Les derniers Juifs d'Egypte luttent pour préserver leur héritage

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Les Juifs égyptiens luttent pour garder leur patrimoine en vie tandis que la communauté locale préfère toujours prétendre qu'ils n'ont jamais existé.

Autrefois communauté florissante, seule une poignée de Juifs égyptiens, principalement des femmes âgées, demeurent dans le pays le plus peuplé du monde arabe, pour préserver leur héritage.

L'Egypte compte encore une douzaine de synagogues, mais comme beaucoup de monuments du pays, elles ont besoin de restauration. Une partie du toit d'une des synagogues de la cité méditerranéenne d'Alexandrie s'est effondré l'année dernière.

Dans le centre-ville du Caire, une rue animée bordée d'hôtels anciens et de magasins mène à un imposant édifice en pierre inspiré d'un ancien temple égyptien: la synagogue Sha'ar Hashamayim, construite vers 1900.

À l'intérieur, Magda Haroun déroule soigneusement les rouleaux de la Torah conservés dans l'arche sainte.

La synagogue est presque vide ces derniers temps, mais Haroun, 65 ans, se souvient quand ses bancs étaient remplis de fidèles, y compris son père décédé Shehata Haroun, un célèbre avocat.

Haroun porte le titre de présidente de la communauté juive du Caire – qui se compose de six femmes âgées, dont elle et sa mère - et affirme que sa tâche est de préserver un héritage centenaire. "C'est mon devoir, pour les générations futures", dit-elle.

Sa mère, Marcelle Haroun, 91 ans, pleure quand elle parle du passé de sa communauté. "Selon les histoires, les Juifs vivaient en Egypte depuis les pharaons. Voulez-vous faire disparaître des siècles d'histoire?" dit-elle .

L'Egypte

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Il y avait entre 80 000 et 120 000 Juifs en Egypte jusqu'au milieu du XXe siècle.

Ils ont eu un impact qui a largement dépassé leur nombre dans le commerce et même dans le cinéma, avec l'actrice et chanteuse Leila Murad dominant l'écran d'argent dans les années 1940 et 1950.

Mais la guerre israélo-arabe de 1948 a conduit à la désintégration de la communauté, beaucoup ont quitté l'Egypte ou y ont été forcés sous le régime du président Gamal Abdel Nasser.

Aujourd'hui, les Juifs d'Egypte sont estimés à 18, dont 12 dans la ville côtière d'Alexandrie.

Le rêve de Magda Haroun est que les objets juifs soient vus par le public, peut-être dans un projet de musée de la civilisation égyptienne.

Officiellement, le gouvernement ne fait aucune distinction entre l'héritage pharaonique, islamique, copte et juif, et le ministère des Antiquités a fourni les fonds pour réparer le toit de la synagogue d'Alexandrie.

"Le ministre (des antiquités) m'a promis qu'un musée des civilisations s'ouvrira, représentant toutes les civilisations de l'Egypte", a déclaré Magda Haroun.

Le musée de civilisation égyptien a partiellement ouvert en février avec une petite exposition mais il n'y a pas encore de plans définis pour y afficher des artefacts juifs.

Toutefois, le ministre, Khaled el-Enany, a déclaré à l'AFP que, dès le début de 2016, il avait créé un comité pour dresser la liste de «tous les monuments juifs et collections juives qui se trouvent dans les synagogues».

Mais sur le plan public, beaucoup d'égyptiens ont encore une vision mitigée de leurs compatriotes juifs.

"Cela reste une question compliquée", explique Amir Ramsès, qui a réalisé un documentaire de 2013, "Les Juifs d'Egypte", sur l'histoire de la communauté.

"Mentionner les Juifs en Egypte était un tabou", a-t-il dit. Il a dû batailler pour obtenir l’autorisation de projeter le film dans les cinémas du Caire.

Lorsqu'il y est parvenu, le ministère de la culture a demandé qu'il soit présenté comme un travail de «l'imagination» du réalisateur plutôt qu'un documentaire.

Bien que la petite communauté ait été épargnée par les récentes attaques de jihadistes ciblant les chrétiens, la synagogue Sha'ar Hashamayim a été attaquée en 2010.

Un assaillant a lancé une valise contenant une bombe artisanale à l'entrée de la synagogue, ne causant aucun dommage.

Certains membres de la communauté préfèrent garder profil bas. Le chef de la communauté juive d'Alexandrie, Youssef Gaon, a voulu être cité le moins possible lors d'une interview par l'AFP. Il a simplement dit qu'il "faisait confiance" au gouvernement égyptien pour aider à restaurer l'héritage juif du pays.

Source : Arutz 7

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