Liban: l'opposition manifeste pour faire chuter le gouvernement

Actualités - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
         Liban: l'opposition manifeste pour faire chuter le gouvernement

BEYROUTH - Menée par le Hezbollah chiite, l'opposition libanaise s'apprête à manifester vendredi pour faire chuter le gouvernement de Fouad Siniora, soutenu par l'Occident, nouvelle étape d'une dangereuse escalade qui a creusé ces dernières semaines la fracture entre camps pro et anti-syrien.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a appelé les Libanais à "participer massivement" à une manifestation "pacifique" vendredi à 15H00 (13H00 GMT) et à un sit-in illimité dans le centre de Beyrouth, pour obtenir la formation d'un gouvernement d'union nationale, préalable à des élections législatives anticipées.

Dans la soirée, le Premier ministre Fouad Siniora a affirmé dans une allocution télévisée que son gouvernement "ne cèdera pas" face aux tentatives de rétablir une "tutelle" étrangère sur le Liban. "Votre gouvernement est celui de la deuxième indépendance du Liban qui défend vos libertés" au moment où la "démocratie est menacée" par le retour de la "tutelle" sur le pays, a-t-il dit en allusion aux trois décennies de présence militaire syrienne au Liban (1976-2005).

Un ministre membre de la majorité anti-syrienne, Marwan Hamadé, avait expliqué plus tôt que le choix pour le Liban est désormais "entre la démocratie et l'autocratie religieuse", référence à la fracture qui divise la majorité anti-syrienne, soutenue par les Occidentaux, et l'opposition pro-syrienne. Depuis plusieurs semaines, le puissant Hezbollah, soutenu par la Syrie et l'Iran, réclame pour lui et ses alliés chrétiens une place accrue au sein du gouvernement, dont cinq ministres chiites et un sixième pro-syrien ont claqué la porte à la mi-novembre. Les tensions se sont aggravées entre majorité et opposition depuis l'assassinat le 21 novembre du ministre chrétien Pierre Gemayel.

Catalyseur de cette fracture, le projet de tribunal international qui serait chargé de juger les assassins de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, tué le 14 février 2005 à Beyrouth. Des responsables syriens et libanais ont été mis en cause dans cet attentat. Damas a toujours protesté de son innocence. La majorité, qui soupçonne la Syrie de vouloir rétablir son influence au Liban, avait transformé les obsèques de Pierre Gemayel en un gigantesque rassemblement contre le régime de Damas. Consciente des risques de débordements qui pourraient nuire à ses intérêts, l'opposition a insisté sur le caractère "pacifique" que devaient prendre les manifestations. "Nous appelons tous les Libanais, de toutes les régions et de tous les courants politiques, à participer à la manifestation populaire, pacifique et civilisée de vendredi", a déclaré Hassan Nasrallah.

Son allié le général Michel Aoun, chef de l'opposition chrétienne, avait lancé mercredi un appel dans le même sens. Au même moment, le commandant-en-chef de l'armée, le général Michel Sleimane, demandait à ses hommes de se "tenir prêts" pour faire face à tout débordement. Le Hezbollah, qui domine le sud du pays, peuplé majoritairement de chiites, a construit sa popularité depuis les années 80 sur l'antagonisme avec l'occupant israélien. Représenté par deux ministres sur 24 dans le gouvernement formé en 2005, dominé par les anti-syriens, il entend aujourd'hui gagner en influence politique, en point d'orgue de la "victoire" qu'il avait proclamée après l'offensive menée cet été par l'Etat hébreu contre ses combattants.

La majorité anti-syrienne a elle demandé mercredi aux Libanais de se tenir "absolument prêts pour s'opposer au putsch fomenté par la Syrie". Depuis les démissions des ministres, le camp pro-syrien ne reconnaît plus la légitimité du gouvernement, où n'est plus représentée que la majorité anti-syrienne, une coalition de sunnites, druzes et chrétiens. Mais la communauté chiite, un tiers des habitants du Liban, ne participe plus à la coalition alors que le Pacte national, fondement de la vie politique libanaise, prévoit la coexistence entre communautés.

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi