La Conférence de Paris pour la paix: beaucoup de bruit pour rien

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Le cadre avait l'air si impressionnant.

A Paris, au sein du ministère français des Affaires étrangères, des tables ont été posées pour des représentants de quelques 70 pays, dont plus de 30 ministres des Affaires étrangères.

A la tête de la salle se trouvait un podium, un seul drapeau français et, en lettres blanches sur fond bleu, était écrit ce qui suit: Conférence de la paix au Moyen-Orient, Paris - dimanche 15 janvier 2017.

Oui, une nouvelle conférence sur la paix au Moyen-Orient. Quoi qu'il en soit, aucune des parties censées faire la paix - les Israéliens comme les Palestiniens - n'était présente.

Au fil des ans, de nombreuses conférences de paix ont eu lieu à Paris.

Il y a eu la Conférence de Paix de Paris en 1919 à la fin de la Première Guerre mondiale, les Accords de paix de Paris en 1973 qui ont mis fin à la guerre du Vietnam et les Protocoles de Paris de 1994, où l'accord régissant les relations économiques entre Israël et l'Autorité palestinienne a été martelé.

Il s'agissait de conférences internationales de bonne foi ayant mené à quelque chose de tangible. Peu sont ceux qui espèrent des issues similaires de la part de l'événement de dimanche à Paris, surtout étant donné que dans cinq jours, un nouveau président entrera en fonctions aux États-Unis et l’on s’attend à ce qu’il s’oppose largement à ce type d'initiative au Moyen-Orient, si fortement contestée par une des parties concernées: Israël.

Non, on se souviendra surement de cette conférence comme de quelques-unes des autres réunions internationales à Paris, convoquées en grande fanfare mais qui n'ont mené nulle part.

Au centre, Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, François Hollande et le ministre Jean Marc Ayrault

Au centre, Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, François Hollande et le ministre Jean Marc Ayrault

L'une d’entre-elles  a été le séminaire organisé en 2008 par le président Nicolas Sarkozy - l'Union pour la Méditerranée - qui a rassemblé des dirigeants de quelques 40 pays situés autour de la Méditerranée, dont l'ancien Premier ministre Ehud Olmert et le président syrien Bashar Assad, qui ne se sont pas adressé la parole, s’évitant même du regard.

Cette conférence, largement considérée alors comme l'un des projets de vanité de Sarkozy, n'a mené à rien.

Sarkozy a également contribué à la création du Groupe des Amis du Peuple Syrien en 2012, qui s'est réuni dans plusieurs endroits différents, dont Paris, pour discuter de la situation syrienne. Cela n'a pas non plus été un succès retentissant.

Pourtant, les Français étaient déterminés à aller de l'avant avec la parade de dimanche, même s'ils savaient évidemment que - avec l'absence de la participation d'Israël et l'émergence de l'administration Trump à Washington - la probabilité de son succès était très mince.

Pourquoi, alors, l'utiliser pour aller de l'avant? Premièrement, parce que c'est ce que font les Français, ils organisent des conférences internationales.

Deuxièmement, parce que les Français ont une responsabilité historique envers le Moyen-Orient - principalement envers le Liban et la Syrie, mais aussi envers l'Egypte et Israël. Ils ne voient pas le Levant comme un coin éloigné du monde, mais plutôt une région avec laquelle ils ont des liens et des responsabilités historiques forts.

Troisièmement, en raison de considérations politiques intérieures. Et il y a deux éléments distincts en jeu ici.

Le gouvernement de gauche du président français François Hollande a été systématiquement critiqué par la gauche pour ne pas être suffisamment de gauche. Après la venue d’Hollande en Israël en 2013, il a été critiqué depuis l'intérieur de son parti pour s'acoquiner de trop avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Cette conférence montre à la gauche française que le gouvernement n'a pas abandonné le sort des Palestiniens.

Et il y a également des calculs électoraux.

L'électorat musulman est un bloc important en France, et pour une grande partie, la question palestinienne demeure fondamentale. Cette conférence est une façon de leur montrer que la question est aussi importante pour le Parti socialiste. Gardez à l'esprit que les Français vont se rendre aux urnes dans quelques mois pour voter pour un nouveau président.

Paris a, au cours des dernières années, misé sur tous les mauvais chevaux au Moyen-Orient: Saddam Hussein en Irak, Assad en Syrie, Yasser Arafat dans l'Autorité palestinienne, Hosni Moubarak en Egypte et Rafik Hariri au Liban.

Mais en tenant une conférence de paix sur le Moyen-Orient, peut-être que rien de tout cela n'aura d'importance et une partie de cette perte de prestige diplomatique et d'éclat pourrait être retrouvé.

Encore une fois, peut-être pas.

Source : Jpost

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