Léa, une adolescente de 15 ans, raconte comment elle a été endoctrinée par les djihadistes via Facebook. Alors que la lutte contre le djihad en France est la principale précoccupation des français depuis le début de l'année, le témoignage de l'adolescente vient appuyer le fait qu'il faut renforcer la vigilence sur les réseaux sociaux et surveiller les plus vulnérables. Comment une jeune adolescente peut-elle basculer dans le djihad sans que son entourage ne soit alerté? Léa a "raté le rendez-vous" pour la Syrie, et a été placée sous contrôle judiciaire.
Recrutée via Facebook par des djihadistes au début de l'année 2014, Léa, adolescente de 15 ans, a faillit rejoindre l'EI en Syrie...
"ils m'ont demandé ce que je faisais à l'école et tout, puis ils m'ont montré des vidéos comme quoi je pouvais venir faire de l'humanitaire, des vidéos qui montrent le peuple syrien qui se fait gazer par Bachar, où ils envoient des bombes et les djihadistes ils font du bien au peuple, ils remettent les bus en place, ils distribuent du pain au peuple."
Aveuglée par les promesses des djihadistes qui lui affirment qu'elle pourra faire de l'humanitaire en Syrie et accomplire des bonnes actions, Léa se laisse peu à peu endoctriner puis prépare son voyage. Elle s'éloigne de sa famille mais aussi de ses amies à qui elle ne parle plus, pour se consacrer entièrement au djihad.
C'est depuis sa chambre, qu'elle organise tout. Elle regarde les vidéos que les djihadistes lui envoient et communique avec eux sur les modalités de son départ.
"ils m'ont demandé mon âge, ma date de naissance, où j'habite, combien de sous j'avais pour venir et ils m'ont fait des faux papiers".
Alors que Léa est prête à partir pour la Syrie, elle rate le rendez-vous de quelques minutes...
Une voiture l'attendait devant son collège pour l'emmener en Turquie. La jeune fille est alors contactée à nouveau par les djihadistes qui lui ordonnent de commettre des attentats contre les Juifs en France, étant donné qu'elle ne peut plus se rendre en Syrie:
"C'est mort tu pourras jamais venir donc maintenant il faut passer à l'acte en France, ils ont commencé à parles des juifs et de la Palestine, en disant qu'il fallait agir sur les Juifs"
La jeune fille veut alors faire un attentat mais, sur écoute, elle est rapidement interpellée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et placée sous contrôle judiciaire. L'association de Dounia Bouzar la prend ensuite en charge, et peu à peu l'adolecente témoigne de son endoctrinement.
Une prise de consicence
C'est grâce à ses parents qui lui montrent des vidéos de l'horreur commise par les djihadistes en Syrie, que Léa prend conscience que ce qu'elle croyait savoir à propos du djihad est totalement faux. Elle réalise alors la gravité de l'endoctrinement dont elle a été victime.
"Les égorgements, je savais pas qu'ils faisaient des choses comme ça ou qu'ils montraient les têtes en public aux enfants, je trouve ça horrible quoi"
Elle avoue également qu'elle agissait de manière automatique:
"moi quand des personnes me disaient non faut pas partir, je sortais des phrases, mais à chaque fois les mêmes choses, copié-collé, ça sortait automatiquement de ma bouche: que partir là-bas ça amenait soixante personnes au paradis comme ils disaient, je faisais pas forcément attention, ça sortait automatiquement. Je culpabilise sur ça, je me dit peut être que j'endoctrine des gens sans faire exprès"
"Je le comprenais mais j'avais du mal à assumer que je m'étais faite endoctrinée et j'ai encore du mal à l'admettre, j'arrive pas à dire que j'étais aussi stupide, je culpabilise."
Caroline Haïat
Avec France tv info