Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Livre juif : Dieu de la Bible, Dieu du Coran

Livre juif : Dieu de la Bible, Dieu du Coran

Choix de Claude Layani

 

Les « monothéistes » – juif, chrétien et musulman – croient en un Dieu unique, révélé dans la Bible et le Coran.

Les croyants de bonne volonté parmi eux insistent à bon droit sur ce qui les unit. Il existe pourtant de grandes différences entre ces religions, en particulier à propos des origines de ce Dieu.

Comme le montrent Thomas Römer et Jacqueline Chabbi, la « naissance » de Yahvé et celle d’Allah ont eu lieu dans des contextes anthropologique et sociopolitique très contrastés, presque opposés.

Quoi de commun en effet entre les petites royautés-États d’Israël et de Juda entre le viiie et le vie siècle avant notre ère, confrontés à de puissants empires comme l’Égypte, l’Assyrie, la Babylonie, la Perse, et une petite tribu de l’Ouest arabique au VIIe siècle de notre ère, à l’écart des routes caravanières, en dépendance vitale de l’eau ?

Ces conditions historiques ont forcément marqué l’identité et le devenir du Dieu de chaque tradition. Un dialogue en vérité entre le judaïsme, le christianisme et l’islam ne saurait masquer ces différences. Celui de ce livre, entre Thomas Römer et Jacqueline Chabbi, a la qualité de bousculer aussi les certitudes de tous les fanatiques d’une lecture littérale de la Bible et du Coran.

Livre juif : La colline du Mauvais-Conseil de Amos Oz

Livre juif : La colline du Mauvais-Conseil de Amos Oz

1947 : La Palestine est encore sous mandat britannique. Sur la colline du Mauvais-Conseil, à Jérusalem, se dresse comme une menace le palais du haut-commissaire anglais.

Et sur cette terre enfin atteinte, les Juifs du Retour attendent toujours, dans la révolte ou l’espérance, que viennent la joie, la lumière et la liberté.

Trois récits intimement liés expriment, à travers les expériences de plusieurs personnages qui sont autant de facettes d’un même destin, la difficulté d’être permanente d’un peuple.

Il y a le candide vétérinaire Kipnis, dont la femme choisit de fuir vers une existence facile avec un lord ; le tout jeune Uri, qui ne rêve que de bouter l’Anglais hors d’Israël, mais verra – sans doute – son désir concrétisé par un mystérieux visiteur aperçu chez ses parents ;

il y a enfin le docteur Nissembaum qu’un mal incurable ronge et qui revoit avec nostalgie sa vie et ses amours tandis qu’il est le témoin des luttes de son quartier contre «l’occupant».

 

Spectateurs ou acteurs de ces événements, ce sont des enfants – dont l’avenir se joue alors - qui donnent à ces trois textes leur unité et leur sens profond. Dans une magnifique langue poétique et musicale, Amos Oz se fait, une fois encore, le porte-parole de la contestation et de l’espoir en Israël.

Choix de Claude Layani

Livre juif : L'ecclésiaste, Qoheleth le prédicateur désenchanté

Choix de Claude Layani

 

Plus encore que le Livre de Job ou que le Cantique des cantiques, texte éminemment profane, tous deux inspirés par la littérature babylonienne, s’il est un livre dont la présence dans le corpus biblique surprend c’est bien Qohélet, nommé l’Ecclésiaste dans ses traductions grecque et latine. Son auteur se présente comme un prédicateur.

Admis par l’ensemble de ses lecteurs comme un texte dû au roi Salomon, il a été abondamment commenté, autant par les Sages pharisiens rédacteurs du Talmud, que par des commentateurs juifs plus récents et par les Pères de l’Église. Puis, au xixe siècle, la critique biblique naissante mit en doute son attribution.

Sa langue tardive, son contenu très « philosophique », le fait qu’il soit rédigé en un hébreu proche de l’hébreu talmudique, ce dernier très marqué par l’araméen, la langue vernaculaire, et qu’il comporte aussi quelques mots d’origine perse, ont permis de dater la rédaction de Qohélet, du moins la version non remaniée par des mains pieuses, entre la fin du iiie et du début du iie siècle avant J.-C.

Ernest Renan (1823-1892) fut le premier à avoir parlé de son rédacteur comme d’« un frère de pensée des sadducéens », sans s’attarder toutefois sur cette idée. L’introduction à cette nouvelle traduction confirme l’intuition du savant et, parallèlement aux commentaires rabbiniques, propose une brève histoire des exégèses juive et chrétienne des premiers siècles à nos jours.

En marge de cette version française faite à partir de l’hébreu, figurent les commentaires juifs et chrétiens qui justifient la présence de ce livre, niant l’idée de l’immortalité de l’âme, dans le canon biblique. Libre donc à chacun de lire Qohélet comme il le souhaite. « En général, du reste, on lit mal quand on lit à genoux » (E. Renan).

 

Livre juif : À la recherche de l'autre temps de Daniel Sibony

Livre juif : À la recherche de l'autre temps de Daniel Sibony

Le temps : quoi de plus familier ? quoi de plus insaisissable ?

Daniel Sibony en donne dans ce livre des aperçus pénétrants. Il est question du temps complexe et rationalisé de la physique ou de la métaphysique, abordées sans lourdeur, mais non sans payer son tribut au mystère.

Il est question aussi du temps de la mémoire et de la nostalgie, cet « effort pour remonter le désir épuisé vers les lieux d’autrefois où il était plein de lui-même ; comme des poissons remontent le flux vers des lieux où se reproduire ».

Au fil des pages, Daniel Sibony dit la place qu’occupe le temps dans nos vies : chacun est concerné, entre le désir de « prendre son temps », la crainte d’être « pris » par le temps et l’angoisse de vieillir.

Le propos est riche des multiples ressources de l’auteur : mathématicien, physicien, théologien, psychanalyste exposant des cas très parlants. Avec un art consommé du verbe, il exploite en virtuose la façon propre qu’a le langage d’ensemencer et d’éclairer la réflexion.

Rien d’étonnant si, dans sa préface, le grand mathématicien Alain Connes invite à lui prêter « la plus grande attention ».

Daniel Sibony est psychanalyste et écrivain. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages dont, aux éditions Odile Jacob, Don de soi ou partage de soi ?, Lectures bibliques, De l’identité à l’existence et, plus récemment Le Grand Malentendu. Islam, Israël, Occident. 

Choix de Claude Layani

Livre juif : La bibliothécaire d'Auschwitz

Livre juif : La bibliothécaire d'Auschwitz

La bibliothécaire d'Auschwitz : l'histoire vraie

Dita Kraus n'a que quatorze ans lorsqu'elle devient la bibliothécaire d'Auschwitz. Grâce à elle, les enfants s'évadent par la lecture. Dans son bloc, un autre jeune homme accomplit des miracles, il s'appelle Otto et réalise des tours de magie...

À la Libération, Otto et Dita se marient et sont emportés par le vent de l'histoire qui les conduit de Prague aux kibboutz d'Israël pour échapper aux Soviétiques.

Sa vie durant, Dita est restée une passeuse de savoir. Elle s'est battue pour l'éducation des esprits en devenant professeure, puis en allant témoigner aux quatre coins du monde afin d'honorer la mémoire des victimes de la Shoah et éviter que de telles atrocités se reproduisent.

Choix de Claude Layani

Livre juif : La survie des Juifs de France

Livre juif : La survie des Juifs de France

Choix de Claude Layani

 

Cette question était encore un « point aveugle » dans l'historiographie de la Shoah. Certains ont même parlé d'une « énigme française ». Au terme d'une enquête de plusieurs années, riche de témoignages et d'archives, écrite d'une plume e solidarité des petits gestes.

Sans jamais minimiser l'horreur du crime, ce livre monumental ouvre une nouvelle période dans notre lecture des années d'Occupation.

Il fera date. Directeur de recherche au CNRS (CERI) et professeur à Sciences Po, Jacques Semelin est spécialiste de la résistance civile et des crimes de masse.

Son livre Sans armes face à Hitler (1989), désormais considéré comme un classique, vient d'être réédité. Il a aussi publié Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et génocides (2005), ouvrage traduit aux États-Unis par la Columbia University Press.

Livre juif : Pièces d'identité de André Kalifa

Livre juif : Pièces d'identité de André Kalifa

Choix de Claude Layani

Si sur une feuille on reliait par des lignes les lieux où un individu s'est arrêté dans sa vie et y a vécu des événements importants, on obtiendrait une carte qui nous renseignerait sans doute beaucoup plus sur lui qu'une simple cade d'identité. J'avais donc pensé intituler ce livre "Cade d'identité". Mais le document ainsi nommé enferme un individu dans un ensemble de données objectives et définitives, alors qu'il s'agit ici d'une identité qui se cherche, qui se construit au gré des rencontres et des événements.

J'ai finalement préféré "Pièces d'identité" qui renvoie à une mosaïque d'expériences vécues.

Ce livre est constitué de dix récits autonomes qui s'enchaînent toutefois dans l'ordre chronologique et que relie un même thème : ma judéité. Mon identité juive ne s'est pas sans cesse rappelée à moi au cours de mon existence, en tout cas pas de façon consciente, et je crois même qu'elle a été absente de la plupart de mes rapports avec les autres.

Mais ces dix récits - qui vont de la petite enfance à l'âge adulte et qui ont pour cadre l'Algérie puis la France - témoignent de sa permanence. A des degrés divers, le Juif que je suis y est concerné, interpellé, impliqué. Ce faisant j'ai voulu interroger cette identité en essayant de répondre à la question : "Comment peut- on être juif ? ". Si je ne suis pas arrivé à y répondre clairement, du moins aurai-je abordé la question.

Livre juif : Royaumes juifs trésors de la littérature Yiddish

Livre juif : Royaumes juifs trésors de la littérature Yiddish

Choix de Claude Layani

 

Le yiddishland rassemblait des royautés minuscules parfois réduites aux dimensions d'une bourgade, disséminées au coeur de notre vieille Europe et sur ses marches orientales. Les jours de fête, toutes se transformaient en autant de petites Jérusalem. Ces royaumes étaient aussi ceux du verbe et de l'écriture. Territoires de papier et d'imaginaire.

Car le yiddishland était riche de sa littérature. Portée par l'explosion de l'imprimerie, marquée d'un sceau fécond par un échange constant entre la tradition sacrée juive et la chrétienté environnante, la littérature yiddish s'affirme au début du XXe siècle. Pendant plus de cinq cents ans et jusqu'au Génocide, il y avait toujours eu en Europe un Juif pour chanter, écrire, raconter ses joies et ses peines dans une langue née entre Rhin et Moselle, dans les communautés juives de Rhénanie.

Le yiddish était pratiqué en 1939 par dix millions de personnes. Chacun sait comment toute cette vie fut engloutie : en moins de dix ans, le yiddish devient quasiment une langue morte, exilée du monde.

Royaumes Juifs exhume les trésors littéraires de cette langue assassinée qui se parlait par-dessus les frontières et faisait exister satire, mélodrame, rire et mystère. Les personnages des romans présentés dans ce volume sont des errants, des mendiants, des voyants, des chercheurs d'impossible. Ils nous parlent tous d'un monde disparu.

Rachel Ertel, en concevant ce volume, fait oeuvre de résurrection. Les écrivains qu'elle a rassemblés comblent un vide tragique. En leur rendant la parole, Rachel Ertel dit vouloir " inscrire dans le patrimoine français et universel l'univers imaginaire de ce yiddishland, qui a puisé aux sources de la société juive, mais aussi à celles de toutes les sociétés européennes ". Qu'elle en soit remerciée !
Daniel Rondeau.

Livre juif : L'attente dans les camps de personnes déplacées, 1945-1952

Livre juif : L'attente dans les camps de personnes déplacées, 1945-1952

L'ATTENTE ; DANS LES CAMPS DE PERSONNES DÉPLACÉES JUIVES, 1945-1952 (PRÉFACE ANNETTE BECKER)

Après l'été 1945, un million de « personnes déplacées », parmi lesquelles des Juifs européens survivants ou rescapés de l'extermination, furent placés en camps par les autorités internationales, dans l'attente de leur trouver un refuge.

Ce livre peint le portrait par eux-mêmes de ces « déplacés » juifs, grâce à l'analyse de documents exceptionnels. Les camps ouverts par les autorités internationales pour héberger les Juifs européens ayant survécu à l'extermination ont été, malgré la cruauté d'une attente prolongée pendant des années et la dureté des conditions de vie, le berceau d'une renaissance culturelle.

Cette population hétérogène, réunie par l'impossibilité de retourner là où ne subsiste plus rien ni personne, a fondé dans ces camps une société singulière, dernière expression d'une culture yiddish foisonnante.

Là, la langue et la représentation dessinent les contours d'une communauté nouvelle qui veut désormais être reconnue comme nation destinée à devenir État en Israël.

Nathalie Cau analyse des représentations des déplacés juifs par eux-mêmes, de nombreux documents inédits dont des photos exceptionnelles (théâtre, commémorations, fêtes religieuses, carnavals, événements sportifs etc.).

Grâce à ces spectacles transmettant le répertoire traditionnel, racontant la destruction ou découvrant les bases d'une vie encore à venir, se construit peu à peu un commun imaginaire, esthétique et politique commun, dans l'espoir d'un départ hors Europe.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Agadoth du Talmud de Babylone

Livre juif : Agadoth du Talmud de Babylone

Choix de Claude Layani

Les principales aggadoth du Talmud de Babylone, rassemblées par Rabbi Jacob Ibn Habib au XVIe siècle sous le titre Ein Yaakov (la source de Jacob), constituent le trésor de la tradition juive qui, transmise oralement depuis l'Antiquité biblique, fut ensuite transcrite à partir du IVe siècle de notre ère: récits légendaires, interprétations de textes bibliques, épisodes grandioses ou tragiques de l'histoire d'Israël, recommandations d'ordre religieux, moral ou même pratique, leçons sur le juste et l'injuste, sur le pur et l'impur.

Des générations de disciples des sages, se commentant les uns les autres à travers les siècles, ne laissent rien oublier de ce qui fait l'existence quotidienne juive, ni de ce qui fonde la vision juive du monde et de sa finalité.

Dans cet ouvrage, l'intégralité des six ordres du Talmud de Balylone est représentée; il contient la majeure partie des aggadoth choisies par Rabbi Jacob Ibn Habib, sous la forme d'une cinquantaine de traités disposés selon l'agencement traditionnel. Un index permet le repérage des personnages bibliques, thèmes et notions le plus fréquemment rencontrés.