La Paracha de la semaine par Claude Layani EMOR La sainteté humaine

Paracha de la semaine - le - par .
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EMOR La sainteté humaine

Le but de la Thora prescrit à chaque juif  d'atteindre la Quedoucha, la sainteté. Non pas un état surhumain, qui éloigne l'homme de ses semblables et le place sur un piédestal, loin des contingences de ce monde-ci, mais un équilibre entre les activités matérielles et spirituelles qui permettent à l'homme de vivre une existence où chaque acte, chaque geste est une glorification de D.ieu: Quadoch, est le qualificatif de ce qui est consacré, réservé à D.ieu. Et Israël, par son élection doit agir comme les champions de D.ieu, plaçant sa  volonté par delà nos volontés humaines.C’est un engagement solennel que D.ieu a pris vis-à-vis du peuple d’Israël: Veatem tihyouli mamlé’het kohanim vegoy kadoch » vous serez pour Moi une dynastie de prêtres et un peuple saint » (Exode 19,6). 

La Sidra de cette semaine, complément de celle de Quedochim évoque la quedoucha humaine en action.

Qu'il s'agisse du Cohen, consacré totalement au service de D.ieu ou qu'il s'agisse du Juif , prêtre pour les nations, c'est à une expérience spirituelle unique que nous convie la Torah.

Et le rythme de notre liturgie évoqué par la sidra n'est qu'un moyen de nous rappeler sans cesse l'orientation de cette expérience, but de la vie humaine.

D.ieu exige de nous une disponibilité que nous ne sommes pas toujours prêts à lui accorder. Ce n'est pas facile de déterminer sa vie professionnelle en tenant compte, par priorité, des exigences de la religion. Même ceux qui orientent leurs études vers des carrières qui leur permettent l'observance du Chabbat et des fêtes, sont moins regardants à la fréquentation des offices communautaires de chaque jour.

Tout est ici une question de progrès. Rester stationnaire, sur le plan spirituel, c'est régresser constamment.

Dans le contexte de cette loi de sainteté: Soyez saints, car je suis saint Moi, l'Eternel votre D.ieu, vont être exposées les prescriptions concernant les "temps consacrés": chabbat et fêtes.Ces convocations saintes mentionnées dans notre sidra Emor sont présentées selon l'ordre de leur célébration dans l'année juive. Ces convocations saintes qui voient l'exigence de sainteté redoublée, constituent des moment privilégiés, devant permettre de par la qualité de la disponibilité qu'ils nous ménagent, de raviver notre sensibilité à l'égard du sacré sous des modalités différentes pour chaque fête. Pour que cette exigence de sainteté puisse être présente avec une acuité renouvelée dans notre vie quotidienne. Car l'exigence de sainteté n'a pas de sens en soi, coupée de la réalité , elle doit l'habiter en permanence et investir tous les domaines de la vie.

Les fêtes nous permettent ainsi de nous resensibiliser à l'exigence de sainteté, nous rendent plus réceptifs à cette quête d'une action qui ne soit jamais dissociée de son sens. Et  dans cette perspective, le jour de Kippour tient évidemment une place particulière. C'est le jour où l'homme tente de se situer avec exactitude dans l'ordre éthique, et où, au-delà de la possible rémission de ses fautes, il peut trouver à renouveler le sens de son effort.

Peut-être une des leçons de l'Omer qui se trouvent dans notre sidra, est-elle de nous montrer cette voie ascendante qui se présente devant le juif, non pas une fois par an, par ordre liturgique, mais en réalité pendant toute notre vie

 

CLAUDE LAYANI

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