Mondial 2026 : L'Iran conspuée, la Belgique fébrile, l'Uruguay rattrapé

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Mondial 2026 : L'Iran conspuée, la Belgique fébrile, l'Uruguay rattrapé

Mondial 2026 : la nuit des occasions manquées — l'Iran conspuée, la Belgique fébrile, l'Uruguay rattrapé

Personne n'avait anticipé ce scénario. Après le nul stupéfiant de l'Espagne face au Cap-Vert (0-0) mardi soir déjà considéré comme la plus grande surprise du Mondial 2026 la nuit qui a suivi n'a fait qu'enfoncer le clou : quatre matchs, quatre nuls consécutifs, et autant de favoris sur le papier qui rentrent dans leur vestiaire avec un point au lieu de trois. La Belgique, l'Uruguay, l'Iran chacune à sa manière a laissé filer l'essentiel.

Groupe 7 : Iran – Nouvelle-Zélande 2-2 | Des drapeaux, des sifflets et un point arraché

Le voyage de l'Iran au Mondial avait commencé bien avant le coup d'envoi. Depuis des semaines, la question planait : la sélection de la République islamique, engluée dans un conflit armé avec Israël et les États-Unis, allait-elle seulement fouler la pelouse ?
La FIFA, par la voix de son président Gianni Infantino fidèle à sa doctrine du « football hors politique »  avait tranché : l'Iran jouerait aux États-Unis malgré les tensions.
Le 2-2 dramatique face à la Nouvelle-Zélande, à Monterrey, a clos le suspense sportif. Mais les tribunes ont dit autre chose.

Avant même le coup d'envoi, des supporters ont brandi dans les gradins le drapeau de l'ancien Shah  pourtant formellement interdit par la FIFA symbole ostentatoire des opposants au régime. Puis, au moment de l'hymne iranien, des milliers de voix se sont élevées non pas pour chanter, mais pour siffler. Un concert de huées, sourd et cinglant, comme un désaveu collectif adressé à la République islamique depuis les tribunes d'un stade américain.

L'accueil glacial : L'hymne iranien sifflé à Monterrey

Ce qui s'est passé dans les tribunes avant le coup d'envoi du match Iran Nouvelle-Zélande mérite qu'on s'y arrête. Des milliers de supporters iraniens en exil ont délibérément sifflé l'hymne de la République islamique, brandissant le drapeau de l'ère du Shahinterdit par la FIFA  en signe de protestation et de solidarité avec les opposants au régime à l'intérieur du pays. Certains médias avaient rapporté ces derniers mois des tentatives peu crédibles d'évincer l'Iran au profit de l'Italie, à l'initiative d'influents proches de Donald Trump. Infantino avait tenu bon. Les sifflets de Monterrey lui ont clairement signifié ce que les exilés iraniens pensent de cette décision.

Sur le terrain, la Nouvelle-Zélande a ouvert le score par deux fois grâce à Elijah Just (7e, 54e). À chaque fois, l'Iran a répondu : d'abord par Ramin Rezaeian (32e), puis par Mohammad Mohabi (64e), lequel a conclu d'une tête une action initiée par ce même Rezaeian. Un point pris sur le fil, mais deux points perdus dans la course à la qualification.

Groupe 7 : Belgique – Égypte 1-1 | Lukaku sauve les meubles, les Pharaons réclament un penalty

Une heure à peine après le fiasco espagnol, la Belgique est devenue la quatrième sélection européenne sur dix à ne pas s'imposer face à un adversaire théoriquement inférieur lors du premier tour. Le résultat 1-1 contre l'Égypte a le goût amer d'un rendez-vous raté.

L'Égypte a ouvert le score par l'intermédiaire du milieu d'Al-Ahly, Imam Ashour (19e), sur une passe décisive de Mohamed Salah qui fêtait ce soir-là ses 34 ans avec une élégance toute particulière.

La Belgique, en difficulté pendant une heure, a dû attendre l'entrée en jeu de Romelu Lukaku à la 66e minute pour voir le vent tourner. Moins d'une minute après sa montée au jeu, le géant interiste a provoqué un but contre son camp de Mohamed Hany en pressant le cœur de la défense des Pharaons. Score final : 1-1. Statistique qui dit tout sur l'équilibre du match : les deux équipes ont terminé avec exactement trois tirs cadrés et deux occasions franches chacune.

Les Égyptiens auraient pu, et peut-être dû, s'imposer : à la 92e minute, l'arbitre argentin Román Abatti a refusé un penalty qui a fait bondir le banc égyptien. « On sait que la Belgique est une bonne équipe, mais on ne sait pas encore si c'était notre match le plus difficile ou le plus facile dans ce groupe », a lancé l'attaquant Hamza Abd El Karim à l'issue de la rencontre. La pique était juste. Pour les Belges, c'est désormais trois matchs consécutifs sans victoire en phase de groupes de Coupe du monde les deux précédents leur avaient déjà coûté leur qualification au Qatar.

Groupe 8 : Arabie Saoudite – Uruguay 1-1 | L'exploit de 2022 ne se renouvelle pas

Tout le monde se souvient : en 2022, l'Arabie Saoudite avait signé l'une des plus grandes surprises de l'histoire de la Coupe du monde en battant l'Argentine 2-1, future championne du monde. C'est avec ce souvenir en bandoulière et le même gardien, Mohammed Al-Owais, entre les perches que l'équipe entraînée par Yorgos Donis, ex-entraîneur du Maccabi Tel-Aviv, a entamé son Mondial 2026. Résultat : 1-1 contre l'Uruguay, et une impression de déjà-vu pour les deux camps.

Les Saoudiens ont pris l'avantage à la 41e minute grâce à un but d'Abdulllah Al-Amri, qui a su exploiter une erreur défensive adverse. En première mi-temps, l'Uruguay dirigé par Marcelo Bielsa semblait en plein désarroi. Mais à la pause, visiblement, la douche froide a été administrée dans le vestiaire. Les Uruguayens sont revenus avec une toute autre intensité, bombardant le but saoudien : 22 tirs en seconde période, dont dix cadrés. Un record : la dernière équipe à avoir tenté autant de tirs en une mi-temps lors d'un Mondial, c'était l'Allemagne de l'Est en 1974, avec 24 tentatives en première période contre le Chili. Al-Owais a tenu. Jusqu'à la 80e minute, où Maximiliano Araújo a finalement trouvé la faille.

Le chiffre de la nuit : 60

Malgré la déception du nul, Mohamed Salah peut savourer son 34e anniversaire avec une distinction rare : il est le premier joueur africain depuis 1966 à être impliqué sur un but en Coupe du monde le jour de sa date d'anniversaire.

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