Livre : Mathieu Lindon, « Je ne me souviens pas »

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Mathieu Lindon, « Je ne me souviens pas »

Mathieu Lindon, « Je ne me souviens pas »

Mathieu Lindon, « Je ne me souviens pas »

Mathieu Lindon, « Je ne me souviens pas », P.O.L. Editions, Paris, 2016, 16 E.

Renversant la proposition de Pérec dans « Je me souviens », Mathieu Lindon tente ici le pari inverse. Faire de l’oubli sa quête tient néanmoins de la figure de style et d’une acrobatie superfétatoire. Certes cela garde de quoi séduire. D’aucuns croient même y trouver le moyen de caser par revers les murs de l’inconscient. Voire… A la littéralité expressionniste et radical de Pérec fait place un impressionnisme disert.

Par la nomenclature filée et défilée le paradigme que l’œuvre déploie semble, certes, éloignée de la nostalgie. Mais si la stratégie est ambitieuse : le propos l’est moins. L’écriture, la « vraie » est remplacée par une analyse. Si bien que les éléments dont l’auteur ne se souvient pas perdent de leur force.

L’écriture par manque d’ambition s’implique elle-même comme l’absente, la retirée, l’endeuillante qui tente pourtant de reconstituer un “ ensemble ”. Mais l’anti-mémoire apparaît comme un jeu. Le trou de bilboquet de l’oubli, l’effet de style ne fait que le combler. Si me tour est joué un tel livre ne fera jamais oublié celui de Perec.

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