Israël : des parents et grands-parents filmaient et diffusaient les viols de leurs propres enfants

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Israël : des parents et grands-parents filmaient et diffusaient les viols de leurs propres enfants

Israël : des parents filmaient leurs propres enfants

Douze arrestations en un an. Des pères, des mères, des grands-parents. L'unité d'élite Lahav 433 a ouvert une boîte de Pandore.
Des pères qui filment leurs filles. Des grands-parents qui agressent leurs petits-enfants. Des mères complices. Tout cela se tramait derrière des profils anonymes, sur des applications grand public. En un an, l'unité d'élite Lahav 433 a arrêté 12 suspects, dont deux déjà renvoyés en jugement. Une enquête qui n'est pas terminée.

Un père, sa fille de 6 ans, et une caméra

L'acte d'accusation déposé au tribunal de district de Lod est insoutenable. Un père d'une quarantaine d'années a commis 14 agressions sexuelles sur sa propre fille de 6 ans, filmant chaque scène avec son téléphone. Viol sur mineure, actes indécents, production et diffusion de pédopornographie : les chefs d'inculpation sont accablants. Dans son dossier, des centaines de vidéos de sa fille, et des centaines d'autres fichiers pédopornographiques diffusés en ligne.

Il n'est pas seul. Il est l'un des 12 adultes arrêtés en un an par l'unité 105 de Lahav 433, spécialisée dans la lutte contre la pédocriminalité.

Des nourrissons parmi les victimes

Les fichiers saisis sur les téléphones et ordinateurs des suspects ne se limitent pas aux enfants de leur entourage immédiat.
Parmi les centaines de vidéos et photos pédopornographiques échangées sur Telegram et les applications de rencontres figurent des images de nourrissons victimes d'agressions sexuelles.
Des contenus produits et diffusés par des membres de réseaux pédocriminels actifs sur ces plateformes, sous couvert d'anonymat.
Une réalité que les enquêteurs de l'unité 105 affrontent à chaque saisie de téléphone, et qui, selon la commandante Adi Adri, "continue de les frapper de stupeur, même après des années de terrain."

Un signalement, une boîte de Pandore

Tout part d'un appel citoyen, en mai 2025. Un homme tombe sur un profil anonyme d'un site de rencontres où quelqu'un se vante d'abuser de son neveu. Il alerte la police. Les enquêteurs cyber identifient le suspect : un homme d'une trentaine d'années, sans neveux, sans enfants. Mais son téléphone, lui, parle. Il contenait des échanges avec des individus qui envoyaient des photos et vidéos de leurs propres enfants.

La commandante Adi Adri, chef de la brigade d'enquête de l'unité 105, explique le mécanisme : "L'anonymat du réseau leur donne le sentiment d'être protégés. Tout commence là. Quand ils trouvent un terrain commun, ils passent en privé et échangent des vidéos d'agressions sexuelles sur leurs enfants." Elle est directe : "Chez beaucoup, les fantasmes finissent par passer à l'acte."

Le premier suspect interrogé avait pourtant déclaré : "C'était un fantasme. Je ne pensais pas que des gens allaient vraiment abuser de leurs enfants." Un homme sans casier, vie ordinaire en apparence.

Le téléphone du neveu révèle des grands-parents bourreaux

La dernière arrestation en date concerne un homme d'une trentaine d'années qui décrivait sur Telegram l'agression de son jeune neveu. Son téléphone examiné, les enquêteurs ont découvert des vidéos dans lesquelles ses propres parents, le grand-père et la grand-mère, agressent leur petit-fils. Les grands-parents ont été arrêtés. Puis la mère et la tante de l'enfant. Quatre membres d'une même famille, sans casier judiciaire, qui nient les faits.

Leurs avocats ont réagi : "Il s'agit d'une famille normale. Les charges sont sans fondement."

"Un coup dans le ventre, encore et encore"

La commandante Adri ne cache pas l'épreuve que représente ce travail : "Quand on découvre des agressions sexuelles au sein d'une famille, ça nous prend sans préparation. C'est un coup dans le ventre, encore et encore. Mais notre devoir est de mettre nos émotions de côté pour sauver les enfants."

L'unité 105 poursuit ses investigations. Deux actes d'accusation ont déjà été déposés. D'autres sont attendus. La police appelle toute personne ayant été en contact avec les profils Instagram et Telegram du suspect à contacter le centre 105 pour la protection des mineurs en ligne.

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