Le gan Hashalom

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GAN HASHALOM

LE JARDIN DE LA PAIX

Mêmes yeux pétillants de malice, même boucles turbulentes retenues par des bandeaux de couleurs, mêmes baskets, mêmes joggings, Rawan et Maya se sont lovées ensemble dans la micro-piscine gonflable leur offrant un fauteuil improvisé.

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Dans trois minutes, les deux gamines, de 4 ans chacune, reprendront leur jeu ou peindront l'avenir de toutes les couleurs de leur boîte à crayons.

"On est tous pareils", s'exlame Yazam un peu plus loin.

"Il ne devrait plus y avoir de guerre", confirme Shani d'un ton docte!

Manifestement, le message des deux jardinières d'enfants, Etti la juive et Dina la musulmane, est parfaitement passé.

Car c'est ici que Rawan et Madjd les fillettes arabes, Maya et Michal les petites juives, Amar le musulman et ... Omer le jeune juif, font désormais leurs premiers pas, hors de leur famille, de leur quartier, de leur communauté d'origine.

Créée à la rentrée 96 dans le cadre du "YMCA" de Jérusalem qui fait face à l'hôtel du Roi David, cette prématernelle inaugurée début avril sous le nom de " Jardin (d'enfants) de la Paix", rassemble d'ores et déjà 24 bambins, pour moitié juifs, pour moitié arabes dont neuf petits musulmans et trois chrétiens. Dans cette ville trimillénaire où ce sont souvent les chiffres qui parlent, c'est ainsi que l'ont voulu, pour une première expérience, les initiateurs du projet que sont la Fondation de Jérusalem présidée par l'ancien maire de la cité Teddy Kollek, la ville de Genève et ce "YMCA" construit dans un souci de coexistence entre ceux, sans exclusive, qui sanctifiait Jérusalem.

A 4 ans cette lutte contre les préjugés et la peur, cette meilleure

connaissance de l'autre qui mène droit au respect et à la tolérancGAN5[1].gife, passe par le jeu, la peinture, la rytmique et les chansons, les contes et marionnetes, ainsi que par les ébats dans la pateaugeoir.

Ici, c'est dans les deux langues, l'hébreu et l'arabe que l'on s'offre des fou-rires!

Des activités auxquelles la directrices Dafna Basevitch-Ginzbourg a ajouté des visites aux familles .

"Pas questions d'assimilation précise cette rousse pasionnée qui dirige l'ensemble des prématernelles du lieu.

A travers les célébrations des fêtes auxquelles s'invitent respectivement les enfants juifs, musulmans et chrétiens, il s'agit de préserver l'identité de chaque communauté tout en souligant ce qu'ils ont en commun."

Aux visites des lieux de prières, à la cueillette conjointes des olives, s'ajoutent vite les invitations entre enfants pour un anniversaire ou un jour pluvieux.

Et les parents de suivre, se liant peu à peu.

Et pourtant, ni Etti la juive, ni Dina la musulmane n'ont le droit de s'exposer à la curiosité des journalistes et photographes :

Le Jardin de la Paix, ses enseignantes, les enfants et leurs parents, mais aussi la Fondation de Jérusalem, ont reçu des menaces de mort de la part d'un certain Ronnie se recommandant d'un groupe d'auto-défense des colonies juives de peuplement.

Dans un couloir, voici Amir, 4 ans, qui accroche son blouson : sous le crochet, son nom en hébreu et en arabe.

Petit juif ou petit arabe ?

Dafna sourit : le prénom est autant choyé par les deux populations.

A la rentrée 97, elle espère bien ouvrir une seconde classe "mixte" de 18 enfants.

Et suspendre d'autres porte-manteaux.

Claudine Meyer

 L'inauguration de ce jardin d'enfants Judéo-Arabe a eu lieu le 7 avril en présence de Teddy Kollek, Chairmain du Conseil Internationl de la Fondation de Jérusalem, Ruth Cheschin Présidente de la Fondation , Michel Rossetti, Maire-Adjoint de la Ville de Genève et Risek Aboushar, Directeur de l'YMCA.

L'idée originelle de ce projet consiste à démontrer l'importance du commun dénominateur entre les enfants originaires de culture, de milieu et d'origine différents, sans mettre leur identité en danger.
L'objectif est de faire connaître l'autre au travers d'une réalité différente et d'une participation personnelle et, de ce fait, empêcher dés le départ l'enracinement d'idées reçues, auxquelles il est plus difficile de faire face chez les adultes.

Claude Sitbon Directeur du Département Francophone de la Fondation de Jérusalem.

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