Yves Benjamin ATTALI

Né le 8 juin 1957 à Paris
Études secondaires en internat à l'école Maïmonide de Boulogne sur seine.
Aliyah en 1976, terminale au lycée français de Jérusalem.
Service militaire dans le génie combattant.
Marié avec une Israélienne, Hanna, père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons). Habitons à Kfar Tavor en basse Galilée.
Licence en sociologie et ressources humaines de l'université de Bar-Ilan.
Amoureux des langues, considéré comme le plus Israélien des francophones de ma promotion.
J'ai collaboré pour la première fois avec Alliance en 1997. Aujourd'hui j'ai renoué avec le magazine juif qui est incontestablement le meilleur sur Web.

Les articles de Yves Benjamin ATTALI

A la vitrine du Libraire rubrique de Claude Layani: Le judaisme et l'environnement par Jonathan Aikhenbaum

 

aikhenbaum-photo.jpgC'est à travers le format accessible et ludique du dialogue que cet ouvrage répond de manière claire et argumentée aux questions essentielles qui concernent la perspective de la tradition juive sur la crise de l'environnement :

- L'homme a-t-il tous les droits sur la nature ? 

- Quel équilibre entre développement économique et préservation des ressources et des milieux naturels ? 

- La disparition d'espèces animales et végétales pose-t-elle un problème éthique ? 

- Faut-il se préoccuper des questions de pollution ? 

- A-t-on une responsabilité personnelle sur les lieux communs tels que les océans et les espaces publics ? 

Longtemps avant que la révolution industrielle ait suscité en Occident une réflexion approfondie sur les questions du rapport de l'homme à la nature et de son influence sur celle-ci, l'environnement était déjà une question juive. 

Sur l'auteur 

Né en 1976 à Paris Jonathan Aikhenbaum vit depuis 1995 en Israël. Il a poursuivit des études de Biologie, de Relations Internationales et de Politique et gestion de l'environnement.

Il enseigne la politique de l'environnement à l'université de Bar Ilan et anime le cercle d'étude "Makom" sur le Judaïsme et l'environnement. 

Ouvrage préfacé par Benjamin Gross, professeur des Universités.

 

La "faiblesse" américaine irrite les Israéliens

NETAY.jpgArticle paru dans "La Libre"

Nos ennemis ont d’excellentes raisons de ne pas tester notre puissance militaire, et ils savent pourquoi", a déclaré dimanche Benjamin Netanyahou, mettant le régime Assad et ses alliés implicitement en garde contre la tentation d’exploiter le report de l’intervention américaine pour s’en prendre à Israël.

Mais la principale conclusion que les dirigeants israéliens tirent aujourd’hui de ce report, est qu’Israël "peut uniquement compter sur lui-même". Ce qui est depuis toujours le credo de M. Netanyahou. Ils craignent en effet qu’au vu des divisions dans l’opinion américaine, l’intervention américaine en Syrie finisse par être complètement annulée. Et que cette annulation soit précisément le vœu secret de Barack Obama.

A moins que le Congrès entérine le plan du Président, qui pourrait alors élargir le champ de manœuvre américain contre l’arsenal chimique du régime Assad. Ou que M. Obama profite du report pour arriver à un arrangement avec la Russie, qui neutraliserait cet arsenal. Deux hypothèses qui ne sont pas exclues ici, et seraient les bienvenues aux yeux des Israéliens.

Dans l’immédiat, en tout cas, le gouvernement Netanyahou est inquiet. Il interprète la décision du président Obama comme une "faiblesse" qui "vide les lignes rouges américaines de substance", et qui risque de laisser, en définitive, Israël seul, exposé non seulement aux armes chimiques syriennes, mais principalement au potentiel nucléaire iranien.

L’arsernal chimique syrien deviendra particulièrement dangereux pour Israël s’il tombe aux mains de l’opposition jihadiste en Syrie ou du Hezbollah libanais. Et dans ce cas, Israël ne se privera pas de frapper en territoire syrien de façon ponctuelle, comme il y a déjà frappé, ces derniers mois, des entrepôts d’armes et des convois de missiles en route vers le Liban, sans que la Syrie ait réagi.

Mais c’est surtout si les atermoiements actuels de M. Obama se répètent à l’égard du nucléaire iranien, que la situation se corsera. Dans l’entendement de M. Netanyahou, Israël n’aura alors plus d’autre choix que d’agir seul contre la menace de Téhéran qui risque de se concrétiser au printemps prochain.

Pour l’heure, l’armée israélienne maintient son état d’alerte, dans l’éventualité où les Etats-Unis finiraient tout de même par intervenir en Syrie, et que le régime Assad ou le Hezbollah voudraient se venger sur Israël. Depuis une semaine, Tsahal a renforcé son dispositif le long des frontières syrienne et libanaise. Il a également déployé des batteries antimissiles dans le nord du pays et près de Tel-Aviv. Et il a mobilisé quelques centaines de réservistes pour étoffer le renseignement militaire et la défense civile. Quant à la population israélienne, elle continuait dimanche à faire la queue pour s’équiper de masques à gaz…

L'inquiétude monte en Israël où la population craint de manquer de masques à gaz

masqueagg.jpgArticle paru dans "Le Figaro"

REPORTAGE- Le gouvernement ne veut pas donner le sentiment de négliger la menace d'une riposte de la Syrie en cas de frappes de son territoire. Le cabinet de sécurité a ordonné, mercredi, le rappel d'un millier de réservistes affectés à la défense antimissile du pays.

Certains sont arrivés avant l'aube, pensant s'épargner une longue attente dans la chaleur moite. Peine perdue: lorsque la poste centrale de Tel-Aviv ouvre enfin ses portes, ce jeudi 29 août, plus d'un millier de personnes jouent des coudes dans la plus extrême pagaille pour accéder au centre de distribution de masques à gaz. Dans les allées qui bordent le pavé de béton, des éclats de voix trahissent la nervosité ambiante après les menaces proférées ces derniers jours par l'Iran et la Syrie. Beaucoup dénoncent le «cafouillage» des autorités qui, jugeant peu vraisemblable une attaque contre Israël, refusent pour l'heure d'ouvrir de nouveaux lieux de distribution.
Files d'attente et images de cohue

«L'atmosphère est assez étrange, sourit Ruth Rafaeli, une avocate de 43 ans qui fait la queue depuis bientôt deux heures. D'un côté, je suis presque convaincue que Bachar ne prendra jamais le risque de s'attaquer à Israël. De l'autre, on commence à ressentir une tension sans équivalent depuis que Saddam Hussein nous a frappés avec ses Scud en 1991.» Les images de cohue dans les files d'attente, diffusées en boucle par la télévision, renforcent les craintes de pénurie. De l'aveu des autorités, les stocks disponibles ne permettent d'équiper que 60% de la population israélienne. Mercredi, une distribution de masques a viré au pugilat dans la localité de Pardes Hanna, 60 km au nord de Tel-Aviv.
 
 

Face à cet accès de fièvre, le gouvernement tente de rassurer tout en s'appliquant à ne pas donner le sentiment de négliger la menace. Aux officiels de Damas et de Téhéran qui promettent de frapper Israël en cas d'opération américaine, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a rétorqué: «Nous ne sommes pas impliqués dans la guerre civile en Syrie mais si nous discernons une tentative de nous faire du mal, alors nous répliquerons de la manière la plus puissante.»

    «Si nous discernons une tentative de nous faire du mal, alors nous répliquerons de la manière la plus puissante. »
    Benjamin Nétanyahou

Mercredi, le cabinet de sécurité a ordonné le rappel d'un millier de réservistes affectés à la défense antimissile, ainsi qu'à la protection civile et aux renseignements militaires. Plusieurs batteries d'interception ont été positionnées dans le nord du pays et dans l'agglomération de Tel-Aviv. Par mesure de précaution, enfin, les autorités ont ordonné que les stocks d'ammoniac sur le site industriel d'Haïfa soient temporairement limités afin de prévenir la formation d'un nuage toxique en cas de frappe.

Si 67% des Israéliens sondés mercredi pour le quotidien Israel Hayom disent s'attendre à ce que leur pays soit entraîné dans la guerre en cas de frappes américaines, la grande majorité des analystes jugent très peu probable que le régime syrien ou le Hezbollah décident d'attaquer l'État hébreu. «Techniquement, Bachar el-Assad dispose certes d'un large arsenal d'armes chimiques ainsi que de nombreux missiles Scud capables d'atteindre n'importe quel point d'Israël. Mais quel intérêt aurait-il, alors qu'il est déjà très affaibli par deux années de guerre civile, à ouvrir aujourd'hui un nouveau front?», interroge Reuven Pedatzur, professeur de sciences politiques à l'université de Tel-Aviv.
Risque d'une réaction suicidaire

Selon Yossi Melman, spécialiste des questions de défense pour l'hebdomadaire Sof HaShavua, les menaces formulées à Damas ou Téhéran doivent plutôt être entendues comme un message adressé aux Américains. «Il s'agit de faire comprendre que la Syrie est prête à encaisser des frappes limitées sans trop broncher, analyse-t-il, mais qu'une attaque d'envergure menaçant la survie même du régime pourrait déclencher une réaction suicidaire dirigée contre Israël. En attendant, il est vraisemblable que la réponse syrienne se limitera à quelques tirs d'obus sur le plateau du Golan - tout au plus à des tirs de roquette vers la Galilée.» Dans la file d'attente qui s'étire au pied de la poste centrale de Tel-Aviv, Netta Goldin attend, stoïque, de pouvoir collecter des masques pour ses quatre enfants. «Je ne veux prendre aucun risque, même si j'ai plutôt confiance dans nos systèmes de défense», glisse cette secrétaire de 35 ans.

Qu'il s'agisse du «Dôme de fer» (destiné à intercepter les roquettes de faible portée), des missiles Patriot (moyenne portée) ou du dispositif Arrow (longue portée), les forces armées israéliennes vantent régulièrement l'efficacité de leur défense antimissile - sans pour autant dissiper totalement les craintes du public. «Si la grande majorité de la population sait pouvoir se fier à nos forces armées, observe Yossi Melman, personne n'a oublié qu'elles ont aussi été capables de se laisser surprendre par l'Égypte et la Syrie, en octobre 1973, malgré les nombreux signes précurseurs discernables à l'époque.»

Israël: dans le nord les habitants cherchent toujours des masques à gaz

Article paru dans "DHnet"

Le report d'une intervention étrangère en Syrie a éloigné le spectre d'un débordement en Israël, mais Dalia Elihaou a attendu plus de cinq heures devant un centre de distribution de masques à gaz dans le nord du pays.

La semaine passée, alors qu'une intervention militaire étrangère contre Damas semblait imminente, de nombreux Israéliens se sont rendus dans ces centres pour récupérer des masques à gaz: même si le pays s'est tenu à l'écart de la crise syrienne, il reste une cible potentielle pour le régime de Bachar al-Assad et ses alliés.

C'est particulièrement le cas du nord, frontalier de la Syrie et du Liban et, en ce début de semaine, des familles patientent depuis l'aube devant le centre de Kyriat Motzkin, près de Haïfa.

Pour elles, la décision du président Barack Obama de demander le feu vert du Congrès pour mener une intervention en Syrie qui semblait auparavant imminente, offre certes un répit mais ne change rien sur le fond.

"On a déjà reçu des missiles dans le nord, mais cette fois, si Assad en envoie avec des produits chimiques, on ne peut pas prendre ça à la légère", explique à l'AFP Dalia Eliahou, jeune retraitée de la ville côtière de Nahariya.

Pour Yann Lukatzki, 35 ans, qui a également attendu plus de cinq heures dans ce parc municipal, "il ne faut pas hésiter à venir chercher ses masques".

"La communauté internationale doit intervenir, c'est immoral de laisser ce tyran en place. Mais la réaction d'Assad risque de nous retomber dessus, donc il faut être prêts à toutes les éventualités", explique-t-il.

Alors que l'hypothèse d'une intervention internationale en Syrie prenait corps, les quelques centres de distribution activés dans le pays ont parfois été pris d'assaut. Mais selon la presse israélienne, 40% des Israéliens ne sont pas encore équipés.

Le gouvernement a pour sa part multiplié les déclarations apaisantes au cours des derniers jours.

Israël est "prêt à tous les scénarios", a répété dimanche le Premier ministre Benjamin Netanyahu. "Nos ennemis ont de très bonnes raisons de ne pas tester notre force, notre puissance", a-t-il ajouté.

Haïfa a besoin de ces assurances: située à 150 km de Damas, cette ville mixte garde aussi le souvenir des tirs de missile du Hezbollah libanais lors du conflit de 2006, qui avaient touché indistinctement les populations juive et arabe.

A la terrasse d'un restaurant, Avi Ohana, ingénieur de 47 ans et père de sept enfants, dit s'être équipé en masques à gaz il y a plus d'un an. "Il ne faut pas attendre le dernier moment... même si je ne suis pas trop inquiet", avance-t-il.

Cyril Kleczewski, lui aussi ingénieur, assure ne pas croire "qu'Assad osera nous attaquer". "Il sait qu'il signerait son arrêt de mort", dit-il, tout en confiant à demi-mot que son épouse est "plus inquiète".

"Il faut se préparer à tout les scénarios possibles", commente Nasser Dalashi, un arabe israélien. Lui et son épouse sont allés récupérer leurs masques car "la situation est inquiétante". "Mais avec l'aide de Dieu, on ne sera pas touché", enchaîne-t-il.

Si l'atmosphère est calme devant le centre de distribution, la tension monte brièvement lorsque la distribution est interrompue jusqu'au le lendemain.

"Nous avons fait deux heures de route pour rien!", s'exclame Avraham Mor Yossef, un juif ultra-orthodoxe venu d'un village proche de la frontière israélo-libanaise.

"J'ai trois enfants qui n'ont pas reçu de masque, je ne peux pas encore rater une journée de travail", essaie-t-il d'expliquer au policier impassible.

Sa femme Tami tente de le calmer: "Il n'y aura pas de guerre, Dieu nous protégera".

Israël redoute surtout l’Iran

Article paru dans "La Libre.be"

Israël fera-t-il les frais de la probable intervention occidentale en Syrie ? C’est la grande question que se posent aujourd’hui les Israéliens.

Les porte-parole du régime Assad en ont proféré la menace, ces derniers jours. Et tous ici – tant le gouvernement Netanyahou que Tsahal et les médias – pronostiquent que le président syrien pourra difficilement se permettre d’encaisser l’intervention étrangère sans réagir. Or, le plus facile serait de viser Israël, à sa portée, directement ou par alliés interposés.

Certes, l’on doute que Bachar al Assad veuille aller jusqu’à déclencher une guerre généralisée avec Israël qui risquerait de lui coûter cher. Sa riposte pourrait néanmoins prendre la forme de roquettes et de missiles tirés sur le territoire israélien par l’armée syrienne et/ou le Hezbollah. Ou d’attentats terroristes perpétrés en Israël ou contre des cibles israéliennes à l’étranger par le Hezbollah et/ou d’autres agents iraniens.

En tout cas, Israël se déclare prêt à toute éventualité et résolu à riposter. Comme l’a formulé Benjamin Netanyahou, Israël “a le doigt sur le pouls ” des événements en Syrie, et si nécessaire “il aura aussi le doigt sur la gâchette”. D’autant plus que le Premier ministre israélien encourage ouvertement les Etats-Unis à frapper en Syrie. Pas pour débouter Bachar al Assad et sceller l’issue du conflit, mais bien pour envoyer un message de dissuasion à l’adresse de l’Iran. En effet, selon les experts ici, Israël a intérêt à ce qu’Assad et l’opposition syrienne restent tous deux en place, mais affaiblis, et que les deux camps continuent à se battre entre eux, sans qu’aucun ne reprenne l’avantage. Car la victoire du régime de Damas renforcerait l’axe pro-iranien, et la victoire des opposants risquerait de transformer le voisin septentrional d’Israël en un territoire chaotique, terreau de prédilection d’al Qaeda.

Une question de crédibilité

Par contre, il est vital aux yeux de M. Netanyahou que l’administration Obama envoie un message fort à l’Iran. Question de crédibilité. Car si les Etats-Unis restent inactifs devant l’armement non conventionnel syrien, Téhéran en déduira qu’ils resteront tout aussi inactifs devant l’armement non conventionnel iranien. Nucléaire, en l’occurrence.

Israël suit donc l’évolution des événements de très près, espérant que le Pentagone l’informera de ses plans suffisamment à l’avance et se préparant à en gérer les conséquences. D’une part, les responsables militaires soulignent que Tsahal aura de quoi détecter et intercepter les tirs approchant du territoire israélien. D’autre part, Tsahal ne se privera pas d’y riposter. Contrairement à la première guerre des Etats-Unis en Irak en 1991 (la Guerre du Golfe) durant laquelle Israël, à la demande de Washington, s’imposa une totale retenue et encaissa sans coup férir les Scuds que Saddam Hussein faisait pleuvoir sur Tel-Aviv.

L’armée israélienne l’a déjà fait comprendre aux voisins du Nord, ces dernières semaines, en ripostant à divers tirs qui ont émané du Golan syrien et du territoire libanais. Dans le cas du Golan, il s’agissait d’obus “perdus” de l’opposition syrienne contre des positions de l’armée syrienne, qui ont atterri du côté israélien de la frontière. Dans le cas du Liban, il s’est agi de tirs délibérés contre Israël. Les ripostes israéliennes ont été ponctuelles et limitées, mais le message était clair : aucune attaque ne restera impunie.

Syrie: en Israël, la rue panique, pas le gouvernement

ruepanique.jpgArticle paru dans "Slate"

Alors que le gouvernement et l’armée israéliens font preuve d’un calme à toute épreuve à l'approche des probables frappes, les attaques chimiques de la semaine dernière ont alarmé de nombreux habitants. Les masques à gaz s'arrachent.

Alors que le gouvernement et l’armée israéliens font preuve d’un calme à toute épreuve à l'approche des probables frappes en Syrie, certains citoyens semblent pris de panique, à Jérusalem en particulier. La population arabe s’est sentie tout à coup concernée par le risque que faisait courir la Syrie au pays.
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Les documents pour retirer des masques à gaz avaient été distribués il y a trois ans déjà mais peu d’Israéliens avaient estimé nécessaire de se déplacer dans les bureaux de poste pour les retirer gratuitement. Pour les uns, le risque était limité. Pour d’autres, plus philosophes, s’il fallait s’en servir, c’est que la situation aurait atteint un point de non-retour avec la destruction inéluctable de l’État d’Israël puisque l’armée n’aurait pas pu s’opposer à quelques missiles chargés de gaz. Le scénario leur parait irréaliste.

Selon les derniers chiffres officiels, plus de 40% des Israéliens ne disposent pas de masques mais la diffusion d’images dramatiques de corps de jeunes enfants, à priori gazés en Syrie, a accru l’angoisse de la population. Les centres de distribution de masques, deux à Jérusalem et un à Tel-Aviv, ont été pris d’assaut et se sont effondrés sous la demande, qui dépassait les stocks disponibles en ville. Le site web du ministère de la Défense passive a été bloqué. L'ancien ministre de l'Intérieur Elie Yishaï s’est plaint de cette pénurie de masques de protection, due selon lui à une compression budgétaire.

Contrairement à la discipline habituelle israélienne qui fait confiance les yeux fermés à son armée, la panique s’est emparée de la population parce qu’une certaine presse israélienne, le quotidien Maariv en particulier, s’est fait l’écho de propos d’une source gouvernementale révélant que le pays n’était pas prêt à subir une attaque chimique de grande envergure, du type de plusieurs dizaines de missiles. Il n’en fallait pas plus pour pousser les retardataires à faire de longues queues pour s’équiper en dernière minute du kit de survie.
Israël ne veut pas être acteur

Malgré la cohue, le gouvernement n’a pas estimé devoir créer une situation d’urgence pour ouvrir de nouveaux centres de distribution. Benjamin Netanyahou avait déclaré, le 27 août, que le pays était déjà prêt à toute éventualité et il n’est pas dans les habitudes des dirigeants israéliens de mentir. C’est une règle qui a été appliquée à toutes les guerres qu’a connues le pays.

Le Premier ministre a tenu à désamorcer les craintes en confirmant qu’Israël ne comptait pas être un acteur dans le conflit syrien. Par ailleurs, des officiers généraux ont expliqué qu’en cas d’attaque, la Syrie n’aurait pas les moyens militaires d’ouvrir un second front contre Israël. Mais nul ne peut être assuré qu’aucun coup de folie ne s’emparera pas de quelques éléments indisciplinés de l’armée syrienne.

Mais alors qu’ils vivent des moments critiques, les juifs orthodoxes ne veulent faire aucune concession aux règles religieuses puisqu’ils ont exigé que, malgré la foule dans les centres de distribution, des queues séparées et des horaires distincts soit définis pour les hommes et les femmes. Certains ont même exigé que les spécifications des masques soient modifiées en urgence par l’armée pour permettre une étanchéité en raison de leur longue barbe. Cela aurait été risible si la situation n’était pas aussi dramatique.

Le gouvernement reste cependant serein. Des exercices ont été planifiés dans les écoles et des instructions ont été données pour vérifier la totalité des abris dans les lieux publics.  Les immeubles privés ont reçu pour conseil de vider les abris des sous-sols, servants souvent de stockage de vélos et de débarras pour les locataires. Certains ont totalement isolé les abris et installé en urgence des machines à filtrer l’air pour empêcher l’introduction des gaz dans les abris.

Le cabinet de sécurité israélien, réuni en session extraordinaire le 28 août, a ordonné la mobilisation partielle de réservistes spécialistes dans l’aviation, dans l’interception de missiles, dans les roquettes, dans la défense passive et dans les unités de renseignement. Des batteries anti-missiles Patriot et des systèmes Dômes de fer ont été répartis à travers tout le pays pour protéger les villes. Tsahal ne prévoit aucune attaque américaine avant le 30 ou 31 août, ce qui lui laisse encore quelques jours pour consolider la défense du pays.
Les Américains préparent la défense régionale

En fait, les Américains semblent aussi préparer la défense régionale des pays voisins de la Syrie après leurs éventuelles frappes à partir de leurs navires. L’aviation américaine a déployé, dans sa base Al-Udeid au Qatar, des bombardiers B-1B et des chasseurs furtifs F22 prélevés dans ses autres bases de l’île de Masirah à Oman et Diego Garcia dans l’océan Indien. Les États-Unis veulent être prêts en cas de complications, bien qu’ils n’attendent aucune réaction sévère de la part de la Syrie.

De son côté, l’armée syrienne a quitté ses bases pour disperser ses soldats et son armement dans des endroits souterrains protégés pour limiter les dégâts. En particulier, la 4ème division de la Garde républicaine a déjà enseveli ses chars et son artillerie. Toute l’aviation syrienne a été enfouie dans des abris fortifiés.

Nombreux sont les Israéliens qui raillent la méthode américaine consistant à faire la guerre en prévenant à l’avance ses adversaires. Cela donne à penser que Barack Obama tient à lancer une attaque symbolique ne faisant pas de victimes, son contrat se limitant uniquement à une salve d’avertissement, sans conséquences militaires. L’honneur restera ainsi sauf avec l’objectif primordial de ne pas ouvrir d’hostilités avec les Russes et les Chinois.

Le PM israélien convoque son cabinet de sécurité au sujet d'une potentielle frappe américaine...

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a convoqué son cabinet de sécurité mardi sur la menace américaine d'une action militaire contre la Syrie voisine en raison de l'utilisation des armes chimiques par les troupes du gouvernement, a rapporté la radio de l'armée israélienne.

Alors que les détails de la réunion n'ont pas été révélés, M. Netanyahu a déclaré après la réunion que « l'Etat d'Israël est prêt à tout scénario. Nous ne sommes pas partie dans la guerre civile en Syrie mais si nous identifions une quelconque tentative visant à nous nuire, nous répondrons et nous répondrons avec force ». 

Avant cette réunion, le ministre israélien de l'Economie et du Commerce, Naftali Bennett, a appelé la communauté internationale à organiser une réunion sur la Syrie. « Il n'est pas pensable que des enfants soient gazés à mort à moins de 100 km d'Israël, ou que nous permettions au monde de rester silencieux ou de fermer les yeux », a rapporté la radio citant le chef du parti de droite Jewish Home.

De plus, les forces israéliennes déployées le long des frontières nord avec la Syrie et le Liban sont sur le qui-vive depuis que le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a suggéré qu'une frappe contre le régime syrien était en perspective, l' administration Obama réfléchissant à l'impact d'une opération militaire aux côtés de ses alliés.

De son côté, la Syrie accuse John Kerry de mentir. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Muallem, a mis au défi les puissances occidentales mardi de fournir les preuves de l' implication des troupes gouvernementales dans l'utilisation des armes chimiques dans la banlieue de Damas.

Lundi, une délégation israélienne de hauts responsables de la Défense est arrivée à Washington pour parler de la situation dans l'Etat arabe voisin, a rapporté le quotidien Yediot Aharonot.

Les Forces de défense israéliennes ont avancé que « les chances sont faibles » que la Syrie n'attaque Israël en représailles d'un assaut américain contre leur pays, mais n'ont quand même pas écarté une réponse selon l'ampleur de l'attaque, selon le journal.

Israël déploie ses missiles et rappelle des réservistes

JERUSALEM - Les autorités israéliennes ont ordonné un rappel limité de réservistes et le renforcement du dispositif de défense anti-missile en prévision d'éventuelles représailles de Damas si des frappes occidentales devaient avoir lieu en Syrie.

De telles représailles sont toutefois jugées improbables, a déclaré un membre de l'administration informé des discussions du "cabinet de sécurité" qui s'est réuni autour du Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

"D'après l'évaluation d'aujourd'hui concernant la sécurité, il n'y a pas de raison de modifier les procédures normales. Nous nous préparons en parallèle à toutes les hypothèses", dit quant à lui le chef du gouvernement, dans un communiqué.

Cette décision implique donc un rappel limité de réservistes et le déploiement de missiles intercepteurs dans le Nord, a précisé le haut fonctionnaire déjà cité.

Selon la radio militaire, le rappel ne concerne que quelques centaines de membres des services de renseignement et de la défense anti-aérienne. Tous les dispositifs antimissiles ont en revanche été activés, précise-t-elle. Il s'agit du "Dôme de fer" pour les missiles de courte portée, ainsi que d'intercepteurs Patriot et Arrow II, respectivement à moyenne et longue portée.

Sous la menace de frappes occidentales depuis l'utilisation présumée, la semaine dernière, d'armes chimiques contre des positions rebelles de la banlieue de Damas, le gouvernement syrien a menacé de s'en prendre à Israël.

L'Etat hébreu s'attend en outre à des représailles de la part du Hezbollah libanais, impliqué militairement aux côtés de l'armée syrienne.

Benjamin Netanyahu a souhaité mardi rester en dehors de la crise syrienne mais a promis de riposter "avec fermeté" à toute agression.

Le défi d'Israël : inciter les citoyens arabes à servir Tsahal

Comment intégrer la communauté arabe dans les institutions civiles et militaires de l’État juif, malgré les réticences de la classe politique arabe israélienne, sans avoir l’air de passer en force ? Tel est le casse-tête du Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Le 5 août 2013, le chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanhayou, a rencontré le père Gabriel Nadaf. Anecdotique ? Pas vraiment. Ce prêtre grec-orthodoxe de Nazareth est l'un des rares religieux chrétiens de Palestine à se positionner en faveur du recrutement de ses coreligionnaires arabes par Tsahal, l'armée israélienne. L’État d’Israël "mérite que nous jouions notre rôle en le défendant", affirme-t-il, cité par le ministère des Affaires étrangères.

Des positions qui, selon la presse israélienne, lui vaudrait des menaces de la part de responsables politiques arabes israéliens. De son côté, Benjamin Netanyahou a renchéri en affirmant que "les jeunes chrétiens doivent avoir la permission de rejoindre Tsahal", tout en martelant : "nous ne tolérerons pas que l’on vous adresse des menaces et nous allons faire en sorte que l’on applique sévèrement la loi contre ceux qui vous persécutent". Le Premier ministre israélien en a profité pour annoncer la création prochaine d'un forum pour la promotion de l'enrôlement au sein de l'armée et la participation de la communauté arabe chrétienne à "la vie de l'État".

Communiquer pour recruter

Depuis de nombreuses années, l'intégration des arabes, chrétiens ou musulmans, dans l'armée israélienne est un vrai cheval de bataille pour les autorités israéliennes. À l'été 2012, le gouvernement évoquait notamment un projet de conscription universelle, alors que la loi dite Tal, qui exemptait automatiquement tout jeune Arabe, prenait fin le 1er août 2012.

Débats houleux à la Knesset, protestation de l'opposition, manifestations… Un an plus tard, les Arabes, qui représentent environ 20% de la population, bénéficient toujours d'un statut exceptionnel et seuls quelques volontaires rejoignent les rangs de Tsahal pour leur service militaire.

Côté chrétien, 35 jeunes se seraient engagés en 2012, contre une centaine en 2013. Au total, environ 500 d'entre eux effectueraient actuellement leur service militaire, selon le ministère des Affaires étrangères israélien. Et le chiffre n'est pas plus satisfaisant chez les musulmans, à en croire la communication de Tsahal sur le sujet. 

"Pourquoi les Juifs, les Druzes, les Bédouins le font et nous pas ? […] Je voulais m’engager pour défendre mon village, mon pays", peut-on ainsi lire sur le site internet de l'armée, dans le témoignage de Milad Atrash, qui a choisi de s’enrôler aux côtés de son frère Mohammed. Pour Tsahal, c'est une recrue parfaite. 

 

Jeune, motivé, ambitieux, arabe et musulman, il est devenu un symbole à lui seul, l'exception au milieu des 30 000 Arabes atteignant leur majorité chaque année. "Je n’ai plus d’amis au village depuis que j’ai rejoint l’armée" constate-t-il, "mais ce n’est pas grave, je n’ai pas besoin d’eux".

Considérés comme des "traitres"

Faute d'attirer de nombreuses recrues dans l'armée, le gouvernement s'est tourné vers une initiative alternative, une sorte de service civil, mis en place sur la base de propositions faites en 2005 au ministère de la Défense. 

Celle-ci, dite Minhélet en hébreu, propose depuis 2007 aux jeunes Arabes de consacrer, en lieu et place du service militaire, un maximum de deux années comme volontaire, à raison de 30 à 40 heures par semaine, dans des services tels que des hôpitaux, des écoles ou des associations d'aide. 

En échange, les participants, qui étaient 2 400 en 2012 (soit moins de 10% des nouveaux majeurs de la communauté arabe), reçoivent le même salaire de base que les soldats non-combattants de Tsahal, qui promeut cette possibilité comme une "entrée en douceur" dans le monde du travail.

Mais, si ce service est dit "civil", il n'en a pas moins heurté les milieux religieux comme les députés arabes israéliens. Ceux-ci n'ont parfois pas hésité à qualifier les volontaires de "traîtres", même si, selon la direction du service civil et social, 76% d'entre eux travaillent au sein de leur propre communauté. 

"Donnez-nous les mêmes droits et nous accepterons de remplir les mêmes devoirs", déclarait ainsi Ahmed Tibi, ancien conseiller du défunt président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, lors des débats enflammés de l'été 2012, "de là à nous enrôler dans l'armée sioniste, il n'y a qu'un pas et nous préférons nous éloigner de cette menace".

Les efforts de communication de la Knesset - qui, avec la Cour suprême, espère rendre le service civil obligatoire en 2016, suffiront-ils à ériger les recrues Milad ou Ala Wahib, mis en lumière comme "le musulman le plus haut gradé de l'armée", en modèles d'intégration ? 

Le pari est loin d'être gagné. Pour de nombreux jeunes arabes israéliens, marqués par l'identité palestinienne et les derniers bombardements du Gaza, servir l'État juif est, aujourd'hui, tout simplement impensable. 

Par Mathieu OLIVIER

Source Jeuneafrique.com

 

 

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Escargots de mer, mouches… Quels animaux peuvent se développer sous la peau ?

Un escargot de mer s'est niché dans le genou d'un petit Américain de 4 ans. Ce n'est pas le seul animal à pouvoir se développer sous la peau.

L'escargot était vivant. Après avoir ouvert une plaie gonflée sur son genou, Paul Franklin, un petit Américain de 4 ans, y a trouvé un escargot de mer et l'a adopté, rapportait le Huffington Post dimanche 18 août. Le jeune garçon s'était ouvert le genou sur un rocher en bord de mer.

Aucun spécialiste n'a confirmé l'histoire, racontée par la mère du garçonnet, ni fourni d'explication à ce cas insolite. Gastéropodes, arachnides ou insectes : peuvent-ils se loger dans une plaie humaine pour y pondre leurs œufs ?

Un escargot de mer

Pourquoi pas. Certains gastéropodes marins peuvent s'adapter à des conditions de vie extrêmes, selon Jean-Yves Toullec, physiologiste au centre de recherches marines de Roscoff (Finistère), interrogé lundi par Le Parisien (article abonnés). "La peau peut être un autre milieu extrême pour eux. Il y a quatre fois moins de salinité dans le sang que dans la mer, mais il y a de l'eau et de l'oxygène qui peuvent leur permettre de survivre plusieurs jours", explique-t-il.

Une mouche

Oui. "Certaines mouches d'Afrique pondent leurs œufs dans des plaies. Les larves provoquent des lésions de la peau appelées myiases, du grec muia, qui signifie mouche", explique à francetv info Patrick Dauphin, entomologiste de la Société linnéenne de Bordeaux (Gironde), une association naturaliste. "Mais ces mouches n'existent pas en France", précise-t-il.

Une araignée

Non. Des petites araignées qui s'échappent d'une cloque sous la peau : vous avez certainement déjà entendu une telle histoire dans votre entourage. Oubliez-la. Ce n'est ni plus ni moins qu'un légende urbaine. "Les araignées n'ont aucun organe de perforation", indique au Parisien Christine Rolland. D'après cette aranéologue du Muséum national d'histoire naturelle, il y a confusion avec les acariens, des arachnides proches des araignées.

Un acarien

Oui. Bien loin de l'escargot de mer, certains acariens parasites pondent des œufs sous notre peau et provoquent même des maladies. Invisibles à l'œil nu, les sarcoptes creusent sous l'épiderme des sillons qui ont l'aspect de fines lignes grisâtres et y déposent leur progéniture, comme l'explique Futura-Sciences. Ils peuvent ainsi transmettre la gale. L'hôpital de Montbéliard (Doubs) fait face à une épidémie de cette maladie de peau très contagieuse, a annoncé la direction de l'établissement, mardi 20 août.