Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

Film Israelien : Room 514 de Sharon Bar-Ziv

514.jpgPrésenté au dernier Festival du Film Israélien, Room 514 de Sharon Bar-Ziv sort enfin sur les écrans français (un film de 2011, tout de même !) Basé sur des faits réels, Room 514 retrace un épisode dans la vie d’Anna, où durant son service militaire, elle sera amenée à enquêter sur l’implication de violences de soldats israéliens sur un palestinien dans les territoires occupés. La hiérarchie et ses collègues n’hésiteront pas à s’acharner sur elle ; aussi, se retrouvera-t-elle seule contre tous ?

En interrogeant chaque homme l’un après l’autre (où l’un même serait son amant), Anna (géniale Asia Naifeld, connue pour ses rôles dans des séries télévisées israéliennes) transgresse la logique où le sexe faible devient le sexe fort. Comment le supérieur peut devenir inférieur ; c’est cette conversion qui est au cœur de la problématique du film. Ainsi, l’intérêt n’est pas tant dans le suspense de l’enquête, mais dans le drame. Room 514 donne l’occasion à Sharon Bar-Ziv (dont il s’agit du premier film) de dénoncer une réalité absurde où de jeunes soldats de 20 ans sont projetés dans des situations qui les poussent inévitablement à exercer la répression et la violence hors de tout code moral.

Côté mise en scène, le réalisateur se rapproche des grands films d’Amos Gitaï : plans séquences, cadres fixes, on ne se sépare jamais d’Anna ; la parole prime au sein de ce huis clos quasi étouffant. Avec Sharon Bar-Ziv, on est immédiatement au cœur des gens. Réaliste, il filme en continuité des interrogatoires s’entremêlant avec des scènes de sexe coup de poings aussi poignants les uns que les autres. Cette épreuve de vérité qu’on nommera quête de soi à tous les niveaux, Room 514 en fait un film sur le courage. D’être femme, homme : d’être soi.

Laurent Bartoleschi

Golda Meïr et Hanna Arendt : Deux femmes, deux combats

golda.jpgDeux femmes, deux combats, différents certes, mais qui marqueront à jamais le peuple juif. Golda Meïr et Hanna Arendt, leurs vies et leurs destins dans deux films autant passionnants que remarquables, disponibles en DVD. Le premier- Une femme nommée Golda- est un (télé)film produit par Universal pour la télévision américaine en 1982 et dont le rôle de la grande dame est finement interprété par Ingrid Bergman. Durant 3h00 de film, nous suivons la Grand-mère d’Israël comme l’appelait Sadat.

Golda Meïr, un nom qui marquera à tout jamais le symbole de l’existence et de la survie de l’Etat d’Israël. Née à Pinsk, dans une région de Kiev en Russie en 1897, son caractère forgé par la lutte politique depuis ses 17ans, lui permettra de consacrer toute sa vie au sionisme et à Israël   au risque de sacrifier sa vie privée. Ténacité et fermeté sont les traits essentiels de l’ancien premier ministre israélien .Marquée par les pogroms vécus, sa carrière se confond avec l’Histoire du pays ; c’est donc une femme usée par l’action, brisée par l’échec qui quittera le pouvoir. Quel beau cadeau nous ferra la grande Ingrid Bergman avant sa mort : en effet, ce film sera Son ultime ; elle y recevra d’ailleurs pour cette prestation unique en son genre un Emmy award ô combien mérité. Le film est disponible chez Universal Vidéo. 

Le second- Hanna Arendt, disponible lui chez Blaq Out- ; contrairement à Une femme nomméeAR.jpg Golda, le film de Margharethe Von Trotta demeure une réflexion politique ; il est vrai que grâce à l’actrice, géniale, le monstre (philosophe) devient une femme (blessée). Loin du biopic classique, le film de choisi un épisode, un épisode sulfureux de la philosophe allemande. Une période courte, mais combien passionnante et déterminante sur la suite de ses théories et de son rapport avec ses proches. On y découvre aussi ses prises de position polémiques sur Israël et le sionisme. Elles sont retracées dans le film, plutôt qu’à son œuvre de philosophe et de penseur politique. A tort ou à raison, Arendt est ainsi considérée dans certains milieux intellectuels comme une ‘alterjuive’ avant l’heure… Celle qui n’a qu’ « essayé de comprendre sans vouloir forcement pardonner » dira-t-elle. Véritable thriller intellectuel, ce film constitue autant un hommage à une femme remarquable, qu’un hymne à la pensée. A noter la prestation exemplaire de l’actrice Barbara Sukowa dans le rôle de Hannah Arendt, la philosophe juive à la cigarette greffée. La maitrise de la comédienne faisant oublier pour certains quelques scènes un peu trop bavardes et statiques. Afin de couronner le tout, l’édition propose un deuxième DVD accompagné de 3H00 de bonus !

Dont une longue interview revenant sur les points forts de sa pensée : elle évoque entre autre: la notion d’État Nation, l’existence d’Israël et l’identité juive, le totalitarisme, le livre qu’elle a écrit sur Eichmann et qui a suscité la polémique. Alain Finkielkraut, quant à lui revient en plusieurs mini-chapitres qualifiant le film de profond et problématique, citant aussi bien la philosophe que des réponses de Gershom Scholem, fondamentalement opposés.

Laurent Bartoleschi

Disneyland Paris : un salarié tente de s’immoler

disney.jpgLe service horticulture de Disneyland Paris est sous le choc après la tentative de suicide d’un de ses employés. Vendredi dernier, Jérôme, un cast-member employé au service horticulture, a essayé de s’immoler après avoir reçu une convocation à un entretien avec ses responsables en vue d’un rappel à l’ordre.

Habilité à manipuler des liquides phytosanitaires dans le cadre de son travail, il en aurait donné à un collègue qui, lui, n’est pas autorisé à utiliser ces produits chimiques.

La direction assure qu’aucune menace de licenciement ne pesait toutefois sur lui.

« Il a vidé un baril d’essence au-dessus de sa tête et s’est saisi d’un briquet pour mettre le feu… Mais un collègue s’est jeté sur lui au dernier moment, l’empêchant de commettre l’irréparable », résume Patrick Maldidier, délégué syndical Unsa, organisme dont Jérôme est adhérent. Un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire s’est réuni mardi. « Nous avons exercé notre droit d’alerte et déclenché une enquête interne pour comprendre les raisons de ce geste », ajoute Laurent Durazer, représentant Unsa. Le syndicat envisage de porter plainte contre EuroDisney pour « harcèlement ».

La direction du parc d’attractions de Chessy se dit « attristée par le geste du salarié ». Elle indique qu’il a été « pris en charge par les premiers secours basés sur le site 24 heures sur 24 » et assure suivre « de près la situation du salarié pour s’assurer qu’il va bien, ainsi que celle de son entourage et de ses collègues ».

Paris convoque l'ambassadeur des Etats-Unis à propos de la NSA

Paris a demandé lundi des explications aux Etats-Unis après de nouvelles révélations sur l'ampleur de l'espionnage mené par l'Agence américaine de sécurité nationale (NSA) en France.

La publication par Le Monde d'informations selon lesquelles la NSA a massivement écouté les communications téléphoniques et électroniques des Français, a coïncidé avec l'arrivée à Paris du secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui entame une tournée en Europe consacrée à la situation au Proche-Orient.

Barack Obama s'est entretenu lundi avec François Hollande pour évoquer le sujet et convenir de poursuivre le dialogue par les canaux diplomatiques.

"Le président et son homologue français François Hollande ont discuté des récentes révélations dans la presse, dont certaines ont déformé nos activités et d'autres qui soulèvent des questions légitimes pour nos amis et alliés sur la manière dont ces capacités sont utilisées", a annoncé dans la soirée la Maison blanche.

"Le président (Obama) a fait clairement savoir que les Etats-Unis ont commencé à réexaminer la façon dont nous collectons les renseignements de manière à trouver le bon équilibre entre les préoccupations légitimes de nos ressortissants et de nos alliés et les préoccupations sur le respect de la vie privée que tout le monde partage".

Les deux hommes ont convenu de poursuivre un dialogue bilatéral sur le sujet par le truchement des canaux diplomatiques, a ajouté la présidence américaine.

Auparavant, le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a jugé "invraisemblable" qu'un pays allié ait recours à ces pratiques sans justification stratégique ou de sécurité nationale.

LE NO COMMENT DE JOHN KERRY

"Il faut que les Etats-Unis répondent, et pas par des réponses évasives mais des réponses claires, et en justifiant les raisons pour lesquelles ces pratiques ont été utilisées ", a-t-il dit à la presse lors d'un déplacement au Danemark.

Selon le ministère français des Affaires étrangères, le directeur de cabinet de Laurent Fabius a rappelé à l'ambassadeur, Charles Rivkin, que ces pratiques entre partenaires étaient "totalement inacceptables".

"Nous avons demandé que soit apportée dans les plus brefs délais une réponse tangible à notre préoccupation", a précisé le porte-parole du Quai d'Orsay. La question sera aussi évoquée mardi par Laurent Fabius lors d'un entretien avec John Kerry à Paris.

L'ambassadeur américain a déclaré à l'issue de la rencontre que les consultations bilatérales sur ces "allégations" de collecte d'informations allaient se poursuivre mais il ne s'est pas prononcé sur les informations publiées par le Monde.

"C'est la politique des Etats-Unis de ne pas commenter publiquement les allégations d'activités de renseignement", a dit Charles Rivkin dans un communiqué.

"Les Etats-Unis ont commencé à revoir la façon dont ils récoltent des renseignements afin de trouver un équilibre entre les exigences légitimes de sécurité de (leurs) citoyens et de (leurs) alliés et les exigences liées au respect de la vie privée auquel chaque individu a droit", a-t-il ajouté.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a également rappelé lundi soir à Paris que son pays avait entamé une réflexion à ce sujet, refusant de commenter les informations du journal français.

UN ESPIONNAGE "MASSIF"

"Je ne vais pas commenter sur les détails", a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec le ministre des Affaires étrangères du Qatar, soulignant que les Etats-Unis avaient pour politique de ne pas s'exprimer sur les sujets relevant du renseignement.

A l'Elysée, on précise que le dossier est suivi par le président français et que Laurent Fabius s'en est entretenu avec François Hollande.

Le Monde a commencé à publier lundi une nouvelle série d'articles tirés de documents soustraits à la NSA par un ancien informaticien de l'agence de renseignement américaine, Edward Snowden, aujourd'hui réfugié en Russie.

"On constate que sur une période de trente jours, du 10 décembre 2012 au 8 janvier 2013, 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques des Français ont été effectués par la NSA", écrit notamment le quotidien.

"Cela montre que l'espionnage est absolument massif", a dit à Reuters le rédacteur en chef adjoint du Monde, Remy Ourdan.

Selon les documents cités, les cibles de l'agence américaine sont aussi bien des personnes soupçonnées de liens avec des activités terroristes qu'appartenant au monde des affaires, de la politique ou à l'administration française.

La NSA s'est aussi intéressée de très près, du 1er au 31 janvier 2013, aux adresses de messagerie wanadoo.fr, rattachée à l'opérateur Orange, et Alcatel-Lucent.com, liée au groupe franco-américain du même nom, écrit Le Monde.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a jugé ces nouvelles révélations "choquantes".

"Si un pays ami, si un pays allié, espionne la France ou espionne d'autres pays européens, c'est totalement inacceptable", a-t-il déclaré sur Europe 1.

NSA : 8 questions sur l'espionnage de la France

yeswescan.jpgArticle paru dans "Le Nouvel Obs"

L'agence américaine de renseignement a intercepté les communications de millions de Français. Qui a été surveillé ? Comment ? Pourquoi ?

L'agence de renseignement américaine NSA a intercepté de façon massive les communications des citoyens français, révèle "le Monde", lundi 21 octobre, s'appuyant sur des documents de l'ex-consultant Edward Snowden. Entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013, soit en un mois, la NSA a enregistré 70,3 millions de données téléphoniques des Français. De quoi poser de nombreuses questions.

Qui a été écouté ?

Les documents internes de la NSA publiés par "le Monde" ne donnent pas l'identité précise des cibles. Toutefois, ils donnent à penser que l'agence s'est intéressée aussi bien à des personnes suspectées de liens avec des activités terroristes que des individus visés pour leur simple appartenance au monde des affaires, de la politique ou à l'administration française. Interrogées par le quotidien sur une collecte de données sur un territoire étranger, souverain et allié, les autorités américaines renvoient à une déclaration du directeur national du renseignement américain, James Clapper :
Pour les personnes ciblées à l'extérieur de nos frontières, nous ne pouvons les viser sans des motifs légalement fondés, tels que la menace terroriste, informatique ou de prolifération nucléaire."

Qu'est-ce qui a été surveillé ?

Les documents montrent que la NSA a intercepté en moyenne 3 millions de données par jour, avec des pointes à presque 7 millions les 24 décembre 2012 et 7 janvier 2013. L'agence a enregistré des conversations téléphoniques et des SMS, mais aussi des historiques de connexions internet.

Par ailleurs, la NSA s'est penchée sur les adresses e-mails @wanadoo.fr. Wanadoo, ancienne filiale d'Orange, compte encore 4,5 millions d'utilisateurs. L'agence s'est aussi intéressée de près à Alcatel-Lucent, entreprise franco-américaine de télécommunications.

Les critères d'interception de la NSA couvrent les secteurs dits "stratégiques", c'est-à-dire les domaines liés aussi bien à la sécurité nationale qu'aux enjeux politiques internationaux ou à la défense des intérêts commerciaux du pays.

Le volume des interceptions en France par la NSA (Capture d'écran)

Comment la NSA nous a-t-elle espionnés ?

La NSA dispose de plusieurs modes de collecte, indique "le Monde". Quand certains numéros de téléphone sont utilisés en France, ils activent un signal qui déclenche automatiquement l'enregistrement de certaines conversations. Cette surveillance récupère également les SMS et leur contenu en fonction de mots-clés. Enfin, de manière systématique, l'agence conserve l'historique des connexions internet de chaque cible.

Les documents internes à la NSA fournissent peu de détails sur les critères précis d'interception de données. Le programme Prism permet aux analystes de l'agence d'interroger une immense base de données liées aux informations dont disposent les géants du web (Google, Facebook, Microsoft...), mais aussi sur les e-mails et discussions instantanées interceptés.

Un second système, baptisé Upstream, permet à la NSA de récupérer à partir de mots-clés des données qui circulent via les câbles sous-marins ou sur les infrastructures internet. Aujourd'hui, 99% des télécommunications transitent par voie sous-marine. En ce sens, Alcatel-Lucent joue un rôle central en matière d'équipement des réseaux de communication sous-marins. L'entreprise est notamment à la pointe sur l'activité de pose des câbles sous-marins, et sur les routeurs de cœur de réseau qui transportent les données numériques.

Que deviennent les données interceptées ?

L'incroyable masse de données est ensuite triée par la NSA. Cela passe principalement par le programme XKeyscore, détaillé début août par "le Guardian". Celui-ci revêt la forme d'une énorme base de données dans laquelle peuvent piocher les agents de la NSA. E-mails, navigation web, messages sur les réseaux sociaux... Tout est accessible en quelques clics, sur simple requête, à la façon d'un Google espion.

Sur son poste, l'agent de la NSA peut accéder aux échanges d'une personne après une simple recherche à partir d'une adresse e-mail, d'un nom, d'un pseudonyme, d'une adresse IP (qui identifie l'abonné internet), d'un numéro de téléphone, ou même de mots-clés. Et le programme fonctionne pour les Américains comme pour les étrangers.
Assis à mon bureau, je pouvais mettre n'importe qui sur écoute électronique : vous, votre comptable, un juge fédéral ou même un président", explique Edward Snowden. "Tout ce qu'il faut, c'est un e-mail."

L'objectif affiché par un tel programme est de lutter contre le terrorisme. Les milliards de données stockées pour une durée indéterminée auraient déjà permis à la NSA de capturer "plus de 300 terroristes", selon un document interne.

Pourquoi espionner les citoyens ?

L'espionnage et la lutte contre le terrorisme reviennent comme argument ultime dans les discours officiels et dans les documents internes. L'idée, selon le directeur de la NSA, le général Keith Alexander, est de pouvoir être alerté en cas de danger imminent. De plus, en cas de besoin, une large base de données permettra d'appuyer les enquêtes. "Ce qui laisse imaginer que le stockage des données interceptées est de longue durée", souligne "le Monde".

Mais la NSA ne consacre pas uniquement ses efforts à surveiller les citoyens. L'agence de renseignement espionne également ses pays alliés. Elle s'est notamment concentrée sur l'Union européenne (UE), comme l'a révélé "Der Spiegel". Dans le cadre du programme Prism, la NSA a installé des micros dans plusieurs bâtiments européens (Conseil de l'UE à Bruxelles, délégation de l'UE auprès de l'Onu à New York, représentation de l'UE à Washington), mais aussi infiltré le réseau informatique afin de lire tous les e-mails et documents internes.

Comment a réagi le gouvernement français ?

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a "convoqué immédiatement" l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris. "Ce type de pratiques entre partenaires qui portent atteinte à la vie privée est totalement inacceptable", souligne Laurent Fabius. "Il faut s'assurer, très rapidement, qu'en tout cas, elles ne sont plus pratiquées", a ajouté le ministre des Affaires étrangères devant la presse.

Plus tôt, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a jugé les révélations du "Monde" "choquantes". "Elles vont appeler des explications précises des autorités américaines dans les heures qui viennent. Avec les nouvelles technologies de la communication, il faut évidemment des règles, cela concerne tous les pays", a-t-il souligné sur Europe 1. "Si un pays ami, un pays allié espionne la France ou espionne d'autres pays européens, c'est tout à fait inacceptable."

Et la loi américaine dans tout ça ?

"Pour les personnes ciblées à l'extérieur de nos frontières, nous ne pouvons les viser sans de motifs légalement fondés, tels que la menace terroriste, informatique ou de prolifération nucléaire", a déclaré le directeur national du renseignement américain en juin. Ce sera le seul commentaire concédé par les autorités américaines au "Monde" après ces nouvelles révélations. La loi américaine autorise de manière floue la NSA à mener un espionnage électronique à l'étranger.

Si un encadrement existe, la NSA a commis des "milliers" d'infractions aux lois sur le respect de la vie privée, selon le "Washington Post". L'agence aurait ordonné à ses équipes de falsifier des rapports adressés au département de la Justice et au Bureau du directeur du Renseignement national, en remplaçant certains détails par des termes plus généraux.

Pour clarifier la situation, un projet de loi visant à mettre "des limites" à la surveillance des données téléphoniques est en préparation, notamment sur l'enregistrement des appels. Toutefois, celui-ci "préservera" les programmes de la NSA, en particulier la collecte systématiques des "métadonnées" qui permettent de savoir qui a contacté qui, à quelle heure, où et combien de temps. Cette collecte  est "constitutionnelle" et "légale", a martelé la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, présidente de la commission du renseignement du Sénat américain.

La France est-elle le seul pays espionné ?

La France n'est pas le pays où la NSA a intercepté des données. Son système d'espionnage intitulé "Boundless Informant" ("informateur universel"), révélé en juin par "le Guardian", offre une vision d'ensemble en temps réel des renseignements récupérés à travers le monde. Un document interne à l'agence souligne ainsi qu'entre le 8 février et le 8 mars, la NSA a collecté dans le monde 124,8 milliards de données téléphoniques et 97,1 milliards de données internet. Les principaux concernés sont les pays dans les zones de guerre, comme l'Afghanistan, mais aussi la Russie et la Chine. En Europe, l'Allemagne et le Royaume-Uni dépassent la France en termes de nombre d'interceptions. Toutefois, pour les Britanniques, cet espionnage a été réalisé avec l'assentiment de leur gouvernement...

Dessine-moi une déco!

decodess.jpgArticle paru dans "Dko Maison"

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Espionnage NSA : Laurent Fabius convoque l'ambassadeur américain

"Ce type de pratiques (...) est totalement inacceptable" a déclaré le ministre des affaires étrangères au sujet des révélations du "Monde" sur l'espionnage de la NSA en France, lundi matin.

A la suite des révélations du Monde sur l'interception massive des communications téléphoniques des Français par l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA), le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé, lundi 21 octobre, la convocation "immédiate" de l'ambassadeur des Etats-Unis au Quai d'Orsay, à Paris.

"Ce type de pratiques entre partenaires qui portent atteinte à la vie privée est totalement inacceptable. Il faut s'assurer, très rapidement, qu'en tout cas elles ne sont plus pratiquées", a déclaré M. Fabius à son arrivée à une réunion européenne à Luxembourg.

Après une première vague de révélations, en juin, sur le programme international de surveillance américain Prism, le parquet de Paris a ouvert en juillet une enquête préliminaire sur le programme d'espionnage des communications téléphoniques et internet par la NSA. M. Fabius a indiqué que la France avait déjà réagi à cette époque. "Visiblement, il faut aller plus loin", a-t-il ajouté alors que le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, est attendu lundi à Paris, pour le premier jour de sa tournée en Europe consacrée à la Syrie.

"INACCEPTABLE", POUR VALLS

Interrogé ce matin au micro d'Europe 1, le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a lui aussi estimé que ces informations étaient "choquantes" et qu'elles allaient "appeler des explications précises des autorités américaines dans les heures qui viennent".

"Avec les nouvelles technologies de la communication, il faut évidemment des règles, cela concerne tous les pays", a souligné le ministre français. "Si un pays ami, un pays allié, espionne la France ou espionne d'autres pays européens, c'est tout à fait inacceptable", a-t-il poursuivi.

Sur une période de trente jours, entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013, 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques des Français ont été effectués par l'agence de cybersurveillance américaine. Selon les révélations du Monde, les cibles de l'agence américaine sont aussi bien des personnes soupçonnées de liens avec des activités terroristes qu'appartenant au monde des affaires, de la politique ou à l'administration française.

La NSA s'est aussi intéressée de très près, du 1er au 31 janvier 2013, aux adresses de messagerie wanadoo.fr, rattachée à l'opérateur orange, et alcatel-lucent.com, liée au groupe franco-américain du même nom.

La France tente de garder son influence sur le dossier iranien

reunionnuc.jpgRéunion du Conseil de sécurité de l'ONU, avec l'Allemagne et des représentants iraniens, au siège des Nations unies à New York, en septembre dernier, en présence de Laurent Fabius (à gauche).

Les négociations sur le nucléaire entre l'Iran et les membres du Conseil de sécurité, plus l'Allemagne, reprennent à Genève.

C'est avec une grande prudence que la France aborde le nouveau round de négociations qui s'ouvre à Genève ce mardi entre l'Iran et le Groupe «5+1» (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne).

Partagée par la précédente Administration américaine, la position française vis-à-vis de la crise de prolifération nucléaire iranienne a longtemps été l'une des plus dures. «Courageuse et réaliste» selon les uns, «dangereuse et jusqu'au-boutiste» pour les autres, cette politique française est entrée à Genève dans une zone de turbulences. D'un côté, les ouvertures faites par le nouveau président iranien, Hassan Rohani, sont, pour la première fois, porteuses d'espoir. De l'autre, l'adoucissement de la position américaine depuis l'élection de Barack Obama affaiblit, selon certains, la voix française. «À l'instar des Iraniens qui veulent la levée des sanctions, les Américains sont pressés d'en finir avec cette histoire. Les appels à la fermeté lancés par la France ne sont plus entendus. Paris n'est plus au centre du jeu», commente une source diplomatique.

En pointe sur le dossier iranien, y compris dans le domaine du renseignement, la France conserve la possibilité d'utiliser à Genève son «pouvoir de nuisance», selon les mots d'un diplomate. Irait-elle jusqu'à bloquer un éventuel compromis avec Téhéran? La crise de prolifération nucléaire iranienne est considérée comme un dossier majeur à Paris, qu'il faut régler de façon urgente et radicale s'il le faut. À Genève, les Français attendent que les Iraniens joignent le geste à la parole. Or les autorités iraniennes ont prévenu dimanche qu'elles refuseraient d'envoyer à l'étranger leur stock d'uranium enrichi, comme l'exigeaient les puissances du groupe «5+1» lors d'une précédente offre faite à Almaty (Kazakhstan) au printemps.

    «En restant sur une ligne dure, la France court le risque d'être traitée sur le dossier iranien comme elle le fut dans l'affaire syrienne»
    Un diplomate

«En restant sur une ligne dure, la France court le risque d'être traitée sur le dossier iranien comme elle le fut dans l'affaire syrienne», prévient un diplomate. Après avoir été en pointe sur la crise, prête à envoyer sa force militaire contre Bachar el-Assad, la France a finalement été «abandonnée en rase campagne», victime collatérale de l'accord américano-russe sur le démantèlement des armes chimiques. La marginalisation s'est poursuivie à l'ONU, où la résolution votée par le Conseil de sécurité ne fait pas mention d'un recours automatique à la force en cas de non-respect par le régime syrien de ses obligations.
Jouer le jeu des négociations

À Paris, on considère aujourd'hui que les négociations de Genève sont un moyen pour la France de laver l'affront syrien et de conserver son influence sur le dossier iranien. «Si nous voulons rester dans la compétition, il faut jouer le jeu des négociations. Sinon, la partie se jouera ailleurs», estime-t-on de source diplomatique. Car la tentation existe, à Téhéran et à Washington, de vouloir régler la crise de manière bilatérale. «Se rapprocher de la position américaine permettrait à la France de sortir de l'impasse et de rester présente sur le dossier», affirme une source diplomatique.

Certains estiment au contraire qu'un relâchement des pressions occidentales vis-à-vis de Téhéran, en faisant le lit de la bombe nucléaire, provoquera une crise majeure de prolifération dans la région. De toute façon, on n'en est pas encore là. À Téhéran, Hassan Rohani, dont la mission est d'obtenir la levée des sanctions qui étranglent l'économie iranienne, n'a de libertés que celles que le guide suprême lui accorde. Les gardiens de la révolution iraniens sont contre un accord qui les marginaliserait. Les Israéliens résistent à un compromis. Et dans le camp américain, le Congrès est en embuscade contre Barack Obama.

Diplomatie et accords commerciaux au menu pour la France et l'Afrique du Sud

hollandeaf.jpgLes présidents français et sud-africain François Hollande et Jacob Zuma ont fait un tour d'horizon des dossiers diplomatiques africains, parfois sujets de désaccords, et scellé d'importants contrats commerciaux bilatéraux lundi, premier jour d'une visite du chef d'Etat français en Afrique du Sud

 
Les présidents français et sud-africain François Hollande et Jacob Zuma ont fait un tour d'horizon des dossiers diplomatiques africains, parfois sujets de désaccords, et scellé d'importants contrats commerciaux bilatéraux lundi, premier jour d'une visite du chef d'Etat français en Afrique du Sud.

La France déploie depuis plusieurs années une intense activité diplomatique à l'égard de l'Afrique du Sud, notent des analystes interrogés par l'AFP. Cette activité répond au besoin d'avoir un partenaire suffisamment solide pour jouer un rôle actif dans l'avenir géopolitique du continent.

Les deux chefs d'Etat ont notamment évoqué la Centrafrique et la République démocratique du Congo (RDC) où les troupes sud-africaines sont en première ligne dans le contingent onusien chargé de combattre les rebelles du M23 à la frontière rwandaise.

En Centrafrique, "il y a urgence", a lancé le président français, alors que ce pays d'Afrique centrale s'enfonce dans le chaos. Il a confirmé que "la France y appuierait la force régionale qui sera constituée sous l'égide des Nations unies et avec l'appui de l'UA", l'Union africaine.

La France "n'est pas là pour se substituer" aux forces africaines "mais pour encadrer, accompagner, appuyer, former", a dit M. Hollande.

Dimanche à Bangui, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait annoncé l'envoi de troupes supplémentaires pour porter le nombre de soldats français d'un peu plus de 400 à 750, voire 1.200 hommes, et venir en appui à la force panafricaine Misca, comme ce fut le cas au Mali.

L'Afrique du Sud a quant à elle perdu 15 militaires en mars en Centrafrique, la plus lourde perte depuis 1994, se retirant au milieu des polémiques sur les objectifs de sa mission déployée avant la chute du président François Bozizé.

Très présent sur la scène africaine depuis le début de son mandat, marqué par l'intervention des troupes française au Mali contre les groupes islamistes armés, M. Hollande a rappelé que le sommet pour la paix et la sécurité en Afrique les 6 et 7 décembre aura pour objet "de favoriser la constitution de forces africaines régionales pouvant intervenir au bon moment". M. Zuma viendra à Paris pour cette occasion.

Accords commerciaux

Par ailleurs, les deux hommes ont affiché un désaccord sur les suites de la procédure contre le président kényan Uhuru Kenyatta devant la Cour pénale internationale (CPI). M. Zuma, comme ses collègues de l'UA, souhaite un report du procès, alors que la France a dit non.

"Ce qu'il faut apprécier, c'est déjà (que Zuma et Hollande) se parlent et acceptent de s'opposer ouvertement mais de manière très cordiale et amicale sur des questions de principe", a commenté le chercheur camerounais Paul Simon Handy de l'Institut des études de sécurité (ISS, Pretoria). Les relations franco/sud-africaines ont longtemps été "empreintes de méfiance", a-t-il rappelé.

"Sur la CPI , il n'y a pas de surprise. Sachant que le continent africain est composé d'Etats en construction, les Africains sont plus portés vers des considérations de maintien de la stabilité, tandis que les Occidentaux ont davantage une approche de résolution des conflits basée essentiellement sur le respect de principes universels", a-t-il analysé.

M. Hollande a également appelé de ses voeux "un partenariat équilibré" avec l'Afrique du Sud, un pays que "la France souhaite voir jouer un plus grand rôle dans les efforts pour la sécurité du continent", analyse David Hornsby, chercheur à l'université de Wits.

Le président français, accompagné de huit ministres et d'une vingtaine de chefs d'entreprises, a fait état de deux accords commerciaux importants: "Un accord entre GDF Suez et l'Afrique du Sud pour une centrale thermique à hauteur d'1,5 milliard (d'euros) et également une centrale solaire".

Et un autre contrat, déjà décidé depuis 2012: Le constructeur ferroviaire français Alstom a signé le plus gros contrat de son histoire avec l'agence publique sud-africaine des trains de passagers (Prasa).

Alstom avait remporté ce contrat, annoncé en décembre 2012, en s'engageant notamment à créer 8.000 emplois dans le pays et en garantissant que 69% des pièces employées seraient "Made in South Africa" la deuxième année, et 99% la dixième.

Mardi, M. Hollande se rendra à Soweto où il visitera notamment l'ancienne maison de Nelson Mandela, transformée en musée. Il rencontrera l'épouse de l'ex-président sud-africain Graça Machel.

Afrique du Sud: Hollande en visite d'Etat de deux jours

Le président français François Hollande a atterri lundi matin à Johannesburg où il effectue une visite d'Etat de deux jours à l'invitation du président sud-africain Jacob Zuma, a rapporté une journaliste de l'AFP dans l'avion présidentiel.

M. Hollande, dont c'est le premier déplacement en Afrique du Sud, entend y renforcer "le partenariat", "le lien fort" entre la France et ce pays émergent, près de 20 ans après la visite historique de François Mitterrand. L'ancien président socialiste avait été le premier chef d'Etat reçu par Nelson Mandela en juillet 1994, deux mois après l'élection du leader de la lutte anti-apartheid à la tête du pays.

M. Hollande doit s'entretenir à son arrivée avec le président Zuma, en présence du chef de la diplomatie française Laurent Fabius et de son homologue sud-africaine Maite Nkoana-Mashabane.

Les crises africaines, en particulier en République démocratique du Congo, où les troupes sud-africaines sont le fer de lance de la brigade d'intervention de l'ONU au Kivu contre les rebelles armées, devraient être évoquées lors de cet entretien, qui sera suivi d'une conférence de presse des deux dirigeants.

Le président français, qui est accompagné de huit ministres et d'une vingtaine de dirigeants d'entreprises, doit assister avec M. Zuma en fin de matinée à la signature de contrats économiques intergouvernementaux, avant de se rendre avec lui à Freedom Park, lieu dédié à la mémoire des combattants de la liberté et de la lutte anti-apartheid.

Les deux dirigeant doivent ensuite clore dans l'après-midi un forum économique réunissant chefs d'entreprises français et sudafricains. M. Hollande devrait mettre à profit sa visite pour "appuyer, faire progresser plusieurs gros contrats", en cours de négociation, en particulier dans le domaine de l'énergie et des transports.

Après une visite à la communauté française devant laquelle il fera une allocution. Il est convié dans la soirée, avec sa compagne Valérie Trierweiler, à un dîner d'Etat par le président Zuma, qui sera accompagné d'une de ses quatre épouses.

Mardi, M. Hollande se rendra à Soweto où il visitera notamment la maison de l'ex-président sud-africain Nelson Mandela.