L'HEURE ZÉRO — LE COUP D'ÉTAT DU HEZBOLLAH AVORTÉ PAR ISRAËL

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L'HEURE ZÉRO — LE COUP D'ÉTAT DU HEZBOLLAH AVORTÉ PAR ISRAËL

LIBAN : LE COUP D'ÉTAT QUI N'A PAS EU LIEU La frappe israélienne du 8 avril, une opération préventive contre un putsch planifié par le Hezbollah

Le 8 avril 2026, pendant que le monde regardait les images de Beyrouth en flammes et s'indignait des frappes israéliennes, une autre réalité se jouait dans l'ombre.
Quelques heures avant l'opération israélienne, le Hezbollah, dos au mur après la mort de Khamenei et l'effondrement de son parrain iranien, avait fixé son « heure zéro » : prendre le Grand Sérail, renverser le président Joseph Aoun, s'emparer du Liban entier.
Un coup d'État télécommandé depuis Téhéran, dans la plus pure tradition des mollahs. Israël l'a su. Israël a frappé.

Et pendant que les plateaux télévisés comptaient les morts en accusant l'État hébreu, personne ne posait la seule question qui vaille : sans ces cent frappes en dix minutes, qui gouvernerait Beyrouth ce soir ?

Beyrouth, le 9 avril 2026.

Derrière le fracas des bombes, il y a toujours une autre histoire. Celle que les plateaux télévisés ne racontent pas. Celle que Macron ne prononce pas. Celle que l'extrême gauche anti-israélienne ne veut surtout pas entendre.

Le 8 avril 2026, quelques heures seulement après l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran, Tsahal lançait sa plus grande frappe coordonnée de toute la guerre en cours, frappant plus de 100 cibles du Hezbollah en l'espace de dix minutes à Beyrouth, au Sud-Liban et dans la vallée de la Bekaa. Le bilan provisoire, selon la défense civile libanaise, s'est élevé à 254 morts et 1 165 blessés. 

Devant ces images, le réflexe de la presse internationale a été immédiat : Israël bombarde des civils. Israël défie la trêve. Israël est seul contre le monde. Fin de l'histoire.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

L'heure zéro

Selon des sources libanaises et un rapport de la Chaîne I24 israélienne, le Hezbollah planifiait un coup d'État militaire au Liban qui aurait été contrecarré par les frappes israéliennes.
Le plan, impliquant le Hezbollah, le mouvement Amal et des groupes alliés, visait à s'emparer des institutions gouvernementales clés, dont le Grand Sérail, et à renverser le gouvernement libanais, dans une opération rappelant les événements du 7 mai 2008.

Le projet consistait à prendre le contrôle total du pays, puis à entrer en négociation directe avec les États-Unis, via une délégation conduite par Naïm Qassem et Nabih Berri, en contournant totalement Israël. 

Des mises en garde sur un coup d'État potentiel circulaient au sein des cercles officiels libanais, dont le palais présidentiel de Baabda, depuis environ une semaine.

Le timing n'est pas anodin. C'est le Hezbollah qui a entraîné le Liban dans cette guerre régionale, le 2 mars, en lançant des missiles et des drones sur Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne.  Depuis lors, le mouvement pro-iranien, affaibli, cherchait à renverser la table.

Le projet des mollahs

Pour comprendre ce qui s'est joué le 8 avril, il faut remonter à la logique de fond.
Depuis des décennies, l'Iran finance, arme et pilote le Hezbollah comme un instrument de projection régionale.
En 2007, Naïm Qassem lui-même déclarait dans un entretien que les attentats suicides, les attaques terroristes et les tirs d'artillerie contre Israël devaient tous être approuvés au préalable par des responsables iraniens. Le Hezbollah n'est pas un mouvement de résistance populaire. C'est un bras armé de Téhéran, ancré dans le tissu libanais.

C'est dans ce contexte que le Liban est devenu un front dans la guerre américano-israélienne contre l'Iran.  Avec l'affaiblissement du régime des mollahs, une fenêtre s'est ouverte pour le Hezbollah : celle de prendre le pouvoir à Beyrouth avant que les conditions ne deviennent encore moins favorables. Un pari désespéré, mais cohérent avec la logique d'un mouvement qui, dos au mur, joue son va-tout.

Le gouvernement libanais, qui en août 2025 avait approuvé un plan pour désarmer le Hezbollah, avait immédiatement déclaré les activités militaires du groupe « illégales » et le Premier ministre Nawaf Salam avait qualifié l'entrée en guerre du mouvement de « faute stratégique ».
Reuters a rapporté que le président du Parlement Nabih Berri, allié de longue date du Hezbollah, avait lui-même été surpris par la décision du groupe après avoir reçu des assurances que celui-ci ne riposterait pas contre Israël pour ses attaques sur l'Iran. 

Berri se désolidarise

Cet élément est capital. Selon des sources proches du dossier, Berri cherchait à empêcher que le Hezbollah soit perçu comme ayant tiré le premier, pour éviter de donner à Israël un prétexte de légitime défense. En clair : même l'allié historique du Hezbollah au sein du duo chiite libanais n'était pas dans la confidence du coup de force envisagé.

En séance d'urgence, le gouvernement libanais est allé bien au-delà de son habituel langage de retenue : le Premier ministre Nawaf Salam a annoncé une interdiction totale des activités militaires et sécuritaires du Hezbollah et exigé que le groupe remette ses armes, affirmant que les décisions de guerre et de paix appartiennent exclusivement à l'État.

L'opération « Eternal Darkness »

L'armée israélienne a baptisé la vague de frappes du 8 avril du nom de code « Eternal Darkness ». Des responsables militaires ont précisé à des journalistes que cette opération avait été planifiée plusieurs semaines auparavant, et qu'elle avait été menée après que diverses « conditions opérationnelles » ont été jugées optimales.

Ce n'était pas une réaction impulsive à la trêve irano-américaine. C'était le fruit d'une intelligence patiente et d'une décision mûrement réfléchie.

Les raids ont ciblé des centres de renseignement, des infrastructures liées aux systèmes de tir et aux capacités navales du Hezbollah, ainsi que des positions de la Force Radwan et de l'unité aérienne 127, considérées comme des unités d'élite.

L'IDF a également annoncé l'élimination d'Ali Yusuf Harshi, neveu et secrétaire personnel de Naïm Qassem, qui jouait un rôle central dans la gestion et la sécurisation du bureau du chef du Hezbollah.

Pourquoi Israël tuerait-il des civils ?

La question mérite d'être posée froidement, sans idéologie. L'armée israélienne a lancé des avertissements d'évacuation à l'attention des civils libanais avant les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth et des zones du Sud-Liban. L'armée israélienne a également accusé le Hezbollah d'utiliser des civils comme boucliers humains. 

Au Liban, une large partie de la population partage le sentiment que ce pays n'a rien à gagner et tout à perdre de cette guerre.La colère n'est pas dirigée contre Israël. Elle l'est contre le Hezbollah, qui a décidé de se battre au nom de l'Iran sans consulter personne.

Même parmi les partisans du Hezbollah, la consternation grandit, même si peu osent l'exprimer ouvertement.  Un habitant déplacé résume ce que beaucoup pensent tout bas : sa famille ne peut pas supporter un nouveau déplacement. Deux fois, c'est trop.

Une responsabilité qui ne se partage pas

La mort au Liban a un nom. Ce n'est pas Israël. C'est le Hezbollah, qui depuis quarante ans prive le Liban de sa souveraineté, de sa stabilité et de son avenir. Depuis sa création, la destruction de l'État d'Israël figure parmi les principaux objectifs du mouvement. Ce n'est pas une posture de négociation. C'est un dogme fondateur.

Avant la dernière guerre avec Israël, le Hezbollah faisait figure de force toute-puissante au Liban. Aujourd'hui, affaibli, infiltré, privé de son parrain iranien en déroute, il a tenté un dernier coup de force. Israël l'a anticipé.

Que l'on soit pro-libanais ou pro-palestinien, la question est simple : qui veut vraiment la paix au Liban ? Pas celui qui a planifié l'heure zéro.

Article rédigé à partir de sources américaines, israéliennes et arabes, dont The Times of Israel, Jerusalem Post, Middle East Eye, Al Jazeera, L'Orient-Le Jour, Euronews et France Info.

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