La paracha de la semaine par Claude Layani :BEHAR L’année sabbatique, le Jubilé

Paracha de la semaine - le - par .
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BEHAR L’année sabbatique, le Jubilé

 

Dans la sidra Behar que nous lirons cette semaine, il faut relever deux institutions à savoir l'année sabbatique et le jubilé qui ont le souci de rétablir, au moins tous les cinquante ans, une justice dans la répartition des terres et des ressources. et le respect dû à la terre nourricière. Déjà dans l'Ecriture (Exode 33,1), une allusion avait ltl faite à l'année sabbatique ; dans notre lecture, elle est cette fois longuement analysée et complétée par l'exposé des lois du jubilé. Certes, ce sont des lois religieuses "... la terre se reposera... en l'honneur de l'Eternel ", mais tout leur contexte en souligne la caractère social.

Notre texte vient tempérer l'insatiable appétit d'être et d'avoir du monde matérialiste qui voudrait chasser D.ieu de son horizon. Ces deux lois limitent la soif de possession: sur la terre d'abord, c'esttout le sens social de l'année sabbatique et du jubilé "... car la terre està Moi..." ; sur l'homme également "...car les enfants d'Israël sont Mes serviteurs...". Reconnaissant ses limites mêmes, puisqu'il se réfère à une loi qu'il n'a pas forgée, l'homme restreint son être et renonce à se diviniser.

Les principes affirmés, c'est à la loi orale, ses développements talmudiques, son aboutissement dans les responsae des maîtres des générations plus récentes, de veiller à leur application. Sur le verset "Tu ne lui prêteras point ton argent à intérêt, et tu ne lui donneras pas ta nourriture pour en tirer profit" estéchafaudé tout un traité talmudique (Baba Metzia). Il tente d'imaginer toutes les formes d'exploitation du besoin d'autrui pour mieux les limiter et les interdire

Certes, ces beaux principes et même leur application n'empêchent pas la création d'une société injuste de possédants ayant fort bonne conscience.

Nos Sages du Midrach affirment: l'indigent rend un plus grand service à son bienfaiteur que ce dernier lui faisant l'aumone. Celui-ci donne au pauvre un peu de son bien matériel et lui prodigue un peu de plaisir. Tandis que le nécessiteux procure à son bienfaiteur les ineffables émotions de la charité, une source inépuisable de satisfaction morale et les bénédictions de D.ieu. La Torah s'exprime dans ce sens en proclamant (Deut. 15,10): "Donne-lui, oui donne-lui sans regret... car, pour prix de ton geste, l'Eternel , ton D.ieu, te bénira dans ton labeur et dans toutes tes entreprises." En traduisant à la lettre notre verset, nous pouvons y déceler le souci du législateur de nous inculquer cettemême vérité: "Si ton frère vient à déchoir... maintiens toi grâce à lui. De quelle fa*on ?, en lui permettant de vivre avec toi.

Le Sifra ajoute: "à quoi cela ressemble: à une charge sur le dos d'un âne ; si elle chancelle, une main peut suffire à la retenir - tombe-t-elle à terre, cinq personnes n'arrivent pas à la relever" et de développer toute une législation d'assistance au prochain

Certes la loi de la chemita et du jubilé qui suspendent en quelque sorte, après chaque période de 7 et de 50 ans, la vie active de tout un peuple estdéconcertante pour l'homme du 20e siècle. Mais si cette législation nous paraît destiné à la cité idéale, à la société future, régénérée par l'amour fraternel, nos Sages y attachent une importance capitale quant à son observance pour promouvoir l'époque messianique annoncée par les prophètes.

 

Claude Layani 

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