Face à l'impensable : Etty Hillesum "Je me sens seulement dans les bras de Dieu."

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Face à l'impensable : Etty Hillesum

Face à l'impensable : Etty Hillesum

Etty Hillesum, Une vie bouleversée, suivi de Lettres de Westerbork, Traduit par Philippe Noble, éd. Points, 2020, 408 p., 9.30 €., Etty, série réalisée par Hagai Levi, adapté du journal d’Etty Hillesum, avec Julia Windischbauer, Sebastian Koch, Leopold Witte, Gijs Naber, 2025, Arte.

Le journal d’Etty reste résolument  féministes avant l’heure . Elle a  refusé de se laisser décentrer de sa vitalité intérieure à cause de l’amour pour les hommes. Et la série tiré de  ce journal le prouve. Etty est tout à fait crédible en parlant de l'aujiiurd'hui comme du temps de la Gestapo à Amsterdam et ailleurs).

L’interprétation d'Etty par Julia Windischbauer est brillante dans la série qui reste d’une grande fidélité à l'auteure et son art de regard attentive moindre de ses gestes. Finalement son aura fait d'elle  la désireuse de sa paix intérieure. Et  l’actrice autrichienne offre non seulement un visage possible d’Etty, mais  la personnification de sa foi obstinée pour la vie face à la mort omni-présente.

A la fois malheureuse et p arfois doté d’un égo vital, Etty  dans son journal suit son ambition  mais de plis il devient une pensée philosophique.

Spontanéité et débordements émotionnels rendent le lecteur si proche d’elle qu'il a l’impression de se retrouver avec une proche confidente.
De plus la série de Hagai Levi tente ne quitte jamais Etty et le spectateur embrasse son point de vue à chaque instant. N’adaptant que son journal et non les dernières lettres écrites au camp de Westerbork, il évacue d’emblée la possibilité de représenter les camps de déportation et d’extermination.

S’affectant volontairement au camp de Westerbork pour aider moralement les déportés, le diariste nous interroge sur la résistance au mal. Elle reste parfois héroïque, parfois fataliste mais perspicace :
« Chacun en ce moment est occupé à songer à soi même et à tenter de passer entre les mailles du filet. Or c’est que je ne me sens pas sous leurs griffes. Que je reste ici, ou que je sois déportée. C’est une idée si conventionnelle, si primitive. Ce raisonnement ne me touche plus. Je ne me sens sous les griffes de personne. Je me sens seulement dans les bras de Dieu. » Et une telle série permet découvrir l'écriture d’Etty Hillesum face à l’une des impensable épreuves du mal.

Jean-Paul Gavard-Perret

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