Yahalom : la première femme officier des opérations de l'unité d'élite du génie combattant

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Yahalom : la première femme officier des opérations de l'unité d'élite du génie combattant

Une jeune major de 27 ans commande aujourd'hui les opérations de l'unité Yahalom, le génie de combat spécialisé de Tsahal, une première pour une femme dans ce poste.
Après avoir dirigé des raids contre les tunnels du Hezbollah au Liban et supervisé des interventions à Gaza, elle raconte un parcours qu'elle n'avait jamais anticipé et une équipe désormais largement féminine à la tête de l'unité.

Un engagement qui n'était pas destiné à durer

En août 2017, la major E., originaire de Holon, s'engage dans un cours de sous-officiers au sein de l'unité Magal. Rien, alors, ne laissait présager une carrière militaire longue. Cinq mois seulement après son incorporation, elle commande déjà une section de recrues. C'est là, dit-elle, qu'elle comprend que l'armée est sa place et qu'elle y trouve une véritable vocation.
Un an après son enrôlement, la décision est prise : elle restera.

S'ensuit un parcours classique de postes de commandement et d'état-major, complété par une licence universitaire. Elle choisit ensuite de revenir sur le terrain et devient officier d'entraînement au sein de Yahalom, l'unité du génie de combat dédiée aux missions spéciales.

Le 7 octobre a tout changé

Le 8 octobre 2023, la major E. devait quitter ses fonctions. La guerre qui éclate la veille bouleverse ses plans. Elle prolonge son service au sein de l'unité, puis devient instructrice pour les futurs combattants à la base d'entraînement Bahad 1.
À l'issue de cette mission, elle est nommée au poste qu'elle occupe aujourd'hui : officier des opérations de Yahalom, une fonction jamais occupée par une femme auparavant, ni dans son unité ni dans l'ensemble de Tsahal.

Selon elle, cette nomination s'inscrit dans une dynamique plus large d'intégration des femmes aux postes clés des unités combattantes. Ses deux dernières affectations, souligne-t-elle, sortaient des sentiers classiques de progression réservés aux femmes officiers : un poste d'officier des opérations traditionnellement masculin, et une fonction d'instructrice de combattants totalement inédite, où elle fut la première à ouvrir la filière et à superviser trois bataillons simultanément.

Un état-major devenu majoritairement féminin

Si la major E. incarne elle-même une avancée notable, l'état-major de l'unité qu'elle dirige s'est lui aussi largement féminisé. Elle décrit fièrement une équipe où l'officier des opérations spéciales, l'officier d'entraînement et son assistante sont toutes des femmes, aux côtés d'un officier de sécurité de l'information masculin. Pour elle, cette composition ne relève d'aucune discrimination positive : leur adéquation au poste, insiste-t-elle, repose uniquement sur leurs compétences.

Elle se souvient aussi de fonctions antérieures où elle était l'unique commandante en salle, parfois la seule femme présente lors de réunions stratégiques. Elle affirme n'avoir jamais accordé d'importance à cet isolement, préférant se concentrer sur ce qu'elle pouvait apporter concrètement à la table des discussions, plutôt que sur son environnement.

Des tensions de coordination sur le terrain

La major E. revient sur un incident révélé par Ynet, au cours duquel une opération menée par une équipe de combattantes de Yahalom avait été annulée faute d'accès à une base où servent des soldats de la brigade ultra-orthodoxe Hachmonaïm. Elle évoque un simple défaut de coordination, rapidement corrigé une fois le problème identifié, l'unité ayant su réagir vite pour reprogrammer l'activité et affiner les modalités pratiques.

Elle mentionne également un second épisode, où des combattantes de l'unité s'étaient vues refuser l'accès à un site à Gaza en raison de la présence d'étudiants de yeshiva sur les lieux. Elle reconnaît la complexité de la situation, estimant que certaines pratiques mettent du temps à s'ancrer dans l'institution militaire comme dans un environnement qui n'y est pas toujours habitué, mais que les choses finissent, selon elle, par s'arranger avec le temps.

Elle tient à saluer particulièrement les combattantes de l'unité, rappelant avoir été présente lors de l'arrivée du tout premier groupe pilote de femmes combattantes. Elle décrit des mécanismes de travail extrêmement rodés, un professionnalisme remarquable et une compétence hors norme, précisant que ce jugement ne tient pas à son appartenance à la même unité. Selon elle, lorsque la coordination est bien menée en amont, ce type d'incident ne devrait tout simplement pas se reproduire.

Deux opérations marquantes contre les tunnels du Hezbollah

Pour clore une année particulièrement intense, la major E. retient deux opérations. La première, révélée en avril dernier, concerne une vaste offensive de repérage, de destruction et de neutralisation de tunnels souterrains dans la région de Kantara, dans le sud du Liban. Les forces de la brigade 7, épaulées par les combattants de Yahalom, ont mené des raids ciblés contre un réseau de tunnels du Hezbollah s'étendant sur près de deux kilomètres. Elle décrit une opération d'une ampleur exceptionnelle, à laquelle l'unité s'est consacrée intensément, ses combattants ayant introduit des charges explosives sur le tracé du tunnel pour détruire un réseau représentant un atout stratégique majeur pour l'ennemi.

Le second épisode, dévoilé deux mois plus tard, concerne la destruction d'un tracé souterrain dans la zone du village de Majdal Zoun. Le porte-parole de Tsahal avait alors indiqué que les résultats de l'opération révélaient un village fortifié et truffé d'infrastructures terroristes, avec, outre le tunnel principal détruit, deux tracés supplémentaires neutralisés dans la foulée. La major E. qualifie cet épisode d'événement hautement significatif, illustrant l'ensemble des capacités que l'unité est en mesure de mobiliser pour obtenir des résultats de destruction précis et de haute qualité contre des infrastructures critiques. C'est là, selon elle, ce qui définit véritablement la marque de fabrique de Yahalom.

Une conviction affirmée

Pour la major E., sa nomination dépasse sa propre trajectoire personnelle. Elle y voit un message adressé à l'ensemble de l'institution militaire et aux femmes qui y servent : la capacité à occuper des postes stratégiques ne dépend pas du genre, mais bien des compétences et de ce que chacune est en mesure d'apporter concrètement.

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