Pourim 2026 : Une étudiante israélienne réinvente la Méguilat Esther en calligraphie persane

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Pourim 2026 : Une étudiante israélienne réinvente la Méguilat Esther en calligraphie persane

Pourim, Iran et typographie : quand la Méguilat Esther renaît en calligraphie persane

À l’heure où l’Iran occupe le centre des tensions géopolitiques, une jeune graphiste israélienne revisite la Méguilat Esther en l’habillant d’une typographie inspirée de la calligraphie persane. Un projet artistique fort, à la croisée de l’histoire juive, de l’identité et d’une mémoire qui traverse les siècles.

Une Méguila qui semble étrangère… mais qui est bien hébraïque

Au premier regard, les versets paraissent écrits dans une langue inconnue. Les formes évoquent la calligraphie persane, ses courbes élégantes, ses prolongements fluides. Pourtant, il s’agit bien d’hébreu.

La graphiste a choisi de modeler l’alphabet sacré selon une esthétique inspirée de l’art scriptural iranien, créant ainsi un pont visuel entre le texte biblique et le cadre géographique dans lequel se déroule l’histoire d’Esther.

Hadasa Mashkowitz, 22 ans, et le projet « Ishtar »

À l’origine de cette initiative, Hadasa Mashkowitz, 22 ans, originaire de Mitzpe Yericho, étudiante en quatrième année de communication visuelle à l’Académie Emouna.

Son projet de fin d’études, intitulé « Ishtar », est encadré par le professeur Shachar Vitonski.

Elle explique que l’objectif n’était pas seulement esthétique mais narratif : revêtir la Méguila d’un « habillement visuel plus en phase avec le contexte géographique et culturel de son histoire » et inviter le lecteur à une lecture plus consciente, plus attentive.

Le nom « Ishtar » s’inspire du livre La Reine de Tamar Eilem Gindin et Maayan Eshkoly, qui ont nourri sa réflexion sur les racines perses du récit biblique.

Une dimension inattendue à l’ombre de la guerre

Interrogée sur la résonance particulière de son travail dans le contexte actuel des tensions entre Israël et l’Iran, Hadasa Mashkowitz répond sans détour :

« La vérité, c’est que je n’ai pas choisi ce thème à cause de la guerre avec l’Iran. Mais au fur et à mesure que le projet avançait, et que la situation aussi évoluait, j’ai compris qu’il se passait ici quelque chose de très fort, presque une forme de mission. J’ai vu un nouveau lien se créer : une jonction entre la Méguila, ses racines perses, et une reconnexion possible des Iraniens à leurs origines. Ce lien avec les jours de Pourim et cette histoire qui se répète a donné une dimension supplémentaire particulière à tout le projet. »

Une déclaration qui dépasse le simple cadre académique. Pourim n’est pas qu’une fête folklorique : c’est l’histoire d’un décret d’anéantissement, d’une menace perse contre le peuple juif, et d’un retournement stratégique.

Un projet né d’une rencontre avec la calligraphie

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la jeune créatrice n’a aucun lien familial avec l’Iran. Ses racines sont d’Europe de l’Est : Hongrie, Pologne, Lituanie.

L’idée du projet remonte à sa première année d’études, lors d’un cours de calligraphie dispensé par l’enseignante Kelt Ziv. Elle raconte avoir immédiatement ressenti une connexion profonde avec cet art. Lorsqu’est venu le moment de choisir un sujet de diplôme, elle savait qu’elle voulait travailler l’écriture. Le thème est né lors d’une conversation avec sa mère, qui a évoqué la Méguilat Esther.

Hadasa… comme Esther

Le lien est également personnel. Hadasa est l’autre nom de la reine Esther.

Elle confie : « En fait, je m’appelle Hadasa, d’après Esther la reine (Hadasa est Esther). Ma mère enseignait dans un établissement religieux et, avant ma naissance, elle s’était profondément identifiée à la figure d’Esther. Elle n’a toutefois pas pu me donner le nom d’Esther, car c’est le nom de ma grand-mère. Ils ont donc choisi Hadasa. »

Une coïncidence qui, dans le cadre de ce projet, prend un relief particulier.

Un travail salué par l’Académie Emouna

La Dr Efrat Grossman, directrice de l’académie et spécialiste de la typographie hébraïque, souligne :

« Le travail de Hadasa est émouvant et porte l’exploration typographique du département à son apogée. La conception de l’écriture dans cette Méguila ne se limite pas à un choix esthétique. Elle dialogue avec l’histoire de la communauté juive en Perse, qui a préservé sa judaïté et sa langue dans un autre cadre culturel. Ici, le signe n’est pas seulement un élément graphique fonctionnel, mais un vecteur d’identité, porteur de sens, racontant aussi une histoire à travers sa forme. »

L’œuvre n’est pas encore achevée. Elle sera présentée lors de l’exposition des diplômés de l’Académie Emouna au mois de juillet.

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