Pourquoi la présence juive en France depuis l'Antiquité est passée sous silence ?

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La présence juive de l’Antiquité à la fin du Moyen Age est absente du récit national

Pour Paul Salmona, directeur du Musée d’art et d’histoire du judaïsme, ni les étudiants en archéologie ni leurs professeurs ne sont formés à l’histoire des juifs en France et aux spécificités des sites archéologiques du judaïsme.

Paul Salmona, directeur du Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris, a organisé en novembre une table ronde sur l’archéologie du judaïsme en France qui a réuni une vingtaine de scientifiques et responsables du patrimoine.

Où en est cette spécialité ?

Elle reste, en France, confidentielle. Elle devrait pourtant s’imposer, légitimement, comme l’un des axes de recherche en archéologie.

La présence juive en France s’étend sur deux mille ans, elle a laissé un semis de traces dans pratiquement toutes nos régions. Le plus ancien vestige est une lampe à huile ornée de deux chandeliers à sept branches, mise au jour près de Cavaillon (Vaucluse), ­datée du Ier siècle avant notre ère.

D’autres objets, trouvés à Avignon, à ­Bagnols-sur-Cèze (Gard), à Bordeaux et dans la Charente, ­témoignent d’une présence juive dans la Gaule romanisée.

A l’autre extrémité de ce spectre temporel, il y a les graffitis d’internés, tracés avant leur déportation, découverts en 2009 lors de la réfection des immeubles de la cité de la Muette à Drancy.

Le sort des juifs aux XIXe et XXe siècles est connu. Ce qui est largement ignoré, c’est l’importance de la présence juive en France au Moyen Age.

En témoigne pourtant la toponymie, avec ses innombrables rues « aux Juifs » et « de la Juiverie ». Et les cadastres qui conservent des mentions disparues, plus nombreuses encore : « pont au Juif », « puits au Juif », etc.

Enfin, l’archéologie a révélé, ces trois dernières décennies, un patrimoine médiéval diversifié : des bains ­rituels dans le Vaucluse et la Drôme ; des cimetières – à Châteauroux (Indre), à Ennezat près de Clermont-Ferrand, à Châlons-en-Champagne (Marne) ; une école talmudique à Orléans (Loiret) ; et de rares synagogues notamment celle Lunel une des plus anciennes synagogues de France.

Ces reliques qui émergent réécrivent l'histoire oubliée des Juifs de France,leur identité, sans conteste,  fait partie du patrimoine culturel du pays.

Et les affres de la seconde guerre mondiale, la persécution des Juifs de France, donne une acuité encore plus particulière à ce reliques comme un message indélébile qui semble dire , malgré tout nous avons fait parie de l'histoire de France.

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