« L’ONU de Trump » : Netanyahu invité à siéger au Conseil de la paix

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« L’ONU de Trump » : Netanyahu invité à siéger au Conseil de la paix

« L’ONU de Trump » : Netanyahu invité à siéger au Conseil de la paix

Un projet qui dépasse Gaza

Dans les heures ayant suivi la publication par le président américain Donald Trump de la liste partielle des membres du nouveau Conseil de la paix pour Gaza, une évidence s’est imposée à Washington : l’organe imaginé par la Maison Blanche pourrait rapidement dépasser son périmètre initial. Plusieurs sources diplomatiques évoquent déjà une extension possible de ses compétences à d’autres zones de conflit, notamment l’Ukraine et le Venezuela, nourrissant l’idée d’une alternative américaine au Conseil de sécurité de l’ONU.

Netanyahu officiellement invité

Samedi soir, il est apparu que le président américain avait invité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à siéger au Conseil de la paix — ou à y désigner un représentant. L’invitation a été adressée aux dirigeants de plus de cinquante pays, parmi lesquels Israël, la Turquie et l’Égypte.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté assumée de Trump de structurer un organe décisionnel inédit, qu’une partie des observateurs surnomment déjà « l’ONU de Trump ».

Une composition internationale encore incertaine

Selon les annonces officielles, l’Argentine, le Canada, la France, l’Allemagne, l’Australie, l’Albanie, Bahreïn, l’Égypte et la Turquie ont été invités à rejoindre le Conseil. À ce stade, aucun de ces États n’a confirmé formellement sa participation.

Donald Trump a néanmoins vanté l’envergure du projet :

« La composition du Conseil sera annoncée prochainement, mais je peux affirmer avec certitude qu’il s’agit du Conseil le plus important et le plus prestigieux jamais créé, où que ce soit. »

Une contribution financière controversée

Selon une enquête du média économique Bloomberg, le président américain exigerait de tout pays souhaitant obtenir un siège permanent une contribution minimale d’un milliard de dollars dès la première année suivant la signature du traité d’adhésion.

Le projet de texte obtenu par Bloomberg précise :

« Chaque pays membre siégera au Conseil pendant trois ans maximum à compter de la signature, sous réserve de l’approbation du président. Cette durée de trois ans ne s’applique pas aux pays qui versent plus d’un milliard de dollars en numéraire au Conseil de la paix la première année suivant l’entrée en vigueur du traité. »

Cette disposition alimente de vives critiques sur une institutionnalisation du pouvoir par l’argent, en rupture avec les principes multilatéraux traditionnels.

Vers une alternative au Conseil de sécurité ?

De nombreux points demeurent flous quant aux pouvoirs réels et à la vision stratégique du Conseil. Le New York Times rapporte que ses détracteurs s’interrogent ouvertement : Trump cherche-t-il à créer une structure placée sous contrôle américain, capable de court-circuiter le Conseil de sécurité des Nations unies ?

Dans une interview accordée à Reuters, avant même l’annonce officielle, Trump avait déclaré :

« Je pense que cela commencera à Gaza, et que les autres conflits seront traités au fur et à mesure qu’ils se présenteront. »

Interrogé sur les objectifs de cette initiative, il avait ajouté :

« Comme pour les autres pays qui entrent en guerre. »

Accusations de logique néocoloniale

Des experts et militants des droits humains ont dénoncé une structure rappelant, selon eux, une administration coloniale modernisée.

« C’est l’ONU de Trump, un conseil qui ignore les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies », a déclaré un diplomate au fait de la lettre adressée par Washington à de nombreux dirigeants mondiaux.

Ukraine et Venezuela : une tentation vite démentie

Avant même la publication de l’article, le Financial Times révélait que l’administration américaine avait envisagé d’étendre les activités du Conseil de la paix à l’Ukraine et au Venezuela. Cette perspective a suscité une vive inquiétude parmi des diplomates occidentaux et arabes.

Une source proche du dossier affirmait alors que l’administration Trump estimait que le Conseil pourrait « se substituer à l’ONU et traiter des conflits autres que la guerre à Gaza ». Cette affirmation a toutefois été démentie par une source américaine, assurant au Financial Times que le Conseil ne traiterait « que de Gaza, et de rien d’autre ».

Les figures déjà désignées

Les membres annoncés à ce jour comprennent :

le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’envoyé spécial Steve Witkoff, le gendre du président Jared Kushner, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le milliardaire américano-juif Mark Rowan, le président de la Banque mondiale Ajay Banga, ainsi que Robert Gabriel.

La présence de Tony Blair a ravivé les critiques, en raison de son rôle dans la seconde guerre du Golfe et de l’héritage de l’impérialisme britannique au Moyen-Orient.

Un second organe pour Gaza

Parallèlement, Trump a annoncé la création d’un organe intérimaire placé sous l’autorité du Conseil de la paix, destiné à opérer au-dessus du gouvernement technocratique palestinien censé administrer Gaza après le Hamas.

Selon la Maison Blanche, cet organe portera le nom de « Conseil exécutif de Gaza », également désigné comme Comité exécutif. Il inclura notamment l’homme d’affaires israélo-chypriote Yakir Gabbay, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, ainsi que le haut responsable qatari Ali al-Thawadi.

Cette composition a conduit à une déclaration inhabituelle et critique du bureau du Premier ministre israélien à l’encontre des États-Unis.

Répartition des rôles

Les membres du Conseil de la paix auront pour mission la supervision stratégique globale du plan Trump : mobilisation des ressources internationales, coordination interétatique, définition des grandes orientations politiques pour la reconstruction de Gaza et la promotion de la paix.

Le Comité exécutif sera chargé, quant à lui, de la mise en œuvre concrète du plan et de la reconstruction de la bande de Gaza par les acteurs présents sur le terrain.

La vision affichée par Jared Kushner

S’exprimant samedi soir, Jared Kushner a déclaré :

« Le plus dur commence maintenant. Nous sommes déterminés à instaurer la sécurité, à rétablir les services essentiels qui sont le fondement de la dignité humaine — l’électricité, l’eau, les soins de santé, l’éducation — et à promouvoir une société ancrée dans la paix, la démocratie et la justice. Le Groupe consultatif national sur la paix et l’autonomie agira avec la plus grande intégrité et transparence afin de créer une économie productive capable de remplacer le chômage par des opportunités pour tous. »

 

 

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