Royaume Uni : comment Miriam a réussi à fuir une secte ultra-orthodoxe

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Comment j'ai réussi à m'enfuir : Myriam est née dans une communauté juive ultra-orthodoxe , elle raconte comment elle a finalement trouvé le courage de fuir après des années de lavage de cerveau et d'interdiction de rencontrer des étrangers à cette communauté, Juifs ou non-juifs

Mariage de Miriam et de Shlomo en 1995

Mariage de Miriam et de Shlomo en 1995

Miriam Kliers, 46 ans, a subi un lavage de cerveau par des rabbins hassidiques ultra-orthodoxes.

Elle a été forcée de fuir son mari, Shlomo, après qu'il  lui ait refusé le divorce.
Miriam a eu un mariage arrangé avec cet étudiant d'une Yeshiva mais sans emploi.

C'était à elle qu'incombait la responsabilité des revenus du foyer. Pourtant quand elle s'est enfuie, c'est elle qui a  tout perdu.

D'extérieur, personne ne pourrait se douter de ce qui se cache derrière cette grande maison familiale victorienne ,discrète, faisant partie d'un lotissement des rues résidentielles dans une banlieue du nord de Londres, à  Kyverdale Road.

Tout semble en apparence normal.
Peut-être qu'un bon coup de peinture pourrait donner plus d'éclat à la façade de cette maison, un peu austère, mais aucun indice du drame qui en réalité se jouait derrière les rideaux soigneusement tirés.

Ce n'est que lorsque Miriam a remporté son procès concernant ses droits sur sa propriété de 1,4 million de livres sterling que son histoire à fait le tour du monde- et a mis en lumière l'une des communautés les plus isolées du Royaume-Uni.

Miriam avait fui la maison et la communauté juive hassidique ultra-orthodoxe de Stamford Hill, où elle avait grandi, ne prenant que les vêtements qu'elle portait. C'était un rejet de la violence, dit-elle, qu'elle et des femmes comme elle souffrent régulièrement.

Miriam a dit qu'elle souffrait souvent de la faim car ils vivaient avec son mari et ses 4 enfants dans des conditions de grande précarité  alors qu'ils étaient propriétaires d'une belle demeure.

Après trois ans de bataille juridique, Miriam, 46 ans,  a obtenu 75 % de la valeur de la propriété, soit 810 000 £ ,une fois les dettes payées. Mais la victoire a eu un prix.

S'adressant au Mail on Sunday, Miriam donne un aperçu de cette secte conservatrice. Elle révèle, qu'en dehors du fait qu'elle a souvent souffert de la faim,  elle a été forcée de se marier avec un mari qui, selon les principes de leur foi, devait se consacrer à l'étude religieuse plutôt qu'au travail pendant qu'elle subvenait aux besoins de leur famille.

Miriam a enduré une existence strictement contrôlée par des rabbins influents qui colportaient des idéologies qui, à son avis, frisaient le lavage de cerveau. C'était un monde dans lequel elle devait demander la permission de passer les examens du GCSE, sans parler d'utiliser Internet.

Elle a même été forcée à la fraude, dit-elle. Le juge adjoint Murray Rosen QC a appris que la maison du couple avait été achetée au nom du frère de Miriam, Mordechai Schmerler, afin que la famille puisse demander des allocations de logement.

Cela a amené au juge adjoint à conclure que l'évasion fiscale et la fraude en matière d'allocations de logement étaient " fondées sur des preuves, une pratique courante " au sein de la communauté et une " illégalité scandaleuse ".

Cette bataille a tout pris à Miriam : sa famille, ses parents et, ce qui est le plus dévastateur, l'affection de ses enfants, deux garçons de 23 et 21 ans et deux filles de 19 et 11 ans.

Miriam a fui leur maison à Stamford Hill, puis a dû se battre devant la Haute Cour pour obtenir les droits sur la propriété.

" Il m'a été clairement indiqué lors de réunions et par des appels téléphoniques abusifs que je n'allais pas pouvoir avoir une relation avec mes enfants, et ils ont réussi à les retourner contre moi. Sa vie, ajoute-t-elle, est devenue un " enfer vivant ".

La secte secrète, est socialement isolée, et maintient ses traditions religieuses même dans les villes les plus libérales du monde, connue pour ses vêtements distinctifs de vêtements noirs et ses grands chapeaux à larges bords.

L'histoire de Miriam fait écho aux aspects les plus choquants du nouveau film Disobedience, avec Rachel Weisz dans le rôle du photographe new-yorkais Ronit, issue d'une famille juive ultra-orthodoxe dans le nord de Londres.

Pour Miriam, c'est l histoire banale : " Quand tu veux vivre en dehors de la communauté, ils font de ta vie une misère. Vous perdez vos enfants parce qu'ils sont considérés comme la propriété de la communauté, et vous vous retrouvez ostracisé par votre famille et les gens que vous avez appelés vos amis."

Quand on pense que le judaïsme hassidique ait été conçu comme une secte joyeuse.
Leur vêtement trouve son origine dans la noblesse polono-lituanienne du XVIIe siècle, reflétant la volonté de faire partie d'une classe respectable, propriétaires terriens.

Le Royaume-Uni détient la plus grande population de juifs hassidiques d'Europe environ 50 000 habitants, concentrés principalement à Londres, Salford, Gateshead et Canvey Island dans l'Essex.
Miriam est née dans une famille religieuse, elle est  troisième de dix enfants, d'une mère et d'un père de famille qui était un " abatteur rituel ".

On s'attendait à ce qu'elle épouse un autre croyant, ou un  Haredi, et  qu'elle ait beaucoup d'enfants.
Des règles régissaient sa vie, allant de ce qu'elle devait porter, manger et lire jusqu'à la façon de s'habiller pour avoir des relations sexuelles avec un conjoint.

Mais Miriam voulait une éducation allant au-delà des enseignements de base permis aux femmes religieuses.

Ses lectures étaient extrêmement surveillées seuls les contes chastes d'Enid Blyton étaient autorisés, alors que l'idéalisme romantique de Little Women de Louisa May Alcott ne l'était pas.

Elle a réussi à se rendre à la bibliothèque locale après avoir promis à sa mère de ne lire que des ouvrages non romanesques.

Parfois, une fouille sommaire était lancée à l'école, pendant que nous étions en récréation, les adultes inspectaient nos sacs ", se souvient Miriam.

Un jour, j'ai eu peur parce que j'avais un livre sur le capitaine Cook dans mon sac et que je n'avais pas la permission de le lire.

La vie familiale était une bataille constante -  Je me sentais sous surveillance constante ", dit-elle. "Il n'y avait pas d'intimité. Le livre le plus audacieux que Miriam n'a jamais lu portait sur la beauté. Un tel thème était considéré comme" immodeste ".
Les jeunes filles hassidiques portent les cheveux très courts, de longues jupes et des collants épais, même par une chaleur oppressante.

Très tôt on m'a enseigné que j'étais un danger pour les hommes parce que je pouvais les conduire au péché, c'était  donc ma responsabilité d'être modeste ", dit-elle.
On m'a dit que si je chutais cela pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour moi, mais surtout pour les hommes, et ce serait de ma faute.

Elle était furieuse quand, après avoir demandé à ses parents la permission de passer des cours de maths et de GCSE en anglais, on lui a dit qu'elle devrait payer les examens elle-même, ce qui était impossible parce qu'elle n'était pas autorisée à travailler à l'époque.

J'étais seulement destinée à être une bonne épouse et une bonne porteuse d'enfants, mais j'ai vu comment ma mère se débattait dans cette vie, dit-elle. Nous étions si pauvres qu'elle faisait  son propre fromage et son propre yaourt. La nourriture était rationnée et j'avais souvent faim. Je ne voulais, en aucun cas que ma vie ressemble à la sienne.

Une telle pauvreté au sein des familles nombreuses, encouragée par les rabbins, était chose courante. La plupart dépendent des prestations gouvernementales pour survivre.

Le contraste entre les enseignements de leur foi et la réalité de la vie semblait pourtant évident.

On m'a enseigné qu'il y avait deux mondes, le notre, une enclave constituée de vrais disciples de Dieu, où nous étions en sécurité , que nous étions sur le vrai chemin , que nous étions spéciaux et l'autre monde, un monde mauvais celui des étrangers" dit-elle.

"Je ne comprenais pas pourquoi on était si pauvres. La secte était si isolée socialement qu'à l'âge de 17 ans, Miriam a été " éblouie " par son premier contact avec le monde réel alors qu'elle est allée travailler pour une entreprise juive locale. Là, pour la première fois, elle a rencontré d'autres Juifs, qui avaient une vie sociale, et qui faisait partie des deux mondes.

 

"J'avais une compréhension de l'amour romantique et  je redoutais les mariages arrangés"

C'est pourtant ce qui s'est produit lorsque, à 23 ans en 1995, un cousin a arrangé une rencontre avec Shlomo Kliers, un étudiant talmudique au chômage, d'Israël. Comme la plupart des hommes de la secte, on ne s'attendait pas à ce qu'il travaille avant le mariage.

Je n'étais pas attirée par lui, mais je me sentais seule, alors j'ai dit oui ", se rappelle Miriam. Il ne savait même pas lire l'anglais et en savait très peu sur le monde quand nous nous sommes rencontrés.

Après le mariage, il m'a dit que son père était endetté et qu'il ne m'avait épousé que parce que cela lui permettait de déménager à Londres.

Ils se sont installés dans un appartement loué à Stamford Hill, payé par les parents de Miriam.

Elle était enceinte de six mois et a eu trois enfants en trois ans. Elle était aussi le principal soutien de famille.

C'était difficile parce que je faisais des métiers différents, et mon mari contribuait peu aux dépenses du ménage. Quand je me suis plainte au rabbin, on m'a dit que c'était mon travail de le transformer en homme.

J'ai payé toutes les factures avec l'aide des prestations et j'ai pris soin des enfants. Je savais que je ne pouvais pas avoir un autre enfant si vite. et  j'ai dû aller voir le rabbin pour demander la permission de prendre un contraceptif.

En 2004, le couple a acheté la maison de Kyverdale Road pour 418 000 £, avec 103 800 £ des économies de Miriam, tandis que Shlomo a contribué 32 900 £.
Miriam a plus tard déclaré à la cour que l'argent était " déguisé " en don de charité - alors qu'il provenait de son salaire - pour éviter de payer des impôts.
La maison a été mise au nom du frère de Miriam pour que le couple puisse demander des allocations de logement.

Elle a déclaré au Tribunal qu'elle avait émis des " doutes " sur ce conseil, mais a accepté la fraud  en raison de " l'influence indue " d'un " organe patriarcal " qui, selon elle, comprenait ses proches parents, des dirigeants communautaires et des rabbins.

L'influence des rabbins était telle que Miriam devait aussi demander une permission spéciale pour utiliser Internet. Passionnée par l'apprentissage sans relâche, elle a commencé un diplôme en psychologie à l'Open University, dans l'espoir d'obtenir un emploi dans le domaine de la santé. Mais à mesure que son exposition au monde extérieur augmentait, l'hypocrisie de sa vie se révélait.

J'avais l'impression que ma vie était un mensonge, mais je ne pouvais pas partager mes pensées avec quelqu'un que je connaissais, parce que quand j'essayais de le faire, ils se mettaient en colère ", dit-elle. "J'avais du mal à vivre  dans un mariage sans amour"

Puis, en 2008, Miriam a rencontré Peter, qui est juif mais pas hassidique, alors qu'elle travaillait pour une organisation caritative locale. Pour la première fois, elle a compris ce que c'était  l'attirance sexuelle. C'était tellement bien d'avoir quelqu'un avec qui je pouvais partager mes pensées ", dit-elle. "Ce n'était pas une relation physique à l'époque, mais ça m'a poussé à faire des changements dans ma vie."

Miriam demanda plusieurs fois le divorce à Shlomo, mais il refusa - selon la loi juive, seul un homme peut divorcer d'une femme. Elle a pris la décision de fuir avec ses filles, âgées de 14 et 5 ans. Ce fût le début de l'enfer.

La communauté l'a radiée et a lancé contre elle une campagne d'intimidation de diffamation.

"Mes parents m'ont abandonnée" dit-elle. "Mon père a dit qu'il avait honte de moi et a dit à mes frères et sœurs de ne pas m'aider. Ma mère ne m'a plus adressé la parole tout comme mes fils Miriam a emménagé dans un appartement en location  et a essayé de s'accrocher à ses filles, mais toutes deux ont fini par retourner chez leur père , dans la communauté.

Pendant ce temps, Peter a trouvé ses pneus crevés et des logiciels espions ont été découverts sur l'ordinateur portable de Miriam. Le couple se sentait souvent suivi.

Miriam et Peter juifs et libres en UK

Miriam et Peter juifs et libres en UK

 

Ils ont également reçu la visite de la police à la suite d'accusations d'abus sexuels sur les filles - des affirmations qui n'ont abouti à rien. C'était un cauchemar ", dit-elle. "Même l'école, qui fait partie de la communauté, s'est faite complice, en disant aux services sociaux que je n'étais pas une bonne mère.
Tout le monde croyait qu'ils devaient me punir et harceler Peter parce qu'à leurs yeux j'avais péché".

La perte de ses enfants a été, sans aucun doute, la partie la plus difficile.

Cela me fait mal de ne pas les avoir dans ma vie " admet-elle. "J'ai tellement manqué de moments importants."

Miriam a obtenu son guet,  divorce juif, en 2013 et a porté plainte contre Shlomo et son frère il y a trois ans. Son mari vit toujours dans la maison avec les enfants.

La juge Rosen s'est prononcée en faveur de Miriam en avril, après avoir conclu que son frère n'avait pas réussi à prouver que la maison avait été achetée avec son propre argent.

 

Les propos du juge au sujet de la prolifération de la fraude ont été démentis par les dirigeants communautaires, qui les ont qualifiés d'offensants ".

Source Daily

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Vos réactions

  1. acarciente@hotmail.com'ariel

    Oui c’est tragique.comme cela il y en a des milliers.

    Vers 1990 aux usa une jeune fille  » marocaine  » une arabe juive comme on dit, au-pair, de la famille Tordjman de Bnei-Brak a faillie etre marie de force a un malade mental ultra-orthodoxe. Juste pour qu’il puisse lui aussi accom-plir la mitsva de pirya ve rivya.
    Devenue prisoniere, elle a quand meme obtenu d’aller chez le coiffeur pour  » le jour le plus beau de sa vie ». Nous avons appris cela a l’epoque car, ayant demande d’aller aux cabinets, elle a remarquee qu’elle pouvait s’enfuir par la fenetre. Un agent de police l’a mis en contact avec le consulat d’Israel qui l’a rappariee. Face un jour que cette prophetie: meharevayikh ou me haressayikh memekha yetseou = un jour viendra ou tous ceux de la nation d’Israel, qui te font du mal ou qui te detruise , de toi ils sortirons. Nous les vomirons. Bonne chance a Miriam.

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