Sans visa mais pas criminels : des Israéliens brutalisés dans les prisons américaines pour être juifs

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Sans visa mais pas criminels : des Israéliens brutalisés dans les prisons américaines pour être juifs

Les oubliés de l’Amérique : des Israéliens racontent l’enfer des centres de détention aux États-Unis

« Les conditions sont humiliantes. Je suis insulté parce que je suis juif, on me crie des chants antisémites. »

Depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis, la politique migratoire américaine s’est durcie avec une implacable rigueur. Chaque jour, les services d’immigration procèdent à des descentes, arrêtent, détiennent, transfèrent.
Parmi les victimes de cette traque bureaucratique : des dizaines d’Israéliens en situation irrégulière, jetés dans des prisons fédérales, en attente d’une expulsion vers leur pays d’origine. Leur crime : avoir voulu travailler ou survivre sur un sol qui ne veut plus d’eux.

« C’est un cauchemar sans fin » : les mots d’Uri, enfermé dans une cellule sordide

Il y a trois mois, dans une entreprise du Texas, la descente d’agents de l’immigration a scellé le sort d’Uri, un Israélien sans visa en règle.
« Ils nous traquaient dans les rues comme des animaux », a-t-il raconté à sa famille lors d’un appel téléphonique. « Je ne suis pas un criminel, je suis venu travailler avec des amis. Et je me suis retrouvé dans une cellule infestée de souris et de cafards. Les gardiens m’ont insulté parce que je suis juif et israélien. Ils m’ont maltraité mentalement. Chaque jour est comme une année. »

Le témoignage est stupéfiant. Les détenus israéliens sont livrés à des conditions de détention indignes. Uri évoque la nourriture immangeable, la saleté, la peur, l’humiliation permanente. Et surtout, l’attente, interminable, l’attente de l’expulsion comme une délivrance.

Harcèlement, isolement, transferts punitifs : l’interminable errance de L.

L., un autre Israélien arrêté en Louisiane, a déjà été transféré dans huit centres de détention différents. Sa voix, transmise à ses proches depuis un téléphone carcéral, tremble de lassitude : « Un jour, ils m’ont menotté pendant 15 heures pour m’emmener à l’aéroport. Juste avant de monter dans l’avion, un policier m’a dit qu’il me descendait uniquement parce que j’étais Israélien. »

Le cauchemar continue : L. est trimballé d’un centre à l’autre, privé de nourriture casher, parfois même d’eau, mis à l’isolement, harcelé par des co-détenus hostiles et des gardiens qui le traitent comme un pestiféré. Il confie avoir perdu 20 kilos. « Je suis en train de m’effondrer physiquement et mentalement. Ils essaient simplement de me briser. C’est le seul mot d’ordre. »

« Si je meurs ici, personne ne s’en souciera » : Ronen, l’invisibilisé

Ancien agent immobilier en Californie, Ronen vit lui aussi l’enfer d’un centre de détention américain. « Pour eux, je suis comme l’air. Je n’existe pas. » Ses mots sont un cri d’abandon. Tous ses biens ont été confisqués. Il dort avec les mêmes vêtements depuis des semaines. Il mange à peine. Il attend un vol pour Israël qui n’arrive jamais. « Ils jouent avec moi. »

Mais au-delà des privations, ce sont les menaces physiques qui pèsent sur lui.
« Des prisonniers syriens et iraniens m’ont traité de ‘tueur d’enfants’. Ma vie est réellement en danger. »

Un climat d’angoisse grandissante : fuir les États-Unis à tout prix

Face à cette situation insoutenable, de nombreux Israéliens sans visa ont tenté de fuir vers le Canada, le Mexique ou les Caraïbes, dans l’espoir d’éviter l’arrestation. L’ouverture annoncée d’un nouveau centre de détention en Floride, que la rumeur entoure d’un lac infesté d’alligators, a semé la panique. « J’ai peur qu’ils m’envoient là-bas », avoue Ronen. « Je connais des types qui étaient considérés comme dangereux en Israël, et maintenant ils fuient comme des lapins pour éviter d’être arrêtés. »

« La prison en Israël, c’est le paradis » : un système punitif sans compassion

Dans les semaines à venir, certains détenus israéliens devraient être renvoyés dans leur pays. Mais d’ici là, ils devront survivre à un système carcéral où le droit semble avoir cédé à la cruauté. A., un autre détenu israélien, confie : « La prison en Israël, c’est le paradis comparé à ce qui se passe ici. On nous traite comme si nous étions tous des mafieux, même si je n’ai pas de casier judiciaire. Dès qu’ils ont découvert que j’étais israélien, le traitement est devenu particulièrement hostile. »

Et de conclure : « Ce n’est pas seulement un système juridique, c’est un système conçu pour vous briser. »

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