Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

Le cas de la secte juive ultraorthodoxe Lev Tahor à l'étude

Article paru dans "Radio-Canada"

Des représentants des « services sociaux » ontariens et québécois se sont rencontrés lundi pour discuter du cas de la secte juive ultraorthodoxe Lev Tahor qui a quitté le Québec pour l'Ontario la semaine dernière, pour échapper à la surveillance de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Aucune information n'est toutefois disponible relativement au résultat de cette rencontre.

Certains membres de la secte Lev Tahor font l'objet d'une enquête des services sociaux du Québec en raison d'allégations de négligence à l'égard d'enfants.

Les quelque 200 membres de cette communauté basée à Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides, ont quitté au beau milieu de la nuit, lundi, et fait le trajet jusqu'à Chatham, en Ontario. Des audiences de la cour pour certaines de ces familles sont prévues au cours des prochains jours.

Denis Baraby, directeur de la protection de la jeunesse pour la région des Laurentides, soutient que la DPJ s'inquiète de la santé et de l'éducation des enfants et que les audiences serviraient à assurer que les services à l'enfance auraient régulièrement accès aux familles.

« Il y avait des questions de santé et d'hygiène. Les maisons étaient sales, avec des déchets partout », a expliqué M. Baraby en entrevue téléphonique.

Mais il y avait d'autres inquiétudes aussi.

« Il y avait d'autres questions, dont l'absence de scolarisation des enfants, et nous avions commencé à regarder l'aspect de mariages forcés pour certaines jeunes filles. »

Éduqués à la maison, les enfants bénéficient d'un enseignement déficient, a illustré M. Baraby.

« Les enfants ne reçoivent qu'une éducation religieuse, ils ne sont même pas capables de faire des additions et des soustractions, des choses de base que les enfants de 10, 12 ans peuvent facilement faire, qu'ils soient de langue arabe, française, anglaise. Les enfants étaient élevés dans un total isolement avec la crainte des étrangers », a-t-il exposé.

Malgré tout, les services à l'enfance n'étaient pas encore rendus au point de retirer aux parents la garde des enfants.

Nachman Helbrans, un porte-parole de la secte Lev Tahor, nie que les enfants sont négligés. Il affirme que la communauté espère maintenant éduquer librement leurs enfants en Ontario, selon leurs croyances religieuses.

« Nous n'avons rien contre l'État du Québec, à part les lois sur l'éducation », a-t-il affirmé par téléphone depuis Windsor.

« Le Québec a des lois qui enfreignent la liberté de religion telle que la plupart des gens la conçoivent », a ajouté M. Helbrans, 32 ans, père de huit enfants.

Certaines familles demeurent dans des motels de Chatham et de Windsor, alors que certaines ont loué des maisons dans la région.

Une porte-parole de la police de Chatham confirme qu'elle est au courant de la présence du groupe dans la municipalité et qu'elle est en contact avec les autorités québécoises.

M. Baraby affirme aussi que les informations que détient la DPJ ont été transférées aux services sociaux ontariens. Un appel-conférence est prévu lundi pour évaluer ensemble la situation.

La communauté Lev Tahor, qui signifie « coeur pur », a immigré au Canada en 2005, après que son chef spirituel Rabbi Shlomo Elbarnes eut obtenu le statut de réfugié.

M. Elbarnes, le père de Nachman Helbrans - il porte aussi le nom de Helbrans -, a fait les manchettes aux États-Unis après avoir été condamné pour l'enlèvement d'un adolescent, qui étudiait auprès de lui à Brooklyn.

Après avoir purgé sa peine, il a été déporté en Israël. Il est entré au Canada grâce à un visa temporaire.

Une décision de la cour fédérale en 2005 a statué que l'homme n'était pas en sécurité en Israël, en partie parce que « ses croyances et opinions religieuses vont à l'encontre de la simple existence d'Israël en tant que pays indépendant ».

Onze jeunes exploitants découvrent l'agriculture israélienne

Article paru dans "Sud-Ouest"

Adhérents de la coopérative agricole Terre Atlantique, basée à Saint-Jean-d'Angély, ces 11 agriculteurs étaient en Israël la semaine dernière.

Après les visites techniques, la délégation de Terre Atlantique a visité Jérusalem. (Photo P. bregowy)

Quand l’heure était aux frimas en Charente-Maritime, onze jeunes exploitants agricoles du département se sont rendus en Israël pour y découvrir l’agriculture locale (dans le cadre de la formation « atouts jeunes »). Un choc des cultures (quelques visites touristiques effectuées au pas de charge) mais aussi un choc des agricultures pour ces adhérents de la coopérative Terre Atlantique (1).

En cinq journées, ces jeunes ont touché du doigt les réalités d’une économie qui peut être à la fois performante (Netafim, entreprise israélienne qui a inventé l’irrigation au goutte à goutte) et à la fois décalée (comme le kibboutz). L’environnement semble moins préoccuper les agriculteurs israéliens.

Moins de contraintes

« La sensibilité à l’environnement est là, mais leurs contraintes ne sont pas les mêmes que chez nous, » a noté Alexandre Villain, céréalier à Varaize. Ainsi, lors de la visite du Moshav - communauté agricole coopérative - Sde Ilan, la délégation a noté que si le rendement des vaches laitières était supérieur à celui enregistré dans nos contrées (12 000 litres de lait par an et par vache contre à peine 10 000 en France), les conditions (trois traites par jour !) ainsi que l’alimentation des bêtes (la nourriture est importée) différaient. Sans compter que près du lac de Tibériade, la température atteint les 45° l’été ! À tel point que des brumisateurs ainsi que d’immenses ventilateurs ont été installés sous des hangars ouverts à tous vents…

Une forêt dans le désert

Quant aux recours aux OGM, les autochtones les abordent avec pragmatisme quand ici le dossier donne lieu à d’interminables débats. « Là-bas au moins », a constaté Anthony Moreau, céréalier et éleveur de lapins à Thairé-le-Fagnoux, « ils réalisent des études sur ce sujet… »

La perception de l’environnement n’est pas la même selon que l’on se trouve près des rives du Jourdain ou dans l’Hexagone. « Chez nous, il y a beaucoup de blocages, dans ce domaine notamment », soulève Laurent Nezereau, viticulteur à Authon-Ebéon. Mais ce qui a le plus impressionné les membres de la délégation de Terre Atlantique, c’est aussi la volonté de l’État de soutenir (porter à bout de bras ?) l’agriculture locale. Ainsi, dans la Néguev (qui veut dire désert en hébreu), on peut découvrir des champs de luzerne, des palmeraies ou encore des forêts !

Irrigation soutenue

« L’État soutient la mise en place de l’irrigation, » poursuit Alexandre Villain. Irrigant lui aussi à Torxé, Christophe Tournat est ravi d’avoir passé ces quelques jours en Terre Sainte. « Nous avons pu découvrir d’autres façons de travailler et cette formation m’a beaucoup enrichi. »

Quant aux représentants de Terre Atlantique présents (Jean-Yves Moizant, président et Christian Cordonnier, directeur général), ils ont été marqués par la volonté des Israéliens qui se battent pour développer l’agriculture locale contre beaucoup d’éléments défavorables (conditions météo, contexte politico-stratégique). Ici, sur cette terre si souvent déchirée par de multiples conflits, on sait se serrer les coudes pour donner le meilleur de soi-même. Quitte à délaisser l’environnement.

(1) Le siège social de cette coopérative se situe à Saint-Jean-d’Angély. Terre Atlantique, qui tiendra son assemblée générale vendredi à La Rochelle, emploie 95 salariés, affiche un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros et comprend 1 200 adhérents.

Des juifs ultraorthodoxes fuient la DPJ

Article paru dans "La Presse"

Après des années de tensions, une quarantaine de familles juives ultra-orthodoxes se sont éclipsées durant la nuit, lundi, fuyant Sainte-Agathe-des-Monts et le Québec pour échapper à la Direction de la protection de la jeunesse.

Au petit matin, près de 140 enfants et bébés se sont entassés avec leurs parents à bord d'une douzaine de voitures et de trois autocars. Neuf heures plus tard, les fondamentalistes de Lev Tahor déboulaient dans un motel et des appartements de Chatham-Kent, en Ontario, près de Detroit. Sur leur blogue, ils expliquent que certains d'entre eux étaient convoqués au tribunal de la jeunesse hier et qu'ils voulaient sauver leurs enfants.

Dans les Laurentides, leurs modestes maisons affichent déjà des cartons «À vendre». Des jouets de plastique et des caisses vides traînent dans la neige. Et des fenêtres fissurées laissent deviner des piles de serviettes et des pièces aux trois quarts vides.

«Ils ont été forcés de se sauver. Les autorités étaient féroces. On a beau avoir mis beaucoup d'argent pour retaper nos maisons et nos manuels scolaires, ça ne suffisait jamais», déclare un jeune homme du groupe, resté dans le village avec une poignée de jeunes, pour vendre les biens du mouvement.

«Nous avons tenté de collaborer avec le ministère de l'Éducation, mais nous ne pouvions pas faire d'autres compromis. Si les prescriptions de notre religion ne sont pas conformes à la loi québécoise, il ne nous restait plus qu'à faire nos bagages», renchérit l'un des leaders du groupe, Mayer Rosner, que La Presse a joint en Ontario.

En Israël, les membres d'une communauté jumelle sont qualifiés de «talibans juifs». Comme eux, les gens de Lev Tahor dissimulent leurs femmes et fillettes sous des quasi-burqas de drap noir et les accablent de tâches ménagères, plutôt que de les envoyer à l'école. Leur leader, Shlomo Helbrans, a passé deux ans dans une prison américaine pour avoir kidnappé un jeune de 13 ans.

Les disciples de M. Helbrans ont battu sa femme et son fils adulte, qui a quitté le groupe l'an dernier, et l'a aussitôt dénoncé aux services sociaux. Au fil des ans, l'Israel Center for Cult Victims a aussi recueilli un lot de plaintes et les a transmises aux autorités canadiennes. Les victimes affirment que les filles de Lev Tahor sont mariées de force dès l'âge de 14 ans, que les femmes sont isolées, que tous les enfants sont mal nourris, ballottés de famille en famille ou punis avec une sévérité excessive.

Enfants négligés

Selon une source proche du dossier, les autorités québécoises n'ont jamais recueilli les preuves de traitements aussi brutaux. Ces derniers mois, toutefois, environ une demi-douzaine d'enfants ont été placés en famille d'accueil, parce qu'ils étaient victimes de négligence. D'autres jeunes étaient apparemment sur le point de connaître le même sort, parce qu'ils ne fréquentaient pas l'école.

Les policiers de la Sûreté du Québec n'ont pas empêché le groupe de fuir. Il n'y avait là rien de criminel, nous disent nos sources. Mais on a tout de même documenté l'affaire.

Départ planifié

Chose certaine, le départ de Lev Tahor était planifié depuis longtemps. Mayer Rosner a pris contact avec des agents d'immeubles il y a plusieurs mois, dit-il, afin de trouver un nombre suffisant de maisons libres dans le même secteur. «On les loue, mais on veut les acheter. La loi est différente en Ontario, on pourra vivre ici, croit-il. On a transporté nos meubles dans des camions. Il est faux de dire que nous voulons aller à Vancouver, en Iran ou aux États-Unis.»

En Ontario, la police de Chatham-Kent est laconique. «Nous sommes en contact avec les autorités québécoises pour discuter du problème», écrit l'agente Renee Cowell.

«Quand des gens tentent de se soustraire à l'intervention de la DPJ, c'est inquiétant. Nous ne pouvons agir ailleurs, mais nous pouvons transmettre à une autre autorité des informations pertinentes», confirme le DPJ pour les Laurentides, Denis Baraby.

Son service «en était à l'étape des tribunaux», admet-il. «Nous avons travaillé pour que les conditions de vie soient telles qu'elles doivent l'être. On ne s'inquiétait pas tant pour l'intégrité physique que pour le développement des enfants à long terme, expose-t-il. La communauté a collaboré, mais il restait des lacunes.»

À Montréal, l'agence juive de services sociaux Ometz a reçu plusieurs signalements et les a rapportés au DPJ au fil des ans. «On est satisfait de son travail. Dans une telle situation, où les enfants ne parlent que yiddish, l'évaluation est complexe», commente David Ouellette, du Centre consultatif des relations juives et israéliennes.

En attendant de rejoindre leur groupe, quelques adultes sans enfants restent à Sainte-Agathe. Ils vident les maisons, ramassent le courrier au pas de course et répondent aux acheteurs - qui cognaient déjà aux portes lorsque La Presse a visité les lieux.

«On est partis de façon très organisée, dit Mayer Rosner. Moins de 24 heures après notre départ, j'avais déjà reçu l'appel de 10 acheteurs potentiels.»

Hollande juge avoir remis la France dans le jeu au Proche-Orient

holltel.JPGTEL AVIV  - François Hollande, qui s'est attiré les louanges des Israéliens et des Palestiniens lors de sa première visite présidentielle au Proche-Orient, estime avoir refait de la France un partenaire privilégié de la paix dans cette région du monde.

S'il s'est contenté de se placer dans les pas de ses prédécesseurs et de rappeler une position connue - solution de deux Etats avec Jérusalem pour capitale et arrêt de la colonisation israélienne dans les territoires occupés -, le président français semble avoir été entendu.

"Vive le François", titre mardi le quotidien conservateur Ma'ariv, un hommage rare pour le président d'un pays souvent considéré comme pro-palestinien et marginalisé par rapport aux Etats-Unis, maîtres du jeu au Proche-Orient.

François Hollande le doit surtout à sa position ferme dans les négociations sur le programme nucléaire militaire de l'Iran, sur lequel les tractations reprendront mercredi entre les grandes puissances et l'Iran.

"Si nous voulons survivre, le moment est venu de vaincre ceux qui haïssent Israël. François Hollande est un ami. Nous devions l'écouter", peut-on lire dans un éditorial de Ma'ariv.

Un autre quotidien, Yedioth Ahronoth, note le souci du président français de délivrer des messages tout en préservant les susceptibilités des camps palestinien et israélien.

Ce voyage a été l'occasion de renforcer ses liens avec Benjamin Netanyahu, que le président ne connaissait pas avant son élection, à la différence de son homologue Shimon Peres.

ABBAS INVITÉ À LA KNESSET

Les deux hommes ont fait assaut d'amabilités, se tutoyant et affichant leur émotion lors de la visite au mémorial de Yad Vashem, loin de l'esclandre provoqué par Jacques Chirac qui, lors de sa visite en Israël en 1996, avait rudoyé les services de sécurité de l'Etat hébreu trop oppressants à ses yeux.

"Que Benjamin Netanyahu invite Mahmoud Abbas à la Knesset, même si ça n'est pas possible juridiquement, c'est un geste", dit-on dans l'entourage de François Hollande à propos du défi lancé par le Premier ministre israélien. "Israël est préoccupé par sa sécurité. A nous de le convaincre que la sécurité passe par la paix".

François Hollande a aussi préservé les liens avec l'Autorité palestinienne lors d'un passage à Ramallah où il a confirmé le soutien de la France, le président palestinien Mahmoud Abbas jugeant même sa position "équilibrée".

"Il faut pouvoir parler en confiance avec Netanyahu et avec confiance avec Abbas", dit un diplomate français. "Il n'y a pas énormément de gens qui sont capables de faire les deux".

L'accueil était là aussi aux antipodes de celui reçu en 2000 dans les territoires palestiniens par le Premier ministre socialiste Lionel Jospin, qui s'était fait caillasser en qualifiant de "terroriste" le Hezbollah libanais.

MESSAGE DE FERMETÉ

L'Elysée nuance cependant les commentaires décrivant le discours de François Hollande au Proche-Orient comme avant tout équilibré, en cohérence avec son image d'homme de compromis.

"L'équilibre, la synthèse, tout ça, ça ne suffit pas", dit-on. "Le rôle de la France ce n'est pas de trouver une solution moyenne, c'est d'être utile, qu'une position soit trouvée".

Lors du dîner d'Etat lundi soir à Jérusalem, les convives ont entonné "La Vie en Rose", le titre à succès d'Edith Piaf.

Un bon signe, selon le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui a salué "une très bonne visite".

"La fermeté de la France dans toute une série de positions, qui est tout simplement le respect du droit, est vraiment très appréciée d'Israël et de l'ensemble de la région", a-t-il fait valoir devant la presse à Tel Aviv.

Dans les négociations de paix relancées cet été pour neuf mois sous l'égide des Etats-Unis, "chaque geste compte", note un proche de François Hollande. "On est au coeur d'un processus. Donc avec ce voyage, on ne parle pas simplement aux Palestiniens et aux Israéliens, on parle à l'ensemble de la région".

Devant la communauté française réunie à Tel Aviv, François Hollande a dit mardi sa satisfaction à l'issue de sa visite.

"Oui, la France a été capable de parler et d'être appréciée des deux cotés pour son rôle", a dit le président, qui a pris un bain de foule avant de reprendre l'avion pour Paris.

Nucléaire iranien: France et Israël ne regardent pas vraiment dans la même direction

nuclis.jpgArticle paru dans "L'Express"

Au cours de la visite de François Hollande en Israël, les deux pays ont affiché leurs connivences et leurs divergences sur le dossier du nucléaire iranien qui sera au coeur des négociations à Genève mercredi.

Le programme nucléaire iranien est à nouveau au coeur des discussions internationales. En visite officielle en Israël, le président de la République François Hollande l'a évoqué lors de chacune de ses interventions. "Sur le dossier iranien, la France considère que la prolifération nucléaire est un danger, est une menace, et en Iran tout particulièrement" a dit François Hollande dès son arrivée, sur le tarmac de l'aéroport Ben-Gourion dimanche. "Nous n'admettrons jamais que l'Iran puisse détenir l'arme nucléaire" a-t-il ajouté plus tard dans la journée. Lors d'une conférence de presse, il a détaillé les quatre exigences de la France pour un accord intérimaire, avant de déclarer lundi soir dans une interview à BFMTV: "Il y aura un accord, qui sera bon pour l'ensemble de la région, pour Israël, pour l'Iran et pour le monde entier."
Les exigences de la France

François Hollande a énuméré les conditions d'un accord: mettre l'intégralité des installations nucléaires iraniennes sous contrôle international, suspendre l'enrichissement (d'uranium) à 20%, réduire le stock existant, et enfin, arrêter la construction de la centrale d'Arak. Mais le président iranien Hassan Rohani a semblé y répondre, selon des propos relayés après son entretien avec Vladimir Poutine: "Tout le monde doit avoir à l'esprit que les demandes excessives peuvent compliquer le processus vers un accord gagnant-gagnant".

Car c'est bien ce dont il est question, à la veille de la reprise des négociations à Genève. Après un entretien téléphonique avec le président iranien Hassan Rohani, Vladimir Poutine a même évoqué lundi "une chance réelle" de régler ce dossier à l'issue de la rencontre des 5+1: Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne. Dans ce contexte, Israël, farouchement opposé à un accord qui lèverait les sanctions sur Téhéran, a vu en la France son meilleur allié: il faut dire qu'à l'issue de la dernière réunion, Laurent Fabius a été accusé d'avoir saboté les négociations. Tour à tour, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président Shimon Peres ont salué la fermeté de la France sur cette question.
Chacun fait valoir sa position

Cette visite du président Hollande tombait à pic pour le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Il y a vu l'occasion d'exploiter la position française pour faire valoir la sienne. C'est Israël qui a souhaité faire du nucléaire iranien un dossier prioritaire, explique Le Monde. Une aubaine quand on sait que Tel-Aviv est à couteaux tirés avec son allié américain, tant sur le dossier iranien que sur les négociations avec les Palestiniens.

L'exigence d'un démantèlement des installations qui permettraient à l'Iran de conserver une capacité d'enrichissement en uranium est partagée par Paris et Tel-Aviv. Pourtant, les positions ne sont pas au diapason: François Hollande a estimé qu'il y a eu "des avancées incontestables" des Iraniens et n'a pas fermé la porte à une entente ; Benjamin Netanyahu juge l'accord posé sur la table des négociations "mauvais et dangereux".
La France, alliée de poids pour Israël?

Certe, Hollande a su utiliser des mots qui plaisent. Mais pour Tsilla Hershco, spécialiste des relations franco-israéliennes à l'université de Bar Ilan, près de Tel-Aviv, Israël aurait tort de croire que la France représente ses intérêts dans les discussions avec l'Iran. La France est "un Etat européen qui a ses propres intérêts et ses propres problèmes. Netanyahu a davantage d'exigences que la France sur l'Iran. C'est un jeu d'intérêts, parfois ils correspondent et parfois non".

Se correspondront-ils lors des discussions qui s'ouvrent mercredi? La presse israélienne affiche son scepticisme. "Certes Hollande a promis que la France ne permettrait jamais à l'Iran d'acquérir des armes nucléaires, mais jusqu'à présent, la France s'est alignée sur ce sujet avec les autres puissances internationales qui conduisent les négociations" avertit Shimon Shiffer, l'éditorialiste du journal Yediot Aharonot, bon connaisseur des affaires françaises.

Accueilli à bras ouvert dimanche -la Une du quotidien gratuit Israel Hayom titrait même en français "Bienvenue monsieur le président"-, François Hollande doit quitter Israël ce mardi après avoir tenté de donner un coup de fouet aux relations économiques entre les deux pays. Reste à savoir ce que deviendra leur belle entente si un accord est finalement trouvé à Genève.

Le nouveau "meilleur ami" d'Israël

Article paru dans "Le Point"

Hollande veut profiter du coup de froid entre Obama et Netanyahou sur le nucléaire iranien pour réintroduire la France dans le jeu compliqué du Proche-Orient.

Ce n'est pas - ou pas seulement - pour préparer son premier voyage en Israël que François Hollande a fait monter au front la semaine dernière Laurent Fabius, pour abattre en plein vol, avant qu'il n'atterrisse sur la table des négociations de Genève, l'accord concocté par les Américains sur le nucléaire iranien. Mais, même si plusieurs raisons de prudence objective valident l'opposition de dernière minute de la France à un texte bien trop avantageux pour Téhéran, ce veto spectaculaire tombait à pic pour le président français.

Cela fait plusieurs mois que les États-Unis et Israël sont en désaccord sur la manière d'empêcher l'Iran de devenir une puissance nucléaire. Un différend dont certains disent qu'il est le pire depuis trente ans, et qui tient beaucoup aux relations orageuses qu'ont toujours entretenues Barack Obama et Benyamin Netanyahou. Mais pas seulement. Objectivement, les points de vue divergent : les Américains pensent qu'un accord provisoire avec l'Iran, en contrepartie de quelques allègements des sanctions économiques imposées à Téhéran, gèlera la progression continue des Iraniens vers l'arme nucléaire. En attendant qu'un texte final, si possible dans les six mois, écarte définitivement toute menace de nouvelle prolifération au Proche-Orient.
Quasi-identité de vue avec Israël sur la Syrie

Les Israéliens ont évidemment le même objectif à long terme. Mais, comme ils sont en première ligne, ils ont plus à redouter d'un accord intérimaire incomplet et ambigu qui laisserait l'Iran devenir ce que les spécialistes appellent "un pays du seuil". C'est-à-dire susceptible à tout moment de basculer dans la catégorie des nations détentrices du feu nucléaire. C'est une position que la France partage, comme elle l'a montré à Genève et probablement continuera à le faire lorsque les négociations vont reprendre mercredi.

D'autant que, dans un autre des dossiers les plus brûlants de la région, celui de la Syrie, Paris a également montré une quasi-identité de vue avec Israël. Avec une condamnation sans équivoque de Bachar el-Assad et de tous ceux qui le soutiennent, en particulier le Hezbollah, manipulé par les plus conservateurs des Iraniens, la bête noire de Jérusalem. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard si 48 heures avant l'arrivée de Hollande en Terre sainte, Cheikh Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, lors de l'une de ses rares apparitions publiques à Beyrouth, a menacé de faire la guerre "à Israël et ses alliés qui bloquent l'accord sur le nucléaire avec l'Iran".
Courte lune de miel

Voilà donc la France, même si elle n'est pas nommée, rangée parmi les ennemis de l'organisation paramilitaire chiite, et comme en attestent le tapis rouge et les embrassades de Tel-Aviv, devenue l'un des meilleurs amis d'Israël. Une distinction qui n'est pas sans risque intérieur pour le socialiste Hollande. Beaucoup de ceux qui le soutiennent encore, à la gauche de son parti, sont plus sensibles aux brimades endurées par les Palestiniens qu'aux risques encourus par le peuple hébreu. D'où l'exercice, d'ailleurs obligé pour tous les dirigeants français et auquel s'est plié le président avec la solennité qui lui convient bien, d'un rappel à l'obligation pour le gouvernement Netanyahou de mettre un terme à la politique israélienne de colonisation des territoires occupés.

Quant à la pérennité de l'entente franco-israélienne et à l'espoir pour Paris de peser à nouveau dans les négociations au Proche-Orient, force est de constater que ce n'est pas la première fois que pareille situation se présente. De Gaulle, Mitterrand, Sarkozy ont connu ce genre d'embellie. Mais la lune de miel résiste rarement. Soit à une de ces bavures dont les Israéliens sont hélas coutumiers à l'égard de leurs voisins palestiniens. Soit à la décision américaine de rappeler - et le lobby du Congrès s'en chargera un jour ou l'autre - que le premier allié d'Israël, ce sont les États-Unis. Au moins parce que c'est celui dont la diaspora soutient l'économie du pays.

Nucléaire iranien : les "4 exigences" de Hollande

Au premier jour de sa visite en Israël, le président français a formulé "quatre exigences" pour "un accord intérimaire" sur le dossier iranien, à la veille de négociations cruciales à Genève.

Hollande en visite en Israël : aura-t-il l'audace de regarder la situation en face ?

François Hollande a promis de ne pas céder sur le nucléaire iranien à son arrivée dimanche 17 novembre, pour sa première visite d'Etat en Israël, en réaffirmant "le soutien indéfectible" de la France à l'Etat hébreu.

La France formule "quatre exigences" pour "un accord intérimaire" sur le programme nucléaire iranien, a déclaré le président français François Hollande lors d'une conférence commune avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem.

La France est pour un accord intérimaire, mais à quatre conditions, qui lui "paraissent être les quatre exigences que nous avons posées ensemble, les 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne plus l'Allemagne)", a dit François Hollande.

"Première exigence : mettre l'intégralité des installations nucléaires iraniennes sous contrôle international, dès à présent. Deuxième point : suspendre l'enrichissement (d'uranium) à 20%. Troisième exigence: réduire le stock existant. Et enfin, arrêter la construction de la centrale d'Arak. Voilà les points qui pour nous sont essentiels comme garantie d'un accord", a-t-il ajouté.

"Nous n'admettrons jamais que l'Iran puisse détenir l'arme nucléaire. (...) Nous voulons un accord mais cet accord ne sera possible que si l'Iran renonce définitivement à l'arme nucléaire", a affirmé le président français lors d'un entretien avec son homologue israélien Shimon Peres.

François Hollande a abordé le dossier iranien dès son arrivée sur le tarmac de l'aéroport de Tel-Aviv, où il a été accueilli par le francophile président Peres et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La France "ne cèdera pas sur la prolifération nucléaire", a-t-il assuré, ajoutant : "tant que nous n'aurons pas la certitude que l'Iran a renoncé à l'arme nucléaire, nous maintiendrons toutes nos exigences et les sanctions".
Ne pas "fléchir" face à l'Iran

Auparavant, Benjamin Netanyahu s'était félicité de la "position ferme" de Paris. "Il ne faut jamais permettre à l'Iran d'acquérir des armes nucléaires. Cela ne mettrait pas en danger seulement Israël et les autres régimes et Etats du Moyen-Orient mais aussi la France, l'Europe et le monde entier", a-t-il plaidé.

Dans une interview au quotidien "Le Figaro", le Premier ministre israélien a appelé Paris à ne pas "fléchir" face à l'Iran dont le programme nucléaire sera au centre de nouvelles négociations à Genève le 20 novembre.

Lors d'une conférence de presse avec son hôte, ce dernier s'est également dit "très inquiet" que l'accord discuté à Genève avec l'Iran "ne réduise d'un coup de crayon des sanctions qui ont nécessité des années pour être mises en place".

Shimon Peres, dans un entretien à l'hebdomadaire "Le Journal du Dimanche", a averti que si l'Iran parvenait à fabriquer une bombe atomique, alors tous les pays du Moyen-Orient lui emboîteraient le pas. "La pression ne doit pas être relâchée", a-t-il dit en saluant "la position française de fermeté à l'égard de l'Iran".

La France apparaît comme étant aux côtés des Israéliens concernant le programme nucléaire iranien, que les Occidentaux soupçonnent de dissimuler un volet militaire en dépit des démentis de Téhéran. Un nouveau round de négociations entre les 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine, Russie et Allemagne) et l'Iran doit s'ouvrir mercredi à Genève.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est attendu vendredi en Israël pour s'entretenir avec Benjamin Netanyahu au moment où les relations entre les deux alliés stratégiques traversent une grave crise.

Benjamin Netanyahu se rendra de son côté cette semaine à Moscou pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine.

"Paix juste, durable, définitive"

Outre le dossier iranien, François Hollande doit s'efforcer de peser sur le processus de paix israélo-palestinien, dans l'impasse.
"Je fonde de grands espoirs dans les négociations que vous avez engagées avec les Palestiniens. Elles devront déboucher sur une paix juste, durable, définitive qui épuisera toutes les revendications", a-t-il souligné.

François Hollande, qui rencontrera lundi à Ramallah le président palestinien Mahmoud Abbas et s'exprimera devant le Parlement israélien à Jérusalem, a demandé des "gestes" d'Israël sur la colonisation, sur laquelle achoppent les fragiles pourparlers qui ont repris en juillet.

"Des gestes du côté israélien ont commencé à être produits - la libération des prisonniers (palestiniens) -" mais "d'autres sont attendus, notamment sur la colonisation", a-t-il souhaité.
La France plaide pour "une solution à deux Etats" avec des garanties de sécurité pour Israël et de viabilité pour la future Palestine.
"Nouvelle impulsion" économique

Enfin, le président de la République française va tenter de relancer des relations économiques et commerciales que Paris juge indignes "de la qualité de la relation politique", la France n'étant que le 11e fournisseur d'Israël.

Je suis venu pour qu'il y ait une nouvelle impulsion à notre relation et notamment sur le plan économique (...) Vous êtes à la pointe de technologies qui font l'admiration du monde entier", a reconnu le président français.

Une quarantaine de dirigeants d'entreprises comme Alstom, Arianespace ou Vinci sont du voyage, au cours duquel MM. Hollande, Netanyahu et Peres inaugureront mardi à Tel-Aviv la 2e "Journée de l'Innovation" Israël-France. Des accords de coopération devraient être signés dans les domaines ferroviaire ou des hautes technologies.
Actes symboliques

François Hollande est accompagné de six ministres, parmi lesquels Laurent Fabius (Affaires étrangères) - qui a quitté pour quelques heures Israël afin d'accueillir au Nigeria l'otage français Francis Collomp qui est parvenu à échapper à ses ravisseurs - et Pierre Moscovici (Economie).

Au cours de son séjour de trois jours, l'un des plus longs à l'étranger depuis le début de son quinquennat, le président français, au plus bas dans les sondages, multipliera les actes symboliques.

Il s'est recueilli dimanche sur la tombe de l'ex-Premier ministre israélien assassiné Yitzhak Rabin avant de visiter - très ému - Yad Vashem, le mémorial de la Shoah.

Le début de sa visite a coïncidé avec l'annonce par l'Elysée de la libération de Francis Collomp, qui a profité d'une opération de l'armée nigériane contre le groupe islamiste qui le détenait depuis fin 2012 pour s'évader. François Hollande, qui s'est entretenu par téléphone avec l'ex-otage, a salué son "courage".

La dernière visite d'Etat d'un président français en Israël a été effectuée par Nicolas Sarkozy en 2008.

L'Iran accepte d'ouvrir des sites nucléaires à l'AIEA

nucle.jpgL'Iran s'est engagé lundi auprès de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) à prendre une série de mesures censées améliorer la transparence de son programme nucléaire, au sujet duquel John Kerry a dit s'attendre à un accord dans un délai de quelques mois entre les grandes puissances et Téhéran après l'échec des pourparlers de Genève.

Le secrétaire d'Etat américain a en outre démenti toute divergence au sein du groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne) alors que des diplomates ont imputé à la France l'absence d'accord à l'issue de la réunion de Genève.

Signe supplémentaire de l'évolution de la position de l'Iran depuis l'élection d'Hassan Rohani à la présidence du pays en juin, la République islamique a signé lundi une déclaration commune avec l'AIEA à l'occasion d'une visite à Téhéran du directeur général de l'agence onusienne, Yukiya Amano.

L'AIEA et l'Iran sont convenus de "renforcer leur coopération et leur dialogue afin de garantir la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire de l'Iran", est-il écrit dans cette déclaration commune, qui comporte en annexe une liste de six premières mesures à prendre par les Iraniens.

Parmi celles-ci, l'Iran va notamment accepter des inspections de son usine d'Arak, qui produit de l'eau lourde pour un réacteur de recherche voisin en construction, ainsi que de sa mine d'uranium de Gachin, deux exigences formulées de longue date par l'AIEA.

"La déclaration commune qui a été signée aujourd'hui représente une feuille de route qui spécifie les mesures bilatérales liées au règlement des questions en suspens", a déclaré Ali Akbar Salehi, directeur de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, lors d'une conférence de presse commune avec Yukiya Amano retransmise à la télévision.

"PAS UNE COURSE"

Le directeur général de l'AIEA a pour sa part souligné que l'accord serait "mis en oeuvre dans les trois prochains mois à compter de ce jour". "Beaucoup de travail reste à accomplir", a-t-il ajouté.

La visite des inspecteurs de l'AIEA à Arak aura lieu "dans un proche avenir" et une nouvelle réunion se tiendra le 11 décembre à Vienne entre l'AIEA et les Iraniens, ont déclaré des experts de l'agence onusienne et d'Iran.

L'AIEA a inspecté Arak pour la dernière fois il y a plus de deux ans et surveille depuis lors le site grâce aux images satellites.

L'Iran va aussi fournir des informations au sujet de futurs réacteurs de recherche et au sujet de 16 sites destinés à accueillir des centrales nucléaires. Les autorités iraniennes s'engagent aussi à clarifier des déclarations passées sur leurs activités d'enrichissement d'uranium.

Tous ces points répondent à des demandes de l'AIEA que l'Iran a ignorées sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, ce qui a alimenté les soupçons de la communauté internationale sur l'existence d'un volet militaire clandestin dans le programme nucléaire iranien.

Parallèlement à ses discussions avec l'AIEA, l'Iran négocie avec six grandes puissances et ces pourparlers qui semblaient proches d'aboutir samedi à Genève n'ont finalement pas été concluants. Les deux parties sont convenues de se retrouver le 20 novembre.

John Kerry, qui avait suspendu vendredi sa tournée au Proche-Orient pour mettre son poids dans les négociations à Genève, a relativisé lundi l'absence d'accord provisoire, qui porterait sur une réduction ou un gel de certaines activités iraniennes en échange d'un allègement progressif et temporaire des sanctions internationales contre Téhéran.

"Il ne s'agit pas d'une course pour parvenir à n'importe quel accord", a souligné le secrétaire d'Etat américain, en visite aux Emirats arabes unis, évoquant une "responsabilité absolue" de rechercher une solution par la voie diplomatique.

John Kerry a assuré que le groupe P5+1 était "uni samedi lorsque nous avons soumis une proposition aux Iraniens, et les Français l'ont signée, nous l'avons signée et tout le monde convenait que c'était une proposition équitable".

"PAS LOIN D'UN ACCORD"

"L'unité était là, mais l'Iran n'a pu l'assumer à ce moment particulier, les Iraniens n'ont pas été en mesure d'accepter cette chose-là", a-t-il ajouté.

Laurent Fabius, qui s'était également rendu à Genève, a lui aussi démenti tout isolement de la France du fait de son éventuelle intransigeance.

"Certains disent 'la France est isolée, elle est suiviste'", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères sur Europe 1. "La France n'est ni isolée, ni suiviste, la France est indépendante, elle travaille pour la paix."

"Nous ne sommes pas loin d'un accord avec les Iraniens mais nous n'y sommes pas encore", a-t-il ajouté en évoquant "deux ou trois points qui font encore difficulté avec les Iraniens".

Parmi ces points figurent le site d'Arak et la question de l'enrichissement à 20% de l'uranium par l'Iran, ce qui le rapproche d'une utilisation à des fins militaires.

Le réchauffement diplomatique entre les pays occidentaux et l'Iran a néanmoins trouvé une nouvelle illustration lundi avec l'annonce par la Grande-Bretagne et la République islamique de la relance de leurs relations diplomatiques.

Gravity de Alfonso Cuaron

gra.jpgIl y a beaucoup de films qui sortent au cinéma chaque année, et il y a des films qui resteront graver dans l’éternité. « Gravity » fait justement partie de cette catégorie.

Le réalisateur Alfonso Cuaron, déjà auteur du chef d’œuvre « Les Fils de l’Homme », aux prouesses techniques redoutables, s’impose définitivement avec son nouveau film « Gravity » comme un grand cinéaste d’Hollywood. Imaginez deux astronautes incarnés par Sandra Bullock et George Clooney à la dérive autour de la Terre Mère, après la destruction de leur navette. « Gravity » est un choc cinématographique qui a nécessité quatre ans de travail acharné ; pour tout celles et ceux qui un jour ont rêvé de voyager dans l’espace, il suffira de s’installer confortablement dans son siège de cinéma pour pouvoir partir en orbite.

La différence avec les autres films réside dans le fait que l’on apprend à regarder la Terre. Cette dernière en devient un personnage à part entière. « Gravity » nous fait partager des images magnifiques de notre planète. Alfonso Cuaron est tellement précis dans sa réalisation, qu’il ne laisse rien au hasard : des plans-séquences vertigineux, des profondeurs de champs exemplaires, bref son sens du détail apporte un certain perfectionnisme que de rares metteurs en scène possèdent (Hitchcock, Kubrick, Welles…). C’est plutôt rare à dire, mais la 3D, joue ici un rôle majeure, voire indispensable. Le son, la musique, les images participent à vous donner l’impression que vous êtes vous-mêmes de ce voyage. Attention aux vertiges, car « Gravity » est vivement déconseillé à toute personne atteinte de claustrophobie. Vous voici prévenu !

Laurent Bartoleschi

Libération des otages : Marine Le Pen a-t-elle trop regardé "Homeland" ?

Article paru dans "Ozap"

Ce matin sur Europe 1, Marine Le Pen s'est interrogée à propos de la tenue portée par les otages du Niger lors de leur libération. Une déclaration qui a rappelé quelque chose aux fans de la série "Homeland".
   

Hier, Pierre Legrand, Thierry Dol, Daniel Larribe et Marc Féret, les quatre ex-otages français, enlevés en 2010 au Niger, sont rentrés en France. Depuis le retour de ces quatre salariés d'Areva, les médias s'interrogent sur les conditions de leur libération et se demandent si une rançon a été versée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Selon Le Monde, les quatre otages ont pu revenir en France suite au versement d'une "contrepartie" de 20 à 25 millions d'euros. Hier soir, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a certifié sur le plateau du 20 Heures de TF1 qu'aucun "argent public" n'avait été versé, sous-entendant que de l'argent privé aurait pu l'être...

Une libération qui a suscité une étrange réaction. "Ces images m'ont laissée dubitative, je vous le dis très sincèrement. J'ai trouvé ces images étonnantes, j'ai trouvé cette extrême réserve étonnante, j'ai trouvé leur habillement étonnant, j'ai ressenti un malaise en voyant ces images. Je pense que je n'ai pas été la seule. Ce retour... Ce que je vous dis puisque c'est ce qu'ont ressenti beaucoup de Français... On avait l'impression d'avoir des images d'hommes qui étaient très réservés, c'est le moins que l'on puisse dire... Les deux qui portaient la barbe taillée d'une manière qui était tout de même assez étonnante... L'habillement était étrange... Cet otage avec le chèche sur le visage, tout ça...Ca mérite peut-être quelques explications de leur part, ça a laissé je crois une impression étrange aux Français... ".

 
Paranoïa

Cette phrase n'est pas tirée du scénario de la série "Homeland" mais de... Marine Le Pen ! Invitée ce matin de la matinale d'Europe 1, la présidente du Front National a donc très sérieusement adopté une posture un brin paranoïaque que ne renierait pas Carrie Mathison, l'agent de la CIA bipolaire jouée par Claire Danes. Dans la première saison, actuellement diffusée le lundi soir sur D8, la jeune femme blonde devient obsédée par le retour au pays d'un marine, qui était retenu captif depuis huit ans par Al-Qaïda. En espionnant ses moindres faits et gestes, elle devient persuadée qu'il a rejoint l'ennemi et représente un risque important pour la sécurité du pays...

La leader d'extrême droite n'est pas allée jusqu'à les accuser d'avoir été "retournés" par AQMI mais elle a dénoncé le versement d'une possible rançon. "Plus vous payez de rançon et plus vos compatriotes sont 'bankables', c'est-à-dire qu'ils deviennent une cible de choix pour les fondamentalistes qui se disent que c'est là un bon moyen de trouver un financement assez facile", a-t-elle déclaré en expliquant que l'envoi de l'armée devrait être "un risque qu'il faut prendre".