Paracha de la semaine : PINHAS Place de la femme juive

Actualités, Alyah Story, Culture, Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
paracha pinhas, le rôle de la femme dans le judaïsme par Claude Layani

PINHAS: La place de la femme juive

La sidra Pinhas débute par l'éloge de celui qui lui a donné son nom. L'action énergique de Pinhas, sa volonté d'extirper le mal du sein de la Communauté par les moyens qu'il jugeait adéquats, lui ont valu l'alliance divine et la promesse du sacerdoce permanent.

Notre lecture biblique, sans doute pour l'honorer, porte le nom de Pinhas. Pinhas fils d'Eleazar, petit-fils d'Aaron occupait pourtant, selon la Tradition, un rang effacé. Il acquiert la célébrité à un moment particulièrement dramatique de l'histoire des Hébreux.

Il est intéressant de noter que cette promesse a été tenue - sauf une courte interruption à l'époque d'Elie, le maître de Samuel. Les rabbins disent que "Pinhas, c'est le prophète Elie". Cela signifie que Pinhas était déjà animé de l'esprit d'Elie: l'esprit pieux et héroïque qui a soutenu Israël à travers les âges et qui aujourd'hui encore - aujourd'hui plus que jamais - doit nous fortifier dans notre action contre le mal pour le bien.

Mais la sidra est intéressante à bien d'autres titres. C'est ainsi qu'elle nous parle, notamment , de la requête présentée à Moïse par les filles de Zelof'had, de la descendance de Manassé, fils de Joseph. Moïse n'hésita pas à soumettre leur requête à D.ieu, et les filles de Zelof'had obtinrent gain de cause: le droit successoral fut modifié en leur faveur. C'était là, sans aucun doute, la première reconnaissance officielle des droits de la femme en tant que membre de la communauté.

Par-delà la relation haute en couleurs des événements qui affectèrent la vie de nos ancêtres dans le désert, il est intéressant encore de lire comment, à travers les générations d'Israël, les maîtres de la Synagogue les ont interprétés: n'est-ce pas eux qui, par leur enseignement vivant ont forgé le caractère particulier de la société juive ? On ne sera pas étonné d'apprendre qu'ils ont condamné la débauche sexuelle et justifié l'intervention du zélote Pinhas, même si certains s'interrogent sur la légitimité de son geste. On sait aussi que nos Sages ne considèrent pas la joie de l'union de l'homme et de la femme avec la prévention d'autres traditions religieuses et que la notion de "péché originel", rattaché à l'accouplement d'Adam et Eve, est étrangère à la tradition juive. Ils règlementent certes rigoureusement la vie du couple, au nom du grand principe mis dans la bouche des nations: "Leur D.ieu hait l'immoralité (Sanh.93a).

La situation de la femme dans la relation du couple ayant été évoquée sur un plan égal à celle de l'homme, l'Ecriture analyse son sort du point de vue social. Certes, l'épisode des filles de Zelof'had doit se lire dans le cadre de l'ensemble des lois concernant le partage prochain de Canaan et la législation des héritages. Les cinq malheureuses soeurs sans patrimoine - suffragettes avant la lettres - en appellent, par-dessus la tête des instances régulières, à l'autorité suprême. Elles savent bien qu'en ce qui concerne l'édification de la société, les fils priment. Ben "le fils" n'est-il pas de la même racine hébraïque que Boné, "le constructeur". Ce fait s'exprime dans la législation de la famille , comme pour la répartition des terres et leur héritage - sur notre verset..."il l'héritera", le rachat du parent tombé au service d'autrui , toute cette jurisprudence a peut-être pour but d'éviter la parcellisation de la propriété. Mais l'épisode des filles Zelof'had en est l'éloquente illustration, les exceptions étudiées en tant que cas d'espèce sont prévues et les maîtres, en chaque génération d'Israël, ont tout pouvoir de décision avec la même autorité que Moïse légiférant dans les plaines de Moab.Si la rigueur de la loi semble dans la société désavantager la femme, les maîtres de la Synagogue soulignent qu'en ce qui concerne les liens du coeur c'est bien souvent le contraire qui est vrai..

C'est un fait qui nous permet - avec bien des motifs supplémentaires - de refuter la thèse mal intentionnée de ceux qui prétendent que la femme israélite n'occupait au temps biblique qu'un rang inférieur.

Mais le précédent constitué par la promotion des filles Zelof'had, doit également nous faire réfléchir aijourd'hui encore sur la nécessité de conférer à la femme juive les droits qui sont les siens. La femme juive a toujours rempli ses devoirs. Il faut, en vertu d'un corollaire que tout justifie, la mettre à même d'excercer aussi ses droits: dans les foyers, dans les oeuvres, dans l'enseignement et dans la communauté

CLAUDE LAYANI

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi