"Salafistes" le film qui fait peur à la France

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Salafiste le film qui fait peur à la France

Le film "salafistes" montrant des images de propagande d'une violence extrême est en salle actuellement en province, à Grenoble.

Avant même sa sortie, le film crée déjà une polémique.Depuis mercredi dernier, "Salafistes" est sur les écrans, dans seulement quatre salles en France. Cette semaine, d'autres copies doivent être distribuées  : trois à Paris et une en province, à Grenoble, au "Club". 

Interdit aux mineurs, par le Centre National du Cinéma CNC et accompagné d'un avertissement du fait des interviews de chefs salafistes mauritaniens ou maliens. Leur discours est fondamentalement anti-occidental, anti-juif et anti-chrétien, aucun contrepoids.

Les images  du film sont des images d'exécutions et d'attentats d'une violence extrême. Oumar Ould Hamaha, dit "Barbe rousse", fondateur du groupe Ansar al-Charia au Mali, est l'un des chefs djihadistes qui apparaît dans le film. Il aurait été tué dans le cadre d'une intervention de l'opération "Serval" en 2014.  Tous les  entretiens, ont été tournés en 2012. C'est le journaliste Lemine Ould M. Salem, co-réalisateur, qui a pu filmer, notamment à Tombouctou, où la charia est en vigueur.

Oumar Ould Hamaha, dit "Barbe rousse", fondateur du groupe Ansar al-Charia au Ma - Aucun(e)

Oumar Ould Hamaha, dit "Barbe rousse", fondateur du groupe Ansar al-Charia au Ma - Aucun(e)

"Ce film qui donne de façon exclusive la parole à des responsables salafistes ne permet pas de façon claire de faire la critique des discours violemment anti occidentaux, anti démocratiques, de légitimation d'actes terroristes, d'appels aux meurtres d'infidèles présentés comme juifs ou chrétiens qui y sont tenus, explique l'avis de la commission de censure. Les images parfois insoutenables soutiennent ces propos en dépit de la volonté des réalisateurs de les utiliser en contre point."
"C'est une proposition" Patrick Ortega, directeur du cinéma Le Club

Les deux réalisateurs qui ont "tendu le micro à des terroristes,devraient avoir honte" décrit Patrick Ortega, le directeur du cinéma "Le Club" à Grenoble, "ce film-là, à le mérite d'interpeller l'intelligence du spectateur. Quand on voit l'application de la charia avec un voleur qui se fait couper la main, c'est beaucoup plus parlant d'entendre cet homme remercier ses bourreaux de l'avoir remis dans le droit chemin... Si le spectateur ne perçoit pas là un 'hic', en effet il y a alors un réel problème d'éducation à l'image, au sens critique du spectateur."

Pour le  programmateur, qui a une grande confiance en les spectateurs qui viennent voir le film " Je suis certain de leur bonne interprétation. De toute façon, s'il devait y avoir un spectateur qui adhère à un discours salafiste, extrémiste, il ne faut pas s'imaginer que ce soit ce film là qui ait déclenché son envie", poursuit-il.

Depuis sa sortie, à chaque séance, il y a au moins une vingtaine de spectateurs. Le film qui dure 1H10 est précédé d'un message d’avertissement . Les spectateurs se disent "ne pas vouloir rester dans l'ignorance" et souhaitent se "confronter directement" à un discours quotidiennement évoqué dans les médias.

"J'avais une grande appréhension pour savoir si on allait programmer "Salafistes", se souvient Patrick Ortega. Le déclic, ça a été cette agression d'un professeur juif à Marseille par un jeune adolescent. Je me suis posé la question de savoir comment on peut se radicaliser tout seul dans son coin."

"Salafiste" a été mal reçu par la critique, ce lundi soir, l'un des co-réalisateurs, François Margolin sera au cinéma Le Club pour assister à la projection et participer à un débat.

extrait du film : 

Nathalie ZADOK

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