Lire la pensée des autres est dans la nature humaine

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Lire dans la pensée des autres est humain et fait partie des fonctions de notre cerveau

La théorie de l’esprit

Lire les penseés des autres, ce n’est pas une faculté paranormale: c’est ce que nous faisons sans arrêt, depuis tout petit.
Notre cerveau sait faire cela, car il possède ce qu’on appelle la «théorie de l’esprit».
Chacun de nous «théorise», très jeune, que les autres êtres humains sont dotés d’un esprit, et que celui-ci fonctionne de la même manière que celui qu’on sent à l’œuvre à l’intérieur de soi. Cela permet de faire des théories sur l’esprit des autres, cueillant des indices et les tricotant ensemble pour imaginer ce que nos semblables ressentent, ce qu’ils cogitent, ce qu’ils mijotent.

C'est entre autre pour cette raison que nous sommes également addict à la narration, on adore se raconter des histoires.
Si nous sommes à ce point épris de narration, c’est parce que notre compréhension du monde et de nous-mêmes est fabriquée par un système cérébral qui nous raconte des histoires en permanence.

Le neuroscientifique Michael Gazzaniga, qui l’étudie et le décrit depuis une quarantaine d’années, l’appelle «l’interprète»: un mécanisme qui «élabore une narration à partir de nos actions et nous donne l’impression d’avoir un esprit unifié», écrit-il dans son dernier livre, Tales from Both Sides of the Brain. A Life in Neuroscience (Ecco/Harper Collins, 2015).

Les histoires que nous raconte l’interprète sont-elles vraies?
L’interprète lui-même, si l’on ose dire, s’en fiche: il suffit pour lui qu’elles aient un minimum de cohérence. «Il utilise ce qu’il a sous la main et improvise le reste. La première explication qui semble faire du sens fera l’affaire», écrit Gazzaniga. La vitesse prime donc sur l’exactitude..

«La théorie de l’esprit est un ensemble d’adaptations cognitives qui nous permettent de naviguer dans notre monde social. Membres d’une espèce intensément sociale, nous lisons donc de la fiction parce qu’elle mobilise notre théorie de l’esprit d’une façon particulièrement intense. Nous lisons des romans parce qu’ils font travailler notre théorie de l’esprit», écrit la narratologue Lisa Zunshine dans Why We Read Fiction.

Theory of Mind and the Novel (Ohio State University Press, 2006). Ancré dans notre nature, massivement amplifié par la culture, notre penchant pour le récit semble ainsi avoir été sélectionné par l’évolution parce qu’il entretient et développe notre capacité fondamentale de lire autrui.

La «théorie de l’esprit» est un phénomène inné, elle est inscrite dans l’équipement de base de notre cerveau. Puissamment «culturogène», elle donne lieu à de gigantesques quantités de culture. Cette dernière devient une partie prépondérante de l’environnement qui influence à son tour notre évolution: nature et culture sont ainsi prises dans ce qu’on appelle désormais «coévolution».

D'aprés article du Temps.ch

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