Ouverture en appel du procès du "gang des barbares"

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ilanh.jpgLe procès en appel du "gang des barbares" s'est ouvert lundi à Créteil devant la cour d'assises des mineurs, en l'absence de son chef, Youssouf Fofana, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'enlèvement, la séquestration et l'assassinat de Ilan Halimi en février 2006.

Youssouf Fofana, qui s'est désisté de son appel, sera toutefois présent aux débats en qualité de témoin.

La cour d'assises des mineurs siégeant en appel rejugera 18 accusés, dont deux étaient mineurs au moment des faits, ce qui entraîne de droit le huis clos si ceux-ci le réclament. Cinq accusés comparaissent libres. Les autres sont incarcérés depuis leur arrestation en février 2006.

A l'issue du tirage des jurés, six femmes et six hommes composent le jury, et la cour n'a pas fait droit à la demande de l'avocat de la partie civile qui demandait un débat public.

Ilan Halimi avait été enlevé le 21 janvier 2006 puis séquestré dans les sous-sols d'une cité de Bagneux. Torturé, il avait été retrouvé le 13 février, gravement brûlé, agonisant à proximité de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Il est mort peu après.

Vendeur en téléphonie à Paris, il avait été choisi par Youssouf Fofana parce que juif donc riche et avait été attiré dans un guet-apens par une jeune fille, mineure, ayant servi d'appât.

Le chef du "gang des barbares" sera témoin à ce procès à partir du 2 novembre. Une "aberration" pour les avocats de la défense. "Il pourra dicter ses règles en appel", craint Françoise Cotta, avocate du gardien de l'immeuble où était séquestré Ilan Halimi.

Le verdict de la cour d'assises de Paris avait été critiqué par l'avocat de la famille Halimi. Regrettant "que la cour ait fait preuve d'une particulière indulgence envers ceux qui ont assisté et aidé Youssouf Fofana", Francis Szpiner avait demandé à la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie d'"inviter le procureur général à interjeter appel du verdict".

Les peines prononcées par la cour d'assises de Paris, à l'exception de celle contre Fofana, réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de 22 ans, étaient très légèrement inférieures aux réquisitions du ministère public.

Les principaux complices de Fofana, Samir Aït Abdelmalek et Jean-Christophe Soumbou, ont été condamnés à 15 et 18 ans de réclusion criminelle. L'accusation avait requis vingt ans. L'un des geôliers, mineur au moment des faits, avait écopé de quinze ans tandis que l'appât avait été condamnée à neuf ans, contre de 10 à 12 requis.

Le garde des Sceaux avait donc demandé au ministère public de faire appel quand l'avocat général au procès avait parlé de verdict "équilibré". Mes Françoise Cotta et William Bourdon ont critiqué lundi cette "intrusion violente du politique" dans ce dossier.

Me Szpiner souhaitait un procès public. Le député UMP François Baroin, son ancien collaborateur, et le député PS Jack Lang ont déposé le 8 juillet 2009 une proposition de loi pour rendre automatique la publicité des débats. Elle n'a pas été encore été adoptée par le Sénat.

Le procès en appel sera donc à huis clos. "Toute la polémique qui entoure cette affaire est née du fait que ce procès n'a pas été public", a-t-il déclaré à la presse lundi, regrettant une "justice qui revêt un caractère clandestin".

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