Israël : les parents anti-vaccins ne recevront plus d'allocations

Actualités, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Chaque mois, les familles israéliennes avec au moins un enfant reçoivent un chèque de l’état, mais il existe au moins une condition pour percevoir ces allocations: faire vacciner les enfants.

D’après une clause dans l’accord de la coalition signé le mois dernier, Israël ne versera plus d’argent aux parents qui ne vaccinent pas leurs enfants.

Cela se trouverait être une bonne sanction pour ceux que l’on appelle les « anti-vaccin ».

Un rapport d’Etat, rédigé en 2014, déclare qu’en 2010 environ 10% des enfants israéliens ont des parents contre la vaccination.

Ces parents, d’après une étude menée par l’Université de Haifa, viennent principalement de populations haredi - religieuses orthodoxes - , avec de faibles revenus ou même de la classe la plus aisée.

De plus, d’après le groupe d’arabes-israéliens pour les droits civiques Adalah, le taux de vaccination est faible au sein des Israéliens bédouins à cause d’un manque d’accès aux services de santé.

« Il y a un phénomène selon lequel les gens ne vaccinent pas leurs enfants », déclare Yaakov Isaac, porte parole Ministre Adjoint de la Santé Yaakov Litzman, qui va instaurer des critères d’admission pour les subventions.

« Il y a des personnes - des Bédouins, haredim extrémistes - qui ne croient pas au système de santé »

Les craintes selon lesquelles la vaccination serait liée à l’autisme - de telles connections ont été établies par la recherche scientifique - sont cependant moins fréquentes qu’au Etats- Unis.

Ceux qui soutiennent la cause disent que c’est une mesure nécessaire pour la santé publique visant à forcer la main de ceux qui refusent de vacciner leurs enfants.

Une porte-parole du Likud n’a pas réagi aux commentaires selon lesquels le parti devrait lier la vaccination aux allocations.

Cette clause est la dernière d’une série de mesures du gouvernement visant à utiliser les allocations pour influencer les comportements des citoyens et dessiner les contours de la société israélienne.

Les partis Orthodoxes Haredi sont en faveur d’aides financières élevées car cela permet d’avoir de grandes familles, typique de leurs partis, afin de joindre les deux bouts.

Les partis sécularistes, au contriare, considèrent les allocations comme des mesures contre-productives permettant aux parents avec de nombreux enfants de ne pas travailler.

Introduits en 1959, les subventions ont augmenté au fil que les familles se sont agrandies. Jusqu’à il y a peu de temps, les paiements fonctionnaient de manière progressive, de manière à ce que les parents reçoivent une allocation par enfant pour chaque enfant supplémentaire.

En 2001, une loi passée donne aux familles avec un seul enfant environ 40$ par mois, alors qu’une famille avec 5 enfants reçoit environ 600$ - incluant une allocation supplémentaire pour le 5ème enfant.

Suite à la crise financière de 2003, Benjamin Netanyahu alors Ministre de la finance, a coupé le budget des allocations de 40%.

Dix ans après, le Ministre de la finance Yair Lapid a encore réduit les allocations comme moyen d’inciter les hommes haredim - beaucoup d’entre eux étudient la Torah toute la journée - à joindre la force ouvrière.

Cette mesure, actuellement en place, a remplacé la rémunération à l’échelle - progressive - par une subvention commune à tous. Les familles reçoivent environ 36 dollars par mois par enfant, peut importe le nombre d’enfants.

Après l’établissement de ces allocations en 1959, le nombre de familles nombreuses a explosé.
En 1960, il y avait moins de 40 000 familles israéliennes de plus de 4 enfants, en 1975, ce chiffre a presque triplé pour atteindre les 111 000.

“Ces familles s’assument grâce à ces subventions” déclare Mickey Levy, adjoint au Ministre de la Finance Lapid entre 2013 et 2014, à JTA.

“Nous prenons cette décision pour intégrer ces personnes dans la force ouvrière. Lors de l’exil en Pologne, nous nous asseyions pas pour étudier la Torah toute la journée. Nous travaillions et apprenions la Torah. »

Gruber déclare que les allocations font parties d’une politique nataliste, nécessaire pour une préservation du nombre de Juifs suite à l’Holocauste.
« Nous avons besoin d’un taux de natalité plus élevé” déclare Gruber.
« Nous ne voulons pas être dans la situation du Japon ou de l’Europe de l’Ouest, avec une population qui diminue. Dans le contexte d’une nation juive, nous voulons du monde. »

Maintenant, avec le parti Lapid Yesh Atid exclu de la coalition du gouvernement, et les haredim qui en font de nouveau partie, les allocations devraient de nouveau augmenter.

L’accord Likud-UTJ inclut un repositionnement, que la porte-parole Yair Eiserman déclare faire partie d’une série de réformes visant à aider les Israéliens, incluant par exemple des soins dentaires gratuits pour les enfants.
“Nous voulions un changement social” “L’ancien gouvernement a fait du mal aux classes les plus défavorisées ainsi qu’à la classe moyenne »

D’après des rapports datant de 2010 et 2014, le nombre d’enfants non-vaccinés a augmenté à cause de la désinformation ou d’une opposition idéologique à la vaccination. Alors que les Juifs israéliens avaient en moyenne moins de 3 enfants par famille d’après le Bureau Central de statistiques en 2009, les musulmans avaient 3,62 enfants en moyenne et les Haredim 6,53.

“Nous ne pouvons pas être d’accord avec une décision qui atteint les enfants à cause des actions de leurs parents que l’Etat n’aime pas” a écrit Yizhak Kadman, directeur exécutif du Conseil national pour l’Enfant d’Israël, dans un email à JTA. Selon lui, réduire ces allocations ne fera que limiter d’avantage l’accès aux services de santé des familles défavorisées.

Des activistes arabes-israéliens sont également en faveur d’une augmentation des allocations dans la mesure où le taux de natalité est au dessus de la moyenne et que la pauvreté est très élevée dans la communauté.

Gruber perçoit les hautes allocations comme un fardeau pour le contribuable mais déclare que ceux qui souhaitent les réduire devraient apprendre des précédentes initiatives - de réduction des allocations - qui ont projeté certaines familles dans une extrême pauvreté.

Il ajoute également qu’il n’y avait pas assez de moyens déployés pour que celles-ci fassent partie de la force de travail.

D'après JTA.org
Photo: Telavivre


Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi