Michael Laitman

Michael Laitman est Professeur en Ontologie, PhD en Philosophie et Kabbale, et MSc en Biocybernétique Médicale. Il était le disciple le plus notoire du kabbaliste, Rav Baruch Ashlag (le RABASH). Prof. Laitman a écrit plus de 40 livres, traduits dans une douzaine de langues; il est le fondateur et le président de l'Institut ARI, et il est un conférencier recherché. Son dernier livre, "Comme une Gerbe de Blé: pourquoi l'unité et la garantie mutuelle sont-elles à l'ordre du jour", explique la racine, la cause et la solution à l'antisémitisme.

Les articles de Michael Laitman

Tout est mortel, sauf le Juif. Quel est le secret de son immortalité ?

Le secret de l'immortalité des Juifs

Le peuple allemand a une longue histoire concernant son passé nazi.

Le 13 avril dernier, Günter Wilhelm Grass, l’écrivain, poète et dramaturge allemand, lauréat du prix Nobel de littérature en 1999, est décédé.

Plus qu’aucun autre Allemand, il illustre l’attitude ambivalente de l’Allemagne envers son passé. Grass a fouillé le passé de l’Allemagne, tout en cachant le sien en tant que membre dans les Waffen-SS. Il n’a pas été le seul Allemand à cacher son passé nazi ; mais sa confrontation courageuse du passé de son pays et la révélation de sa propre participation ont causé un moment de réflexion profonde sur la nature humaine, aussi bien en Allemagne que dans le monde entier.

Au cours des dernières années de sa vie, il est devenu antisioniste, et a publié un poème intitulé « Ce qui doit être dit ». Concernant l’accusation de Grass contre le sionisme, le Prof. D.G Myers a dit qu’elle a été l’expression d’«un nouveau antisémitisme européen qui prétend n’être que de l’antisionisme ».

Cette année, vu la montée de l’antisémitisme dans le monde, l’Allemagne a fait une déclaration frappante au sujet de son passé. Mais le temps passe, et les juifs aussi bien que les non-juifs cherchent à mettre le passé derrière eux et à tourner la page. Le désir de « passer à autre chose », en ce qui concerne la Shoah, est devenu si tangible que le 25 janvier dernier, Journée internationale commémorative de l’Holocauste, la BBC a posé sur sa page Twitter « Les Grandes Questions »: est-il temps d’enterrer l’Holocauste?

A mon avis, ni le remord, ni le reniement, ni l’humiliation de la Shoah, n’empêcheront son retour. Je pense qu’une manière plus constructive d’y faire face est de comprendre pourquoi elle s’est produite, et quoi faire pour éviter qu’elle ne se reproduise. Aujourd’hui surtout, alors que le monde est submergé par une nouvelle vague d’antisémitisme, il est impératif que nous tirions notre leçon et que nous prenions des mesures pratiques pour éviter une autre tragédie.

L’Allemagne n’a pas inventé l’antisémitisme. Les juifs ont été persécutés tout au long de l’histoire. Et pourtant, simplement se souvenir des persécutions et des exécutions, n’empêche pas de futures atrocités de se produire. Nous devrions donc nous interroger :
1) Pourquoi se rappeler n’a pas empêché de futures persécutions ?
2) Qu’est-ce qui évitera la prochaine catastrophe ?
Et le plus important,
3) Si tant de nations ont essayé d’anéantir les juifs pendant tant de siècles, pourquoi ont-elles toutes échoué?

Durant des siècles, les érudits, les artistes, le clergé, et les politiciens ont réfléchi à la question de la permanence des juifs. Le philosophe Blaise Pascal a écrit que : « En dépit des efforts déployés par de nombreux rois puissants qui ont cent fois essayé de détruire (les juifs) … ces derniers ont quand même été préservés ». Le célèbre romancier Léon Tolstoï a contemplé poétiquement la persévérance des juifs : « De quelle sorte de créature unique s’agit-il, que les gouverneurs de toutes les nations du monde ont déshonorée et écrasée et exilée et détruite, persécutée, brûlée et noyée, et qui, malgré leur colère et leur fureur, continue à vivre et à s’épanouir ? ».
Sur la même note, l’historien Cecil Roth a écrit : « A chaque fois, dans son histoire, (le Juif) a été sauvé du désastre d’une manière qui ne peut être que « providentielle » .

Mark Twain, lui-même, a exprimé son admiration envers la survie des juifs : « Les Egyptiens, les Babyloniens et les Perses se sont élevés, et ont couvert la planète de splendeur, et puis ils se sont effacés dans un rêve et ont disparu ; le Grecs et les Romains ont suivis, … et ne sont plus. …Le juif les a tous vus, les a tous battus, et se retrouve aujourd’hui comme il s’est toujours trouvé…. Tout est mortel, sauf le juif ; toutes les autres puissances passent, mais il demeure. Quel est le secret de son immortalité ? ».

Alors, pourquoi survivre dans des conditions de persécution et de tourments incessants?

Ce n’est pas par hasard que les juifs sont persécutés. Les juifs ne sont pas des boucs émissaires, comme certains le croient. Ils sont la cible de ceux qui les haïssent et qui les blâment pour leurs malheurs. Les juifs sont tenus responsables de tous les maux du monde, même dans les pays où pratiquement aucune population juive n’existe (par exemple en Corée du Sud).

Bien que sur le plan personnel, les antisémites puissent se lier d'amitié avec les juifs, lorsque l'on considère les juifs en tant que groupe ethnique ou religieux, la majorité du monde est contre eux et leur reproche à peu près tout ce qui va mal dans le monde.

Pour éradiquer, ou au moins atténuer l'antisémitisme, un autre élément est nécessaire, quelque chose pour répondre directement aux accusations des antisémites contre les juifs. Lorsque nous fournirons cet élément, je crois que nous saurons alors comment prévenir la prochaine catastrophe.

Il y a toujours un prétexte à la persécution des juifs. En général, c’est à cause d’un tort inexcusable que les juifs ont apparemment perpétré contre la société. Les accusations varient, mais le scénario de blâme, et puis de l'expulsion ou de la destruction des juifs, reste inchangé.

La cause de l'antisémitisme persistant ne relève pas de circonstances passagères, mais du rôle du peuple juif, de la raison de son existence. Le célèbre écrivain et homme politique allemand, Johann Goethe, a écrit que « Chaque juif, aussi insignifiant soit-il, poursuit un but décisif et immédiat ». De même, l'historien, T.R. Glover, a écrit: «L'histoire de nul autre peuple ancien ne serait aussi précieuse, si seulement nous pouvions la restituer et la comprendre. ... La question principale n’est pas «Que s'est-il passé?», mais «Pourquoi est-ce arrivé? » « Pourquoi le judaïsme existe-t-il ?"

En effet, il y a un but et une raison à l'existence des juifs et du judaïsme. Le peuple juif a été fondé en une nation quand ses membres ont réussi à surmonter une montagne de haine, connue sous le nom de Mont Sinaï (du mot hébreu, Sin’ah [haine]). Ils y ont réussi en s’unissant « comme un seul homme dans un seul cœur ».

Parallèlement à cette unité, ils se sont engagés à être « une lumière pour les nations », à savoir partager avec le reste du monde leur capacité de s’unir. Malheureusement, le contraire s’est produit, les juifs ont sombré par inadvertance dans l'égocentrisme et l'égoïsme, connus dans les écritures hébraïques comme « la haine sans fondement » (la haine sans cause), et ainsi leur « lumière d'unité » s’est atténuée.

Bien qu'ils aient perdu leur capacité à maîtriser leur ego, ils ont gardé au plus profond d’eux-mêmes leur capacité à se connecter, et s’en servent à présent à des fins mondaines. En conséquence, les juifs excellent souvent dans le commerce, la politique, et tout ce qui a trait à la compréhension des systèmes et des connexions. Mais ce faisant, ils suscitent contre eux l'hostilité des nations qui sentent qu'ils détiennent un secret sans le partager, profitant ainsi d’un avantage injuste. Aussitôt, l'antisémitisme en résulte.

L’ancien président de l’université Brandeis, le Prof. Jehuda Reinharz, a écrit dans son livre Living With Antisemitism: Modern Jewish Responses: « L’exemple le plus frappant de l’échec de la réaction politique juive à l’antisémitisme est l’impuissance à surmonter la fragmentation des juifs ». Dans une déclaration encore plus alarmante du même livre, Prof. Reinharz écrit : « Même dans les années 1930, lorsque l’antisémitisme augmenta rapidement (en Allemagne), l’unité juive était un slogan politique plutôt qu’une réalité ».

Il n’y a qu’une solution à ce problème : les juifs doivent réapprendre à utiliser leur capacité de s’unir, non pas à des fins mondaines, mais pour créer la cohésion profonde qui en avait fait une nation au pied du Mont Sinaï. Ainsi ils deviendront un exemple de solidarité pour le reste du monde.

Chaque Juif possède en lui cette qualité d’union, et puisqu’elle s’y trouve, elle peut être réactivée. Il ne dépend que de la volonté des juifs de l'éveiller.

Une fois que les juifs s’uniront, ils seront un exemple pour le monde, et ils montreront comment il est possible de transformer les relations égocentriques qui prévalent à travers l'humanité en une préoccupation mutuelle. Ce sera finalement la réponse à la question concernant la persistance des Juifs à travers toutes les persécutions.

Les atrocités de la Seconde Guerre mondiale ont marqué non seulement les juifs, mais toute l'humanité, en particulier les Allemands. L’ambivalence apparente de Günter Grass envers les juifs peut être comprise uniquement lorsque nous comprenons leur rôle. Quand les Juifs commenceront à remplir leur rôle, et que les nations les encourageront à poursuivre, c’est-à-dire à s’unir afin de donner l'exemple, il n'y aura plus de persécution, ni de haine, et les holocaustes disparaîtront.


Les juifs ne ressemblent pas aux autres nations.

Il y a plusieurs façons de voir l'histoire juive, selon le contexte et selon le message que l'on veut faire passer. Mais si l’on se penche sur l'histoire de la haine envers les juifs du point de vue de leurs ennemis, plutôt que de celui des juifs, un nouveau concept émerge.

Sous cet angle, non seulement l'antisémitisme résulte de la conduite des juifs, mais de plus, il n’en tient qu’à eux de l’atténuer ou de l’éradiquer complètement. Pour comprendre comment cela est possible, il faut remonter le cours du temps jusqu’aux premiers jours du judaïsme tel que nous le connaissons.

Après la destruction du Temple, les juifs exilés ont commencé à se disperser à travers le monde. La majorité d’entre eux ont vécu un scénario similaire dans leur pays-hôtes, où ils ont d’abord été accueillis, ensuite haïs, et finalement expulsés ou assassinés.

L’historien grec, Flavius Josèphe, écrit que «la nation juive est très dispersée sur toute la terre habitable [la Syrie et le Proche et Moyen-Orient] ... où les rois, après Antioches, leur ont accordé de vivre en toute tranquillité sans être dérangés."

Plus tard, ils ont été expulsés de là et ont fui vers l'Europe. En Espagne particulièrement, les juifs ont été traités avec tant d’affection qu’un terme spécial a été utilisé pour décrire leurs relations avec les chrétiens: convivencia [qui signifie à peu près « vivre ensemble dans l’affinité »]. Et pourtant, malgré des siècles d'affection mutuelle, en 1492 le verdict a été rendu d’expulser les Juifs, ou de les tuer s’ils ne se convertissaient pas au christianisme.

Des scénarios similaires se sont déroulés partout en Europe, mais la preuve la plus flagrante de ce processus est évidemment l'effondrement de la convivencia en Allemagne, entre Allemands et juifs allemands, qui s’est terminée par l'extermination de presque toute la communauté juive européenne.

Depuis, les juifs sont retournés en Europe mais, de toute évidence, les Européens les tolèrent tout au plus; il n'y a pas de convivencia. Et si nous regardons ce qui se passe aujourd'hui en Europe occidentale, il est clair que l'antisémitisme augmente à nouveau, et il ne faut pas s’attendre logiquement à ce que cela se termine autrement qu’auparavant.

Les deux «havres de paix» qui pourraient attirer les juifs européens sont les Etats-Unis et Israël. Mais aujourd'hui, aucun des deux n’est sécuritaire.

Aux États-Unis, les similarités entre la communauté juive allemande de pré Seconde Guerre mondiale, et la communauté juive américaine d'aujourd'hui sont tellement évidentes qu’il est très difficile de les ignorer et de garder son calme. Mais il n’est pas conseillé de rester calme en temps d'antisémitisme.

Quant à Israël, si on demandait aujourd'hui à l'Assemblée générale des Nations Unies de voter pour la création de l'état d'Israël, le résultat serait sans aucun doute très différent de celui du vote de 1947.

Quand Israël a été créé, il était défavorisé, la victime en lutte pour sa survie contre six armées, et le monde a applaudi quand Israël a gagné. Depuis 1967, tout cela a commencé à changer, et aujourd'hui, la grande majorité des états membres de l'ONU préféreraient que l'état d'Israël n’existe pas.

Cependant, la similitude entre la juiverie allemande de pré-guerre et la communauté juive américaine d'aujourd'hui n’implique pas nécessairement le même sort.

De même, le rapport entre amour et haine, en regard de ses relations internationales, n’implique pas qu’Israël subira le même sort que celui de la communauté juive allemande. Le facteur décisif n’est pas la montée de l'antisémitisme, mais la source qui le suscite et l’alimente.

Nous devons d’abord comprendre pourquoi l'antisémitisme existe, car toutes les raisons présentées n’expliquent pas pourquoi il a persisté tant de siècles, sous des masques différents, et le plus important, comment faire pour finalement l’éradiquer.

Tout d'abord, au risque d'être traité de sectaire, je pense que nous devons reconnaître un fait: les juifs ne ressemblent pas aux autres nations.

La disproportion énorme entre leur infime pourcentage de la population mondiale et leur immense contribution aux arts et à la culture, à la science, à l'économie et, bien sûr, à l'éthique et à la religion, en est une preuve.

L'autre preuve est l'attention que les nations du monde portent aux juifs et à Israël. Tout au long de l'histoire, aucune autre croyance n’a retenu autant d'attention, en grande partie négative, de la part de gens célèbres, en passant par des généraux d'armées, jusqu’à l'ONU. Aucune autre foi n’a été blâmée de tant de défauts, par tant de peuples et de nations, et durant tant de siècles.

Je propose donc que nous arrêtions de nous justifier pour un instant, et que nous réfléchissions à la situation sous un angle différent: celui des accusateurs. De toute évidence, toutes les contributions mentionnées ci-dessus n’impressionnent pas le monde. Nous n’entendons nul hourra pour nos contributions à l'économie, par exemple. Cependant, nous entendons les nombreuses accusations à l’effet que les Juifs utilisent leurs compétences financières pour manipuler et exploiter d'autres nations. Nous ne recevons pas non plus des éloges pour notre contribution à la technologie, mais sommes plutôt constamment réprimandés de l'utiliser pour améliorer les capacités militaires d'Israël.

Il y a néanmoins une chose que nous avons donnée au monde, et dont le monde a vraiment besoin: « Aime ton prochain comme toi-même ». Nous avons longtemps oublié ce précepte. Nous nous en moquons, mais c’est la seule chose que nous ayons conçue, et que le monde entier aimerait avoir.

Tout le monde en convient, l'amour des autres est une excellente idée, mais aucune nation ou religion ne peut la mettre en pratique. Il s’avère que nous avons donné au monde un cadeau qui peut rendre tout le monde heureux mais que personne ne peut utiliser. Si vous étiez malade en phase terminale, et que quelqu'un vous ait donné une boîte verrouillée contenant un remède qui pourrait vous sauver la vie, mais sans vous en remettre la clé, que ressentiriez-vous à l’égard cette personne? C’est ce que les nations ressentent envers nous. Inconsciemment, ils sentent que nous avons la clé pour résoudre les problèmes du monde, et c’est pourquoi ils nous aiment d'abord, lorsque nous nous installons dans leur pays. Mais comme, par inadvertance, nous les empêchons d’avoir cette clé, ils finissent par nous détester et la marée se retourne contre nous. C’est alors qu’ils commencent à nous blâmer pour tout problème, parce que si l’on en détient la solution, mais qu’on empêche tout le monde d’y accéder, alors on est à blâmer pour l’existence et la persistance du problème.

La nation juive a été fondée sur le principe d'un profond amour fraternel. Nous ne sommes devenus une nation qu'au moment où nous nous sommes engagés à nous unir « comme un seul homme dans un seul cœur ». En conséquence de cet engagement, nous avons réussi à maintenir une société en plein essor, à travers ras et marées, en nous accrochant à la devise, « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Alors que nous cultivions l'amour fraternel, le reste du monde apprenait à exalter et glorifier l'ego. Finalement, nous aussi y avons succombé et sommes tombés dans la haine sans fondement, que nous appelons maintenant l'égoïsme. Parce que nous avons perdu notre unité, nous avons aussi perdu notre capacité à garder notre souveraineté, et nous avons été exilés et dispersés à travers le monde.

Depuis lors, le monde est devenu de plus en plus autocentré. L’égocentrisme actuel est si intense qu'il devient du narcissisme, du fascisme et du fondamentalisme religieux. Aujourd'hui, même la structure de base de la société humaine, à savoir la famille, se désagrège. La majorité des familles dans les pays occidentaux sont soit des familles monoparentales, ou bien des familles où les enfants sont biologiquement soit ceux de la mère, soit ceux du père, parce que les parents se sont remariés. En outre, un nombre croissant d'adultes choisissent de ne pas avoir du tout d’enfants.

Comme l'extrémisme s’intensifie et que le chômage augmente, cela complique chaque année le maintien de l'ordre social, et il devient de plus en plus urgent de trouver un moyen de consolider la société. Et plus les nations et les gouvernements sont frustrés, plus ils vont tourner leur colère contre les Juifs.

Et ce ne sera pas parce que les juifs sont des boucs émissaires. Ce sera parce qu’ils détiennent vraiment la clé, même s’ils n’en sont pas conscients. A un moment donné, le rapport entre amour et haine basculera au-delà du point de non-retour, et cela se retournera contre les juifs. C’est alors qu’une autre catastrophe pourrait se produire.

C’est pourquoi notre seul espoir d’échapper à une autre épreuve est de rétablir l’unité que tous recherchent, et que nous détenions auparavant, et de montrer comment cela se réalise en en donnant l’exemple. Le gouffre qui existe entre nous, les juifs, ne doit pas nous décourager car ce n’est qu’une brèche qui attend d’être comblée. Nous ne devons pas cacher nos différends, mais nous devons montrer comment les surmonter en s’appliquant à l’amour fraternel.

Il se peut que nous ne ressentions pas cet amour entre nous pour le moment, mais dès que nous commencerons à le cultiver, la vision du monde envers les juifs en général, et envers Israël en particulier, changera, et nous recevrons tout l’encouragement nécessaire pour réussir. Si nous nous rappelons que nous ne le faisons pas pour nous-même, mais pour le monde, pour que notre société mondiale se développe et prospère, nous recevrons le support international et l’approbation du monde.

Nous possédons cette qualité d’unité latente dans nos « gènes ». Notre vocation est de réactiver ces gènes et d’ouvrir la voie vers l’union pour le bien de l’humanité entière.


Passons au niveau supérieur pour parler de l’Holocauste

Holocauste saul pleureur oeuvre en mémoire de la shoa

Passons au niveau supérieur pour parler de l’Holocauste

La majorité de ma famille a été anéantie durant l’Holocauste. Etre enfant et grandir à la suite d’une telle catastrophe a profondément influencé ma vie. Après plusieurs années passées à chercher des réponses, j’ai compris qu’il ne suffirait pas de nous souvenir de ce qui s’était produit, ni de le rappeler au monde ; il nous faudrait aussi en discuter le pourquoi. C’est là que je voudrais contribuer un peu à cette conversation.

Nos explications habituelles quant à la montée de l’antisémitisme, à savoir les difficultés économiques et sociales qui le créent, la facilité de prendre les juifs pour boucs émissaires, et le sentiment de jalousie, sont toutes correctes. Néanmoins, la raison pour laquelle elles reviennent est la haine profonde et éternelle, maintenue en veilleuse, et tant que nous ne l’éteindrons pas, cette haine surgira chaque fois que les choses se corseront.

A mon avis, la raison essentielle de la haine des juifs est le manque de solidarité entre nous. Ce n’est pas tant ce que nous faisons ou ce que nous possédons, mais simplement que nous sommes désunis. Il me semble que notre destin de juifs est d’établir une société basée sur la solidarité et la responsabilité mutuelle, et de partager les principes de cette société avec le reste du monde.

Il vous sera difficile de trouver un seul antisémite pour qui les juifs ne prennent pas soin les uns des autres. Ils craignent que les juifs n’utilisent cette solidarité contre eux, les blâment d’essayer de contrôler les media, de manipuler la politique extérieure américaine, et les accablent d’autres accusations. En même temps, la seule chose qui unisse les antisémites, comme l’ont montré les manifestations durant la campagne de Gaza l’été dernier, est leur haine pour Israël en particulier et pour les juifs en général.

Il nous est difficile de prouver que nous ne sommes pas unis, et même si nous le prouvions, cela n’atténuerait pas l’antisémitisme. Nous devons faire le contraire : montrer comment nous unir, et le partager avec le monde.

La solidarité est la seule chose qui puisse inverser les crises sociale, économique et politique qui ravagent le monde. Malheureusement personne ne sait comment l’établir. Nous, les juifs, avons cette capacité latente dans les « gènes » de notre nation. Elle est l’essence de notre peuple. Nous sommes devenus une nation lorsque nous nous sommes unis « comme un seul homme dans un seul cœur », sous la devise « aime ton prochain comme toi-même ». Nous devons raviver cette qualité, la partager avec le monde, et devenir le flambeau de la solidarité pour les nations.

Comme je le comprends, là est la signification d’être « une lumière pour les nations ». Si nous suivons ce chemin de solidarité au lieu d’essayer de réfuter les diffamations antisémites, nous serons finalement capables d’éradiquer l’antisémitisme et, en même temps, de guérir de nombreux maux dans le monde.

La recrudescence mondiale de l’antisémitisme nous rappelle que ce qui s’est produit le siècle passé pourrait se reproduire si nous restons indifférents. Cela prouve aussi que nos efforts actuels ne suffisent pas. Augmentons donc nos efforts et encourageons ces conversations au sujet de la raison de l’Holocauste, particulièrement parmi le peuple juif qui devrait s’inquiéter le plus des sentiments négatifs actuels envers lui.


Lettre à Michael Douglas suite à l’expérience antisémite de son fils

Dylan Douglas victime d'antisémitisme

Lettre à Michael Douglas suite à l’expérience antisémite de son fils

Cher Michael,

Moi aussi, je m’appelle Michael, et je suis un juif habitant d’Israël.
J’ai lu votre histoire sur l’expérience de votre fils dans le Sud de l’Europe, et je me suis senti obligé d’exprimer mon admiration pour votre courage de vous manifester et parler d’un sujet que beaucoup craignent d’aborder.

Votre célébrité donne le poids nécessaire à un sujet que beaucoup trouvent difficile, mais que je crois nécessaire, d’exprimer.

C’est pourquoi je vous suis reconnaissant, qu’au lieu de vous dérober d’un sujet de controverse, vous vous êtes exposé en prenant position. Félicitations !

En ma qualité de juif né en Russie, j’ai eu ma part d’expériences antisémites.
Comme vous, elles ne m’ont pas affaibli, mais m’ont aidé à façonner mon identité juive, et m’ont amené finalement à immigrer en Israël. Les antisémites ont forgé mon sionisme de plusieurs façons.

Tout au long des années, j’ai exploré de nombreux domaines et sphères de connaissance. Mes études en sciences, philosophie, cabale et ontologie ont toutes aidé à façonner une vision du monde basée sur les racines juives et ancrée dans la science moderne.

A travers mes études, j’ai cherché pourquoi l’antisémitisme existe, et pourquoi cette haine trouve sans cesse de nouvelles formes en constante évolution, mais ne disparaît jamais tout-à-fait.

L’automne dernier, j’ai publié dans The New York Times deux articles (plutôt provocateurs à ce moment-là), l’un intitulé « Qui es-tu, peuple d’Israël ? » et l’autre « Que devons-nous au monde, nous les juifs ? ». Dans ces articles, j’explique en bref ce que je voudrais partager avec vous à présent.

Sous ses différents déguisements, l’antisémitisme n’a qu’une seule racine.
Si nous l’arrachons, le phénomène disparaît. Les victimes de l’antisémitisme, les juifs, ne connaissent pas cette racine, pas plus que les antisémites.
Mais de même que d’autres désirs subconscients nous poussent à agir de manière irrationnelle, ainsi l’antisémitisme n’a besoin d’aucune raison pour surgir.

Aux premiers signes de difficultés financières ou sociales, il fait surface, et «le jeu du blâme» contre les juifs commence.

Les difficultés ne sont pas la cause de l’antisémitisme, pas plus que la politique de tel ou tel gouvernement, comme certains le clament.

Il n’est pas non plus le résultat d’un contrôle juif sur les media ou le système bancaire, comme certains antisémites le prétendent.

L’antisémitisme est toujours présent, tel un virus latent à l’affût d’une faiblesse dans l’organisme de la société humaine, prêt à faire irruption avec vigueur. Et lorsqu’il surgit, il est souvent meurtrier.

La seule façon de guérir l'antisémitisme est de le déraciner complètement de l'organisme, de l'abolir de la société humaine. Et comme par hasard, les victimes détiennent également le remède.

Chacun de nous, homme, femme, et enfant naît avec le désir d’une vie heureuse, paisible et en sécurité. Enfouie profondément dans le subconscient humain, réside la notion qu’une telle vie n’est possible que lorsque les gens sont empathiques, et qu’ils prennent soin les uns des autres.

De même qu’une famille soutient naturellement tous ses membres, l’humanité ne peut s’épanouir que lorsque nous nous soucions d’autrui comme un parent, plutôt que comme un ennemi.

Il y a plusieurs siècles, avant la destruction du Temple et l'exil de la terre d'Israël, nous, le peuple juif, cultivions une telle société.

En conséquence, au plus profond de nous se trouve une qualité latente qui nous permettra de rétablir cette parenté, si nous l’éveillons.

Nous avons oublié qu'elle existe, et les non-juifs n’ont nullement idée de son existence. Et pourtant, tous les deux, juif et non-juif, ont la conviction profonde, et l’intuition inexprimable que les juifs détiennent quelque chose qu'ils ne veulent pas partager, mais qui est d'une importance vitale pour notre survie.

C’est pourquoi, instinctivement, les gens pointent du doigt les juifs, surtout pendant les périodes difficiles. Et parce qu'ils sont en colère et frustrés, ils sont souvent violents.

Ce «quelque chose» qu'ils sentent que nous retenons est le lien indissoluble que nous partageons, notre capacité à maintenir une société fondée sur la solidarité, l'empathie et le souci des autres.

En deux mots, ce que nous nommons « garantie mutuelle ».

La société juive ancienne avait été établie sur la base du précepte «aime ton prochain comme toi-même ». Ce précepte est impératif dans notre société post-moderne hyper-égoïste, mais nous n’avons aucune idée comment l’y incruster.

Il en résulte que de nombreux non-juifs nous haïssent, que les Juifs se sentent menacés et persécutés, et que personne ne peut expliquer et encore moins modérer cette haine.

Pire encore, il est clair que si nous ne la freinons pas alors qu’elle est encore relativement bénigne, elle va grandir et devenir maligne, comme les baobabs sur la planète minuscule du Petit Prince.

Ainsi, en fin de compte, puisqu’inconsciemment, nous retenons en nous la qualité de garantie mutuelle, il est néanmoins de notre devoir de la réveiller et de la partager avec le monde entier, de sorte que toute haine s’apaise.

En effet, lorsque nous établirons une société empathique et bienveillante, non seulement l'antisémitisme cessera, mais chaque mauvaise pensée contre nos compatriotes se transformera en son contraire.

Comme la plupart des juifs ne sont pas actuellement conscients de leur qualité latente, ils rechignent à accepter l'idée de son existence.

Toutefois, si on vous disait qu’il y a un trésor dans votre poche, et que si vous y mettiez la main et l'en sortiez, il vous appartiendrait, hésiteriez-vous?

De la même façon, nous avons un trésor vital qui sommeille dans nos cœurs, mais parce que nous ne pouvons pas le voir, nous refusons de l’atteindre et d’y toucher.

Mais si nous ouvrons nos cœurs un tout petit peu, nous le découvrirons à l'intérieur.

Dès que nous établirons cette garantie mutuelle entre nous, nous allons également la partager avec le monde entier, car c’en est le but prévu.

Cette qualité nous a été confiée pour le bien de l'humanité, et non seulement dans notre propre intérêt. Nous devons d'abord la raviver parmi nous, et ensuite l'offrir à tous.

Cher Michael, je demande votre aide pour diffuser le message que les juifs ont quelque chose de vraiment précieux à offrir : une vie de compassion et de partage, ce lien spécial que tout le monde désire. Je sais qu'il apportera à tous les juifs, ainsi qu’à toute l'humanité, une vie heureuse dans la sécurité, pour vos enfants et petits-enfants, pour les miens et pour ceux de tout le monde.

Michael Laitman est Professeur en Ontologie, PhD en Philosophie et Kabbale, et MSc en Biocybernétique Médicale. Il était le disciple le plus notoire du kabbaliste, Rav Baruch Ashlag (le RABASH). Prof. Laitman a écrit plus de 40 livres, traduits dans une douzaine de langues; il est le fondateur et le président de l'Institut ARI, et il est un conférencier recherché. Son dernier livre, "Comme une Gerbe de Blé: pourquoi l'unité et la garantie mutuelle sont-elles à l'ordre du jour", explique la racine, la cause et la solution à l'antisémitisme.

Michael Laitman


Faites-vous le nettoyage du printemps ou celui de Pâque?

Michael Laitman Nettoyage de printemps , ou nettoyage des coeurs, pessah

Faites-vous le nettoyage du printemps ou celui de Pâque?

Si on se fie à Wikipédia, le nettoyage de printemps, signifie « la pratique de nettoyer à fond une maison au printemps.

L’utilisation la plus courante de « nettoyage de printemps » se réfère à l’action de nettoyer chaque année la maison de fond en comble, et ce, au cours des premières journées douces de l’année, habituellement au printemps, d’où le nom ».

Le nettoyage de Pâque est un nettoyage en profondeur que de nombreuses familles juives font traditionnellement juste avant Pâque.

Dans le but de cachériser la cuisine pour Pâque, elles ont tendance à « profiter de l’occasion » (qui dure généralement plusieurs jours) et à nettoyer toute la maison, de la cave au grenier, en jetant les vieilleries et en rangeant les tiroirs.

Puisque Pâque arrive au printemps, nous mélangeons souvent les deux et traitons le nettoyage de Pâque comme une sorte de « nettoyage de printemps avec une touche juive ».

Je suis en faveur de la propreté et de se débarrasser des vieilleries, mais le nettoyage de Pâque a effectivement un sens beaucoup plus profond que le simple dépoussiérage ou le nettoyage des placards du sous-sol. Le cœur d’une personne est considéré comme sa maison. Nettoyer sa maison signifie nettoyer le cœur de ses « saletés », à savoir des mauvaises pensées envers les autres.

Pâque marque la première fois que nous passons d’un état d’esprit égocentrique, connu aussi comme « mauvais penchant », et atteignons le premier niveau de l’amour d’autrui, sur une échelle de l’amour fraternel que nous grimpons jusqu’à atteindre un état connu sous le nom « aime ton prochain comme toi-même ».

Avant d’en venir à cette première étape, nous devons examiner tous nos désirs et toutes nos pensées, et éviter d’utiliser tous ceux qui sont égocentriques. Cette introspection est le nettoyage de Pâque.

Par ailleurs, l’utilisation typique d’eau de Javel abondante pendant le nettoyage de Pâque s’inscrit parfaitement dans le sens intérieur, car nettoyer son cœur se dit aussi le «blanchir».

Je doute que ce soit là le but des fabricants d’agents de blanchiment, quand ils le produisent, mais si cette pensée rend leurs vapeurs un peu plus tolérables, c’est au moins une maigre consolation.

Le soir avant Pâque, après que tout ait été nettoyé et blanchi, il est d’usage de parsemer dix morceaux de hamets (pain au levain) un peu partout dans la maison, et de les chercher à la chandelle.

Chaque fois que nous trouvons l’un d’eux, nous prononçons le nom d’une des dix Sefirot, Keter, Hokhma, Bina, Khessed, Guevoura, Tiferet, Netsakh, Hod, Yessod, Malkhout. (Conseil amical: ne cachez pas les morceaux là où personne ne peut les trouver si vous voulez que votre maison soit cachère pour Pâque.)

Ici aussi, le symbolisme est que chaque Sefira (singulier de Sefirot), dont nous trouvons le hamets rattaché, représente une correction d’un certain type de désirs et de pensées.

Le lendemain matin, à la veille de Pessah, nous brûlons les morceaux de hamets que nous avons ramassés, et nous déclarons que notre maison, c’est-à-dire que notre cœur est libéré de toute mauvaise pensée envers les autres.

Quand ce moment survient dans notre for intérieur, nous sommes prêts à passer au-delà de l’égoïsme vers le premier niveau de l’amour d’autrui, et notre Pâque intérieure débute.

La fête que nous célébrons se déroule chaque année le 14 de Nissan. Mais intérieurement, elle peut survenir n’importe quand, au moment où nous sommes prêts à mettre de côté nos egos et à nous connecter aux autres dans un amour fraternel véritable.

La Torah nous dit que, peu de temps après que nous ayons passé et traversé la mer Rouge, nous recevons la Torah au pied du mont Sinaï, la montagne de Sin’ah (la haine), d’où le nom de Sinaï.

Lorsque nous surmontons la haine et que nous nous engageons à être « comme un seul homme dans un seul cœur », nous devenons une nation, forgée dans l’unité et la connexion.

Mais d’abord, nous devons surmonter notre haine. Donc, cette Pâque, que nous fassions le nettoyage de printemps, ou bien celui de Pâque, nettoyons aussi un peu nos cœurs de toute pensée négative envers autrui.

Bon blanchiment!

Michael Laitman est Professeur en Ontologie, PhD en Philosophie et Kabbale, et MSc en Biocybernétique Médicale. Il était le disciple le plus notoire du kabbaliste, Rav Baruch Ashlag (le RABASH). Prof. Laitman a écrit plus de 40 livres, traduits dans une douzaine de langues; il est le fondateur et le président de l'Institut ARI, et il est un conférencier recherché. Son dernier livre, "Comme une Gerbe de Blé: pourquoi l'unité et la garantie mutuelle sont-elles à l'ordre du jour", explique la racine, la cause et la solution à l'antisémitisme.

Michael Laitman nettoyage du printemps ou des coeurs à Pessah

Michael Laitman nettoyage du printemps ou des coeurs à Pessah

Michael Laitman 

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