Thomas Portes signale un ex-commandant de Tsahal pour "génocide" : son nom enfin révélé

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Un ex-commandant de Tsahal visé par un signalement pour "génocide", son nom enfin révélé

Roundnet à Paris : quand un tournoi sportif devient le terrain d’une offensive judiciaire contre un Israélien

Elitzur Gitler, ancien commandant de Tsahal, participait aux championnats du monde de roundnet à Paris. Il est désormais présenté comme un « génocidaire » sur la base d’un signalement porté par Thomas Portes et d’un dossier constitué par des organisations ouvertement engagées contre Israël. À ce stade, aucune condamnation, aucune décision de justice et aucune instruction judiciaire n’établissent sa responsabilité personnelle dans les crimes qui lui sont imputés.

Il s’appelle Elitzur Gitler. Ancien commandant de peloton au sein de la compagnie Lahav du 9ᵉ bataillon blindé de la 401ᵉ brigade de Tsahal, il était en France début septembre pour une raison qui n’avait rien de militaire : participer aux Championnats du monde de roundnet 2026, organisés à Paris du 2 au 6 septembre. C’est précisément sa présence en France qui a déclenché une offensive judiciaire.

Le député LFI Thomas Portes a effectué un signalement au procureur de la République au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, reprenant les accusations formulées par la Hind Rajab Foundation, en collaboration avec Urgence Palestine.

La fondation affirme que Gitler serait impliqué dans plusieurs opérations menées à Gaza entre novembre 2023 et avril 2024 et lui attribue des faits qualifiés de torture, crimes de guerre et génocide.

Mais une accusation n’est pas une condamnation.

Et c’est précisément là que cette affaire mérite d’être regardée de près.

Un Israélien identifié, exposé, puis signalé

Le média israélien qui a initialement rapporté l’affaire n’avait pas publié son identité. La Hind Rajab Foundation, elle, a choisi de le nommer publiquement, de diffuser sa photographie et de détailler son parcours militaire. Sa propre publication du 3 septembre reconnaît que son enquête a été déclenchée après une information transmise par la FRACBI, organisation française engagée dans le boycott académique, culturel et sportif d’Israël.

Le mécanisme est donc clairement identifiable : repérage → identification → constitution d’un dossier militant → signalement aux autorités → médiatisation.

Ce n’est pas une enquête judiciaire française qui aurait découvert Elitzur Gitler. C’est une organisation militante qui l’a repéré en France et qui a ensuite transmis ses accusations à un député français. La différence est fondamentale.

De l’enquête militante à l’accusation de « génocide »

La Hind Rajab Foundation affirme avoir identifié des militaires israéliens à partir de sources ouvertes et utiliser ces informations pour déposer des plaintes dans différents pays. La fondation ne dissimule pas son objectif : elle présente elle-même ses actions comme une offensive judiciaire destinée à poursuivre les personnes qu’elle considère responsables de crimes internationaux.

Cela ne signifie pas que toute accusation est nécessairement fausse. Cela signifie qu’une enquête militante ne saurait, à elle seule, transformer un militaire israélien en criminel condamné.

Dans le cas Gitler, les accusations portent notamment sur quatre épisodes auxquels son unité aurait été associée : l’hôpital pédiatrique Rantisi à Gaza, la place de Bani Suheila, des bâtiments de Hamad City ainsi que la mosquée Hassan al-Banna et l’école Tiberias.

Mais le point essentiel demeure : aucun tribunal n’a établi qu’Elitzur Gitler a personnellement commis ces crimes.

Être commandant de peloton d’une unité engagée dans une opération militaire ne constitue pas, en soi, la preuve d’une responsabilité pénale individuelle. La responsabilité d’un militaire doit être démontrée. Elle ne se déduit pas automatiquement de son grade, de son unité ou de sa présence dans une zone de combat.

Thomas Portes : le politique s’empare du dossier

C’est ensuite qu’intervient Thomas Portes. Le député LFI ne s’est pas contenté de commenter l’affaire : il a saisi le parquet français au titre de l’article 40.

Il faut toutefois rappeler ce que signifie concrètement cette démarche : un signalement au titre de l’article 40 n’est pas une condamnation et ne vaut pas ouverture automatique d’un procès.

Le parquet doit apprécier les éléments qui lui sont transmis.

Autrement dit, le simple fait qu’un député saisisse le procureur ne transforme pas les accusations de la Hind Rajab Foundation en vérités judiciairement établies.

C’est précisément cette confusion entre signalement, accusation et culpabilité qui pose problème.

Une stratégie qui vise les Israéliens jusque dans leurs voyages

L’affaire Gitler s’inscrit dans une stratégie plus large. La Hind Rajab Foundation a multiplié les procédures visant des militaires israéliens voyageant à l’étranger. Des plaintes ont notamment été déposées dans différents pays à partir d’images publiées sur les réseaux sociaux ou de renseignements en sources ouvertes, sans que ces procédures aient, pour l’essentiel, débouché sur des condamnations.

Le phénomène n’est donc pas nouveau.

Un Israélien ayant servi à Gaza peut aujourd’hui se retrouver identifié à l’étranger, photographié, dénoncé aux autorités puis présenté publiquement comme suspect de crimes internationaux.

Et cela peut arriver alors même qu’il voyage pour une raison parfaitement ordinaire : tourisme, études, compétition sportive ou visite familiale.

C’est une nouvelle forme de pression judiciaire transnationale qui vise prioritairement des ressortissants israéliens.

Le problème n’est pas de demander des comptes. C’est de les demander sans sauter l’étape de la preuve.

Israël n’est pas au-dessus du droit. Comme n’importe quelle armée au monde, Tsahal peut et doit répondre d’éventuelles violations du droit international lorsque celles-ci sont établies.

Mais précisément pour cette raison, la règle doit être la même pour tous : des faits, des preuves, une enquête contradictoire, un juge et une décision.

Pas une photographie trouvée sur les réseaux sociaux. Pas l’appartenance à une unité. Pas le grade. Pas une accusation relayée par une organisation militante.

Et surtout pas l’amalgame entre « appartenir à Tsahal » et « être personnellement responsable d’un crime de guerre ».

La présomption d’innocence n’est pas optionnelle

Dans cette affaire, Elitzur Gitler n’a pas été condamné. Il n’est pas présenté par une juridiction française comme coupable de génocide.

Il fait l’objet d’un signalement, fondé sur des accusations portées par la Hind Rajab Foundation et Urgence Palestine et relayées par Thomas Portes. La fondation demande désormais l’ouverture d’une enquête française.

Cette nuance n’est pas secondaire. Elle est le cœur de l’affaire.

Car employer publiquement le vocabulaire de « génocide » avant qu’une responsabilité pénale individuelle soit établie revient à faire subir à un homme une condamnation médiatique avant même qu’un juge ait examiné son dossier.

Et c’est bien là que se situe le véritable enjeu

Qu’un procureur français examine un signalement ? C’est son rôle. Qu’une organisation transmette des éléments à la justice ? C’est son droit.

Mais qu’un militant politique et des organisations engagées contre Israël puissent transformer, en quelques heures, un participant à une compétition sportive en « génocidaire », alors qu’aucune juridiction n’a établi sa responsabilité personnelle, pose une question autrement plus grave :

où s’arrête l’enquête judiciaire et où commence le tribunal médiatique ?

Elitzur Gitler était venu à Paris pour jouer au roundnet. Il s’est retrouvé au centre d’une campagne judiciaire et médiatique internationale.

Et derrière son cas se dessine une question qui concerne désormais potentiellement des milliers d’Israéliens ayant servi dans leur armée :

peut-on encore voyager à l’étranger sans que son passé militaire soit transformé, sur la base d’accusations militantes, en présomption de culpabilité ?

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