Quel était l'objectif de ce vol avec un équipage composé de Gardiens de la Révolution?

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Quel était l'objectif de ce vol avec un équipage composé de Gardiens de la Révolution?

Argentine. Ce que l'on sait de l'avion cargo vénézuelien immobilisé

L'Argentine retient une vingtaine de membres d'équipage iraniens et vénézuéliens d'un avion cargo immobilisé depuis huit jours sur son sol, a annoncé la justice argentine mardi 14 juin 2022. Les autorités examinent d'éventuels liens des Iraniens avec les Gardiens de la révolution. Voici ce que l'on sait.

Des détails ont peu à peu émergé sur l'itinéraire de l'appareil ces dernières semaines en Amérique du Sud. L'Uruguay a notamment lui refusé l'accès à cet avion et son équipage.

De quel appareil s'agit-il ?

Le Boeing 747 appartient la compagnie Emtrasur, filiale de la compagnie aérienne publique vénézuélienne Conviasa, visée par des sanctions du Trésor Américain. D'après un porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, il avait été cédé au Venezuela il y a plus d'un an par Mahan Air.

Cette compagnie privée iranienne fait aussi l'objet de sanctions américaines. Washington l'accuse de soutien matériel à la Force Al-Qods, unité d'élite « opérations extérieures » des Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique. A ce titre elle figure sur la liste noire d'« organisations terroristes étrangères » des Etats-Unis.

Pourquoi l'Argentine mène-t-elle une enquête ?

Le 12 juin, soit une semaine après l'arrivée de l'appareil en Argentine, le ministre de la Sécurité Anibal Fernandez a révélé que « des informations ont été reçues d'organisations étrangères qui ont mis en garde sur l'appartenance d'une partie de l'équipage à des sociétés liées aux Gardiens de la révolution iraniens ».

En outre, selon le ministre, « ils avaient déclaré un équipage plus petit que celui qui a voyagé », à savoir 19 personnes, cinq Iraniens et 14 Vénézuéliens. Lesquels sont aujourd'hui retenus par la justice sur le territoire argentin, et leurs passeports consignés dans le cas des Iraniens, mais libres d'aller et venir, et logés dans un hôtel d'Ezeiza.

La justice avait aussi été saisie par la Délégation des associations israélites argentines (DAIA). L'entrée de ressortissants iraniens reste un point sensible, l'Argentine les considérant liés à l'attentat de 1994 contre l'Association mutuelle israélite argentine de Buenos Aires qui avait fait 85 morts, 300 blessés.

Quels sont les soupçons ?

La justice a validé l'immobilisation de l'avion au nom d'un « soupçon raisonnable que la raison invoquée pour entrer (en Argentine) pourrait ne pas être la vraie ».

Selon le ministre argentin Fernandez, la liste de l'équipage comprend un dénommé Gholamreza Ghasemi, « parent du ministre iranien de l'Intérieur, et son nom coïncide avec celui d'un membre des Gardiens de la Révolution et administrateur d'une société liée à Al-Qods ».

Selon M. Fernandez toutefois, aucun des membres d'équipage n'est l'objet d'une alerte rouge d'Interpol. Et Al-Qods ne figure pas en tant qu'organisation sur une liste noire argentine d'organisations liées au terrorisme, même si y apparaissent certains de ses membres à titre individuel.

Lors d'une perquisition à l'hôtel où séjourne l'équipage, 18 téléphones, 7 ordinateurs, 5 tablettes ont notamment été saisies, selon des sources migratoires, suggérant que les enquêteurs ont élargi leurs investigations.L'Iran a évoqué une « opération de propagande » contre Téhéran, dans un contexte de tension entre le pays et les Occidentaux sur le nucléaire.

Le Venezuela n'a pas réagi officiellement à ce stade au sort de ses 14 ressortissants.

L'appareil est arrivé le 6 juin 2022 en Argentine en provenance du Mexique, transportant des pièces automobiles destinées à une usine argentine. D'abord détourné sur Cordoba, dans le centre du pays, en raison du brouillard à Buenos Aires, il est depuis le 8 juin dernier immobilisé à l'aéroport Ezeiza de la capitale, après avoir tenté de se rendre en Uruguay, qui lui a refusé l'accès.

Auparavant, l'appareil, sans que l'on sache si c'était avec le même équipage, était passé par le Paraguay entre le 13 et 16 mai, a révélé Asuncion. Il y avait chargé une cargaison de cigarettes destinée à l'île néerlandaise d'Aruba, dans les Caraïbes.

Après son départ, le Paraguay a été informé que « l'avion était visé par des sanctions du Trésor américain, et que sept membres de son équipage étaient membres de la Force Qods », selon le ministre paraguayen de l'Intérieur, Federico Gonzalez. « Les autres services de renseignement de la région ont été prévenus, et en conséquence, l'Argentine et d'autres pays ont pris des mesures », a-t-il déclaré mardi.

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