Golda Meïr et Hanna Arendt : Deux femmes, deux combats

Chronique Cinéma - le - par .
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golda.jpgDeux femmes, deux combats, différents certes, mais qui marqueront à jamais le peuple juif. Golda Meïr et Hanna Arendt, leurs vies et leurs destins dans deux films autant passionnants que remarquables, disponibles en DVD. Le premier- Une femme nommée Golda- est un (télé)film produit par Universal pour la télévision américaine en 1982 et dont le rôle de la grande dame est finement interprété par Ingrid Bergman. Durant 3h00 de film, nous suivons la Grand-mère d’Israël comme l’appelait Sadat.

Golda Meïr, un nom qui marquera à tout jamais le symbole de l’existence et de la survie de l’Etat d’Israël. Née à Pinsk, dans une région de Kiev en Russie en 1897, son caractère forgé par la lutte politique depuis ses 17ans, lui permettra de consacrer toute sa vie au sionisme et à Israël   au risque de sacrifier sa vie privée. Ténacité et fermeté sont les traits essentiels de l’ancien premier ministre israélien .Marquée par les pogroms vécus, sa carrière se confond avec l’Histoire du pays ; c’est donc une femme usée par l’action, brisée par l’échec qui quittera le pouvoir. Quel beau cadeau nous ferra la grande Ingrid Bergman avant sa mort : en effet, ce film sera Son ultime ; elle y recevra d’ailleurs pour cette prestation unique en son genre un Emmy award ô combien mérité. Le film est disponible chez Universal Vidéo. 

Le second- Hanna Arendt, disponible lui chez Blaq Out- ; contrairement à Une femme nomméeAR.jpg Golda, le film de Margharethe Von Trotta demeure une réflexion politique ; il est vrai que grâce à l’actrice, géniale, le monstre (philosophe) devient une femme (blessée). Loin du biopic classique, le film de choisi un épisode, un épisode sulfureux de la philosophe allemande. Une période courte, mais combien passionnante et déterminante sur la suite de ses théories et de son rapport avec ses proches. On y découvre aussi ses prises de position polémiques sur Israël et le sionisme. Elles sont retracées dans le film, plutôt qu’à son œuvre de philosophe et de penseur politique. A tort ou à raison, Arendt est ainsi considérée dans certains milieux intellectuels comme une ‘alterjuive’ avant l’heure… Celle qui n’a qu’ « essayé de comprendre sans vouloir forcement pardonner » dira-t-elle. Véritable thriller intellectuel, ce film constitue autant un hommage à une femme remarquable, qu’un hymne à la pensée. A noter la prestation exemplaire de l’actrice Barbara Sukowa dans le rôle de Hannah Arendt, la philosophe juive à la cigarette greffée. La maitrise de la comédienne faisant oublier pour certains quelques scènes un peu trop bavardes et statiques. Afin de couronner le tout, l’édition propose un deuxième DVD accompagné de 3H00 de bonus !

Dont une longue interview revenant sur les points forts de sa pensée : elle évoque entre autre: la notion d’État Nation, l’existence d’Israël et l’identité juive, le totalitarisme, le livre qu’elle a écrit sur Eichmann et qui a suscité la polémique. Alain Finkielkraut, quant à lui revient en plusieurs mini-chapitres qualifiant le film de profond et problématique, citant aussi bien la philosophe que des réponses de Gershom Scholem, fondamentalement opposés.

Laurent Bartoleschi

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