Le naufrage du militantisme juif en France

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Naufrage du militantisme juif en France les institutions et organisations en berne

Le naufrage du militantisme juif en France

Le Consistoire, institution centrale du judaïsme français en matière cultuelle, organise ces jours-ci une série de manifestations, intitulée les « 10 Jours », mais qui se prolongeront en réalité jusqu'à la fin du mois d'octobre. Le dimanche 11, une journée portes ouvertes a notamment permis à différents orateurs de s'exprimer, dans les locaux du Consistoire, au cours de tables rondes dont la principale était consacrée à la grave crise du militantisme et du leadership communautaires.

On a posé la question qui fâche : « A-t-on construit pour rien ? » En substance : pourquoi les jeunes se détournent-ils des grandes associations juives et pourquoi est-il devenu si difficile de recruter des cadres ? En principe, les réponses sont connues : l'individualisme contemporain, l'exode des forces vives de la communauté vers Israël, la « concurrence » exacerbée des mouvements orthodoxes... Ces faits incontestables ont été abondamment commentés. Mais ils ne sont pas tout à fait nouveaux.

Ce qui l'est en revanche, c'est l'impact de la communication virtuelle sur la vie juive. Internet, qui n'a pas les faveurs des franges les plus religieuses de notre peuple, en Israël comme en diaspora, a fait peu à peu son entrée dans le monde juif et l'a finalement révolutionné depuis quelques courtes années. En France, même les orthodoxes (à l'exception d'une minorité insignifiante) utilisent ce moyen qu'ils réprouvent par ailleurs pour promouvoir les enseignements de la Torah, à travers des vidéos, des cours en ligne... Certains ont réussi à ramener à la pratique des Juifs autrefois non croyants qui ont redécouvert leurs racines cultuelles.

C'est même devenu une tendance de fond, qui concerne des milliers d'adeptes.

Les Loubavitch ou le rabbin Elie Lemmel, parmi d'autres, sont passés maîtres dans l'art du lien virtuel et des « mitzvoth » (commandements) via Internet.

Cela crée à la fois une réappropriation identitaire, une plus forte conscience juive et un émiettement des personnes sur le plan géographique. On « fréquente » moins la communauté organisée, on ne s'engage plus sur le terrain, mais on est de plus en plus juif chez soi et en famille, devant son ordinateur ou son smartphone.

Cette révolution n'est ni bonne, ni mauvaise en tant que telle. Il faut l'assumer, car elle est inévitable, et en tirer les conséquences. Si possible, de façon positive.

organisations juives où sont passés nos dirigeants

organisations et associations juives

Mais force est de constater que les dirigeants juifs ne l'ont pas anticipée. Ils sont placés devant le fait accompli et ne savent pas encore comment se comporter face au naufrage du militantisme et à la « décapitation » du judaïsme français - expression utilisée en 2014 par le sociologue et penseur Shmuel Trigano. Une « décapitation » qui aura pour conséquence à brève échéance la quasi-disparition programmée du leadership communautaire dans ce pays et l'absence de relais militants.

Il est temps, pour le Consistoire comme pour le Fonds social juif unifié (FSJU) ou le CRIF, de réagir.

Vos réactions

  1. arthur.flam@gmail.com'Sarah & Ben

    Les Loubavitch et Elie Lemmel font un travail remarquable chaque jour pour rassembler les communautés et aider les juifs, notamment ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une synagogue. Leur action est tout à fait concrète, avec des cours, des conférences, des chabbats pleins, des sorties, des voyages, une aide pour manger cacher, l’ouverture de centres… Oui, il y pendant sur Internet mais affirmer que cela tue la communauté est un drôle de raccourci..
    Par contre nous nous posons des questions sur l’action du CRIF, de l’UEJF, ou du Consistoire. Eux semblent souvent plus préoccupés par la politique et leurs carrières personnelles que par l’intérêt et le développement des communautés. Nous ne pensons pas que les juifs soient tentés d’être plus actifs dans ces structures quand ils entendent parler par exemple des scandales du get, du népostisme, des communiqués à tort et à travers ou de la mort programmée du Centre Fleg, lieu historique de rassemblement des étudiants.
    Sarah & Ben

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