Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

L'Histoire juive britannique en 50 objets

L'Histoire juive britannique en 50 objets
L'Histoire juive britannique en 50 objets

Jewish Britain: "A History in 50 Objects", Jewish Britain museum, jusqu'en mars 2023.

Le Musée juif a été fondé en 1932. En 1994, il a fusionné avec l’ancien Musée de la vie juive de Londres sur deux sites. Le nouveau musée a rouvert ses portes en mars 2010, réunissant pour la première fois toutes les collections.

Le Musée posséde environ 28 000 objets, dont une collection d’art judaïque (art cérémoniel) et une collection d’histoire sociale couvrant des sujets tels que l’East End, les réfugiés du nazisme et l’Holocauste.

Cette exposition rassemble une histoire de la communaiuté juive en Grande Bretagne en 50 objets du Moyen Âge à l’époque moderne. Elle  a été réalisée dans le cadre du projet Judaica Europeana  S'y retrouvent des objets emblématiques entre autres la célèbre machine à coudre Singer utilisée à des fins commerciales et privées.

De nombreux immigrants juifs arrivant d’Europe de l’Est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, en particulier à Londres et à Leeds, gagnaient leur vie en travaillant dans des ateliers de couture. Les tailleurs immigrants fabriquaient des vêtements prêts à l’emploi bon marché, qui étaient abordables pour une plus grande partie de la société.

 

Parmi ces objets citons aussi la machine à écrire yiddish qui appartenait au dramaturge Abish Meisels qui émigra à Londres en 1938. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Meisels est une figure centrale du Nouveau Théâtre Yiddish  qui crésa des comédies et des tragédies en s’inspirant de contes populaires yiddish, d’adaptations de Shakespeare et d’histoires de la vie des immigrants.

 

Chaque objet ouvre ainsi toute une histoire de la communauté et de son histoire dans un pays ou comme ailleurs elle dut se battre pour son existence et sa liberté.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Ruth Orkin, femmes en mouvement

Artiste juive : Ruth Orkin, femmes en mouvement

Femmes en mouvement : Ruth Orkin

Ruth Ortkin (1921-1985) a vécu son enfance et sa jeunesse  à Hollywood car elle était la fille d’une actrice de cinéma muet. Elle fut une des premières femmes à apprendre le photojournalisme au Los Angeles City College.

Dès les années 40 elle quitte la Californie pour New York où elle devient  photojournaliste indépendant. Très vite ses clichés sont publiés par les grands journaux et magazines de l'époque : New York Times, Life, Look, etc.

Considérée à juste titre  comme la pionnière du photojournalisme, avec sa "jeune femme américaine en Italie"  sifflée par les Italiens dans une scène de rue, elle a crée une des photos les plus iconiques qui soient.

Elle reste la photographe sensible au monde et intéressées par tout ce qui s'y passe et elle a photographié comme personne la femme américaines des années 1940 et 1950. Dans son fameux reportage incisif "Qui travaille le plus dur ?" elle a par exemple comparé  la vie d’une femme d'affaire et celle d’une femme au foyer.

Son ironie est au sommet lorsqu'elle saisit l’agitation dans des salons de beauté, des cocktails, des expositions canines et des plateaux de tournage d’Hollywood. S'y retrouvent des stars telles Lauren Bacall, Jane Russell, mais tout s serveuses, hôtesses, militaires ou simplement des femmes entre elles.

Partout une telle photographe a su déceler de manière incisive et discrète l'évolution du monde occidental sous l'effet des femmes qui commençaient à se libérer.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : portrait d'Irving Penn

Artiste juif : portrait d'Irving Penn

Irving Penn : portraits

La présentation d’Irving Penn comprend une sélection élargie de ses portraits. C'est la rétrospective la plus complète du célèbre photographe .

Irving Penn est  l’un des plus grands photographes du XXe siècle, réputé pour son esthétique épurée. Contributeur régulier du magazine Vogue pendant plus de six décennies, il a révolutionné la photographie de mode de l’après-guerre, en plaçant les modèles sur des fonds neutres pour mettre en valeur le geste et l’expression.
Ses portraits sont psychologiquement pénétrants.

Il capture chaque période de cette carrière dynamique derrière la caméra, depuis la fin des années 1930 jusqu’à la première décennie du 21e siècle. Il y a là  des stars sommités connet des ouvriers avec les outils de leur métier ; des nus abstraits et ses premières scènes de rue documentaires , des études de mode et des natures mortes méticuleuses.

Portraits et les natures mortes ont transformé le médium dans ses vibrantes photographies du Summer of Love de 1967.  L’exposition Irving Penn explore le profond intérêt du photographe pour l’éphémère et la complexité de la condition humaine, dans une section exclusive et améliorée consacrée à la série de Penn à San Francisco. Sont également exposées ses photographies expérimentales rarement vues de danseurs nus interprétant The Bath de la chorégraphe américaine Anna Halprin.

Jean-Paul Gavard-Perret

Irving Penn, Young Museum, Golden Gate Park San Francisco, du 16 mars au 21 juillet 2024.

Artiste juif : Evy Cohen, Lumière du Perche - Arbres de son village et alentour"

Evy Cohen,  "Lumière du Perche" - Arbres de son village et alentour"

Evy Cohen,  "Lumière du Perche" - Arbres de son village et alentour"

Cette série d'Evy Cohen a débuté en 2020 lors du premier confinent lorsqu'elle était limiter à se promener et selon a loi dans un rayon de 1km de notre domicile.
Elle venait de déménager de Paris et découvrait  les lumières magiques du Perche  qui depuis inspire son travail de photographe et d’artiste verrier.
La plasticienne conjugue en effet l’art verrier et la photographie, et travaille les réfractions de la lumière. Elle réalise ainsi des pièces en pâte de verre, des sculptures à cire perdue, des tableaux de verre.
Mais ici, seule la photographie "parle". Le pus souvent dans des brumes d’un univers forestier  afin de métamorphoser le réel pour le porter vers la fable.

Jean-Paul Gavard-Perret

Magazine Juif Alliance présente Sylvie Aflalo-Haberberg : éloge de la différence

Sylvie Aflalo-Haberberg : éloge de la différence

Sylvie Aflalo-Haberberg : éloge de la différence

Cette série de Sylvie Aflalo-Haberberg travaille la nudité selon une modalité particulière. Sont montrées les femmes qui - normalement  demeurent cachés pour cause d'obésité, bref de quasi "anormalité"  selon certains critères sociaux..

Les modèles ont toutes répondu avec plaisir à la photographe car elles trouvèrent là une forme de reconnaissance. Elles prirent la pose pour affirmer leur féminité et leur sexualité. D'autant que pour éloigner tout effet malsain ou pervers Sylvie Aflalo-Haberberg  a créé une forme d'épures par son art du flou qu'elle domine parfaitement.

Elle reprend la question de ce que la nudité cache et/ou montre en ses enjeux.  Le nu n'est plus traité en sur en chair mais devient une forme d'idéalisation chorégraphique  qui fascine par sa beauté.

La prétendue obscénité est donc effacée en devenant forme plus qu'objet. Montrer le nu revient à honorer un réel évacué et apprendre à grandir par ce qui émane des  mouvements fixés de corps enfin délivrés.

La série devient une œuvre plastique voire presque morale entre recherche et rêve. Ici c'est bien  L'Ange et non La Bête" qui revient sans que le corps soit une simple idée ou masse.

La photographe crée une absolue beauté dégagée des tabous et doxas entre métaphorisation et littéralité. Sylvie Aflalo-Haberberg réapprend à ouvrir les yeux, de ne pas se contenter de jouir de stéréotypes. C’est le luxe là où les photographies ne sont pas nues  :  elles sont dépouillées en leurs jeux d'ombres et de lumière et où ce n'est plus un plein mais un vide qui soudain est comblé.

Jean-Paul Gavard-Perret

Sylvie Aflalo-Haberberg, Ce que tu me voiles, Sylvie Aflalo-Haberberg Editions,   Paris, novembre 2023, 204 p., 39  € ..

Au musée d'Israël, Walter Benjamin et la photographies

Au musée d'Israël, Walter Benjamin et la photographies

Walter Benjamin et la photographies

"In Pictures: Walter Benjamin’s Little History of Photography",  Israel Museum, Jerusalem.

Le Musée d’Israël de Jérusalem rassemble les œuvres de photographes pionniers des XIXe et XXe siècles présentées dans la "Petite histoire de la photographie" du philosophe juif allemand Walter Benjamin.

Ce livre a d'ailleurs ouvert la compréhension du médium photographique jusque là déconsidéré.

L'exposition rassemble plus de 80 photographies et 10 portfolios tirés de la collection du Musée d’Israël dont Eugène Atget, Karl Blossfeldt, Julia Margaret Cameron, Nadar, David Octavius ​​Hill, Germaine Krull et August Sander.

Par de telles oeuvres Walter Benjamin a ouvert la voie d'une critique qui sortait de l’œuvre d’art en tant qu’objet unique vers le potentiel politique et artistique d’une nouvelle technologie basée sur le multiple.

 

Jeran-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : Ofir Barak , le mur de tous les possibles

Artiste juif : Ofir Barak , le mur de tous les possibles

Ofir Barak : le Mur et son miroir

Ofir Barak avec "Chrysalis" explore le lieu judaïque juif le plus sacré de Jérusalem de même que le lien que les croyants entretient avec lui.

Ce Mur reste le témoin des siècles et devient l'écho tangible de ceux qui viennent non seulement exprimer leurx prières mais éprouvent le besoin d'y laisser inscrits sur des bouts de papier glissés dans les crevasses du mur et métamorphosés par le temps,  leurs quêtes intimes.

Le mur devient ainsi un  miroir des secrets où tout est possible. Il représente pour beaucoup l'Espoir. Ces photos saisissent ces papiers chrysalides dans l'espoir d'une (re)naissance.

 Ofir Barak, "Chrysalis", 132 p. Disponible sur le site de l'artiste : www.ofirbarak.com.

Jean-Paul Gavard-Perret

Auteur juif :  Entretien avec Yvan Tetelbom de Jean Paul Gavard Perret

Auteur juif :  Entretien avec Yvan Tetelbom de Jean Paul Gavard Perret

 Entretien avec Yvan Tetelbom

Yvan Tetelbom évoque les situa­tions dif­fi­ciles qu’il a ren­con­trées en rai­son de son iden­tité juive, tant dans sa vie per­son­nelle que pro­fes­sion­nelle. Cela l’amène a pro­po­ser une réflexion pro­fonde sur cette haine per­sis­tante dans la société depuis des siècles et mal­gré les hor­reurs de la Shoah qu’une pen­sée d’extrême gauche tend désor­mais à négli­ger. Cela rap­pelle au pas­sage que, s’il y eut Hit­ler d’un côté, Sta­line n’était pas loin.

Yvan Tetel­bom, Une inquié­tude juive, Lys Bleu Édi­tions, 2023, 132 p. — 15,30 €.

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?

Écrire. De 4h du matin à 7h. c’est immuable.

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?

Mes rêves n’étaient pas encore per­cep­tibles dans mon enfance en Algé­rie, faute à la guerre (1954–1962). Ils se des­si­naient à peine dans l’invisible. Puis ils se sont déga­gés à l’adolescence du voile qui les recou­vrait comme pour mieux les pro­té­ger.

Il a suffi d’un spec­tacle au théâtre d’Orléans, à mon arri­vée en France, j’avais 15 ans, de Jean Marc Tenn­berg, disant magis­tra­le­ment des poèmes du réper­toire fran­çais, « façon Luc­chini » pour scel­ler mon appar­te­nance au monde de la POÉSIE. Mon des­tin était, dès lors, tracé : Je serai poète et en vivrai.

À quoi avez-vous renoncé ?

J’ai renoncé à une vie maté­rielle qui m’aurait per­mis de vivre sans souci.

D’où venez-vous ?

Je suis né en Kaby­lie, d’une famille juive ash­ké­naze, qui avait fui les pogroms d’Ukraine et Bié­lo­russe et d’une famille juive autoch­tone implan­tée dans le pays depuis des géné­ra­tions. J’ai été élevé dans la tra­di­tion juive. Puis pro­gres­si­ve­ment, à mon arri­vée en France, je me suis déta­ché des dogmes avec leur cor­tège de pra­tiques vieillottes.

Qu’avez-vous reçu en “héri­tage” ?

J’ai reçu en héri­tage tout un poten­tiel d’endurance, de cou­rage, de déter­mi­na­tion, d’imaginaire, dans lequel j’ai puisé à volonté, sans m’en rendre compte, pour idéa­li­ser mon che­min qui m’emmenait tout droit vers mon destin.

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?

Prendre un café dans un bar, feuille­ter le jour­nal du jour, lais­ser venir à moi, des mots, des idées, mode médi­ta­tion, suf­fit à mon bonheur.

Com­ment êtes-vous venu à l’écriture et quel poids repré­sente le passé dans votre oeuvre ?
Je n’ai pas écrit tout de suite. Ma pen­sée, seule, construi­sait des idées, qui se trans­for­maient en mots et phrases, que je pro­je­tais dans mon ima­gi­naire, sans les écrire sur papier. Elles venaient nour­rir un lan­gage qui allait s’étoffer de plus en plus. C’est plus tard que j’ai com­mencé à écrire vraiment.

Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?

C’est une scène vio­lente. Ça se passe à Port-Gueydon, appel­la­tion fran­çaise de mon vil­lage kabyle, situé dans la wilaya de Tizi – Ouzou.
Aujourd’hui Azef­foun. Nous sommes en 1954. J’ai 7 ans. Je regarde la mer. Sou­dain, depuis l’horizon, s’échappe une colonne de fumée. Les gens crient autour de moi : c’est la guerre, c’est la guerre ! Je prends conscience que la vie n’est pas éternelle.

Et votre pre­mière lec­ture ?

Ça reste encore flou dans ma tête. Il y a juste un livre dont je ne me sou­viens, pas du titre, et qui racon­tait la vie simple d’un enfant issu de famille modeste, qui rêvait de deve­nir cham­pion d’athlétisme sur 400 mètres, je crois, et qui à force d’efforts, de volonté, est par­venu au som­met de son ambi­tion, devant un entou­rage médusé qui n’avait jamais cru en lui.
Mais ma pre­mière vraie lec­ture, consciente, se déroula durant mes pre­mières années au col­lège, : “L’Idiot” de Dos­toïevski. Puis “La méta­mor­phose” de Kafka.

Quelles musiques écoutez-vous ?

Les suites de Bach pour vio­lon­celle seul.

Quel est le livre que vous aimez relire ?

Je ne relis jamais un livre que j’ai déjà lu.

Quel film vous fait pleu­rer ?

Tous les films qui racontent l’amour dont l’histoire se ter­mine bien ou mal. Celui dont je me sou­viens le plus est “Mou­rir d’aimer”. C’est l’histoire vraie et tra­gique de Gabrielle Rus­sier qui s’était sui­ci­dée en atten­dant son juge­ment en appel à la suite de sa liai­son avec un jeune élève.

Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?

Quelqu’un d’autre que moi. Un être qui n’existe pas phy­si­que­ment, et qui m’encombre. Peut-être parce que je n’ai jamais réussi à m’incarner sur Terre.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?

Per­sonne ne me vient à l’esprit.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?

PARIS : ma ville de cœur. Je ne m‘en lasse jamais. Besoin sans cesse d’y aller. J’aime mar­cher dans les rues de la capi­tale, durant des heures, sen­tir l’âme des poètes qui y ont vécu, écrit, comme Gérard de Ner­val, Paul Ver­laine, Paul Fort, Max Jacob, Guillaume Apollinaire…

Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?
J’aime par­ti­cu­liè­re­ment Patrick Modiano dont j’achète régu­liè­re­ment les romans. Je suis un incon­di­tion­nel de sa lit­té­ra­ture. J’aime la nos­tal­gie qui s’en dégage et pro­mène mon imaginaire.

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?
Juste des mots d’amour de la femme que j’aime. Rien d’autre.

Que défendez-vous ?

LA LIBERTÉ

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas” ?

Je n’aime pas cette phrase. Elle ne m’inspire pas. Je ne la com­prends pas. Peut– être a-t-elle une signi­fi­ca­tion pro­fonde mais moi je ne vois rien. Si on n’éprouve aucun sen­ti­ment pour l’autre, on passe son che­min. Sur­tout si l’autre n’en veut pas. On ne perd pas son temps. Et si on éprouve un sen­ti­ment, vis-à-vis d’une per­sonne qui ne nous aime pas, on ne perd pas son temps, de la même façon. On n’insiste pas.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“

Nul doute qu’il l’a dite par réflexe, sans l’avoir com­prise. Pour preuve, il rede­mande quelle était la ques­tion. Chez les juifs on répond tou­jours à une ques­tion par une autre question.

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?

La France est-elle anti­sé­mite ? Ou juste raciste ? Ou les deux. J’ai tenté d’y répondre dans mon livre Une inquié­tude juive.

Entre­tien et pré­sen­ta­tion réa­li­sés par jean-paul gavard-perret, novembre 2023.

Auteur juif : une inquiétude juive de Yvan Tetelbom, le livre nécessaire

Auteur juif : une inquiétude juive de Yvan Tetelbom, le livre nécessaire
Yvan Tetelbom et le livre nécessaire

Sous l'incipit de Franz Fanon ""Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille, on parle de vous.", Yvan Telelbom remet les montres à l'heure dans les dérèglements actuels. Reprenant son histoire en guise de support, l'auteur élargit sa propre biographie à ce qui est arrivé dans l'histoire des juifs et ce qui arrive encore.

Approché par l'organisation juive, le "Bn’ai B’Brith", loge René Cassin d’AntibesJuans-Les pins, il a proposé une conférence autour du sentiment d’inquiétude que ressent aujourd’hui, la  communauté juive, en France, et dans le monde, en tenant compte de la période où les Juifs vécurent en Algérie avant et pendant la colonisation française.

Le "B’nai B’rith" (Fils de l’Alliance)  est la plus ancienne et la plus importante organisation  humanitaire juive au monde. Elle fut fondée en 1843, à New York pour créer un système  d’entraide pour les Juifs. Cette organisation, s'es étendue dans le monde entier.

L’Amour fraternel, la Bienfaisance et l’Harmonie sont à la fois la  devise et les valeurs fondamentales de cet ordre conçu pour la défense des droits de l’homme, la lutte contre les haines, et l’antisémitisme, la promotion des cultures juives, le travail de mémoire, la solidarité et le soutien à l’État d’Israël.

L’antisémitisme est donc au centre de ce livre où l'auteur cherche à  comprendre intellectuellement le mécanisme et ses ressorts depuis les  origines. Il a retrouvé ainsi son âme juive dont dit-il "je m’en étais éloigné, tant  ses pratiques m’apparaissaient au fil du temps, vieillottes et pour le moins dogmatiques."

Tetelbom rappelle dans ce livre les divers sources de l'antisémitisme. Le religieux  qui considère les Juifs comme les responsables de la mort de Jésus et sont devenus les boucs émissaires. Le racial qui considère les Juifs comme étant une  race inférieure et qui peut s’accompagner de théories du complot. Le politique  lié à des mouvements d’extrême droite ou  de gauche  qui peuvent utiliser l’antisémitisme pour justifier la xénophobie et la discrimination, En enfin l'islamiste qui  se répand en France avec notamment,« nouvel antisémitisme ». Celui-là est plutôt repris par ce qu’on appelle l’islamo-gauchisme (la défense des musulmans contre la politique d’Israël).

Ce livre fait de témoignages (Daniel Mesguisch et bien d'autres), de rencontres et de recherches est remarquables car il fait le tour de ce que Sartre appelait la "question juive" - terme d'ailleurs discutable car c'est déjà induire que les juifs seraient un problème). Et de fait il montre la profondeur d'un peuple d'exils  dont le seul "tort" et de croire aux valeurs premières. Tetelbom le rappelle sans jamais jouer face aux poncifs antisémites jouer sur les émotions mais plus sur la raison. Ce livre contribue à une forme d'apaisement interculturel au moment où le monde en manque tant qu'il court peut-être à sa perdition.

Jean-Paul Gavard-Perret,

Yvan Telelbom, "Une inquiétude juive",  Lys Bleu Éditions, 2023, 132 p., 15,30 E..

Photographe juif : Disparition du photographe Henri Dauman

Photographe juif : Disparition du photographe Henri Dauman

Disparition du photographe Henri Dauman

Le photographe Henri Dauman est mort le 13 septembre à New York. Après avoir survécu à la rafle du Vel d’Hiv, il avait entrepris un voyage transatlantique pour rejoindre les États-Unis, où il a émergé en tant qu’un des grands photographes de son époque.

Ses narrations visuelles en noir et blanc lui ont permis de capturer autant les visages du Bronx que les évènements importants. Et il décroche très vite un emploi chez Life.

Au cours de sa longue carrière il a saisi la vie américaine, ses célébrités glamour (M. Monroe), ses mouvements sociaux et politiques (Black Panthers), des moments gais ou tragiques Jacqueline Kennedy voilée marchant derrière le cercueil de son mari assassiné).

Ses traumatismes de l'enfance lui ont donné une attention particulière à tout ses sujets en saisissant des moments significatifs et émotionnels. Il n’a jamais considéré ses photographies comme de l’art, néanmoins elles restent parmi les plus significatives de l'histoire de cet art.

 

Jean-Paul Gavard-Perret