Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Disparition d'Anouk Aimée née Françoise DREYFUS

Disparition d'Anouk Aimée née Françoise DREYFUS

Disparition d'Anouk Aimée

Anouk Aimée est née Françoise DREYFUS, un nom tristement célèbre pour la fameuse affaire du même nom à la fin du XIXe siècle, mais aussi un nom facilement identifiable dans la France occupée de la Seconde Guerre mondiale : un nom juif, qu’elle n’utilise donc pas pendant son enfance, le remplaçant par Fanchon DURAND (du nom de sa mère).

Anouk Aimée fut une actrice aussi discrète qu'iconique. On lui doit entre autre des apparitions magiques dans "La Dolove Vita" que dans "Un homme est une femme".  Un célèbre  portrait de William Klein révèla le mystère d'une des plus révervée mais pour incarner bien des mystères de la féminité.

 Sa vie longue et productive n'a jamais fit les journaux en sensation. Mais elle s'associe à autant de souvenirs rares.Ils étaient parfois des plus romantique et parfois plus inquiétant et émouvant dans sa filmographie mondiale.

Elle fiut aussi la Lola de Jacques Demy et reçut un Golden Globe; une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice et fut  nommée auCésar de la meilleure actrice en 1979 ("Mon premier amour") et un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière profondément humain, vingt-trois ans plus tard.

Jean-Paul Gavard-Perret

Expo de l'artiste juif Joël Meyerowitz à Malaga

Expo de l'artiste juif Joël Meyerowitz à Malaga

Joël Meyerowitz et l'Espagne

C'est à New York en 1966 que  Joel Meyerowitz (né en 1938) ,  gagnant peu d’argent dans la publicité a pu partir. prendre des photos à Londres,  l'Europe et en particulier Espagne où il comprit son indépendance en découvrant des liens physiques, esthétiques et émotionnels.

Dans les années 60 il vécut dans la ville natale de Picasso pour montrer l’identité d’un artiste à travers la structure globale de son œuvre et ses racines.

L’exposition réunit  pour la première fois plus cent-cinquante photographies prises  et inédites lors de son premier initiatique :  "mon expérience de photographe en Europe m’a changé et m’a donné le recul nécessaire dont j’avais besoin pour me voir moi-même – puis, quand je suis rentré, pour voir l’Amérique d’une manière différente." écrivait-il.

Il a créé un style de photographie  reconnu comme l’un des principaux photographes de sa génération. Après son retour à New York, il eut sa toute première exposition personnelle au MoMA en 1968.

En Espagne ses tirages (couleur et noir et blanc)  offre aussi ses voyages de Meyerowitz en Angleterre, Pays de Galles, Irlande, Écosse, France, Espagne, Allemagne, Turquie, Grèce et Italie.

L'exposition présente des portraits de populations locales, des scènes de rue quotidiennes , des paysages urbains et naturel. Un film, réalisé dans le cadre de l’exposition, permet de suivre l’artiste tandis qu’il revisite et photographie la ville d’aujourd’hui.

Jean-Paul Gavard-Perret

Joël Meyerowitz, "Europa", Museo Picasso Málaga, du 15 juin au  15 décembre 2024

Artiste juive : Sylvie Aflalo-Haberberg, éloge de la différence, ce que tu me voiles

Artiste juive : Sylvie Aflalo-Haberberg, éloge de la différence, ce que tu me voiles

Sylvie Aflalo-Haberberg : éloge de la différence

Cette série de Sylvie Aflalo-Haberberg travaille la nudité selon une modalité particulière. Sont montrées les femmes qui - normalement  demeurent cachés pour cause d'obésité, bref de quasi "anormalité"  selon certains critères sociaux..

Les modèles ont toutes répondu avec plaisir à la photographe car elles trouvèrent là une forme de reconnaissance. Elles prirent la pose pour affirmer leur féminité et leur sexualité. D'autant que pour éloigner tout effet malsain ou pervers Sylvie Aflalo-Haberberg  a créé une forme d'épures par son art du flou qu'elle domine parfaitement.

Elle reprend la question de ce que la nudité cache et/ou montre en ses enjeux.  Le nu n'est plus traité en sur en chair mais devient une forme d'idéalisation chorégraphique  qui fascine par sa beauté.

La prétendue obscénité est donc effacée en devenant forme plus qu'objet. Montrer le nu revient à honorer un réel évacué et apprendre à grandir par ce qui émane des  mouvements fixés de corps enfin délivrés.

La série devient une œuvre plastique voire presque morale entre recherche et rêve. Ici c'est bien  L'Ange et non La Bête" qui revient sans que le corps soit une simple idée ou masse.

La photographe crée une absolue beauté dégagée des tabous et doxas entre métaphorisation et littéralité.

Sylvie Aflalo-Haberberg réapprend à ouvrir les yeux, de ne pas se contenter de jouir de stéréotypes. C’est le luxe là où les photographies ne sont pas nues  :  elles sont dépouillées en leurs jeux d'ombres et de lumière et où ce n'est plus un plein mais un vide qui soudain est comblé.

Jean-Paul Gavard-Perret

Sylvie Aflalo-Haberberg, Ce que tu me voiles, Sylvie Aflalo-Haberberg Editions,   Paris, novembre 2023, 204 p., 39  € ..

Artiste juive : Evy Cohen,  Lumière du Perche- Arbres de son village et alentour"

Evy Cohen,  "Lumière du Perche" - Arbres de son village et alentour"

Evy Cohen,  "Lumière du Perche" - Arbres de son village et alentour"

Cette série d'Evy Cohen a débuté en 2020 lors du premier confinent lorsqu'elle était limiter à se promener et selon a loi dans un rayon de 1km de notre domicile.

Elle venait de déménager de Paris et découvrait  les lumières magiques du Perche  qui depuis inspire son travail de photographe et d’artiste verrier.

La plasticienne conjugue en effet l’art verrier et la photographie, et travaille les réfractions de la lumière. Elle réalise ainsi des pièces en pâte de verre, des sculptures à cire perdue, des tableaux de verre.

Mais ici, seule la photographie "parle". Le pus souvent dans des brumes d’un univers forestier  afin de métamorphoser le réel pour le porter vers la fable.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Livre juif : Une histoire de l'art d'après Auschwitz de Paul Bernard-Nouraud

Livre juif : Une histoire de l'art d'après Auschwitz

Paul Bernard-Nouraud et l'inconcevable

Paul Bernard-Nouraud dans son histoire de l’art d’après Auschwitz rappelle que le "témoignage"  brut ou reconstruit sera toujours coupable de ses manques.

Bataille, Blanchot, Levi, Celan mais aussi Resnais, Lanzmann en ont montré l'inexorable nécessité et l'inexorable manque jusqu'à, pour certains, y perdre leur vie.

Si dans ces analyses iconiques rien n'est résolu de nos interrogations réside la force de nous mettre  dans l'haleine des mourants. Une hantise nous atteint et nous touche. Il ne faut pas en avoir peur mais s'y confronter.

En ce tel livre, l'image mieux que tout autre chose manifeste probablement cet état de survivance qui n'appartient ni à la vie tout à fait, ni à la mort tout à fait mais à ce genre d'état aussi paradoxal que celui des spectres qui sans relâche mettent du dedans notre mémoire en mouvement. . Bref l'image aussi sert à penser et à transformer l'art..

A ce titre, si l'image ne peut dire ou montrer l'impensable, l'invisibilité de l'horreur. A travers lui se fabrique toujours une représentation qui se veut fidèle à l'irreprésentable.

L'image traduit du sens. Certes, il n'existe pas de moyen de se soustraire à l'ambiguïté qui régit tout protocole de représentation qu'il soit iconique ou linguistique. Tout se joue toujours sur une sorte de tentative de parvenir  à dire, à toucher et atteindre le cœur et la raison - l'inconscient aussi -  entre l'interdit et la transgression.

Comme Didi-Huberman, Paul Bernard-Nouraud historien et théoricien de l’art, docteur en Esthétique entreprend ainsi de réévaluer à l’aune d’Auschwitz l’histoire de l’art antérieure à l’événement lui-même. On y découvre notamment qu’avec la peur du déluge et de la guerre, celle de la peste constitue l’un des fondements de l’art renaissant et de l’ordre du discernement qu’il instaure.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Paul Bernard-Nouraud, "Une histoire de l’art d’après Auschwitz - Figures disparates , vol.1", L'Atelier Contemporain, Strasbourg, 19 avril 2024, 632 p., : 30 €

Artiste juive : Amy Winehouse for ever une exposition fascinante et intransigeante

Artiste juive : Amy Winehouse for ever une exposition fascinante et intransigeante

Amy Winehouse for ever

"Amy Winehouse", The Little Black Gallery", Londres avril 2024.

L'exposition des photographie à "The Little Black Gallery" de Londres présente une exposition  des photographies de la chanteuse prises par Charles Moriarty lors de la création de son  premier album  "Frank". Elle est accompagnée par le documentaire "AMY" par Asif Kepedia.

Pour celui-ci le réalisateur a rencontré  amis, managers, famille, membres du groupe, journalistes, photographes pour découvrir la "vraie" Amy et la comprendre.

Il a consulté des milliers d’images d’Amy. Tputefois dans ce corpus les photos de Charles Moriarty restent marquantes et prises dans l’Est de Londres ou se préparant à parcourir les rues de New York.

Elle apparaît ici incroyablement belle, drôle, pleine d’esprit qui était bien différente  de  l’icône traumatisée qu’elle est devenue plus tard. Dans cette première époque elle paraît au sommet de son art. Le photographe avait choisi de ne pas les publier car pour lui elles étaient trop précieuses à ses yeux. Là voici , telle qu'elle lors de cette exposition originale, fascinante et intransigeante.

Jean-Paul Gavard-Perret

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Artistes juifs : Lee Shulman, manteaux de visions à La Samaritaine

Artistes juifs : Lee Shulman, manteaux de visions à La Samaritaine
Lee Shulman : manteaux de visions à La Samaritaine

Lee Shulman, fils d’immigrants juifs, mêle ici son goût  de collectionneur et son talent de monteur qui se définit lui-même comme un "storyteller".

Dans cette exposition-installation les photographies à La Samaritaine ornent murs, portes des ascenseurs, s’invitent, installations monumentales au rez-de-chaussée. Se découvrent des familles inconnues et Lee Shulman interroge les relations humaines et la notion d’intimité avec cette narration.

Il développee ce qu'il nomme "l’expérience interprétative du spectateur". dans cette collection inédite du "The Anonymous Project" tirée d'images de  vieilles  photos de famille achetées  sur eBay.

Il a rassemblé plus de 70 000 diapositives couleur pour faire revivre des histoires anonymes exposées aux yeux de tous.

Se découvrent par exemple un couple grandeur nature prenant le soleil sur des transats, des femmes qui posent en superbes tenues de soirée d’été, un pique-nique entre amis au bord d’un lac,  etc....

Du lointain jaillit dans cette avalanche d'images le proche.
Se crée  un pont temporel entre lhier et l'aujourd'hui dans un monde facinant, universel et authentique.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Lee Shulman, "The Anonymous Project", La Samaritaine, 75001 Paris du 7 février au 24 avril 2024

Artiste juif : Les visions de Frederick Kiesler

Artiste juif : Les visions de Frederick Kiesler

Les visions de Frederick Kiesler

Frederick Kiesler, « Vision Machines », Jewish Museum, New-York, du 25 avril au 28 juin 2924

Frederick John Kiesler est né en 1890 dans une famille juive de l’Ukraine actuelle. Il a étudié la gravure et la peinture à l’Académie des Beaux-Arts, puis est devenu scénographe de théâtre inventif et dynamique. En 1923, Kiesler rejoint « de Stij »’ à l’invitation de Theo van Doesb.

Immigré aux États-Unis et s’est installé à New York en 1926, pour d’autres projets. Il a conçu des vitrines pour Saks à la 5ème Avenue, le Guild Cinema et la galerie Art of This Century de Peggy Guggenheim. Kiesler est nommé ensuite directeur de la scénographie à la Juilliard School of Music ainsi que directeur de son laboratoire à l’école d’architecture de l’Université Columbia.

Contrairement à d’autres émigrés européens qui ont remodelé l’architecture américaine en introduisant le modernisme européen. Etrangement il est connu

pour ne pas avoir construit. Mais il reste pour l’architecte américain Philip Johnson comme « plus grand architecte non constructeur de notre temps ».

Il a construit néanmoins notamment des espaces d’exposition et le Sanctuaire du Livre à Jérusalem.  Toutefois, il n’a pas normalisé son travail expérimental en le positionnant comme des études préparatoires aux futurs bâtiments. Ses nombreux projets non liés à la construction sont devenus des expériences architecturales et des déclarations architecturales.

L’exposition réunit deux des projets les plus essentiels de Kiesler développés au Laboratoire et explorés ici : la bibliothèque de maisons mobiles, un dispositif proposé pour modifier radicalement l’espace domestique et la machine de vision, appareil ambitieux destiné à visualiser la vue humaine – de l’optique aux stimuli nerveux au contenu des rêves et aux images des rêves

Est présente une sélection de 100 dessins, photographies et études de recherche de ces projets jamais réalisée avant de la bibliothèque de maisons mobiles de Kiesler. Ils éclairent ses tentatives remarquables de saisir la vision humaine, d’enregistrer les rêves par ses bibliothèques, informations et images de l’esprit.

Jean-Paul Gavard-Perret

Auteure juive Olivia-Jeanne Cohen, Je et les autres

Auteure juive Olivia-Jeanne Cohen, Je et les autres

Olivia-Jeanne Cohen : je et les autres

Olivia-Jeanne Cohen, « L’image de soi », Préface de Jacques Cauda, col. Essais, Editions Douro, Paris, 2024

Olivia-Jeanne Cohen voyage en littérature, philosophie, peinture, photographie, cultures et actualité pour interroger l’image de soi. « On m’a souvent demandé pourquoi j’aimais poser, j’ai toujours répondu que c’était pour passer de l’autre côté puis revenir. Si vous saviez, combien de fois me suis-je imaginée de l’autre côté, là où tout est or dans le noir et d’où l’on revient pleine de lumière ? » écrit-elle.

Son livre suscite bien des questionnements selon le sens que chacun accorde à son existence et la situation de l’être au monde. Et ce en  en particulier au cœur de la judéité. Ses points de vue ontologiques s'insèrent sur la relativité de sa situation dans le monde et dans son rapport à l’autre.  L’approche expose  des s images déformantes d’une réalité « sortie des coulisses qui gronde depuis la nuit des temps » écrit Cauda. Le juif y est profané et est réduit à toutes les exacerbations.

Solitude et multitude restent au centre et l’image de soi qui devient l’objet d’une pression tyrannique, irrationnelle et pervertie . L’auteure cherche à prendre conscience sa fragilité et la solitude de l’être jeté dans le monde, au sens du Dasein. Elle rappelle que l’on a massacré collectivement et intervenu au cœur des liens les plus originels pour les désintégrer.

La conscience de soi ici se révèle dans des dynamiques d'écart et de distance. Du temps, de la parole, de l'espace, leus seuils infranchissables sont révé lé. Ll'équilibre vacillant d'une dissolution de l'être expulsé, égaré, excentré est analysé" Otage, je suis l'insituable, entre l'immobilité d'un état et l'impossible stabilisation du sens et d'une appartenance à soi. Je suis l'écartèlement, l'incertitude entre l'ici et le là-bas" écrit-elle.

Cet espace de l'entre-deux est mis à nu  par celle qui implique non seulement une mise-en-attente, une mise-en-suspens de l'autre espace mais également une distorsion de l'à-venir, une approximation de l'autre. Examinant le traumatisme, l’état de déréliction, la meurtrière blessure d’abandon, la philosophe ouvre la compréhension de l’être au monde, et  s’inscrit dans cette nécessité réflexive entre le fini et l’infini.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Meryl Meisler entre humour et familles

Meryl Meisler entre humour et familles

Meryl Meisler entre humour et familles

Meryl Meisler  a grandi à Long Island dans une famille juive loufoque et excentrique.

Elle a créé une chronique pleine d'humour pour souligner l’exubérance joyeuse d’une communauté qui a vécu dans le souvenir des pogroms et de la Shoah.

Parfois elle rejoint sa famille adoptive qui se retrouve derrière les portes du célèbre Studio 54 - night club new-yorkais.

La photographie de famille a marqué l’histoire de la photographie à l'aide d'appareils devenus de simples objets de consommation. D'autres photographes américains en trouvé dans un tel choix le fondement de leurs travaux. Mais elle-même est entrée d'emblée dans le reportage documentaire et la douce et amère chronique du quotidien.

Jean-Paul Gavard-Perret

 Maryl Miesler, "Amercan families", Polka Galerie, Paris, du 22 mars au 24 mai 2024.