L’Italie défile pour le Hamas : quand la mémoire du fascisme s’habille en keffieh

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L’Italie défile pour le Hamas : quand la mémoire du fascisme s’habille en keffieh

« Comme si on m’avait planté un couteau dans le ventre » — les Israéliens en Italie redoutent l’onde de choc des manifestations

Des dizaines de milliers d’Italiens ont investi les rues pour protester contre Israël. En réaction, des citoyens israéliens présents à Rome témoignent d’un climat d’inconfort et de tension. « Ce n’était pas agréable de dire qu’on venait d’Israël — comme si, à cause de nous, on avait bousillé leur vie », confie l’un d’eux. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a dénoncé les violences, mais cela ne suffit pas à rassurer ceux qui vivent sur place.

Une mobilisation massive

Lundi dernier, d’immenses manifestations ont éclaté dans toute l’Italie, regroupant syndicats, étudiants et citoyens. Le pays a connu une journée de grève générale : les transports, les universités et les services publics ont été perturbés. 

À Milan, certains manifestants ont saccagé du matériel urbain, incendié des installations et provoqué des affrontements avec les forces de l’ordre. Mme Meloni, sur Twitter, a condamné ces scènes : « Ce ne sont pas des actes de solidarité, c’est du vandalisme », a-t-elle écrit, jugeant que les habitants italiens en feraient les frais. 

À Rome, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées autour de la gare centrale, brandissant des drapeaux palestiniens, des autocollants hostiles à Israël et scandant des slogans contre les gouvernements israélien et italien. 

Vécu israélien : malaise et peur

Yoav, un Israélien venu à Rome pour le Nouvel An juif avec sa famille, raconte :

« Nous avons vu des milliers de manifestants déterminés. Ce n’était pas agréable. Le secteur autour de la gare était bouclé, les forces de l’ordre massives — on était perdus. On avait réservé une voiture à l’avance, mais honnêtement, ce n’était pas confortable de dire qu’on venait d’Israël. » 

Globalement, en dehors de cette journée de grève, le centre touristique de Rome restait relativement calme. Aucun événement clairement antisémite ou ouvertement anti‑israélien n’a été signalé selon les témoignages recueillis. 

Le regard de ceux qui vivent là

Michal Milrad, chef pâtissière israélienne installée à Rome depuis neuf ans et animatrice de circuits culinaires, décrit sa nausée :

« Dès qu’on a annoncé la grève en signe de protestation contre Gaza, j’ai eu cette douleur au ventre, comme si on m’avait planté un couteau dans le flanc. » 

Elle déplore une bascule : une Italie longtemps perçue comme alliée semble basculer dans l’hostilité. Des personnes auparavant favorables à Israël changent de ton, affirment qu’un slogan pro‑Palestine est désormais « à la mode ». Pour Michal, ce retournement est en partie dû au rôle des réseaux sociaux et au besoin pour beaucoup de « faire comme les autres ». 

Elle raconte aussi qu’on lui demande souvent si c’est « sûr » en Italie, si on peut parler hébreu librement. Sa réponse : la plupart des manifestants ignorent absolument où se trouve Gaza, ne maîtrisent rien de l’histoire, et ne savent pas distinguer l’hébreu d’autres langues. 

Selon elle :

« Ceux qui crient ‘libérez la Palestine’ devraient d’abord comprendre qu’on doit libérer la Palestine de Hamas. Ensuite seulement il y aura matière à débattre. » 

 

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