Le président turc déclare : Nous avons besoin d'Israël c'est une réalité

Actualités, Antisémitisme/Racisme, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Après des négociations menées secrètes par la Suisse, c'est la "fin" des mauvaises relations entre la Turquie et l'Israël.

Samedi, le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays œuvre à normaliser ses relations avec l'Etat hébreu, fortement mises à mal depuis 2010,a déclaré "La Turquie a besoin d'Israël"

Avant "la brouille" , la Turquie, membre de l'Otan a longtemps été perçue comme le principal allié régional de l'Etat juif.

Une réconciliation qui est un tournant pour ces deux états, qui ne trouvaient aucune entente possibledepuis 2010, date à laquelle neuf Turcs avaient été  tués par l’armée israélienne lors de l’assaut que celle-ci avait menée contre le bateau turc Mavi Marmara qui tentait de briser le blocus de la bande de Gaza.

« Nous ne pardonnerons jamais », avait déclaré le président d’alors, Abdallah Gül, qui avait même parlé de « 11 septembre turc ».
Déjà mises à mal par l’opération militaire israélienne « Plomb durci » dans la bande de Gaza en 2008-2009, les étroites relations entre les deux pays avaient été rompues.

Des responsables israéliens ont annoncé à la mi-décembre qu'Israël et la Turquie étaient parvenus à une série d'"ententes" pour normaliser leurs relations après des négociations secrètes en Suisse.

"Israël a besoin d'un pays comme la Turquie dans la région", a déclaré le président turc, "Nous devons accepter le fait que nous avons besoin d'Israël. C'est une réalité dans la région", souligne-t-il. "Si des mesures mutuelles sont appliquées sincèrement, alors la normalisation des relations suivra", a ajouté le chef de l'Etat turc.

C'est fin 2015, en Suisse,que des négociations entre les deux États ont été secrètement menées. Selon des responsables israéliens, la Turquie et l’État hébreu se sont entendus sur une compensation des victimes du raid israélien en 2010, le retour des ambassadeurs dans les deux capitales, l’abandon des poursuites judiciaires engagées par la Turquie contre Israël et l’interdiction d’entrée sur le territoire turc de Salah al-Arouri, haut cadre du Hamas bien qu’Ankara n’ait jamais confirmé sa présence sur le sol turc.

Évoquant de possibles allègements du blocus sur la bande de Gaza, Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu’Israël avait suggéré qu’il autoriserait le passage des biens et de matériel de construction s’ils venaient de Turquie.« Nous devons voir un texte écrit pour garantir que l’accord sera bien respecté », a-t-il toutefois précisé.

Recep Tayyip Erdogan s'est entretenu en décembre avec le chef du Hamas en exil, Khaled Mechaal, mais la teneur de leur conversation n'a pas été dévoilée.

Barack Obama avait tenté un premier rapprochement en 2013, amenant Benyamin Netanyahou a présenté des excuses au peuple turc.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais présidentiel d’Ankara en Tur...

Le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais présidentiel d’Ankara en Turquie, le 26 novembre 2015.

Malgré l’ouverture de discussions, une tension restait toujours présente, entre les deux pays. En 2014, la justice turque avait condamné par contumace quatre responsables militaires israéliens impliqués dans l’assaut meurtrier de 2010.

En effet, début 2015, les responsables des deux pays s’étaient livrés à nouveau à de violentes joutes verbales. Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait accusé son homologue israélien de commettre à Gaza « des crimes contre l’humanité ». Le ministre israélien des affaires étrangères, Avigdor Liebermann, avait répliqué en traitant Recep Tayyip Erdogan de « petit caïd antisémite ».

Un rapprochement qui intervient alors que  Ankara est confronté à la brusque dégradation de ses relations avec Moscou après le crash d'un bombardier russe le 24 Novembre 2015 abattu par des chasseurs turcs à la frontière syrienne le mois dernier.

En effet, la Turquie est confrontée à plusieurs querelles de voisinage et désireuse de réduire sa dépendance gazière envers la Russie. Or ,Israël est devenu producteur de gaz, grâce à des gisements exploités en Méditerranée.

 

 

Nathalie ZADOK

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi