Iran : Une révolution sans visage entre négociation avec les USA et la menace de frappes

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Iran : Une révolution sans visage entre négociation avec les USA et la menace de frappes

Une éphémère rébellion comme on en a vu tant en Iran, ou alors une révolution en règle ?

Absence de leader charismatique

C’est énorme, mais pas encore assez, insisteront d’aucuns.
Car un phénomène aussi exceptionnel qu’une révolution est également tenu de se doter d’une figure de proue. D’un symbole de chair et d’os.
D’un chef capable de rassembler sous son pavillon tous les mécontents : dans le cas de l’Iran, laïcs et islamistes modérés, démocrates et nostalgiques de l’ère impériale ; mais aussi, en sus des Persans de souche formant un peu plus de la moitié de la population, Azéris, Kurdes, Turkmènes et autres minorités ethniques, culturelles et même linguistiques.
À défaut d’un tel leader, il est certes courant de voir une direction collégiale, une junte par exemple, surfer sur les manifestations pour s’emparer du pouvoir ;
cela jusqu’au jour où un officier plus ambitieux et habile que les autres fera le vide autour de lui. Car quand la démocratie manque au tableau, la révolution a vite fait, surtout en Orient, de dévorer ses propres enfants.

Bilan humain vérifié et escalade des protestations

Les protestations, déclenchées fin décembre 2025 par l’effondrement du rial et la corruption systémique, se sont étendues à l’ensemble des 31 provinces iraniennes. Selon des activistes basés aux États-Unis, au moins 544 manifestants ont été tués et plus de 10 600 arrêtés par les forces de sécurité. Téhéran a imposé un blackout internet et téléphonique pour limiter la coordination, avec des tirs sur la foule rapportés dans plusieurs villes.

Dimension internationale et menaces croisées

 Pour indéniablement authentique que soit le présent et héroïque sursaut populaire, la crise déborde largement de son cadre interne.
Elle est même de dimension internationale.
 Donald Trump a menacé d’intervenir, et l’Iran a annoncé qu’il ripostera en ciblant Israël et les bases américaines de la région.

Mais tout doux, une négociation est en préparation entre Washington et Téhéran, comme officiellement annoncé lundi dans les deux capitales.

Car si le bouillant président des États-Unis a demandé au Pentagone de lui présenter des plans d’attaque, il doit se douter que même considérablement affaiblie, la République islamique n’est pas le Venezuela ; on a sans doute dû lui rappeler qu’en 1980, une opération de commandos US tournant au désastre dans le désert iranien a coûté sa réélection à son lointain prédécesseur Jimmy Carter.

Négociations sous conditions américaines

Téhéran, via son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, s’est dit prêt à la guerre mais aussi au dialogue « équitable et respectueux ». Trump a affirmé que l’Iran l’a contacté pour négocier, avec une rencontre en préparation.
Washington pose des conditions strictes : fin de la répression, libération des détenus, remise de 408 kg d’uranium, enrichissement zéro, arrêt du programme de missiles balistiques, cessation du soutien à Hezbollah, Ansar Allah et Hamas.

Déploiement des B-52 : une démonstration de force

Nombre d’experts en déduisent qu’avant de se décider à lancer ses super-bombardiers ou ses marines, rangers et force Delta au prix d’un embrasement régional, l’Amérique va stimuler les activités de ce redoutable instrument de déstabilisation qu’est la CIA, probablement aidée par le Mossad israélien.
Des cyberattaques sont également en chantier pour parer à la coupure d’internet, ce qui permettrait une meilleure coordination entre manifestations urbaines et un décompte plus précis des morts.

Les B-52 Stratofortress, déployés en novembre 2024 pour dissuader l’Iran, ont vu leur activité s’intensifier en janvier 2026. Des vols de B-52 et de ravitailleurs KC-135R ont décollé de la base d’Al Udeid au Qatar, avec des drones de reconnaissance survolant le détroit d’Ormuz. Ces mouvements visent à démontrer une capacité de frappe rapide et à préparer une éventuelle intervention, en réponse aux protestations et aux menaces de Trump.
Sans porte-avions dans la région, les États-Unis s’appuient sur des bases terrestres comme Al Udeid pour projeter leur puissance.

Forme potentielle d’une attaque américaine

Toujours est-il que Trump ne renonce pas pour autant à son rôle de faiseur et défaiseur de rois (et même de reines, puisqu’il entend arbitrer le duel opposant la présidente intérimaire Rodriguez et l’opposante en exil nobélisée Machado !).

Pour ce qui est de l’Iran, le chef de la Maison-Blanche en est encore à passer en revue ses poulains éventuels. Il se refuse toutefois, pour le moment, à parrainer ou même à rencontrer Reza Pahlavi, fils du chah renversé par la révolution islamique en 1979.

Si d’aventure ce dernier venait à remporter la palme, ce serait là un de ces retours de flamme dont l’histoire a le secret. Car soucieux de s’épargner les représailles des mollahs, l’Oncle Sam avait froidement refusé d’accorder asile à l’allié déchu ; exilé, gravement malade, c’est en Égypte que l’ancien empereur en cavale était allé finir ses jours…

Une attaque américaine, si elle survenait, prendrait la forme de frappes de précision « standoff » sans entrée dans l’espace aérien iranien : missiles Tomahawk Block V (portée 1 600 km) depuis sous-marins Ohio, JASSM-ER furtifs lancés par B-52, ou cyberattaques paralysant les réseaux gouvernementaux.
Les cibles incluraient bases IRGC, sites nucléaires ou balistiques, évitant les infrastructures civiles pour minimiser les pertes. Ces options, s’appuient sur des actifs terrestres au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats, avec un « trou de dissuasion » naval compensé par des bombardiers stratégiques.

Structure militaire iranienne et scénarios internes

Quant aux éventuelles relèves du dedans, elles semblent encore des plus aléatoires, tant le système iranien a su se prémunir contre tout risque de coup d’État.
Strictement assignée à la défense du territoire, l’armée de métier n’a aucune influence politique ; elle est aux ordres du pouvoir exécutif, lui-même à la botte du guide suprême.

Avec moitié moins d’effectifs mais puissamment secondés par la pléthorique milice des bassidjis, les gardiens de la révolution ont, eux, un accès direct à Khamenei.
Vouée à la protection non pas tant de l’État que du régime, cette garde prétorienne contrôle de larges secteurs de l’économie mais aussi les arsenaux de missiles balistiques et de drones, et c’est encore elle qui se charge d’exporter à tout vent l’idéologie maison.

Scénarios spéculatifs et pressions économiques

Trump a imposé des tarifs douaniers de 25 % sur tout pays commerçant avec l’Iran, effectifs immédiatement, pour isoler économiquement Téhéran. Cette mesure,  vise à accentuer la pression sur le régime, déjà affaibli par les sanctions et les protestations internes.

Politique-fiction enrichie

Par les soins de Trump et des fanatiques de Téhéran, les contes des Mille et Une Nuits viennent de s’enrichir d’un stupéfiant thème de politique-fiction. Aladin a initié un gigantesque et prometteur brasier à l’instant même où il allumait sa lampe merveilleuse ; mais le bon djinn se fait attendre pour en surgir.

L’Iran a renforcé ses défenses aériennes et repositionné des missiles près du Golfe, anticipant une riposte. Khamenei a menacé une « défaite américaine », mais des fuites indiquent que son entourage transfère des actifs à Moscou. Ces développements, soulignent une escalade, avec Israël en alerte maximale et un blackout médiatique imposé par Netanyahu.

D'après un article de Issa GORAIEB, 

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