Fonds souverain norvégien : désinvestissement partiel mais maintien des placements en Israël

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Fonds souverain norvégien : désinvestissement partiel mais maintien des placements en Israël

Fonds souverain norvégien et Israël : désengagement ciblé, mais pas de boycott

Ce qui s’est réellement passé

Le plus grand fonds souverain du monde, le Government Pension Fund Global (GPFG) de Norvège — près de 2 000 milliards de dollars d’actifs — a annoncé s’être défait de ses participations dans 11 entreprises israéliennes et rompu ses mandats avec des gérants externes opérant en Israël. Motifs invoqués : la crise humanitaire à Gaza, les risques éthiques liés à certaines activités en Judée-Samarie, et un besoin de reprendre la main sur ces expositions. L’information est officielle : elle figure dans un communiqué de Norges Bank Investment Management (NBIM), le gestionnaire du fonds, publié le 11 août 2025 et détaillé lors de la présentation des résultats semestriels. 

Important : il ne s’agit pas d’un retrait total du marché israélien. NBIM maintient des positions en Israël « à l’intérieur de son indice de référence » (le benchmark actions du fonds est adossé à FTSE Russell), et écarte seulement une partie des lignes jugées non conformes ou non indexées.
Le gouvernement a d’ailleurs écarté l’idée d’un désengagement généralisé et a demandé des « mesures » de gestion et de contrôle renforcés, non un boycott national par origine. 

Concrètement, au 30 juin, le fonds détenait des participations dans 61 entreprises israéliennes ; il a vendu 11 d’entre elles dans les jours suivants, et a rapatrié en interne la gestion de l’ensemble de ses actifs israéliens, mettant fin aux contrats avec des gérants locaux. 

Pourquoi ce tournant ?

Le déclencheur immédiat a été la révélation d’une participation dans Bet Shemesh Engines (maintenance de chasseurs F-16 et d’hélicoptères Apache pour l’armée de l’air israélienne), jugée sensible au regard des lignes éthiques du fonds.
Le Conseil d’éthique norvégien a reconnu des « lacunes » dans son examen préalable sur ce dossier. NBIM a depuis vendu la ligne et ouvert une revue élargie de ses expositions israéliennes. 

Politiquement, le ministère des Finances a exigé un resserrement des procédures — due diligence renforcée, contrôle des gérants externes — tout en écartant un retrait par nationalité (la doctrine norvégienne repose sur des exclusions par activités et non par pays, à partir d’un filtre éthique codifié et public). 

Le fonds « continuera d’investir » en Israël : en quel sens ?

NBIM l’a dit explicitement : Israël reste dans l’indice de référence actions du GPFG. Autrement dit, les positions indexées (couverture FTSE) demeurent ; ce sont les lignes hors-indice et/ou problématiques qui ont été purgées. La vente des 11 titres réduit le périmètre, elle ne ferme pas le marché israélien au fonds. Reuters, l’AP et la presse financière norvégienne confirment cette lecture : désinvestissements ciblés aujourd’hui, réexamen en cours, mais pas d’interdiction d’investir en Israël. 

Quelles entreprises sont concernées ?

NBIM n’a pas publié la liste. La presse économique norvégienne cite toutefois des noms avancés par des sources de marché, parmi lesquels Bet Shemesh Engines, Torpaz, Azorim, Delek Motors, El Al, Energix, eToro, Max Stock, Sella Real Estate et Amos Luzon Group. À prendre comme indications crédibles mais non officielles, en attendant un éventuel détail formel de NBIM. 

Les domaines d’investissement du fonds en Israël

Historiquement, le GPFG réplique largement un indice mondial : ses expositions israéliennes reflètent donc la cote locale : technologies (logiciels, équipements), financières (banques et services), immobilier coté, biens de consommation, transport aérien, énergie et infrastructures.
Les cas aujourd’hui sous pression éthique touchent surtout défense/dual-use et exposition territoriale sensible. Cette cartographie se déduit des positions agrégées (61 titres à fin juin) et des exemples cités par les médias norvégiens (Bet Shemesh pour l’aéronautique-défense ; Next Vision pour l’optronique embarquée ; compagnies aériennes, immobilier et distribution). 

Qui est ce fonds ? Sa boussole d’investissement

Le Government Pension Fund Global est l’outil d’épargne intergénérationnelle de la Norvège, alimenté par les revenus pétro-gaziers. Il est géré par NBIM, bras d’investissement de la Banque de Norvège (Norges Bank), selon un mandat défini par le ministère des Finances : portefeuille mondial actions/obligations/immobilier/infrastructures renouvelables, avec indice FTSE Russell comme étalon pour les actions.
Les exclusions sont décidées par la Banque de Norvège sur recommandation du Conseil d’éthique (environnement, droits humains, corruption, armes controversées, etc.). 

 Désengagement partiel, gouvernance durcie, stratégie intacte

Les faits vérifiés convergent : NBIM a allégé son exposition à des entreprises israéliennes jugées à risque et a repris le contrôle direct de la gestion locale, sans tourner le dos au marché israélien ni changer de doctrine : l’indice reste la boussole, l’éthique s’applique au cas par cas. En clair : désinvestissement ciblé aujourd’hui, investissements « indexés » maintenus demain, sous surveillance accrue. 

Notes de méthode :

– Décisions de vente/mandats (11 août 2025) : communiqué NBIM et résultats semestriels. 

– Déclencheur Bet Shemesh / aveu du Conseil d’éthique : Reuters (6 août 2025). 

– Maintien des investissements et logique « benchmark » : Reuters/AP ; ministère : mesures, pas de retrait par nationalité. 

– Liste indicative d’entreprises pressenties : E24 (presse norvégienne). 

– Fonctionnement, taille et indice de référence du GPFG : NBIM et Ministère des Finances (FTSE Global All Cap comme base). 

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