Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Livre juif : Histoire d'un sacrifice de Nicolas Mariot

Livre juif : Histoire d'un sacrifice de Nicolas Mariot

Mobilisé en août 1914, Robert Hertz a entretenu avec sa femme Alice une correspondance quotidienne où se lit la flamme d’un engagement sans limites.

Pour se hisser à la hauteur de son idéal patriotique, Robert se porte volontaire afin de quitter sa première affectation, éloignée des combats, et rejoindre le front, où il trouve la mort quelques semaines plus tard. La guerre de ce jeune sociologue – l’élève préféré de Durkheim – n’aura duré que huit mois.

Les pages de ce livre constituent une longue promenade à travers la forêt de mots fébrilement jetés sur le papier par Robert et Alice Hertz. Elles donnent à lire le pas de deux d’un sacrifice, la fabrique épistolaire d’un martyre.

« Aimée, ne crois pas que je gémis et que je doute. J’irai jusqu’au bout, si long que soit le chemin », écrit Robert fin octobre 1914.

Un mois avant d’être tué encore, le serment est répété : « Nous avons fait vœu d’aller jusqu’au bout. Ce sera encore très long, très dur. » La correspondance creuse un tourbillon de « si je ne reviens pas… »

Cette radicalisation intime est le cœur même du livre : il s’agit de tenter de comprendre pourquoi, à chaque fois qu’il reçoit une mise en garde, Robert passe outre et choisit de franchir un pas supplémentaire dans l’engagement sans retour. Il s’agit de prendre à bras-le-corps ce que veut dire « mourir pour des idées ».

 

Sociologue et historien, Nicolas Mariot est directeur de recherches au CNRS. Il a notamment publié Tous unis dans la tranchée ? 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple (Seuil, 2013 et « Points Histoire, 2017 ; prix Lucien Febvre 2014) et, avec Claire Zalc, Face à la persécution. 991 Juifs dans la guerre (Odile Jacob, 2010).

Choix de Claude Layani

Livre juif : La légende de Yosef della Reina, activiste messianique

Livre juif : La légende de Yosef della Reina, activiste messianique

La légende de Yosef della Reina, activiste messianique

trois versions traduites de l’hébreu et du yiddish

«Si la génération est méritante, Je hâterai la venue du Messie. Si la génération n’est pas méritante, il viendra en son temps.»

Activiste messianique ou “accélérateur de Messie”, Yosef della Reina fait partie des anti-héros de la mythologie juive. Son impatience obstinée le pousse à vouloir hâter la venue du Messie.

Pour cela, il lui faut combattre et vaincre les forces du mal, incarnées dans un chien, afin d’accomplir le tikkun ha-olam, la “réparation du monde”, préalable indispensable à l’ère messianique. Le fiasco de son entreprise et sa fin tragique nous mettent en garde contre tous ceux qui s’arrogent des prérogatives divines pour finalement mener les hommes à la ruine.

Jean Baumgarten présente ici trois versions de cette célèbre légende, étudiée naguère par Gershom Scholem et Zalman Shazar.

La première, en hébreu, date du XVIIe siècle, la deuxième fut rédigée en yiddish au XVIIIe, et la dernière est l’un des premiers poèmes composés en yiddish par le jeune Shmuel Yosef Agnon, alors âgé de 15 ans, bien avant donc qu’il ne devienne Prix Nobel de littérature.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Comment les rabbins font les enfants de Delphine Horvilleur

Livre juif : Comment les rabbins font les enfants de Delphine Horvilleur

Dans cette Petite Conférence, Delphine Horvilleur s'interroge sur la façon dont nous comprenons le monde, et pour cela, sur la façon dont nous le racontons.

L'importance du récit, les rabbins la connaissent mieux que personne.

Elle évoque donc son métier de femme rabbin.

Elle le définit comme un geste d'écoute et d'ouverture envers les autres, à partir de l'étude des récits bibliques.

Elle explique comment les récits, les contes, les mythologies, les textes religieux ont mille choses à nous raconter.

Comment ils cherchent continuellement à établir du lien entre les générations, à nous dire que la nouvelle génération n'est pas la copie conforme de l'ancienne et que le monde a besoin d'une mise à jour.

À chacun de trouver le sens qui lui semble être le bon, car nous pouvons reconstruire le sens de la phrase et le sens du monde, afin qu'il soit pertinent pour nous tous.

Choix de Claude Layani

Livre : Toutes les femmes ou presque de Marco Koskas

Livre : Toutes les femmes ou presque de Marco Koskas

J’ai commencé ce livre en 2004, et l’ai fini en 2017.

Pendant treize ans je ne l’ai jamais perdu de vue. A certaines périodes je n’en ai écrit qu’une phrase ou deux en six mois; à d’autres un chapitre entier. Nous avons beaucoup déménagé, lui et moi.

On a même émigré, avant d’arriver enfin à destination.

Mais à ce jour je n’ai toujours pas compris pourquoi j’ai passé autant de temps sur Toutes les Femmes ou Presque. C’est pourtant une histoire simple. Celle de David Tolédano, dit Tolé, un type dans mon genre, qui aime les femmes. Toutes les femmes. Ou presque toutes.

Le couple qu’il essaie de former avec Cécile se brisera d’ailleurs sur ce penchant, et Tolé se retrouvera seul avec l’enfant que Cécile lui a donné.

Il traversera ainsi des années sans femme, jusqu’à ce que l’amour surgisse à nouveau dans sa vie sous les traits de Cheyenne, l’instite du fiston.

C’est embêtant d’être amoureux de la maîtresse de son fils et de vouloir en faire sa propre maîtresse.

Car pour y arriver, Tolé militera même dans une association de parents d’élèves ! C’est dire s’il est prêt à tout pour les beaux yeux de l’enseignante.

Un de mes amis a trouvé ce livre pétillant et drôle, mais c’est un ami. Je suis impatient de savoir ce qu’en penseront les autres… Marco Koskas

Choix de Claude Layani

Livre juif : La lumière dans la pensée juive de Armand Abécassis

Livre juif : La lumière dans la pensée juive de Armand Abécassis

La première parole de Dieu, rapportée par la Bible, concerne la lumière: " Que lumière soit. Lumière fut ". La dernière parole de l'homme concerne elle aussi la lumière : " en ce jour-là, sera la lumière toujours ".

De la lumière désirée à la lumière obtenue, l'histoire humaine emprunte des tracés de lumière ou d'obscurité à travers des périodes, des événements, des lieux ou des rites.

A chaque étape, elle progresse au prix de souffrances et de retours au chaos originel obscur : telle est la valeur de la lumière car elle doit se gagner constamment sur les ténèbres qui la précèdent, prêtes à l'engloutir.

Telle est aussi la clarté de la lumière, grandie d'avoir surgi du chaos ténébreux.

Quand enfin la lumière brille de tout son éclat, on comprend que le mal n'est pas dans l'obscurité mais dans le désir de cette dernière de se substituer à la lumière. Chacune en effet doit être maintenue à sa place : l'obscurité est nécessaire à la nuit et la lumière au jour.

Les ténèbres ne doivent pas envahir le jour et la lumière ne doit pas totalement supprimer l'obscurité. L'unité des deux est indispensable : " Un soir fut. Un matin fut: jour un. " Ce livre raconte l'histoire de la lumière juive et des ténèbres sur lesquelles elle eut à se conquérir inlassablement.

Choix de Claude Layani

Livre juif : À la croisée des chemins, le judaïsme de Tétouan

Livre juif : À la croisée des chemins, le judaïsme de Tétouan

Repaire de pirates à sa fondation, cité par Voltaire et Montesquieu, Tétouan a été un pôle de rayonnement juif dont l'influence dépassait largement le cadre de sa région. Surnommée la petite Jérusalem, c'est la discrète Tétouan qui a nourri le judaïsme sépharade d'Oran, de Gibraltar, de Buenos Aires, de Jamaïque et d'ailleurs. C'est à un voyage de cinq siècles d'histoire juive que le lecteur est invité dans ce livre.

Dix ans de travail ont été nécessaires pour la collecte des documents et des témoignages qui dessinent ce parcours à travers l'histoire juive. En superposant avec rigueur et méthode les sources chrétiennes, marocaines et juives, l'auteur trace une image fidèle et impartiale de cinq siècles d'exil. Le lecteur trouvera dans ce parcours des clés pour comprendre à la fois la profondeur et la complexité de l'âme du peuple juif, forgée par des connivences et des humiliations, des âges d'or et des périodes noires.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Les Juifs et les pouvoirs de Claude Denjean

Livre juif : Les Juifs et les pouvoirs de Claude Denjean

Cet ouvrage, écrit alors que la question d’histoire médiévale au programme de l’agrégation interne d’Histoire porte sur les rapports entre pouvoirs et minorités, souhaite donner aux lecteurs les clés pour comprendre la situation et l’existence des juifs dans l’Occident médiéval.

En conduisant le lecteur au plus près des textes médiévaux, de la production écrite la plus quotidienne et la moins connue, en montrant comment s’écrit une histoire des juifs renouvelée, loin des stéréotypes persistants, les cinq chapitres parcourent quatre siècles de vie juive, dans sa diversité et sa vitalité, pour dresser un portrait d’un judaïsme médiéval bien différent de celui de l’Antiquité ou de ceux des périodes moderne et contemporaine.

Sans négliger les faits déjà connus, comme la richesse de la vie intellectuelle juive ou les relations entre des élites juives et les princes, le lecteur découvrira une synthèse sur des questions complexes qui ont fait l’objet de travaux universitaires récents : quels sont les droits qui règlent les activités des juifs, quelle place et quelle position les juifs avaient dans la communauté politique, entre citoyenneté et servage, comment les universités des juifs s’inscrivaient dans l’espace local, du royaume, national, transnational.

La découverte d’un monde encore mal connu pourrait bien offrir une distance bienvenue pour réfléchir aux problèmes qui taraudent le corps politique d’aujourd’hui.

Claude Denjean, Professeur des universités en Histoire médiévale, est spécialiste d’histoire économique et d’histoire des juifs. Elle a publié La loi du lucre. L’usure en procès dans la Couronne d’Aragon à la fin du Moyen Âge, Madrid, Casa de Velázquez, 2011 et Identités juives entre ancrage et passages en Catalogne, XIIe-XVe siècles, Paris-Louvain, Peeters, 2016. Elle anime le groupe de recherche Jacov.

Choix de Claude Layani

Livre juif : À l'écoute de la Torah

Livre juif : À l'écoute de la Torah

Choix de Claude Layani

Ce livre est une introduction historique au judaïsme, à sa doctrine et à sa culture. Ce judaïsme, c'est celui que l'on dit rabbinique, talmudique ou encore classique.

Celui qui traversa les siècles pour venir jusqu'à nous. L'auteur met en place les fonctions et les catégories fondamentales qui lui donnent son âme et sa forme. Il fallut cinq siècles pour que la société juive se recompose après deux crises profondes : les catastrophes nationales de 70 et de 135 ; les dépossessions qui frappèrent les juifs à la fin du IVe siècle quand le christianisme devint religion d'État. Le salut vint de la Torah et par la Torah.

L'ouvrage est construit sur deux thèmes indissociables, le judaïsme et la Torah. Le judaïsme est un fait social et religieux, un vrai système avec sa vision du monde, sa conception de l'homme et sa perception de Dieu.

La Torah se présente comme un corps littéraire et doctrinal, mais sa vraie nature est mythique : elle émane d'une Révélation divine sur le mont Sinaï.

Le judaïsme de la Torah mène la communauté d'Israël vers sa Rédemption. D'une recherche incessante et patentée sortent les règles nécessaires qui font le lien entre le mythe fondateur et la vie. Au terme de l'ouvrage, on a davantage conscience de la grande différence avec cet autre système qu'est le christianisme, ce qui est explicité dans la conclusion.

Livre juif : Livre de la Miséricorde de Leonard Cohen

Livre juif : Livre de la Miséricorde de Leonard Cohen

Choix de Claude Layani

 

Livre de la Miséricorde

La fin des années 1970 est difficile pour Leonard Cohen. Deuil de sa mère, séparation d’avec la mère de ses enfants, approche de la cinquantaine. Il opère alors un retour au judaïsme et explore sa relation à l’Éternel, tout en se méfiant de toute religion qui prétendrait à l’exclusivité.

L’écriture des psaumes l’amène à « renoncer à sa petite volonté » pour entrer dans un dessein plus grand, beaucoup plus grand, qui permet une réunification de l’être en réparant ce qui a été brisé. Il se sauve ainsi du désespoir, et souhaite que ses psaumes en fassent autant pour ses lecteurs.

Les psaumes contemporains de Book of Mercy (Livre de la Miséricorde) chantent la plainte humaine et passionnée d’un homme à son Créateur. Ancrés au cœur du monde moderne, ces poèmes résonnent avec une tradition de dévotion plus ancienne, biblique notamment.

 

Livre juif : Saul Friedländer Kafka poète de la honte

Livre juif : Saul Friedländer Kafka poète de la honte

Choix de Claude Layani

Kafka
Poète de la honte

 

Kafka. Poète de la honte est l’occasion pour Saul Friedländer de se pencher sur la vie du célèbre écrivain qui, comme lui, a grandi à Prague. L’historien fait de Kafka le poète de ses égarements, luttant toute sa vie contre le poids de la honte et de la culpabilité – une lutte dont les traces sont bien visibles dans ses lettres et son journal comme dans ses œuvres de fiction.

« Très tôt, écrit Saul Friedländer, Kafka dut saisir à quel point il était différent d’une grande partie de son entourage, qu’il s’agisse de sa libido ou de sa puissance d’imagination et de création. En apparence, il s’adaptait : à un entourage familial qu’il ne quittera pour de bon qu’un an avant sa mort ; aux codes réglementant ses liaisons avec les femmes et ses prétendus projets de mariage ; à sa carrière d’employé modèle dans une compagnie d’assurance. Autant d’arrangements à multiples facettes qui, à divers degrés, lui faisaient horreur. Et tandis qu’il jouait pleinement son rôle dans le monde, il cherchait à s’en protéger en le sabotant avec acharnement dans ses textes. »

Prenant délibérément à contre-pied la biographie-hagiographie de Max Brod, l’ami et exécuteur testamentaire de Kafka, Saul Friedländer plaide pour une lecture non censurée des textes. Son interprétation audacieuse est aussi l’une des meilleures invitations à lire et à relire l’un des plus grands écrivains du XXe siècle.

 

Saul Friedländer est sans aucun doute le plus grand spécialiste de la Shoah et du nazisme. Aujourd’hui professeur émérite à UCLA (Los Angeles), il est notamment l’auteur de L’Allemagne nazie et les Juifs (Seuil, 1997 et 2008, prix Pulitzer).