Poetesse juive : Ariane Dreyfus et les extases

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Ariane Dreyfus et les extases

Ariane Dreyfus et les extases

Ariane Dreyfus, "Nous nous attendons précédé de Iris, c’est votre bleu", Éditions Gallimard, Collection Poésie Gallimard, 2023, 272 pages, 9.10 €.

Il existe dans ces deux recueils une force érotique intense. Dans un renversement des visions classiques, c'est le mâle qui devient lys : "Cet homme qui reste près de moi et sa fleur qui se dresse" symbolisent la beauté, le force et la fragilité de l’incarnation comme du lien dans le temps.

Avec "Iris" c'est le "je" de l'auteure qui s'adresse directement à l'amant avant de devenir dans le second recueil plus large mais avec les mêmes accents contrecarrés néanmoins par la folie meurtrière de ceux qui outragent les femmes et la nature (au Rwanda, en Iran, en Afghanistan ou ailleurs) .

Ces deux textes deviennent des livres majeurs. Ils s'inscrivent contre un certain basculement du monde vers le néant. Croyante en l'être comme en la nature, la poétesse ose encore s'accrocher à leur herbe pour continuer à savourer ce qui fait l'extase de la vie : la volupté du désir et les "fruits" qu'elle donne au couple.

Avec le temps celui-ci glisse dans la douceur sans rien perdre de son émerveillement premier. Il est nourri aussi ici le lien avec la peinture :  celle de Valérie Linder et surtout de Gérard Schlosser qui est couronné en sous-titre de "Nous nous entendons".

Jean-Paul Gavard-Perret

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