allions vivre en faisant ce film, l'émotion était là, le chagrin, la peur, l'angoisse".

Lorsque le tournage s'est terminé, Syrus Shahidi, celui qui a interprété Ilan Halimi,  s'est envolé en Israël, il s'est rendu à Jérusalem pour se recueillir sur la tombe d’Ilan .

De là, il a appelé Alexandre Arcady : " Voilà, je vais redevenir celui que je suis, j’étais Ilan pendant huit semaines et je voudrais lui rendre hommage " 

Tony Harrison déclare que le rôle de Fofana était un cadeau, un cadeau empoisonné, il s'est dit que c’était un rôle de méchant comme les méchants dans les films américains, il ne s'est pas positionné comme un acteur qui joue Youssouf Fofana, ce qui lui a permis d'aller encore plus loin dans la psychologie du personnage. 

Il s'est beaucoup investi également, a pris du poids pour lui ressembler,  Il s'est pleinement engagé , a recherché où il habitait, où il s'habillait, qui il fréquentait, s’est informé sur  internet pour tenter de comprendre de l'intérieur l'histoire et la position de Fofana dans ce crime antisémite.

"Ce n’était pas la première fois que je jouais un rôle de méchant  et lorsque l'on est comédie,n on doit pouvoir tout jouer donc je n'ai pas vraiment eu de problèmes " 

En revanche, Tony Harrison s'était fixé des limites à ne pas dépasser comme ne pas aller voir Fofana en prison pour récolter des informations, tout simplement parce que c'est un film et ce qu'il a fait est un acte odieux .

Ce n'est pas le genre de personne qu'il a envie de fréquenter même professionnellement.

 Il espère que les spectateurs sauront faire la part des choses , la  différence entre l'homme et l'acteur.

Dans ce film il s’agit de l’acteur, il précise  que son travail est d'avoir une qualité artistique, il veut qu’on le croit, et lorsque vous verrez ce film vous le détesterez sans aucun doute, et c'est son but. 

C'était il y a huit ans et j'ai l'impression que c'était hier , je suis liée à Ilan, nous le sommes tous d'une certaine façon et nous lui rendons un grand hommage avec ce film qui retrace son parcours fatale, pour qu’il sache qu'on ne l'oublie pas, qu'on n’oublie pas cette tragédie qui a bouleversé la communauté juive de France, qui a donné un visage à l’antisémitisme d’aujourd’hui après la Shoa. 

Pour ceux qui hésitent à aller voir le film je peux juste dire qu'il est de notre devoir d'y aller.

Si sa mère, Ruth Halimi, a eu le courage d’accepter de faire ce film  il nous appartient de la soutenir en allant le voir.

Ilan c'est moi, Ilan c'est toi, Ilan c'est nous . 

A Valérie Benguigui ... 

Ilana Mazal Mazouz

Vos réactions

  1. jeriliot@wanadoo.fr'claude

    Je suis allée voir ce film et aujourd’hui je suis allée mettre une rose dans le 12 ° au square d’ilan Halimi. Je ne suis pas de confession juive, je ne connaissais pas Ilan mais ce qui lui est arrivé , ce qu’a subi sa famille m’a bouleversée et me hante. Comment accepter cela. C’est absurde et insupportable. Et ce qui est encore plus révoltant c’est que la plupart de ses tortionnaires soient déjà dehors.
    Ne croyez pas que les gens l’oublie , il reste dans notre coeur à tout jamais ainsi que sa famille

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  2. accession@free.fr'BRUNO

    Salut
    comment se fait t’il qu’en 2018 on pense toujours a Illan ?
    Même pas copain, même pas de la famille ?
    c’est parce ce que c’est intolérable … cela nous ramène avant 1940 …
    il faut être TRES vigilant ….
    le role des avocats c’est de dire que leur client est un ange et le role des journalistes c’est de faire de la vente … mais au fond de tout ca ….
    les monstres ne seront toujours que des monstres …
    meme en allemagne cela s’est vérifé et tout un peuple a validé ce que ces ordures ont fait …
    donc : ATTENTION …

    Répondre

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