Comprendre la politique israélienne : conférence de David Shapira le 15 septembre à Tel-Aviv

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Comprendre la politique israélienne : conférence de David Shapira le 15 septembre à Tel-Aviv

En Israël, aucun gouvernement ne se forme jamais seul.
La loi électorale impose la coalition, transforme chaque petit parti en faiseur de roi et donne aux équilibres religieux et sécuritaires un poids que peu d'observateurs étrangers savent lire correctement.

De la Knesset aux tractations de couloir, Alliance décrypte les rouages d'un système unique au monde, avant de donner rendez-vous à la conférence de David Shapira, qui promet d'aller plus loin encore dans les coulisses de cette mécanique fascinante.

Comprendre la politique israélienne suppose d'abord d'oublier les réflexes français. Pas de scrutin majoritaire, pas de duel entre deux blocs figés, pas de Premier ministre élu au suffrage direct. Tout repose sur un seul principe : la représentation proportionnelle intégrale, appliquée à l'échelle du pays tout entier, transformé en une unique circonscription.

La Knesset, un Parlement né de la proportionnelle

La Knesset (הכנסת, littéralement "l'assemblée" ou "le rassemblement") compte 120 sièges répartis proportionnellement entre toutes les listes ayant franchi le seuil électoral, fixé à 3,25 pour cent des voix.
Ce seuil, relevé à plusieurs reprises depuis la création de l'État, vise à limiter l'émiettement parlementaire sans jamais parvenir à l'éliminer totalement.
Résultat concret : lors des scrutins les plus disputés de la dernière décennie, une dizaine de listes ont siégé simultanément, obligeant systématiquement le vainqueur relatif à négocier une coalition pour atteindre la majorité de 61 sièges.

Une mosaïque de partis, miroir des fractures israéliennes

Le paysage partisan israélien se lit comme une carte des grandes fractures identitaires du pays. Le Likoud (הליכוד), fondé dans les années 1970 autour de Menahem Begin, incarne la droite nationaliste et sécuritaire, aujourd'hui dirigée par Benyamin Netanyahou.

Face à lui, des formations centristes comme Yesh Atid (יש עתיד, "il y a un avenir") ou Kahol Lavan (כחול לבן, "bleu blanc") rassemblent un électorat plus laïc et sécuritaire au sens militaire du terme.

Le bloc religieux compte lui-même plusieurs familles distinctes : le Shass (ש״ס), qui représente les juifs orthodoxes séfarades, et le Judaïsme unifié de la Torah (יהדות התורה), qui fédère les partis ultra-orthodoxes ashkénazes.
À la gauche de l'échiquier, le Parti travailliste (העבודה) et Meretz (מרצ) défendent une ligne sociale-démocrate, tandis que les partis arabes israéliens, comme Hadash-Taal (חד״ש-תע״ל) ou le Raam (רע״ם), représentent les intérêts de la minorité arabe du pays, tantôt intégrés à des coalitions gouvernementales, tantôt cantonnés à l'opposition.

Les coalitions, cœur battant du pouvoir israélien

C'est dans la formation des coalitions que se joue véritablement la politique israélienne.
Le président de l'État, dont le rôle est largement protocolaire, charge officiellement un candidat de former le gouvernement, en général le chef du parti arrivé en tête ou celui jugé le mieux placé pour réunir une majorité.
Commence alors une négociation où chaque petit parti pèse démesurément par rapport à son poids électoral réel.
Un parti religieux détenant sept sièges peut ainsi obtenir un ministère stratégique, des budgets dédiés à ses écoles ou des exemptions de service militaire pour ses étudiants en yeshiva, simplement parce que sa voix devient indispensable pour franchir la barre des 61 sièges.
Cette mécanique explique la fréquence des crises gouvernementales et des élections anticipées qui rythment la vie politique israélienne depuis 2019.

Le poids des équilibres religieux et sécuritaires

Deux lignes de tension traversent en permanence les coalitions israéliennes.
La première oppose laïcs et religieux sur des sujets aussi sensibles que l'enrôlement des étudiants ultra-orthodoxes dans Tsahal, le statut du chabbat dans l'espace public ou le monopole rabbinique sur le mariage.

La seconde concerne la doctrine sécuritaire face à l'Iran, au Hezbollah ou au Hamas dossier palestinien, où se dessinent des clivages entre partisans d'une ligne dure et défenseurs d'une approche plus diplomatique. Ces deux axes, religieux et sécuritaire, expliquent pourquoi des gouvernements en apparence solides sur le papier peuvent s'effondrer en quelques mois lorsqu'un parti charnière retire son soutien.

Pouvoirs et contre-pouvoirs, la spécificité israélienne

Israël ne dispose pas de Constitution écrite unique mais d'un ensemble de Lois fondamentales (חוקי היסוד) qui en tiennent lieu.
La Cour suprême (בית המשפט העליון) y joue un rôle de contre-pouvoir particulièrement puissant, habilitée à invalider des lois votées par la Knesset au nom de leur incompatibilité avec ces Lois fondamentales.
C'est précisément ce pouvoir judiciaire qui a été au centre de la réforme controversée engagée en 2023, cristallisant une partie des tensions internes que le pays continue de traverser.

Une conférence pour tout mettre en perspective

Derrière cette mécanique institutionnelle se cache une histoire politique riche, faite de ruptures, d'alliances improbables et de personnalités qui ont façonné l'État hébreu depuis 1948.
C'est tout l'enjeu de la conférence "Pour comprendre le système politique israélien", animée par David Shapira, qui reprend point par point ce que révèlent la représentation proportionnelle, la mosaïque des partis, les dynamiques de coalition et le poids des équilibres religieux et sécuritaires.

Une occasion rare, pour les francophones d'Israël comme pour ceux restés en diaspora, de comprendre enfin de l'intérieur une vie politique trop souvent résumée de l'extérieur à des clichés simplistes.

Mardi 15 septembre à 19h30

Yehuda Margoza, 7, Tel AvivSans titre

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