Témoignage bouleversant d'une maman face au système dysfonctionnel en Israël

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Témoignage bouleversant d'une maman face à un système dysfonctionnel en Israël

Comment résumer ces derniers trois ans et demi.

Un combat constant, beaucoup de larmes, de prières, beaucoup de joie mais aussi de tristesses.

À chaque jour sa peine. On avance on a pas de choix.

Le 03/05/2017 c'est son troisième jour à la crèche . C'est la mairie qui nous donne son numéro. On a confiance.

Aaron avait six mois, c'est notre aîné, notre fierté et bonheur. En l'amenant au Gan ce jour là je ne savais pas encore mais je vivais mes derniers instants de vie paisible. C'était aussi la dernière image qu'il a eu de sa maman avant que tout ne devienne noir.

Vers midi l'assistante maternel de la crèche m'appelle.

''Urgent, venez vite votre fils ne respire plus'' elle raccroche et ne répond plus au téléphone.

Cette phrase nous a hanté et nous hantera toujours.

C'est le début de la fin. Enceinte d'à peine quelques semaines je me met à hurler dans les rues de Jérusalem.

En arrivant après des longues minutes qui m'ont paru des heures chez l'assistante maternelle je vois le pyjama de mon fils parterre découpé, sa tétine et son doudou et je panique.

Où est ce qu'il es ? Que s'est t -il passé ? Est ce qu'il est vivant ?

Je hurle, j'exige des explications.

Elle est paniquée, elle se mure dans le silence.

Je sors dans la rue et demande de l'aide.

On doit  arriver à shaarei tsedek, l'hôpital en urgence. On a oublié nos sac mon mari à même oublié son téléphone à l'oulpan. On a pas d'argent sur nous.

Je supplie la file de taxi. Au bout de quelques minutes un tsadik que je remercie nous prend..

Arrivé à shaarei tsedek les portes des urgences sont grandes ouvertes. Jamais par la suite on a vu un tel désordre dans des urgences. Tous les médecins réunis dans une pièce sont autour d'un lit

Je m'approche et je n'arrive pas à réaliser.

Aaron git la , nu et branché, avec des bleus sur la tête profondément endormi.

Aaron git la , branché et pleins de bleus sur tout le corps

Aaron git la , branché et pleins de bleus sur tout le corp

On nous dis ''hémorragie'' on nous dis ''opération'' on nous dis ''coma'' ''48h'' ''tragedie'' '''syndrome du bébé secoué'' ''lésions irréversibles''

Mais je ne comprends rien. J'ai mal comme jamais je n'aurais oser imaginer avoir mal. Je perds connaissance, et pas qu'une fois. Dès que j'ouvre les yeux la réalité n'est pas soutenable.

On est transféré à un autre hôpital à Hadassah. Ils disent vouloir opérer. Puis non ses constantes sont faibles. Son petit coeur ne tiendra pas le coup.

On attend un miracle et pourtant les médecins nous préviennent, Vaux mieux pas qu'il se réveille car sa vie n'en sera plus une vraiment.

Je ne sais pas qu'elle force divine nous à tenu. D'où cette force est venue, comment ?

Notre beau bébé à fini par se réveiller mais ce qui est sûr c'est qu'il s'est réveillé mais est un autre enfant.

Plus jamais depuis il n'a pu regarder sa maman dans les yeux.

Quelques mois après on demande un IRM. On peine à avoir la radio ('' trop d'ondes dommage mais  le sang accumulé dans son cerveau ''vas se résorber tout seul'')

On l'obtient malgré tout. On le fait et on attend.

15 jours c'est ça le délais légal pour recevoir une réponse.

21 jours après toujours pas de lettre pas de réponse. On se dit que les nouvelles doivent être bonnes. Si non ils aurais appelé depuis longtemps n'est ce pas ?

On a rendez-vous chez la neurologue de l'hôpital de jour qui est devenu notre maison pendant deux ans après ce mois de mai 2017.

On lui demande d'appeler l'hôpital et de demander les résultats de l'IRM.

Elle les reçoit et blanchie à leur lecture.
Elle se dit qu'il doit y avoir une erreur. Elle appelle une ambulance. Aaron est en train de mourir. Il y a  encore plus d'hémorragies dans sa tête. Sa vie ne tient qu'àun fil.

Et voilà qu'on replonge dans un cauchemar.

Il est opéré en urgence. Ils cherchent à comprendre d'où ce sang est arrivé.

Ils sont Incompétents ils bafouille. Ils en viennent à la conclusion que la seule raison serait un coup ou une agression.

On sors de là bas en comprenant qu'ils font fausse route.

Que le temps d'éclaircir les choses Aaron  ne sera peut être plus de ce monde puisque pour une raison à ce moment là encore inconnue son cerveau saigne.

D'ailleurs à peine trois semaines après, l'IRM est encore mauvais, ça a encore saigné mais peu. Pas assez pour dire agression mais trop pour que ça soit normal... En bref ils savent plus quoi faire. Eux les médecins censés nous aider.

Encore une fois on lutte. Comme pour obtenir l'IRM, la on cherche un médecin, un vrai.

Et grâce à Dieu on le trouve.

Il est pas d'ici. Il vient de New York. Et en plus c'est pas n'importe qui. C'est le meilleur dans le domaine.

Il nous explique la raison médicale, biologique, en termes simples. C'est courant dit il.

Courant, logique, explicable. Mais ici,  personne n'a su nous l'expliquer, et puis personne n'a su le sauver.

Il nous envoie à tel Aviv. On opère une deuxième fois Aaron à peine après avoir fêté son 1 er anniversaire. Son petit frère né à la même période.

Il n'as pas fait son 9 ème mois. Il fallait qu'il arrive avant pour qu'on soit tous avec Aaron à son réveil de l'opération.

Son cerveau n'as plus jamais saigné.
On a traité la cause. Mais son cerveau  à été abîmé , par la monstre par le fait qu'elle ait pas appeler les secours qu'après une demi heure de convulsions, par l'attente de l'IRM l'attente des résultats, une opération ratée, un mauvais diagnostic. Il a été abîmé encore et encore. C'est insoutenable.

Sur le volet pénal on s'est jamais trop attardé. Qui franchement ici aurais donné de l'importance à ça ? Quand notre bébé se bat pour sa vie.

On a fait confiance à la justice, coopérer avec la police, donner tout ce qu'on avait. On a toujours répondu présents.

À chaque jugement de ce monstre on a été présents. Et vous pouvez le croire, ça à été une souffrance à chaque fois.

Respirer l'air dans la même pièce. La voir. Se dire que toute cette douleur à débuter entre ses mains été insoutenable.

Elle a un avocat elle, un bon disent tous. Puis deux, puis trois.

Nous on fait confiance au procureur ( qui es muté, un autre prend le dossier, trop tard mais enfin bref ça ne touche personne)

Ils disent qu'il y a  des ''doutes''  que c'est ''complexe''. Ils vont jusqu'à vouloir fermer le dossier

Ils n'ont pas bosser avant, ils veulent pas bosser maintenant.

Ils nous convoque, nous interrogent comme on interoge des criminels. On en sort propre c'est évident pour nous, ça les étonne ?

On prend un avocat, le meilleur. Vous nous avez aidé à le payer. Nous on a pas bosser des années, hôpital oblige.

Il nous dit qu'on aurait du venir il y a 3 ans. Que ça vas être chaud. Qu'il va  essayer de faire son Max, mais on vient trop tard. Vous vous en souvenez ? Parce qu'on avait fois, parce qu'on a fait confiance au système.

Ils finissent par faire un accord. Six mois de travaux d'intérêt général et 5000 NIS.
Oui y a le civil me disent les gens. Sauf qu'elle est pas solvable, qu'elle n'était pas  déclarée n'avait pas d'assurance. C'est la mairie qui nous la envoyée vous vous souvenez ?

On a refusé leur accord. Aaron l'aurais refusé s'il été capable de parler. On a supplié.
Mais paraît il qu'il faut s'estimer heureux, c'est si complexe.

Des erreurs médicales, des erreurs juridiques, des séquelles sur toute une famille. Des larmes de sang, des coeurs brissé. On est censé accepter ? Jusqu'à quand ?

On se battra jusqu'au bout.

La loi doit changer, le monde doit changer.

Du haut de notre vingt ans on se battra. Pour que plus personne ne pleure son fils comme nous on a pleuré le nôtre.

Pour que la justice soit faite. Pour que les choses bougent.

Son avocat déclare aujourd'hui ,

Besofo shel hayom (a la fin de la journée) le dossier est tel que ma cliente peut s'en sortir grâce aux doutes, grâce à la tournure des choses, etc

Moi j'ai une chose à lui dire

''Bessofo shel yom imagine que Aaron c'est Ton fils à toi''

Prier pour Haïm Aaron Lev Ben rivka et pour que justice soit faite

Amen

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